La Seyne-sur-Mer (Var) La Seyne-sur-Mer (Var)
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Marius AUTRAN
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Chansons rétros (1600-1929)

 

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A voir aussi :

À la cabane bambou
À la Martinique
À Paris, l'est une vieille
Aux marches du palais
Avec l'ami Bidasse
Boire un petit coup
Bou-dou-ba-da-bouh
C'est à boire... Il est des nôtres
C'est elle qui pilote
Coupo santo
Derrière les volets de ma petite ville
Du moment qu'on n'en sait rien
Elle s'est fait couper les ch'veux
Fanchon
Frou-frou
Je cherche après Titine
Jean de la Lune
L'hirondelle du faubourg
La caissière du grand café
La casquette du père Bugeaud
La chanson du cabanon
La complainte de Mandrin
La fille du bédouin
La jambe en bois
La Paimpolaise
La petite Tonkinoise
La valse brune
Le coeur de Ninon
Le printemps chante
Le raccommodeur de faïence
Le Roi a fait battre tambour
Le Roi Renaud
Le temps des cerises
Le trompette en bois
Les chevaliers de la Table Ronde
Les cigognes sont de retour
Les deux gendarmes
Les fraises et les framboises
Les gars de la Marine
Les montagnards
Ma Normandie
Moi-z-et mon chien
Mon homme
Nini Peau de chien
Nuit de Chine
Oh ! Nom de Dieu !
Pétronille, tu sens la menthe
Plaisir d'amour
Pouet-Pouet
Ramona
Sous le soleil marocain
Sous les ponts de Paris
Tu verras Montmartre
Un bal chez le ministre
Viens Poupoule
Pourquoi ces titres plutôt que d'autres ? Tout d'abord - dans le cadre d'un site internet consacré à l'histoire - nous avons plutôt retenu ici des chansons anciennes, antérieures à l'époque Aznavour - Brassens - Brel - Gainsbourg, etc. (Ces dernières sont très facilement accessibles sur les nombreux sites internet consacrés à la chanson française). Nous avons préféré rassembler des titres de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle. Mais mourquoi ceux-ci plutôt que d'autres, parmi les centaines qui ont marqué cette époque ? Simplement parce que c'étaient ceux que chantonnaient ou fredonnaient plus particulièrement nos parents, notre grand-mère ou notre grand-oncle, et aussi ceux des vieux disques "78 tours" que nous avons encore conservés. Mais si les titres de ces chansons, ou des fragments de leurs paroles, sont aujourd'hui encore dans la mémoire de certaines personnes, leur texte intégral (ô combien rétro !) a été très souvent oublié. Il était donc intéressant de le retrouver ou de le déchiffrer.
 
NB. Certains de ces textes peuvent être soumis aux Droits d'Auteur et sont donc absolument réservés à un usage privé ou éducatif.
 


 

À la cabane bambou
"Lamentations d'un nègre"
Paroles et musique de Paul MARINIER (1899)
Interprètes : Félix MAYOL (1910), ANDREX (1952)
 
1
Moi, bon nègre tout noir, tout noir,
De la tête aux pieds, si vous voulez voir,
Venu à Paris, pensant rigoler ;
Mais moi bien trompé, toujours m'ennuyer,
Aussi, gros chagrin, moi le dire à vous,
Vouloir retourner chez nous.
au refrain
2
Moi mis à la mode française,
Parce que moi forcé, mais pas être à l'aise
Avec pantalon et tout le fourbi :
Bretelles, faux-col et souliers vernis
Moi aime bien mieux la mode de chez nous
Avec pas de costum' du tout
au refrain
3
Moi pour fair' partir mon ennui
Été Moulin-Rouge, Casino d' Paris,
Avoir vu p'tit' femme chahuter beaucoup ;
Mais moi préférer danseus' de chez nous
Qui r'muent leur bedon sens dessus dessous
Et leur gros derrière itou.
au refrain
4
Pourtant emm'ner en m'en r'tournant
Jolie petit' femme avec corps blanc,
Moi f'rai avec elle famille au complet
Petits enfants couleur café-au-lait
Moi, pour bien remplir mes devoirs d'époux
Lui donn'rai baisers bien doux !
au refrain
Refrain
Où ça ? (parlé)
À la caban' bambou bambou,
À la caban' bambou, you !
À la caban' bambou bambou,
À la caban' bambou, you !


 

A la Martinique
"Chanson nègre"
Paroles adaptées par Henri CHRISTINÉ
Musique de George M. COHAN (arrangée par Henri CHRISTINÉ) (1912)
 
Y avait un négro
Tout jeune et déjà costaud
Qui, venant d' la Martinique
Entra comme sa soeur
Chez un' marchande de fleurs
Qu'avait un' joli' boutique
Il eut comm' vêt'ment
Un costum' rouge éclatant ;
Ell' lui dit : C'est épatant
Ca t'rend plus joli
Que l'costum' de ton pays.
Le p'tit négro répondit :
 
À la Mâtiniqu', Mâtiniqu', Mâtiniqu'
C'i ça qu'est chic (bis)
Pas d'veston, de col, de pantalon
Simplement, un tout petit cal'çon
Y' en a du plaisir, du plaisir, du plaisir
Jamais malad', jamais mourir !
On ôt' le cal'çon pour dîner l' soir
Et tout l' monde est en noir !
 
