Le mouton Texel

Nous sommes arrivées à 16 chez tatie Colette qui nous a sauvées d'une mort certaine. Notre ancien propriétaire nous appelait " brebis de réforme ", - vous parlez d'un manque de respect -, et voulait nous envoyer à l'abattoir.
Chez tatie Colette on est bien, on mène une bonne petite vie de retraitée. Bon, c'est vrai, il y a l'exercice avec les chiens et la bergère; c'est curieux cette habitude qu'ils ont de vouloir absolument nous faire passer entre deux barrières, ils appellent ça des claies, ou de vouloir nous séparer en deux groupes alors que ce que nous aimons, c'est d'être ensemble.
S'ils exagèrent, bien que nous soyons plutôt placides, les plus autoritaires d'entre-nous chargent l'importun, histoire de se faire respecter.
Sur le plan de la bouffe, on est plutôt sélectives et on laisse volontiers ce qui nous plaît le moins.
On a deux herbages, changement d'herbage réjouit les viaux, les brebis aussi.
 
 
Si tatie Colette nous est utile, nous aussi nous lui rendons bien des services : avec nous elle apprend à manipuler, à tondre, à tailler les onglons, à faire des piqûres, à soigner les petits bobos.
Quand l'hiver arrive, nous avons le droit de rentrer dans la bergerie : paille fraîche, eau, électricité ... une vraie vie de retraitées.
Pour terminer, il paraît que nos ancètres viennent de l'île de Texel aux Pays Bas. Les spécialistes disent que nous pesons de 75 à 80 kg, que nous mesurons 68 à 72 cm, que nous avons 2 à 3 kg de laine, que nos gigots sont développés, aussi arrondis et descendus que possible. Quelle horreur !!!

PS : A la maison, on nous appelle " les grosses ", probablement parce que les copines Ouessant sont très menues.