Le Compendium

Microscopes de poche - I

Ces petits appareils ont été proposés sous de multiples formes dès 1850 et jusqu'aux années 1930. Les modèles français utilisent souvent la lentille de Stanhope importée d'Angleterre par Charles Chevalier en 1838 et évoquée par son fils Arthur Chevalier dans le traité théorique et pratique du microscope, "L'ÉTUDIANT  MICROGRAPHE" :

L'ÉTUDIANT MICROGRAPHE - Arthur Chevalier -  Troisième édition - PARIS - 1882

Au centre, on peut voir une lentille de Stanhope qui a la forme d'un tronc de cône dont la base circulaire est plane et le sommet convexe. De part et d'autre de cette lentille nue, deux lentilles du même type sont montées chacune dans un oeilleton. Sur l'oeilleton de gauche, c'est la face plane sur laquelle on dépose l'objet à examiner qui est visible et sur l'oeilleton de droite, c'est le sommet convexe par lequel on observe l'objet.

Microscope de botanique

Ce "microscope de botanique", qui utilise la lentille de Stanhope, est présent dans le catalogue B. KAHN & SON à la fin du 19ème siècle. Sa bague filetée, caractéristique du modèle, permet de soulever la lame porte-objet jusqu'à ce que l'objet à examiner entre en contact avec la surface plane de la lentille. Un miroir plan orientable permet d'éclairer la préparation.

Longueur : 5,5 cm
Floroscope

Catalogue B. KAHN & SON  - New York - Fin 19e siècle

Ce remarquable petit instrument présente la particularité d'être réversible. Il possède deux lentilles différentes  :

. Une lentille classique, réglable par tirage et qui permet d'observer un objet, insecte ou plante, maintenu par une épingle.
. Une lentille de Stanhope à la surface de laquelle on retient les objets à observer à l'aide d'une trace d'eau ou même de salive.

Floroscope. France - Circa 1910

Ce floroscope, destiné principalement aux écoliers, était proposé dans une petite boîte en carton ou en bois renfermant la notice d'utilisation en trois langues : français, espagnol et anglais. Le grossissement annoncé de "500 fois en surface" correspond à un grossissement voisin de 22 fois si l'on se tient à la définition des physiciens qui considèrent le grossissement en diamètre, ou linéaire, c'est à dire le rapport des grandeurs - et non des surfaces - de l'image à celle de l'objet.

On remarque, ici, une lentille de Stanhope de forme différente de celle présentée en introduction : sa face plane est carré alors que la première était circulaire. Quel que soit le  modèle rencontré, la face convexe par laquelle s'effectue l'observation, est circulaire comme le montre la photographie de droite.

Wilfrid de Fonvielle évoque le petit instrument dans "LES MERVEILLES DU MONDE INVISIBLE" en 1874 : 

LES MERVEILLES DU MONDE INVISIBLE
de Wilfrid de Fonvielle (4ème édition - 1874) - BIBLIOTHÈQUE DES MERVEILLES

Publicité parue en octobre 1851 dans LE PALAIS DE CRISTAL
(Journal illustré de l'exposition de 1851)

Une jolie remarque que l'on rencontre dans "LES MERVEILLES DU MONDE INVISIBLE" :

Microscope universel à miroir

Ce microscope universel diffère du floroscope par la présence d'un miroir facilitant l'éclairage de la préparation.

Ci-dessous un microscope universel qui offre, sous ses 7 cm de longueur, la somme des avantages rencontrées dans les modèles précédents : l'épingle permettant de positionner l'insecte la feuille ou la fleur à examiner à la bonne distance de la lentille classique, la fente pour l'introduction de la plaquette porte-objet et sa mise en place contre la lentille de Stanhope et enfin le miroir d'éclairage réversible. Cet exemplaire, fabriqué en France, porte la mention  "C.F déposé"

La petite boîte d'un floroscope devant le coffret d'un microscope de dimensions moyennes...

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