Yaha ! Yaha ! Yaha !
Au bout d' quelques jours
Il avait l' coeur plein d'amour
Pour sa patronn', Mam'zell' Blanche
Mais n'ayant pas d'espoir
Il avait des idé's noires
Qui lui causaient des nuits blanches
Et tout en se moquant
Elle lui dit : Mets des gants blancs
D'mand' ma main à mes parents
Et puis à la mairi'
Tu d'viendras mon mari !
Il lui dit : En v'là des chichis !
 
À la Mâtiniqu', Mâtiniqu', Mâtiniqu'
C'i ça qu'est chic (bis)
Pas d'gants blancs, de mairie, ni d' parents
Tu me plais, j'te plais, tu m'prends, j'te prends.
Y' en a du plaisir, du plaisir, du plaisir
Jamais malad', jamais mourir !
L'soir, on s'embrasse sous les palmiers
Ca y est, on est mariés !
 
Yaha ! Yaha ! Yaha !
L'négro malheureux
De plus en plus amoureux
Répétait à sa patronne :
Moi beaucoup chagrin
Vouloir tenir ta main,
Allez dis-moi oui mignonne !
Ell' disait : grand fou !
Faut d'abord gagner des sous
Un' femm' ça dépens' beaucoup
Des rob's, des chapeaux
Des jupons et des manteaux
Viens chez moi, répond l'négro,
 
À la Mâtiniqu', Mâtiniqu', Mâtiniqu'
C'i ça qu'est chic (bis)
Les p'tites femmes se mettent simplement
Un' feuill' de bananier par devant
Y' en a du plaisir, du plaisir, du plaisir
Jamais malad', jamais mourir !
Mêm' la feuill' ça sert à rien du tout
On sait très bien c'qu'y a d'ssous !
 
Yaha ! Yaha ! Yaha !
Le petit négro
Pour gagner des monacos
S' mit à faire d'la boxe anglaise,
Souvent victorieux,
Dans les combats très sérieux,
Il gagna bientôt d'la braise.
Devant tant d'ardeur
La joli' marchand' de fleurs
Finit par donner son coeur.
Le mariag' se fit
Dans le pays du mari
Et l' soir des noc's, il lui dit :
 
À la Mâtiniqu', Mâtiniqu', Mâtiniqu'
C'i ça qu'est chic (bis)
J' vais ach'ter, car je suis connaisseur
Du terrain pour m'établir planteur
Y' en a du plaisir, du plaisir, du plaisir
Ell' répondit dans un soupir :
J'vois déjà que tu feras sûr'ment
Un planteur éparant !
 
Yaha ! Yaha ! Yaha !
 

 
 
À Paris, l'est une vieille
Paroles de
Musique de
Interprète :
1
À Paris, l'est une vieille, ouaip ! (bis)
Qu'avait bien quatre vingt dix ans,
Et ran plan plan la vieille,
Qu'avait bien quatre vingt dix ans,
Et ran, plan, plan !
2
Elle entra dans une noce
Et s'assit près d'un galant
Et ran plan plan la vieille, etc.
3
Beau galant, si tu m'épouses,
Je te ferais riche d'argent.
4
Je n'épouse pas les vieilles,
Dont je n'ai pas vu les dents
5
Et la vieille éclate de rire,
Et montra ses deux dents d'devant.
6
La première était toute noire.
Et la deuxième s'envole au vent.
7
Le lundi, c'est jour de noces,
Et le mardi jour d'enterrement
8
La morale de cette histoire,
C'est qu'il faut s'laver les dents
N.B. En Provence, le texte devient :
 
À Paris, l'a une vieille, vouei ! (bis)
Qu'a maï de quatre vingts ans,
Ra ta plan la vieille, etc.
 

 
 
Aux marches du palais
Semble inspiré d'une chanson similaire : « La Flamande» d'un certain Chardavoine (1615)
 

1.
Aux marches du palais,
Aux marches du palais,
Y'a un' tant belle fille, lon la,
Y'a un' tant belle fille.
2.
Elle a tant d'amoureux,
Elle a tant d'amoureux
Qu'elle ne sait lequel prendre, lon la,
Qu'elle ne sait lequel prendre,
3.
C'est un p'tit cordonnier
C'est un p'tit cordonnier
Qu'a z'eu la préférence, lonla,
Qu'a z'eu la préférence
4.
Et c'est en la chaussant
Et c'est en la chaussant
Qu'il en fit la demande, lonla
Qu'il en fit la demande
5.
La belle, si tu voulais...
Nous dormirions ensemble...
6.
Dans un grand lit carré...
Couvert de toile blanche...
7.
Aux quatre coins du lit...
Quatre bouquets de pervenche
8.
Dans le mitan du lit...
La rivière est profonde.
9.
Tous les chevaux du roi....
Pourraient y boire ensemble...
10.
Nous y serions heureux...
Jusqu'à la fin du monde...
11.
Ils vécurent longtemps...
Dans un bonheur suprême...


