La Seyne-sur-Mer (Var) La Seyne-sur-Mer (Var)
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Promenades seynoises
Ecrits rimés de
Henri GIOVANNETTI
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Voir également les « Récits proposés par Henri Giovannetti à Marius Autran » sur le site Solimages La Seyne - Six-Fours

 

Biographie

Henri Giovannetti est né en 1938 à La Seyne (aux Mouissèques) dans une famille dont les racines sont à la fois toscanes (Buti) et bretonnes par sa mère. Curieux mélange que l'on doit principalement au déplacement de son père vers 1934 à Lorient avec les chantiers de La Seyne.

Pendant la guerre, d'ailleurs, toute sa famille ira se réfugier dans un petit bourg breton, Guilliers, refuge de ses tantes et cousins, son père, lui, étant resté à La Seyne, réquisitionné .

Revenu dans notre ville, il a intégré l'école Martini jusqu'en cinquième, après avoir connu comme instituteurs ou professeurs : Mmes Roumieu, Arnaud, Robin, et MM. Vaquero, Arène, Laure, et Marius Autran.

Après la cinquième, ses parents, pressentant qu'il ne deviendrait ni médecin ni avocat l'orientèrent vers l'école d'apprentissage des F.C.M. où il réussit le concours d'entrée.

Jeune, il a joué de nombreuses années au rugby au sein de l'U.S. Seynoise et, aujourd'hui encore, il reste profondément attaché à ses couleurs. Il est co-auteur, avec Jean-Marc Giraudo, de l'ouvrage Un Dimanche à la Muraillette - Un siècle de rugby à La Seyne.

Il est malheureusement atteint depuis 20 ans d'une maladie sournoise et méchante qu'on appelle la sclérose en plaques qui l'empêche de marcher et l'oblige à se déplacer en fauteuil. Heureusement, son épouse, ses enfants, ses 4 petites filles et ses nombreux amis l'aident dans sa lutte de tous les jours et l'amour qu'il porte à sa ville et à ses souvenirs sont aussi d'agréables moments d'évasion.

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Préambule
 
Dans ces textes un peu fous, j'ai raconté ma ville
Ses rues et ses quartiers, ses sportifs, ses sentiers
J'ai raconté souvent mes rêves imbéciles
Et commis des écrits... simples et familiers.

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A Marius AUTRAN...
 
A...La Seyne, ma ville
U...ne ville de bleu
T...out y semble tranquille.
R...ieuse aux très beaux yeux.
A...moureuse et trés fière
N...aturelle et prospère.
 
M...arius a fait chanter
A...rbousiers et aubépines
R...espirer ses sentiers
I....magé ses collines.
U...ne fois terminé ce poème fada,
S...uivez la belle piste qui mène à Fabrégas.
 
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Texte N°1
 
Ma ville de mer
 
Qu'elle est belle ma ville aux quarante collines
Ces mots de Caminade*, j'aime les répéter
Belle comme un printemps dans sa senteur marine
Qui attend, impatient de revoir son été.
 
Du chemin Paradis à celui de l'Oïde
De la Colle d'Artaud à la tour Balaguier
On semble deviner l'envol des chrysalides
Préparant leur envol vers la forêt du Mai.
 
La colline aux moulins aujourd'hui n'est plus fière
Lassée d'attendre en vain un généreux pardon
Du fort Napoléon pour lui avoir naguère
Fait un siège sanglant et tiré au canon.
 
Allons vers Tamaris pour contempler la mer,
Respirer un instant les odeurs d'Orient,
Pensons à George Sand et aux frères Lumière
Puis à Michel Pacha. Que l'endroit est charmant !
 
Venant du Bois Sacré, les flots de vacanciers
Pressés de retrouver la plage des Sablettes
Pourront voir, c'est nouveau, le parc paysager.
C'est ma ville tout ça, il n'y a pas que Berthe.
 
