B. Bouscau, Paul Camoin, P. Escoffier, A. Favier, R.
Flotte, J. Forestieri, L. Gal, A. Giordano, J. Giraud, E.
Gourillon, G. Guglielmi, G. Hasser, C. Jalabert, Charles
Luccioni, J. Maurel, A. Thomas, G. Ventre
La promotion " La Cigale "
Oh ! mon cher lecteur bénévole !
Sois béni pour ta bonne action,
Et ne sois pas froid comme un pôle
A notre illustre promotion.
Voici Bouscau, ouvrant la marche,
- C'est un quatrième année
français -
Buveur, paresseux, c'est une arche
De la promotion, on le sait.
Le suit Camoin, mathématique,
Bon élève, brave garçon,
Qui sous un air évangélique
Est cependant un gai luron.
Escoffier Paul, nez en bataille,
Fait soudain son apparition ;
Sans aucun bruit, toujours travaille,
Ou bien joue de son violon.
Immense, Favier est Auguste ;
Mais très fantasque est son humeur ;
Il porte le prénom d'Auguste ;
De plus, il est très travailleur.
Flotte Fernand est un beau gosse ;
Il étudie avec ardeur ;
- Qu'il me pardonne mon mot rosse -
Il est gentil et a bon coeur.
Forestieri est bien un Corse ;
- Ne te trouble pas, cher lecteur -
Rieur et doux, il est sans force
Pour faire mal et sans rancoeur.
Louis Gal, poète à ses
heures,
N'est qu'un piètre rimailleur ;
Têtu, fantasque, il demeure
Paresseux-né, - et footballeur.
Voici Giordano qui dévore
Romans, nouvelles et récits ;
Ce grand talent, il le décore
Avec des reins très assouplis.
Giraud fut l'excellent apôtre
De pauvre journal anémié ;
A l'école, ses patenôtres
Ne nous le font pas oublier.
Gourillon a un grave organe ;
Il nous chante « toréador » ;
Voyou, méchant, il sort la lame,
Ou bien, puissamment, il vous sort.
Voulez-vous un garçon très calme ?
J'ai votre affaire : Guglielmi.
Sérieux, rangé, il est calme
Et fera excellent mari.
Hasser est profond psychologue ;
Paresseux, braillard, bon enfant,
Il veut devenir sociologue
Mais c'est Pierrefeu qui l'attend.
Un ténor de tout premier ordre,
C'est Jalabert, ténor de Trans
Est son grand titre, et le désordre
Règne chez lui, sauf pour le chant.
Luccioni, qui semble un prophète
Conte des blagues à tout moment ;
Conserve au bec sa cigarette
Qu'il ne quitte pas un instant.
Maurel est juif, on peut le dire
Dans le secret, bien doucement ;
Je crois qu'il n'a pas lu Shakespeare,
Mais il est rouge - et non blanc.
Thomas glousse comme une poule
Lorsqu'il veut rire doucement ;
Breton, il nous ameute en foule
Pour nous dire : « on vous attend ».
Enfin, pour fermer cette marche,
Voici Ventre, prénom Gilbert
C'est ce gai compagnon qui marche
Dans un effroyable concert.
De la promotion « La Cigale »
Lecteur, tu connais tous les noms
Je m'arrête et je ravale
Ma verve, car je fus très long.
Fait en la résidence de la « Nonne
»,
en la bonne ville de Dracène *
ce samedi 5 février 1928,
à l'occasion de la bringue descentique
du Luc (26/2/28)
* (Draguignan)
Copié sur ce carnet ce 27 février
1928
Choff pour Pâques = 33
Hommage de l'auteur à son cher Camoin
L'auteur
Lag
Texte conservé par Paul Camoin
(promotion 1926-1929), que nous avons
numérisé à partir de ses manuscrits,
et que nous publions avec l'autorisation de sa fille,
Madame Annie Genta.
Promotion L'Argus
(1927-1930)
Y. Bech, Barthélemy Bottéro, P.
Carles, E. Carrière, A. Casanova, M. Deville, Jean
Luccioni, A. Michel, J. Morvan, L. Renoux, M. Revel, R.
Richerme, E. Rouge, A. Rougier, J. Rougier, R.