 
 
Avec l'ami Bidasse
Paroles de Louis BOUSQUET
Musique d'Henri MAILFAIT (1914)
Interprètes : BACH, FERNANDEL
 
Quand j'suis parti avec ma classe
Pour venir ici faire mes trois ans
Le cousin m'a dit : Ya l'fils Bidasse
Qui va dans le même régiment,
Tu devrais faire sa connaissance.
J'ai fait ce que m'a dit le cousin
Et depuis que je sers la France
Bidasse est mon meilleur copain.
Quand on n'a pas eu de punition,
On a chacun sa permission
Avec l'ami Bidasse
On ne se quitte jamais,
Attendu qu'on est
Tous deux natifs d'Arras-se,
Chef-lieu du Pas de Calais
On a chacun la sienne
Et les bras ballants
Devant les monuments
Oh ! Dans les rues on se promène
Ça nous fait passer le temps
Le dimanche matin y a des bobonnes
Qu'elles s'en vont faire leur marché
Nous, on en connaît deux "megnonnes"
Et on va les regarder passer
Pendant qu'elles sont chez la fruitière
De sur l'autre trottoir nous les regardons
Puis de loin sans en avoir l'air-e
On les suit jusqu'à leur maison
Elles se méfient pas, elles n'y voient rien
Ça fait comme ça... on s'amuse bien
Avec l'ami Bidasse
On ne se quitte jamais,
Attendu qu'on est
Tous deux natifs d'Arras-se,
Chef-lieu du Pas de Calais
On a chacun la sienne
Et quand elles sont dans
Leur appartement
On regarde les persiennes
Ça nous fait passer le temps
On va souvent voir les gorilles
Au Jardin des Plantes, c'est curieux
Devant la cage à la "cocodrille'
On va passer une heure ou deux
Devant les singes qui font la grimace
Pour sûr on a des bons moments
Jusqu'à ce que le gardien passe
Qui crie : On ferme ! ... Allez-vous en...
Et comme on peut pas rester là
On dit... "Tu viens ? ..." et on s'en va...
Avec l'ami Bidasse
On ne se quitte jamais,
Attendu qu'on est
Tous deux natifs d'Arras-se,
Chef-lieu du Pas de Calais
Et plus tard dans la vie
On dira souvent :
(parlé) : "Vrai... au régiment, t'en souviens-tu, Bidasse ?
On a fait des orgies... On a bien passé le temps"
 
 

 
 
Boire un petit coup

 
1
Boire un petit coup c'est agréable,
Boire un petit coup c'est doux,
Mais il ne faut pas rouler dessous la table,
Boire un petit coup c'est agréable,
Boire un petit coup c'est doux.
 
Un petit coup la la lal la (bis)
Un petit coup c'est doux.
2
Allons dans les bois ma mignonnette,
Allons dans les bois du roi,
Nous y cueillerons la fra"che violette,
Allons dans les bois ma mignonnette,
Allons dans les bois du roi.
 
Allons dans les bois la la la la (bis)
Oui dans les bois du roi.
3
J'aime le jambon et la saucisse,
Et j'aime le vin quand il est bon,
Mais j'aime encor'mieux le lait de ma nourrice.
J'aime le jambon et la saucisse,
Et j'aime le vin quand il est bon,
 
J'aime le vin, la la la la (bis)
J'aime le vin quand il est bon.
4
Non, Lucien, tu n'auras pas ma rose,
Non, Lucien, tu n'auras rien,
Monsieur le curé a défendu la chose,
Non, Lucien, tu n'auras pas ma rose,
Non, Lucien, tu n'auras rien,
 
Non, Lucien, la la la la (bis)
Tu n'auras rien, rien, rien
 
 

 
 
Bou-dou-ba-da-bouh
Paroles de Lucien BOYER
Musique d'Albert VALSIEN
Interprète : MAYOL (1913)
Parmi les Sénégalais
Qu'on fit venir pour la revue
L'jour du Quatorze Juillet
Se trouvait la chose est connue
Un grand gaillard à la peau noire
Aux dents comme l'ivoire
Je vais vous conter son histoire
Dans cette chanson
D'abord voici le nom
De ce brave garçon
Y s'app'lait Bou-dou-ba-da-bouh
Y jouait d'la flûte en acajou
Je n'exagèr' pas
C'était l'plus beau gars
De tout' la Nouba
Ah ! Ah !
Quand son régiment défilait
Au son joyeux flageolets
Le Tout-Tombouctou
Admirait surtout
Celui d'Bou-dou-ba-da-bouh
En se promenant un matin
Au coin d'la ru' du Quatr' Septembre
Il connut un p'tit trottin
Aux cheveux dorés comme l'ambre
Ils s'aimèrent toute une semaine
Mais l'Turco.. pas d'veine
R'partit sur la terre africaine
Ce fut déchirant
Et la bonne enfant
Disait en pleurant
Y s'app'lait Bou-dou-ba-da-bouh
Y jouait d'la flûte en acajou
Et voilà qu'il s'en va [variante : Je n'exagèr' pas]
Dans le Sahara [variante : C'était l'plus beau gars]
Avec la Nouba
Ah ! Ah !
Tout's les femm's sont folles de lui
Et c'qui m'désole c'est qu'aujourd'hui
Cell's de Tombouctou
Doivent faire joujou
Avec Bou-dou-ba-da-bouh
Ell' ne cessait de gémir (*)
Et s'lamentait de son absence
Il faut bien en convenir
L'Turco l'avait prise par les sens
Dans l'affolement de son êre
Elle osa s'permettre
D'écrir' même dans une lettre
À M'sieur Poincarré
J'ai le coeur si navré !
Où est mon adoré ?
Y s'app'lait Bou-dou-ba-da-bouh
Y jouait d'la flûte en acajou
Savez-vous oui-da
Quand il reviendra
Avec la Nouba ?
Ah ! Ah !
Il jou' si bien du flageolet
Que si l'État m'payait son billet
J'vais aller, c'est fou
Jusqu'à Tombouctou
R'trouver Bou-dou-ba-da-bouh
Un soldat de la Légion
Un jour vint frapper à sa porte
Bien qu'ell' temblât d'émotion
Ell' se contint et resta forte
Parlez-moi, vite, lui dit-elle !
Voilà... Mad'moiselle...
Je vous apporte des nouvelles
D'un de mes amis
À qui j'ai promis
D'vous dire... c'que... j'vous dis
Y s'app'lait Bou-dou-ba-da-bouh
Il fit son devoir jusqu'au bout
Et dans un combat
Il est mort là-bas
Avec la Nouba
Ah ! Ah !
Oui mais en mourant sur son coeur
Il a pris sa bell' croix d'honneur
Mam'zelle c'est pour vous
C'était l'seul bijou
Du pauvr' Bou-dou-ba-da-bouh
(*) Le couplet et le refrain en italique ne sont pas sur l'enregistrement de Mayol.
 