Au jardin on verra mille joueurs de boules
Car la pétanque ici, est un sport national
La pêche du matin... une sieste... et ça roule
C'est La Seyne sur mer... c'est ma ville natale.
 
HG
 
*Pierre Caminade. Journaliste et poète seynois. Académie du Var.

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Texte N°2
 
Je me présente
 
En mil neuf cent trente-huit et le vingt-trois Mai
Je me suis présenté... Boudiou qué belle perle !
L'endroit... attendez donc... Boul' vard Albert Premier
Qui doit être aujourd'hui... l'Avenue Toussaint Merle.
 
Mon frère est déjà là et... Mémé Philomène
Entre deux chapelets et un Pater Noster
Maîtresse et forte femme d'origine italienne
Veille sur la famille et tous ses êtres chers.
 
Pépé Paul, lui, n'a que trois mètres à faire
Pour rentrer au chantier et calorifuger
Des longueurs de tuyaux, l'amiante est son affaire.
Il ignore le pauvre qu'elle va l'emporter.
 
La maistrance, en ce temps, était allée chercher
Sa main d'œuvre hors des murs et jusqu'en Italie
Piémontais, Espagnols, tout un monde arrivait
Les miens avaient quitté leur Toscane et Buti.
 
Je vais arrêter là cette énumération
Pour vous, sans intérêt... qu'est ce que ça peut vous faire
De savoir qu'une sœur en troisième position
Est ensuite arrivée... enfin, une dernière.
 
Pour clore ce tableau je ne dois d'oublier
De vous parler aussi de Marius et Denise
Car c'est à vous mes chers, que je veux dédier
Ces mots. Dormez en paix, la douleur est permise.
 
HG

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Texte N° 3
 
Chemins faisant...
 
Mireille et Jean Nohain c'est vrai m'ont devancé
Et chanté des chemins avec un grand bonheur
A La Seyne, vois-tu, je ne peux oublier
Les vieux chemins d'antan aux noms évocateurs.
 
Du côté des Mouissèques est le chemin des Roses
Qui nous conduit tout droit au sommet du côteau
Accélère le pas, il faut voir autre chose
Et, nous montrant la mer, le chemin du Manteau.
 
Au Nord, à Brégaillon chemin du Pays Bleu,
Près des Quatre Moulins se présente Laffran
Plein Soleil, Evescat aux souvenirs charmants
Sans oublier bien sûr, ce joli Gai Versant.
 
Chemin du Vieux Reynier, Bonjour Marius Autran !
Je ne peux m'arrêter, il faut "que je me bouge"
L'ondée s'annonce au loin et n'ai que peu de temps
Pour rentrer d'un bon pas, direction Le Baou Rouge.
 
Chemin de Paradis à l'ombrage parfait
De la Croix de Palun à l'odeur buissonnière
Chemin des Bégonias et chemin du Rouquier
Aussi Chemin de l'Oïde et Chemin du Cannier.
 
Le Chemin de La Ferme m'emmène à Fabrégas
Celui du Bord de mer présente Mar-Vivo
Chemin Léon Mary, salut, je n'oublie pas
Et Chemin des Sablettes qui annonce les flots.
 
Tous ces tracés charmants me reviennent en tête
Mais en s'élargissant ils vont perdre leur âme
Alors, si par bonheur, un jour tu t'y arrêtes
Regarde dans leurs branches, tu y verras des larmes.
 
HG

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TEXTE N° 4
 
Guerre........
 
Je me souviens encore, je n'avais pas cinq ans,
De cette triste guerre, des sirènes, des boches
Et des marins français captifs de l'Allemand.
C'était le sabordage, la vie s'annonçait moche.
 
De noires escadrilles n'annonçant rien de bon,
Récitaient au hasard, malgré les fumigènes
Leurs mornes chapelets sur nos tristes maisons.
Elle portait son deuil ma ville de La Seyne.
 