Signoret
Promotion L'Avenir
(1928-1931)
Promotion « L'AVENIR » de
l'École Normale d'Instituteurs de Draguignan
(1928-1931)
Photo 1
De gauche à droite, debout : MM. F.
LAMBERT (Draguignan), Marius AUTRAN (La Seyne), P.
BERTORA (Fréjus), Toussaint MERLE (La Seyne),
Alexandre MIROY (La Seyne), A. REVOL (Toulon), V.
PASTORELLO (Lorgues), V. ESPANA (Lorgues), P. COUDENQ
(Fréjus), Denis GUIEU (La Seyne), M. GUILHAMET (La
Seyne), R. VERSE (Toulon).
Assis : MM. L. BERNARD (La Seyne), P.
JALABERT (La Seyne), E. RAJAU (Toulon), P. BISSON
(Toulon), F. MORVAN (Toulon)
Promotion « L'AVENIR » (1928-1931)
de L'École Normale d'Instituteurs de
Draguignan.
Photo 2
De gauche à droite, debout : MM. P.
BERTORA (Fréjus), L. BERNARD (La Seyne), R. VERSE
(Toulon), E. RAJAU (Toulon), A. REVOL (Toulon), P. BISSON
(Toulon), P. JALABERT (La Seyne), Marius AUTRAN (La
Seyne), M. GUILHAMET (La Seyne), P. COUDENQ
(Fréjus), Toussaint MERLE (La Seyne), F. MORVAN
(Toulon)
Assis : MM. V. PASTORELLO (Lorgues), V.
ESPANA (Lorgues), F. LAMBERT (Draguignan), Denis GUIEU
(La Seyne), Alexandre MIROY (La Seyne)
Promotion Excelsior
(1929-1932)
Promotion « EXCELSIOR » (1929-1932)
de L'École Normale d'Instituteurs de
Draguignan.
Marius AUTRAN (qui appartenait à la
promotion précédente), n'avait pu
identifier - 70 après - que 7 des 18 visages. En
Avril 2005, une identification compléte des
élèves de la promotion a pu être
effectuée par Robert FERS, comme indiqué
ci-dessous, avec peut-être quelques incertitudes.
Nous remercions sincèrement Isabelle LEO, fille de
Robert FERS, qui avait trouvé cette photo sur
internet, de nous avoir contacté et de nous avoir
fourni les noms manquants
Debout : MM. G. SAVINE, Francis ARNAUD,
Robert FERS, F. RHODEZ, F. MEISTER, G. DAUMAS, M.
CROVETTO, A. DELPUI, C. ORCIER, L. FABRE
Assis, de gauche à droite : MM. Jean
MARTINELLI, G. SIGAUD, G. GRAILLON, André
JAUFFRET, R. MÉJASSON, L. BRÉANDON, E.
MICHEL, P. LEROUX
Promotion Le Flambeau
(1930-1933)
M. Aitelli, F. Calvy, P. Carles, E. Chieusse, A.
Conil, N. Dufour, J. Favier, H. Granet, L. Granoux, A.
Gravier, E. Guieu, P. Lamar, G. Langlois, R. Michel, R.
Pichot, M. Poitevin, E. Queau, B. Roch, R. Teissseire, G.
Vialla
Promotion « LE FLAMBEAU »
(1930-1933) de L'École Normale d'Instituteurs de
Draguignan.
La liste complète des noms se trouve
sur la carte de promotion ci-dessus. Mais on n'a pu
actuellement identifier sur la photos des
élèves que 8 des 20 visages :
Debout, à partir de la gauche : MM.
Emile GUIEU (6e), A. GRAVIER (8e), René PICHOT
(10e), René TEISSERE (11e)
Assis, de gauche à droite : MM. ?, ?,
H. GRANET, E. QUEAU, Jean FAVIER, N. DUFOUR, ?,
?
La vie à
l'École Normale d'Instituteurs de Draguignan
à la fin des années
1920
Souvenirs rassemblés
par Marius AUTRAN en 2001
Directeur : Alphonse Gilet, homme d'une
rare intelligence, ancien Inspecteur Primaire, excellent
pédagogue, administrateur incomparable malgré les
difficultés.