 
 
C'est à boire... Il est des nôtres

 
Refrain
C'est à boire, à boire, à boire
C'est à boire qu'il nous faut oh, oh, oh
C'est à boire, à boire, à boire
C'est à boire qu'il nous faut oh, oh, oh
C'est à boire, à boire, à boire
C'est à boire qu'il nous faut
C'est à boire, à boire, à boire
C'est à boire qu'il nous faut
 
Il est des nôtres,
Il a bu son verre comme les autres
C'est un ivrogne
Ça se voit rien qu'à sa trogne
Allons Mesdames, allons Mesdames, videz vos verres
Et surtout ne les renversez pas
Allons Mesdames, allons Mesdames, videz vos verres
Et surtout ne les renversez pas
Et portez-les au frontibus, au nazibus, au mentibus
A l'aquarius, et glou, et glou et glou
Elles sont des nôtres
Elles ont bu leur verre comme les autres
Sont un ivrogne
Ça se voit rien qu'à leur trogne
Allons Messieurs, allons Messieurs, videz vos verres
Et surtout ne les renversez pas
Allons Messieurs, allons Messieurs, videz vos verres
Et surtout ne les renversez pas
Et portez-les au frontibus, au nazibus, au mentibus
A l'aquarius, et glou, et glou et glou
Ils sont des nôtres
Ils ont bu leur verre comme les autres
Sont un ivrogne
Ça se voit rien qu'à leur trogne

 

 
 
C'est elle qui pilote

 
Avec le temps des nouvelles distractions, de la vie gaie et rapide et l'envie incroyable d'oublier les souffrances de la grande guerre, la femme changera aussi ses loisirs, son habillement, et sa place dans la vie de tous les jours. Elle ne veut plus d'enfants qui puissent l'empêcher de vivre sa vie et prend par rapport à l'homme une attitude plus indépendante, comme dans cette chanson populaire :
 
 
C'est elle qui ordonne
C'est elle qu'est patronne
C'est moi qu'elle fait marcher!
C'est elle qui commande
C'est elle qui marchande
Et moi j'ai l'droit d'les lâcher.
C'est elle qui pilote
C'est elle qui capote
C'est moi qui vais su'l'gazon!
Quand je n'suis pas en smoking
Elle va toute seule au dancing
Il paraît que ça n'a rien de shoking
  
 
 

 
 
Coupo santo
Paroles provençales et traduction française de Frédéric MISTRAL
 
Prouvençau, veici la Coupo
Que nous vèn di Catalan* ;
A-de-rèng beguen en troupo
Lou vin pur de noste plant.
 
Coupo Santo
E versanto
Vuejo à plen bord
Vuejo abord
Lis estrambord
E l'enavans di fort !
Provençaux, voici la coupe
Qui nous vient des Catalans :
Tour à tour buvons ensemble
Le vin pur de notre cru.
 
Coupe sainte
Et débordante,
Verse à pleins bords,
Verse à flots
Les enthousiasmes
Et l'énergie des forts !
D'un vièi pople fièr e libre
Sian bessai la finicioun ;
E, se toumbon li Felibre
Toumbara nosto nacioun.
 
Coupo Santo, etc.
D'un ancien peuple fier et libre
Nous sommes peut-être la fin ;
Et, si les Félibres tombent,
Tombera notre nation.
 
Coupe sainte, etc.
D'uno raço que regreio
Sian bessai li proumié gréu ;
Sian bessai de la patrìo
Li cepoun emai li priéu.
 
Coupo Santo, etc.
D'une race qui regerme
Peut-être sommes-nous les premiers jets ;
Pe la patrie, peut-être, nous sommes
Les piliers et les chefs.
 
Coupe sainte, etc.
Vuejo-nous lis esperanço
E li raive dóu jouvènt,
Dóu passat la remembranço
E la fe dins l'an que vèn.
 
Coupo Santo, etc.
Verse-nous les espérances
Et les rêves de la jeunesse,
Le souvenir du passé
Et la foi dans l'an qui vient.
 
Coupe sainte, etc.
Vuejo-nous la couneissènço
Dóu Verai emai dóu Bèu,
E lis àuti jouïssènço
Que se trufon dóu toumbèu.
 