Les familles nombreuses étaient alors priées
De quitter le logis, de dégager l'endroit.
RAOUST !!! Via la Drôme où le Haut Vivarais !
Pour nous, le Morbihan, je vais dire pourquoi.
 
De Bretagne, ma mère étant originaire,
A l'appel familial elle répondit oui
A ce bourg accueillant qu'aujourd'hui je vénère
Et ces gens de Guilliers à qui je dis merci.
 
Aux odeurs du fumier, on s'est habitué
Aux vaches aussi, aux pommes et... la grande scierie
Qui employait mon père - il fallait bien manger -
Se transformait la nuit en chantier du maquis.
 
Que c'est loin et pourtant... j'entends toujours le bruit
Des bottes sur le sol, des ordres sans bémol
Menaçant de tirer sur la fenêtre où luit
Le semblant de lumière d'une lampe à pétrole.
 
"L'école du Bon Dieu et son instituteur
Sévère, juste et bon te sera profitable
Faudra payer les cours à ton frère, à ta soeur!"
Maman ne voulait pas de "l'école du Diable".
 
Enfant, de cette époque je garde ces images
Mais quel triste retour dans ma ville meurtrie,
Ses immeubles détruits et les blêmes visages
Des gens de mon pays. Guerre, je te maudis !!!
 
HG

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TEXTE N° 5

Angéla...

Dites moi mes enfants si j'ai l'air d'un vieillard,
J'essaie en tous les cas d'en rien laisser paraître
En ne veux entonner le beau chant du départ
Sans vous avoir avant, adressé cette lettre.
 
Il était une fois... à l'école laïque
Le poêle en fond de classe et le plumier en bois
Les vêtements froissés dans des luttes épiques
Face à des ennemis bien plus âgés que moi.
 
Préau de Martini qui claque ses galoches,
Récréations trop courtes, distribution de lait
Et le signal méchant de la maudite cloche.
"En rang et en silence, allez, vous avancez!"
 
Les encriers remplis de noyaux de cerises
En multiples couleurs et, sorties aux récré
Les billes, les toupies et les agates grises
Qui déformaient les poches de nos vieux tabliers.
 
Je me souviens toujours de la douce Angéla
De ces feuilles enflammées laissés dans la cachette.
Bien des années après peut être qu'il y a
Dans ces endroits cachés, ces preuves d'amourettes.
 
C'est pas du tout sérieux de fréquenter les filles
A cet âge surtout... je n'avais pas douze ans,
J'ai donné aux copains toutes mes jolies billes
Et j'ai crû que j'étais enfin devenu grand.
 
HG

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TEXTE N° 6

Les deux chênes... et les bambous

Ils se dressaient bien fiers dans notre paysage,
Tutoyant les sommets, du Mai au mont Faron
Robustes centenaires, sages parmi les sages
Ces géants, au quartier, ils ont laissé leur nom.
 
Le grand de La Fontaine n'a pas toujours raison,
La preuve en est donnée ici à Fabrégas
Car, face à des bambous prétentieux et bouffons
Les chênes ont résisté. Je vais vous conter ça.
 
Ils ont vécu des siècles ces robustes gaillards
Pendant que ces morveux, par la fable, grandis
Les narguaient, bien trop sûrs et gardant un espoir
De les voir par grand vent, déracinés, partis.
 
L'histoire est une chose, la vérité... contraire
Et pour des cannes à pêches ils furent tous coupés
Par l'homme de la mer. Par celui de la terre
En piquets de tomates ils furent transformés.
 
Enfin débarrassés, nos deux monstres feuillus
Vécurent l'amitié et l'amour sans partage
Abritant dans leurs branches, les printemps revenus
Tout plein de chants d'oiseaux et de jolis ramages.
 
Le mistral, même lui ne pouvait rien contre eux
Mais un danger guettait, cancer arboricole
Le chancre coloré les a rongés tous deux.
Adieu chênes aimés, vous teniez un grand rôle.
 
