Voici le texte présenté par Jean-Louis COHENDET
aux rencontres d'Hauteville /Mer.

Il m’est arrivé une histoire dont il faut que je
vous donne si je puis dire la primeur.
C’était il y a quelques temps, au bal de la Nuit
Saint Georges que j’ai rencontré la petite Juliénas,
une fille vraiment Gigondas, un sacré beau Meursault,
vraiment bien charpentée, et sous sa robe vermillon, un
sacré grand cru classé, avec des arômes de
cassis et de fraise des bois.
On a dansé Anjou contre Anjou, sur un Sylvaner à la
mode et plus tard lorsque je lui ai proposé de l’emmener
dans mon Châteauneuf-du-pape, elle est devenue toute Croze-Hermitage !!!
Le temps d’aller chercher un Chablis au vestiaire, de mettre
un petit Corton dans ses cheveux, on est montés dans ma
Banyuls et on a roulé jusqu’au petit matin.
Ah quelle belle journée ! On s’est baladés
Entre-deux-mers, il faisait beau, on a Vacqueyras sur la plage,
les pieds dans l’eau clairette, on s’est Pouilly-fuissé dans
les dunes et puis, comme le Mercurey montait sérieusement
et qu’on commençait à avoir les Côtes
Rôties, on a décidé de rentrer.
Mais voila, en partant, nous nous sommes retrouvés coincés
dans les embouteillages, les bouchons quoi ! Je commençais à Minervois
sérieusement, et là, Juliénas et moi, nous
avons commencé à nous crêper le Chinon. D’un
seul coup, elle a claqué la Corbière de
la Banyuls et elle est partie. Je me suis retrouvé comme
Macon. Quoi, me suis-je dit, elle s’est déjà Sauvignon
avant que j’ai eu le temps de la Sauternes ! Mais
je vous Jurançon, je l’ai dans la Pauillac, en effet,
j’étais tellement Tokay que j’ai couru après
elle dans Lalande et le Chardonnay pour la rattraper. Quand je
l’ai retrouvée et que je l’ai eue devant moi
en Gros-plant, je lui ai dit : ne fais pas ta Pomerol et
ne t’en vas plus Gamay.
En pleurant, elle est tombée dans mes bras en Madiran :
ne m’en veux pas, je voulais juste être sûre
que ton Saint amour était vraiment Sancerre.
Depuis, on ne s’est plus cuités.