Monsieur Alphonse Gilet,
Directeur de l'École Normale d'Instituteurs de
Draguignan, assis, au centre de la promotion
1920-1923
L'École Normale d'Instituteurs était
un bâtiment vétuste, mais aux structures suffisantes
pour travailler correctement avec d'excellents
professeurs.
L'École Normale
d'Instituteurs de Draguignan, vers 1928
Inconvénients matériels : pas de
chauffage dans les dortoirs, pas d'eau chaude, une douche par semaine
au fonctionnement problématique, un seul poêle dans la
salle d'études.
Propreté des locaux assurée par les
élèves.
Le service du
dortoir
Alimentation abondante, mais de qualité
médiocre (viandes de troisième catégorie,
légumes secs, poissons secs venus de
l'Océan).
Aux réclamations des élèves
et de leurs parents, l'Économe répondait qu'il
disposait seulement de 7 à 8 francs par jour et par
élève pour la nourriture, le lavage du linge, la
santé, etc.
Formation pédagogique : passage en classe
d'application (dans une école primaire à deux classes
fonctionnant à proximité de l'École Normale) une
fois par mois, suivi d'un rapport de l'instituteur. Chaque
élève devait également faire une
leçon-modèle devant la promotion en présence de
tous les professeurs, leçon suivie d'une large discussion et
de sévères critiques.
Les élèves remplaçaient les
enseignants de Draguignan se trouvant en congé de
maladie.
Le Directeur nous emmenait souvent en visite dans
les écoles estimées les meilleures dans le
département, visites suivies de discussions en salle
d'études. On appelait ces visites des sorties
pédagogiques (les frais de déplacement étaient
à la charge de l'Administration).
M. Gilet avait le souci d'éviter des
dépenses excessives à l'Inspection Académique en
assurant le remplacement des enseignants en congé de maladie
et mieux encore : durant le dernier semestre de l'année 1931,
le Surveillant Général cessa ses fonctions,
appelé par la Loi au Service Militaire ; il ne fut pas
remplacé par l'Académie et ce fut l'élève
Marius Autran qui fit fonction de Surveillant
Général, ayant la confiance de M. Gilet (bien
entendu à titre bénévole).
Loisirs : Nous avions le choix entre les
promenades à la campagne ou les parties de cartes dans les
cafés de la ville. Personnellement, je
préférais, avec plusieurs copains, herboriser ou
capturer des insectes pour nos collections.
Il y avait un seul cinéma à
Draguignan qui offrait bien des films. Hélas ! à
l'heure d'ouverture (17 h), nous devions être rentrés
à l'École.
L'autorisation nous était tout de
même accordée d'accompagner l'équipe de football
des normaliens dans les villages environnants, en compétition
avec des joueurs amateurs des campagnes varoises.
M. Gilet nous emmena visiter des
musées, des caves-coopératives vinicoles. Il fit venir
souvent des conférenciers traitant de sujets à
caractère culturel.
Cet homme de bien a dirigé l'École
Normale de Draguignan pendant une quinzaine d'années et a
laissé des souvenirs très attachants.
Durant la seconde année, la promotion fut
informée du fonctionnement éventuel d'un cours de
Préparation Militaire Supérieure. Une dizaine d'entre
nous acceptèrent d'en suivre les cours (2 heures par semaine)
sous la conduite de l'Adjudant-chef Carré et du Commandant
Grisault. Nous fûmes amenés à passer un concours
pour l'École d'Officiers de Réserve de Saint-Maixent en
Août 1931. Presque tous les volontaires de la P.M.S. y furent
admis et devinrent, l'année suivante, sous-lieutenants de
réserve.
Préparation Militaire Supérieure des
élèves de l'École Normale
d'Instituteurs de Draguignan, avec l'Adjudant-chef
Carré (1931)
L'instituteur en
vacances
Paroles et musique d'Antoine
Méchin
Fin Août
1909
I
Quand revient le mois de juillet,
L'instituteur, tout guilleret,
S'écrie : Ah ! voilà les vacances
Et leurs heureuses conséquences
Il tire un trait sur tous ses maux,
Les entiers et les décimaux,
Et laisse là les participes
Pour flâner selon les principes.
L'instituteur est souriant.
L'instituteur est bon enfant,
Il s'attarde vers les rivières,
Les clairières.
Il lit de très nombreux journaux
Et s'endort sur les faits nouveaux,
Bercés par la calmante ivresse
De la Paresse.