Coupo Santo, etc.
Verse-nous la connaissance
Du Vrai comme du Beau
Et les hautes jouissances
Qui se rient de la tombe.
 
Coupe sainte, etc.
Vuejo-nous la Pouësio
Pèr canta tout ço que viéu,
Car es elo l'ambrousìo
Que tremudo l'ome en diéu.
 
Coupo Santo, etc.
Verse-nous la Poésie
Pour chanter tout ce qui vit,
Car c'est elle l'ambroisie
Qui transforme l'homme en dieu.
 
Coupe sainte, etc.
Pèr la glòri dóu terraire
Vautre enfin que sias counsènt
Catalan, de liuen, o fraire,
Coumunien tóutis ensèn !
 
Coupo Santo, etc.
Pour la gloire du pays
Vous enfin nos complices,
Catalans, de loin, ô frères,
Tous ensemble communions !
 
Coupe sainte, etc.
* La Coupe Sainte (Coupo Santo) est conservée par le capoulié du Félibrige. Elle avait été offerte en 1867 par les Catalans, en remerciement de l'accueil réservé à leur poète en exil, Victor Balaguer.
 


 
Derrière les volets de ma petite ville
Paroles de Géo VALDY
Musique de Géo VALDY et Léo TERRIER (vers 1925)
Interprètes : Max ROGÉ, Jean LUMIERE
 
Dans la petite rue de ma petite ville
De l'aurore à la nuit les volets des maisons
Restent à demi clos et des vieilles tranquilles
Derrière ces volets depuis tant de saisons
 
Ecoutent s'écouler des heures si pareilles
Que tricotant leurs bas ou disant leur Ave
Sans même se pencher rien qu'en tendant l'oreille
Elles savent les pas qui frappent le pavé.
 
Car depuis des années on entendait les pierres
Toujours à la même heure arriver le matin
Et monsieur le Curé sortir du presbytère
Tandis que dans la rue s'ouvrent les magasins.
 
Derrière les volets de ma petite ville
Des vieilles en bonnet vivent tout doucement
Et comme un chapelet entre leurs mains dociles
Les mois et les saisons s'égrainent lentement.
 
Quand l'Angélus du soir troublera l'air tranquille
Elles se signeront et sans faire de bruit
Elles enfermeront le silence et la nuit
Derrière les volets de ma petit ville.

Derrière les volets de ma petite ville
Un jour je m'en irai vieillir tout doucement
Et je me souviendrai d'histoires puériles
Que je raconterai aux tous petits enfants.
 
Quand l'Angélus du soir troublera l'heure tranquille
Je m'enfermerai seul avec mes souvenirs
Puis un jour doucement me laisserai mourir
Derrières les volets de ma petite ville.

 

 
 
Du moment qu'on n'en sait rien
Paroles de Jean RODOR
Musique de Vincent SCOTTO (1920)
Interprète : GEORGEL
 
1
La vie n'est faite que d'illusions,
De croyanc's ou bien de convictions,
Aussi, lorsque dans un' brasserie
Assis devant un' table toute fleurie,
Le garçon vous dit, souriant,
Monsieur, voici du boeuf bien saignant,
Et pourtant, hier encor cet animal
S'app'lait du cheval…
Refrain
Du moment qu'on n'en sait rien,
Ça va bien ! Ça va bien !
Vous dit's avec le sourire :
« C'est fameux, y'a pas à dire »,
Puis appelant : Eh garçon !
Un' seconde portion.
C' que je me régal', sacré nom d'un chien !
Ça va bien ! Ça va bien !
2
Depuis trois ans vous êt's le mari
D'une p'tit' femme au minois joli
Vos amis sont aux mill' soins pour elle,
Vous pensez : ce que ma femme est belle !
Tout heureux, vous souriez toujours
En disant : « c'est un trésor d'amour ! »
Pourtant tout le quartier est bien convaincu
Que vous êt's cocu !
Refrain
Du moment qu'on n'en sait rien,
Ça va bien ! Ça va bien !
Vous n'en faites que des louanges,
Vous pensez : j'possède un ange !
Comme tout vous réussit
Vous dit's : Mon Dieu, merci
De m'avoir donné une femme si bien !
Ça va bien ! Ça va bien !
3
Quand on a dévissé du billard
Qu'on vous allong' dans un corbillard,
Tous vos neveux, vos cousins enragent,
En apprenant qu'ils n'auront pas d'héritage
Dis'nt à votre enterrement,
« Il aurait bien pu crever avant !
Ah ! le vieux cochon de nous laisser sans l'sou !
L'dégoûtant, l'voyou ! »
Refrain
Du moment qu'on n'en sait rien,
Ça va bien ! Ça va bien !
L'on peut vous couvrir d'injures,
On vous balade en voiture
Tout le monde vous salu... e
Que vous voulez de plus ?
Vous êtes béni, et logé pour rien
Ça va bien ! Ça va bien !


 
 
Ell' s'est fait couper les ch'veux
Scie de Vincent TELLY et René MERCIER
Créée par DRÉAN en 1924
 
L'autre jour ma femm' me dit : vois-tu mon chéri
J'ai fait pour te plair' quelque chos' de bien gentil
J'ai fait ce que font tout's les femmes en c'moment
Pour êtr' tout à fait dans le mouv'ment
Ell' enleva gentiment son chapeau
Et stupéfait je m'aperçus tout aussitôt.