HG

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TEXTE N° 7
Le laboureur et ses enfants (Version seynoise et rigolote)
 
Un riche laboureur, bien dans sa soixantaine
Appela ses enfants, leur parla sans témoins.
"Je pars pour l'hôpital communal de La Seyne
Y suivre un traitement, et divers examens."
 
Prenez soin leur dit t'il, de bien entretenir
Le blé qui va lever, les vignes, le verger
Veiller sur les semis, biner... et puis finir
De nettoyer l'étable puis, sortir le fumier.
 
"Pour nourrir les cochons, allez chercher des glands
Dans les bois de Janas cela ne manque pas,
Les asperges sauvages ont poussé par ce temps
Et pour vous, ça fera un excellent repas."
 
Le domaine est immense, très bien ensoleillé
Il doit valoir bien sûr quelques lingots qui brillent
Alors, nos rejetons, par le fric, alléchés
Songèrent à liquider le bien de la famille.
 
Ils tirèrent des plans, ils tracèrent des voies
Oubliant les promesses, instructions paternelles
Dirent adieu au maïs, aux fèves, aux petits pois
Pour revêtir costards et chemises en flanelle.
 
"Pourquoi donc s'emmerder c'est bien mieux à présent
De simples paysans, nous voilà promoteurs"
Et ont, pour le pognon, abandonné les champs
Mais la fin de l'histoire... est remplie de malheur.
 
Fin triste et remplie de malheur.
 
Notre ancêtre, un beau jour finit ses perfusions
Et... tout ragaillardi s'en revint au logis
Mais, devant ce spectacle et l'atroce vision
Il tomba raide mort. C'était une embolie !
 
HG

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TEXTE N° 8

La peste

La Provence connut en 1720 une terrible épidémie de peste ainsi qu'en 1835 et 1845.

Cette épidémie fit des ravages dans notre commune et l'on a dit qu'elle était arrivée avec un lot de cotonnades se trouvant à bord d'un navire faisant escale à Marseille et en provenance d'une ville d'Orient.

Ce navire fut consigné à quai, mais des trafiquants avides de gain s'employèrent à dévaliser le navire avant qu'il ne soit coulé au large. Parmi eux, un voleur de la région qui emmena quelques ballots infestés jusqu'à Toulon.

A la peste et au choléra s'ajoutèrent également d'autres fléaux par les invasions barbares.

L'hygiène, aux temps lointains lui était inconnue
Et notre bonne ville, comme celles autour
Dut subir maintes fois, les chaleurs revenues
Bien des épidémies et maux des vilains jours.
 
Le choléra, la peste faisaient mille ravages,
Par centaines les morts étaient alors comptés
Simples linceuls de chaux pour l'ultime voyage
Et la cloche lugubre pour les accompagner.
 
Cette fois paraît t-il le mal vient de Marseille
Emmené dans les flancs d'un navire marchand
On dit, mais est-il vrai, qu'un trafiquant la veille
En venant par les gorges, l'a ramené céans.
 
Les ruisseaux, les égouts, les rejets de la ville
Sont visibles partout, fleuves nauséabonds,
Au détour des chemins, ces odeurs imbéciles
Viennent ajouter du noir sur nos tristes maisons.
 
La chapelle des morts sonne le glas funeste
Des tombereaux chargés des âmes à emporter
Courageux nos aïeux qui, dans un dernier geste
Prient en s'agenouillant et oublient de pleurer.
 
Ces moments, nos anciens hélas les ont vécus
Pillages, incendies, guerres de toutes sortes
Saccages, incursions de visages barbus
Sans que jamais la nuit ne tombe sur leurs portes.
 
HG

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TEXTE N° 9

Le jugement de JEAN

Ce Jean de la Fontaine a tout exagéré,
L'histoire du héron jusqu'à celle du rat
Aussi, les pauvres bêtes ont dû se "cégéter"
Et, devant la justice traîner le scélérat.
 