II
Sa classe devient un local
Où s'entassent, tant bien que mal,
Les vieux souliers et les casquettes,
Les fourneaux et les bicyclettes.
Il y fait sécher des jambons,
Des haricots et des oignons,
Dont les richesses végétales
Rappellent les Halles Centrales...
L'instituteur est gracieux,
L'instituteur est radieux,
Il reçoit maint collègue aimable,
A sa table.
On déguste les meilleurs vins
En savourant des plats surfins,
Et joyeusement le coeur vibre.
Car on est libre.
III
Si, dans le fond de son gousset,
Frémit un mandat bien complet,
Il se dirige vers les gares,
En fumant d'excellents cigares.
On le voit alors à Dijon,
A Vichy, Genève ou Mâcon
Quelquefois même sur des plage
Très lointaines et très peu sages.
L'instituteur est élégant,
L'instituteur est séduisant ;
De splendeurs son regard se rince
C'est un Prince...
Il peut frôler des dames bien
Qui promènent leur petit chien,
Et goûter des eaux minérales,
Très peu banales.
IV
Mais quand l'octobre au ciel tout gris
Souffle sur les plaisirs taris,
Vite, on regagne ses pénates
Où chacun rentre sans épates.
On remet la classe d'aplomb,
On se sent dans l'aile du plomb,
Elles se meurent les vacances,
Adieu, folles exubérances.
L'instituteur n'est plus gaillard,
L'instituteur n'est plus flambard,
Il faut reprendre les formules,
Les virgules.
Il faut retrouver l'A Bé Cé,
Et sur le tableau délaissé
Voir tout en noir ses espérances !
Adieu, Vacances !
Quelques autres
souvenirs de l'École Normale d'Instituteurs de
Draguignan de la fin des années 1920,
conservés
par Paul Camoin (promotion 1926-1929), que nous avons
numérisés à partir de ses
manuscrits, et que nous publions avec l'autorisation de
sa fille, Madame Annie Genta.
Code
normalesque
Art. I - Par définition,
on vient à l'Ecole Normale pour bûcher.
Art. II - Il existe une
division en 3 parties dans l'effectif des normalots :
a) les protos :
négligeables
b) les dottos :
respectables
c) les
vétérans : vénérables
Art. III - Les protos : moins
que la dix millionième partie d'un de ces monticules qui se
rencontrent dans les endroits malodorants.
Un proto est une canaille de
sotte espèce.
Les protos sont
corvéables à merci : ils font le service, vont
ramasser les crottes et la terre pour le jardin du patron, font
les corvées supplémentaires sans rouspéter :
charbon, bois,... etc...
Ce sont eux qu'on
empègue en étude.
Ils n'ont que le droit de se
taire et encore leur est-il contesté.
On leur aplatit les coutures et
il paie cigare, café, pousse-café le premier
dimanche de sortie.
Ils doivent respect et
obéissance aux vétérans et aux dottos. Les
protos ont toujours bon dos : en étude, au
réfectoire, au dortoir.
Un seul jour leur est
accordé pour se soulager de leur misère : c'est la
descente.
Art. IV - Les dottos : n'ont
jamais été protos : ils étaient
élèves de première année. Ils ont bien
quelques pouvoirs, en premier lieu celui de se monter le coup,
mais c'est la promo qui reste le plus dans l'ombre.
Intermédiaires entre les protos et les
vétérans, ils marquent la choff, connaissent les
trad's et forment l'association des jeux de mots. Ils bardent un
seul jour par an : à la descente.
Art. V - Les
vétérans : ceux qui n'ont pas autre chose à
faire que d'attendre la fuite. Ils détiennent tous les
pouvoirs et tous les privilèges. Chefs de service, ils
empèguent qui bon leur semble.
Pourvus d'une étude
spéciale, ils peuvent se permettre quelques
libéralités : transformer leur étude en cour
de justice et faire des baptêmes ; ils enseignent les trad's
aux protos et disent la messe le soir de la descente.
Art. VI - La descente :
supprimée et remplacée par une fête des
dottos.
Art. VII - Chaque proto doit
voir son carnet de trad's où sont écrites les
poésies traditionnelles : silhouettes normaliennes, les
pauvres moineaux, réponse à une bécasse
encagée.