 

Refrain
Ell' s'était fait couper les ch'veux
Comme un' petit' fille
Gentille
Ell' s'était fait couper les ch'veux
En s'disant ça m'ira beaucoup mieux
Car les femm's tout comm' les messieurs
Pour suivre la mode
Commode
Ell's se font toutes
Ell's se font toutes
Ell's se font toutes
Ell's se font tout's couper les ch'veux
Furieux, de ce pas je vais trouver bell' maman
Un' dam' qui s'prom`ne entre seize et quarante ans
Ma bell' mère en me voyant me dit d'un air doux
Regardez ce que j'ai fait pour vous
Ell' enleva gentiment son chapeau
Et stupéfait je m'aperçus tout aussitôt.
Que va dir' grand-èr', elle plein' distinction ?
Allons la trouver, j'veux voir son indignation
La bonn' vieill' nous dit : j'vous réservais justement
Une bonne surpris' mes enfants
Ell' enleva gentiment son chapeau
Et stupéfait je m'aperçus tout aussitôt.
 


 
 
Fanchon

 
1
Amis, il nous faut faire la pause,
J'aperçois l'ombre d'un bouchon ;
Buvons à l'aimable Fanchon,
Pour elle faisons quelque chose.
Au refrain
Refrain
Ah ! que son entretien est doux,
Qu'elle a de mérite et de gloire :
Elle aime à rire, elle aime à boire,
Elle aime à chanter comme nous.
3
Fanchon, quoique bonne chrétienne,
Fut baptisée avec du vin ;
Un Allemand fut son parrain,
Une Bretonne sa marraine :
Au refrain
3
Elle préfère une grillade
Aux repas les plus délicats
Son teint prend un nouvel éclat,
Quand on lui verse une rasade ;
Au refrain
4
Si quelquefois elle est cruelle,
C'est quand on lui parled'amour ;
Mais moi je ne lui fais la cour
Que pour m'enivrer d'elle :
Au refrain
5
Un jour le voisin la Grenade
Lui mit la main dans son corset,
Elle riposte d'un soufflet
Sur le museau du camarade :
Au refrain
 

 
 
Frou-frou
Paroles de MONTREAL et BLONDEAU
Musique de Henri CHATEAU (1897)
 
I
La femme porte quelquefois
La culotte dans son ménage
Le fait est constaté je crois
Dans les liens du mariage
Mais quand elle va pédalant
En culotte comme un zouave
La chose me semble plus grave
Et je me dis en la voyant
Refrain
Frou frou, frou frou 
Par son jupon la femme
Frou frou, frou frou 
De l'homme trouble l'âme
Frou frou, frou frou 
Certainement la femme
Séduit surtout
Par son gentil frou frou
II
La femme ayant l'air d'un garçon
Ne fut jamais très attrayante
C'est le frou frou de son jupon
Qui la rend surtout excitante
Lorsque l'homme entend ce frou frou
C'est étonnant tout ce qu'il ose
Soudain il voit la vie en rose
Il s'électrise, il devient fou
III
En culotte me direz-vous
On est bien mieux à bicyclette
Mais moi je dis que sans frou frou
Une femme n'est pas complète
Lorsqu'on la voit se retrousser
Son cotillon vous ensorcelle...
Ce bruit est un frôlement d'aile
Qui passe et vient vous caresser !
 

 
 
Je cherche après Titine
Paroles de BERTAL-MAUBON
Musique de Léo DANICERFF (1917)
Créée en 1922 par André PERCHICOT et LÉONCE, popularisée ensuite par ANDREX
Refrain
Je cherche après Titine, Titine, oh ! Titine !
Je cherche après Titine et ne la trouve pas
Je cherche après Titine, Titine, oh ! Titine !
Je cherche après Titine et ne la trouve pas
Mon oncle le baron des Glycines
Qui a des fermes et des millions,
M'a dit : Je pars pour l'Argentine
Et tu connais mes conditions :
Mon héritage je te le destine
Mais tu ne toucherais pas un rond
Si tu ne prenais pas soin de Titine
Pour qui j'ai une adoration... "
Y a huit jours qu'elle n'est pas rentrée
Et je suis bien entitiné...
Au refrain
Elle avait les yeux en losange
Un regard très compromettant
Elle était frisée comme un ange
Et s'tortillait tout en marchant
Titine, avec son coeur frivole
Changeait de flirt dix fois par jour
J'en avais honte, mais ce qui me désole
C'est qu'elle est partie pour toujours
C'était ... vous la reconnaîtrez bien
Une chienne qui a vraiment du chien.
Au refrain

 
 

 
 
Jean de la Lune
Paroles d'Adrien PAGES
Air emprunté à une ronde, adaptation d'un air militaire
 
I
Par une tiède nuit de printemps,
Il y a bien de cela cent ans
Que sous un brin de persil sans bruit
Tout menu naquit
Jean de la Lune, Jean de la Lune !
II
Il était gros comme un champignon
Frêle, délicat, petit, mignon
Et jaune et vert comme un perroquet
Avait bon caquet,
Jean de la Lune, Jean de la Lune !
III
Pour canne, il avait un cure-dents
Clignait de l'oeil, marchait en boitant
Et demeurait en toute saison
Dans un potiron
Jean de la Lune, Jean de la Lune !
IV
On le voyait passer quelquefois
Dans un coupé grand comme une noix
Et que le long des sentiers fleuris
Traînaient deux souris
Jean de la Lune, Jean de la Lune !
V
Quand il se risquait à travers bois
De loin, de près, de tous les endroits
Merles, bouvreuils, sur leur mirliton
Répétaient en rond :
Jean de la Lune, Jean de la Lune !
VI
Quand il mourut, chacun le pleura
Dans son potiron, on l'enterra
Et sur sa tombe l'on écrivit
Sur la croix, ci-gît :
Jean de la Lune, Jean de la Lune !
Le thème de la miniaturisation est l'un des procédés classiques de la littérature merveilleuse et des contes populaires du monde entier.
 