Le renard en premier est venu témoigner
Devant les perruqués du prétoire animal
Et sur sa belle queue il a craché, juré
Que jamais de fromage aux repas il n'avale.
 
Il parla calmement, il discuta régime
Entortilla de belle tous ces hauts magistrats
"Méfiez vous messires, des lettres anonymes
De ce noir volatile, charognard des hauts bois"
 
Dame cigale aussi souhaita réparation
"Car je chante messieurs, pour plaire à l'estivant"
Son contrat il est vrai ne dure que saison
Et n'a pas pour l'instant, statut d'intermittent.
 
A leur tour, arrivèrent en criant leur colère
Le rat des champs, le coq et le timide agneau,
Le cochon, le dindon, le paon plein de manières
L'âne et les lapereaux, les pigeons et les veaux.
 
Même un loup édenté, par meute délégué
Voulut parler justice et indemnisations
Puis, un lièvre insista pour aussi témoigner.
"La hâbleuse tortue a triché sans façon,
Plusieurs témoins sérieux, dignes et de bonne foi
Ont vu cette tricheuse prendre des raccourcis
Messieurs, depuis ce jour, on se moque de moi,
Et ça n'en finit pas des rires et moqueries".
 
Les poissons quant à eux, boycottèrent l'audience
Seule, la vieille carpe tint à tout exprimer
Dire en ouvrant sa bouche toutes ses doléances
Mais nul n'a rien compris. C'est dur d'être muet.
 
"L'affaire est très sérieuse, dit le singe prud'homme,
Elu par tous ces pairs pour tenir la séance.
"Je veux expressément que l'on châtie cet homme!
Car celle des humains ne nous porte pas chance".
 
Ces mots eurent effet de contenter la foule
Des cris et des bravos, mille exclamations
Montèrent de la salle, surtout du coin des poules.
"Silence au poulailler ou je clos la session !".
 
Un lion fit son entrée pour porter témoignage,
Superbe, pomponné, tout lustré de crinière.
En des termes choisis il s'adressa aux sages
En plaidant l'amnistie sans aucune manière.
 
Les jurés, apeurés, laissèrent à l'inculpé
La liberté totale de tous ses mouvements,
Le lion était heureux, l'homme était libéré
Quand, l'appétit venant...il bouffa maître Jean.
 
Moralité.
 
A charge ou à décharge,
Méfiez vous toujours... des témoignages.
 
HG

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TEXTE N° 10

à mon MAITRE

Mon maître m'a quitté.
Il m'avait tout appris,
Le calcul, le français
Et l'amour de la vie.
Pendant près de cent ans
Il a dépeint sa ville
Narré ses habitants
Avec des mots habiles.
Vous étiez le gardien
Le guide inégalé,
Chercheur jusqu'à plus faim
De nos heures passées.
Adieu Marius Autran !
Adieu les belles pages !
Adieu le bon vieux temps
Et ses belles images.
 
HG
 
(A suivre)
 

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TEXTE N° 11

Je voudrais

Je voudrais un pays où l'amour serait roi
Qui n'ai pas de monnaie, encore moins de frontières
Je voudrais un pays sans prisons, sans soldats,
Sans drapeau, sans canons, sans trompette guerrière.
 
Je voudrais un pays sans hymne, sans galons
Et, pour encourager, le son du galoubet
Des fantassins armés de rimes et de chansons,
Un général farceur, un comique troupier.
 
Je voudrais un pays qui repousse les haines,
La morsure du froid, la peur et la misère.
Je voudrais un pays sans ses noires sirènes
Et des pétales bleus en guise de parterre.
 
Je voudrais un pays avec plein d'enfants sages,
Un coin de paradis, un arc en ciel de fleurs,
Un endroit bien caché à l'abri des nuages
Et, sur une pancarte... "Réservé au bonheur".
 