Le carnet doit avoir aussi un
graphique de la vie de normalot et la photo de la
promo.
Des poésies
copiées par les copains achèvent le
carnet.
Art. VIII - Chaque promotion a
son baptême particulier, chanson bien rythmée avec
accompagnement de bureau, règle, tiroir.
Il existe de plus un
baptême traditionnel : celui de la promo 16-19 : De passage
à la mascara.
Art. IX - Un normalot est
toujours modeste : il est sûr d'avoir le super et se croit
supérieur aux autres élèves : norm's et
potaches, parexemple.
Ce sont les normalots qui
brillent dans les concerts, fêtes de gym et matchs de
foot.
Art. X - Lorsque les protos
rentrent, ils sont polochonnés et on les fait sauter. Les
compilatis et pieux en portefeuille sont de rigueur.
Calendrier
de la promotiion 1926-1929,
avec, au
sommet, le 17 février 1928 à minuit : la
descente)
Silhouettes
normaliennes
- Le Proto -
L'uniforme est sans plis, la
casquette sas rides
Les palmes sur le drap mettent
leur tache d'or
Il s'en va, triste et seul,
dans le grand jardin vide
La grande et rude école
l'ahurit tout d'abord.
Il rêve en ce jardin aux
faciles écoles
Dont il dut à jamais
déserter le chemin
Pour venir à la norm'
parler de paraboles
De leçon de chimie qu'il
faut savoir demain
Et tous les mots nouveaux
sortis de son lourd livre
Dansent dans son esprit en des
rondes sans fin
A l'heure où le jardin
de dentelle se givre.
Le directeur lui dit : «
après l'arithmétique,
Etudiez votre âme »,
mais lui fort peu malin
Ne trouve rien en lui de bien
psychologique.
- Le Dotto -
Les palmes sont
flétries, la casquette est brisée
Et la cravate noire a
déserté le col.
Il ne t'étudie plus,
grand-mère méprisée
Et chante en clé de fa
bien mieux qu'en clé de sol.
Il rêve en ses loisirs
une date terrible
Terme fatal, épique et
qu'il redoute un peu
Il mâchonne un espoir :
être au moins admissible ».
Seul, au vent qui en rit, il
répète son voeu.
Il pioche en attendant les
carbures primaires
Les talents de Racine, les
vertus des métaux
Et les divers terrains des
couches secondaires.
Il déserte la ville,
alourdit son allure
Gonfle sa pauvre tête de
chapelets de mots
Et, plongé dans son
livre, il oublie la nature.
- Le Vétéran
-
La casquette est finie,
disloquée, trop petite
Les genoux sont
râpés, les coudes reluisants
Mais qu'importe, il consulte la
blanche marguerite
Car sa Lise est jolie et vient
d'avoir seize ans.
Toute question de notes, le
sature et le vexe,
Il blague le proto, q'un d'eux
a dépité
Mais il s'indignera de sa note
d'annexe,
D'un 0 de péda qu'il n'a
pas mérité.
Il désire tout bas
l'escapade prochaine
Au déclin des
journées de fatigue et d'ennui
Il tremble un tantinet en
pensant au C.N.
Et le soir à
l'étude, inquiet des lendemains
Il cherche en s'absorbant dans
la revue qu'il suit
La petite leçon
qu'apprendront les gamins.
- Le Cube -
Lui aussi quelquefois
rêvait à l'escapade
Aux murs que l'on laissait
à l'ombre du Malmont
A la vie qu'on guettait :
morne, unie et bien fade
Pour un autre lointain, mais
brillant horizon.
Il est libre aujourd'hui, sa
toute petite école
S'ensoleille et se pare ainsi
qu'un frais jardin
Et sa troupe de même,
docile à sa parole
S'en allant dans la vie,
choisit le droit chemin.
Et la pédagogie pour lui
seul souriante
Effeuille sous les pas des
lauriers et des fleurs
Il est le benjamin de la troupe
enseignante.
Il regrette pourtant le
passé qui s'envole
Et du geste, il adresse,
oubliant ses rancunes
Un nostalgique adieu à
son ancienne école.
Rappel de la liste de la Promotion Les
Aiglons (1924-1927) de L'École Normale
d'Instituteurs de Draguignan