 
 
L'hirondelle du faubourg
Paroles et musique de L. BENECH et E. DUMONT
 
1
A l'hôpital, c'est l'heur' de la visite,
L'méd'cin en chef passe devant les lits
« L'numéro treiz, qu'est-c' qu'elle a cett' petite ?
« C'est la blessé' qu'on am'na cette nuit. »
« N'ayez pas peur, faut que j'sonde vos blessures.
Deux coups d'couteau, près du coeur, y'a du sang!
Non, pas perdue... à votre âge on est dure.
Seul'ment tout d'mêm', faut prév'nir vos parents ! »
 
Mais la mourante alors a répondu :
Je suis tout' seul, depuis qu'maman n'est plus...
Refrain
On m'appell' l'hirondell' du faubourg !
Je ne suis qu'un' pauvre fill' d'amour,
Née un jour d'la saison printanière,
D'un' petite ouvrière !
Comm' les autr's j'aurais p'êtr' bien tourné,
Si mon père, au lieu d' m'abandonner,
Avait su protéger de son aile,
L'Hirondelle !
2
L'docteur reprit : « Vous portez un' médaille,
C'est un cadeau, sans dout', de votre amant ? ».
« Non, c'est l'souv'nir de l'homm', du rien qui vaille,
De l'homm' sans coeur qui trompa ma maman !
« Laissez-moi lire : André, Marie-Thérèse...
Mais j'la r'connais cett' médaille en argent,
Et cette date : Avril quatre-vingt-treize !
Laissez-moi seul, j'veux guérir cette enfant. »
 
Vous m'reglardez tous avec de grands yeux.
C'est mon devoir d'soigner les malheureux.
Refrain
On m'appell' l'hirondell' du faubourg !
Ce n'est qu'un' pauvre fill' d'amour,
Née un jour d'la saison printanière,
D'un' petite ouvrière !
Comm' les autr's elle aurait bien tourné,
Si son père, au lieu d' m'abandonner,
Avait su protéger de son aile,
L'Hirondelle !

 

3
« L'numéro treiz'... toujours quarant' de fièvre.
« Oui... ça n'va pas comm' j'l'avais espéré,
« Je vois la vie s'échapper de ses lèvres
« Et rien à fair'... rien... pour l'en empêcher
« J'suis un savant, j'en ai guéri des femmes,
« Mais c'est cell'-là qu' j'aurais voulu sauver.
« La v'là qui passe... « écout', retiens ton âme
« Je suis ton pèr' ma fille bien-aimé'.
 
Je n'suis pas fou... je suis un malheureux.
Vous, mes élèv's, écoutez... je le veux
Refrain
« On l'app'lait l'Hirondell' du faubourg.
C'était une pauvre fill' d'amour,
Née un jour d'la saison printanière,
D'un' petite ouvrière !
Comm les autr's elle aurait bien tourné,
Si lachement, au lieu d' l'abandonner,
J'avais su protéger de mon aile,
L'Hirondelle ! »
 


 
 
La caissière du grand café
Paroles de Louis BOUSQUET
Musique de Louis IZOIRD (1914)
Interprètes : POLIN, OUVRARD, FERNANDEL
 
V'là longtemps qu'après la soup' du soir,
De d'ssus l'banc ousque je vais m'asseoir,
Je vois une femme, une merveille,
Qu'elle est brune et qu'elle a les yeux noirs.
En fait d'femm's j'my connais pas des tas,
Mais je m'dis en voyant ses appas :
Sûrement que des beautés pareilles,
Je crois bien qu'y en a pas.
Elle est belle, elle est mignonne,
C'est un' bien jolie personne,
De dedans la rue on peut la voir
Qu'elle est assis' dans son comptoir.
Elle a toujours le sourire,
On dirait un' femme en cire
Avec-que son chignon qu'est toujours bien coiffé,
C'est la caissièr' du Grand Café.
Entourée d'un tas de verr' à pied,
Bien tranquill' devant son encrier,
Elle est dans la caisse, la caissière,
Ça fait qu'on n'en voit que la moitié.
Et moi que déjà je l'aime tant
J'dis : " Tant mieux, qu'on cache le restant,
Car, si je la voyais tout' entière,
Je d'viendrais fou complètement."
Elle est belle, elle est mignonne,
C'est un' bien jolie personne,
Et quand j'ai des sous pour mieux la voir
Je rentre prendre un café noir
En faisant fondre mon "suque"
Pendant deux, trois heur's je r'luque
Avec-que son chignon qu'est toujours bien coiffé,
La bell' caissièr' du Grand Café.
C'est curieux comme les amoureux
On s'comprend rien qu'avec-que les yeux,
Je la regarde, elle me regarde,
Et nous se regardons tous les deux.
Quand ell' rit, c'est moi que je souris,
Quand j'souris, c'est elle qu'elle rit,
Maintenant je crois pas que ça tarde
Je vais voir le paradis.
Elle est belle, elle est mignonne,
C'est un' bien jolie personne,
Pour lui parler d'puis longtemps j'attends
Qu'dans son café y ait plus d'clients.
Mais j't'en moqu', c'est d'pire en pire
On dirait qu'ell' les attire,
Avec-que son chignon qu'est toujours bien coiffé
La bell' caissièr' du Grand Café.
N'y tenant plus, j'ai fait un mot d'écrit,
J'ai voulu lui donner aujourd'hui
Mais je suis resté la bouche coite,
Et je sais pas qu'est c'qu'elle a compris
En r'gardant mon papier dans ma main.
Ell' m'a dit, avec un air malin :
"Au bout du couloir, la porte à droite,
Tout au fond vous trouv'rez bien."
Elle est belle, elle est mignonne,
C'est un' bien jolie personne,
Mais les femm's, ça n'a pas d'raison
Quand ça dit oui, ça veut dire non.
Maint'nant ell' veut plus que j'l'aime,
Mais j'm'en moqu', j'l'aim'rai quand même
Et j'n'oublierai jamais le chignon bien coiffé
D'la bell' caissièr' du Grand Café.
 