Je voudrais un pays qui ignore la nuit,
Qui aurait pour devise... "Amour et Amitié"
Qui aurait pour toujours vaincu la maladie...
Je voudrais. Je voudrais. Je voudrais. Je voudrais.
 
HG
 

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TEXTE N° 12
 
Le temps disparu...

 

Ce matin de printemps, je dois aller très vite
Avec mon gros couffin pour me rendre au marché,
Car mon vieux cours Louis Blanc me fait signe et m'invite
A humer des senteurs que j'avais oubliées.
 
"Ah mes belles tomates, asperges, céleris !
Bécaud, ne t'en fais pas, je ne te copie pas
Mon marché de Provence c'est bien celui d'ici
Et La Seyne sur mer, c'est mon pays à moi !"
 
Ninon, des paquets d'herbes s'est absentée sans bruit
Ignorant que Gory s'est refait en couleurs
Que plus haut, Castillo et ses charcuteries
A parfumé le coin de fort bonnes odeurs.
 
Enfin, visage ami s'offrant comme un cadeau
Il est là, devant moi et ses pommes de terre
Je l'ai bien reconnu mon ami Navarro.
Moi, j'étais un avant lui, il était arrière.
 
Mais mon couffin est vide et rit de tout ses trous
Quelques poivrons d'abord comme premier achat
Un peu de basilic pour la soupe au pistou
Et puis, des haricots, un melon et... basta.
 
C'est la poissonnerie qui m'offre ses éclats
"Ah! mes belles rascasses et mes jolies favouilles
C'est pêché du matin, tè, reluque moi ça,
Tu vas te régaler, oh... n'oublie pas la rouille !"
 
Mais où est donc la cade et sa Madame Roy
Où sont le Petit Louvre, Lambert et Cambrésier
Et, que sont devenus le grand marchand d'anchois
Gaudin le quincailler, Verdagne le boucher ?
 
Une odeur de pain chaud me rappelle Erutti
Oh p... ! c'est dimanche, ma boîte de gâteaux
Est commandée en face dans la pâtisserie
J'y pénètre, oh gourmand ! mais ce n'est plus Tisot.
 
Mon rêve s'évanouit, mes rues ont disparu
Et je prends cinq minutes pour me faire un tiercé
Me descendre un Ricard au bar du PMU
En pensant, tristement... à ce temps disparu.

HG

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TEXTE N° 13
 

La naissance et la mort...

 
J'ai vu partir vers l'eau des coques d'espérance
Écouté les flonflons de fanfares riantes
J'ai vu vers l'élément, glisser des formes immenses
Entendu les bravos et les sirènes hurlantes.
 
J'ai vu des paquebots habillés de drapeaux
Rejoindre l'onde bleue d'une mer souveraine
Et, sans doute pressés de quitter leur berceau
Filer dans un fracas du grondement des chaînes.
 
Des croiseurs, des cargos, des bananiers rougis
Descendre de leur cale, abandonnant leurs tins
Et dans l'odeur de suif, de graisse et de cambouis
Pour découvrir un monde, un univers marin.
 
Pourquoi faut-il qu'en face, sur un quai de misère
Des ouvriers tout gris, armés de chalumeaux
Démolisseurs experts, disciples à Lucifer
Attendent impatiemment la mort des vieux vaisseaux.
 
Je fus un jour témoin de l'agonie sublime
D'un fier et vieux cargo, l'Éridan de son nom
Lui, préférait mourir au profond des abîmes
Voir une fois encore le large et l'horizon.
 
Alors, le vent de l'est a soufflé sa colère
Pour contrarier l'effort des puissants remorqueurs
Et le vieil Éridan en réaction dernière
Par ses noirs écubiers, a versé quelques pleurs.
 
(Face au chantier naval ou naissaient tant de navires, il existait en face, d'importants chantiers de démolition.
L'agonie de l'Eridan est réelle et les remorqueurs de la DP ont eu grand mal pour l'amener à sa dernière demeure).

 

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