 
 
La casquette du père Bugeaud
Anonyme, sur l'air de La Marche des Zouaves (vers 1836)
 
As-tu vu
La casquette, la casquette,
As-tu vu
La casquett' du pèr' Bugeaud ?
Elle est fait'
La casquette, la casquette,
Elle est fait'
Avec du poil de chameau.
Thomas Bugeaud de La Piconnerie, né à Limoges en 1784, est le héros de la conquête de l'Algérie. Il fut fait maréchal de France et duc d'Isly. La fameuse casquette qu'il avait inventée était, en fait, un simple shako auquel il avait fait ajouter une deuxième visière pour protéger la nuque. Un nommé Binder, devenu plus tard chef de fanfare au 3ème Bat' d'Af', composa la chanson un brin irrévérencieuse qui fera entrer "le père Bugeaud" dans la légende.
 
 

 
 
La chanson du cabanon
Paroles de Fortuné CADET et de Charles LABITE
Musique du chef d'orchestre Charles HELMER
Créée vers 1920 à l'Alcazar par Andrée TURCY. Interprétée également par ALIBERT et FERNANDEL
 
I
Les gens du Nord, avec des airs d'envie
Demandent ce que c'est un cabanon
Le cabanon, c'est toute notre vie,
C'est tout, c'est rien, car ça n'a pas de nom.
C'est un endroit où nous faisons des blagues,
Des galéjades qu'on lance sans façon
Où la gaieté se mêle au chant des vagues
C'est le midi, quoi, c'est le cabanon.
II
Sous le soleil, le dimanche on fourmille
Petits et grands, on est tous réunis
Nous y faisons la bourride en famille
La bouillabaisse, aïoli, ravioli.
Après dîner, chacun chante la sienne
L'oncle Jeannet qui pose au baryton
Nous endort tous, c'est encore une aubaine
De faire un penequet au cabanon.
III
Pendant ce temps, les jeunes calignaïres
Cherchent toujours un coin pour s'esbinier
Les parents qui sont de grands blagaïres
Y ne voient pas qu'ils s'en vont caligner
Sur les rochers, ils s'en payent une bosse
Et le soleil leur troublant la raison,
Neuf mois plus tard, on voit, après la noce
Un cago-niéu de maï au cabanon
IV
Quand on est vieux, alors on se rappelle
Les jours heureux passés au bord de l'eau
Tu étais beau, et toi, comme tu étais belle
Quand tu mettais ton petit caraco.
Mais c'est fini, l'existence fut brève,
Mais de tout temps, la vie avait du bon,
Et l'on s'endort un p'tit peu dans un rêve,
Au bord de mer un soir au cabanon.
 
 

 
 
La complainte de Mandrin

I
Nous étions vingt ou trente,
Brigands dans une bande,
Tous habillés de blanc,
A la mod' des... Vous m'entendez ?
Tous habillés de blanc,
A la mod' des marchands.
II
La première volerie,
Que je fis dans ma vie,
C'est d'avoir goupillé,
La bourse d'un... Vous m'entendez ?
C'est d'avoir goupillé,
La bourse d'un curé.
III
J'entrai dedans sa chambre,
Mon Dieu qu'elle était grande !
J'y trouvais mille écus,
J'y mis la main... Vous m'entendez ?
J'y trouvais mille écus,
J'y mis la main dessus.
IV
J'entrai dedans une autre,
Mon Dieu qu'elle était haute !
De rob's et de manteaux,
J'en chargeai trois... Vous m'entendez ?
De rob's et de manteaux,
J'en chargeai trois chariots.
V
Je les portai pour vendre,
A la foire de Hollande.
J' les vendis bon marché,
Ils n' m'avaient rien... Vous m'entendez ?
J' les vendis bon marché,
Ils n' m'avaient rien coûté.
VI
Ces Messieurs de Grenoble,
Avec leurs longues robes,
Et leurs bonnets carrés,
M'eurent bientôt... Vous m'entendez ?
Et leurs bonnets carrés,