DICTEE 2011 LAUREATS
Hindi
Prix Tulsidas et 1e Prix intermédiaire : Méric DODOTE-GEOFFROY
1e prix Espoir : Janette PATMABY
1e prix Débutant 1 : Sébastien SIMERY
1e prix Débutants 2 : Laura CAZENAVE
DICTEE 2010 LAUREATS
Hindi
Prix Tulsidas et 1e Prix débutants 1 : Leslie Merlot
1e prix Espoir : Benjamin Soubdhan
1e Débutants 2 : Méric Dodote-Geoffro
DICTEE 2009 LAUREATS
Tamoul
Toutes Catégories Prix Kamban Richard PATAY (Centre de Formation du CGPLI)
Hindi
Toutes Catégories Prix TulsidasRollé GANESHA (Centre de Formation du CGPLI)
Tamoul
Niveau I Rémi BAUMEISTER (Centre de Formation du CGPLI)
Hindi
Niveau I Amanda NOËL (Collège de Douville, Sainte-Anne)
Niveau II Frédérique PINEAU (Centre de Formation du CGPLI)
Niveau III Amélie HIRA-ROLLE (Centre de Formation du CGPLI)
Niveau IV Olivia KANDASSAMY (Lycée de Sainte-anne)
DICTEE 2008 LAUREATS
HINDI
Toutes Catégories Prix Tulsidas 2000 Roupies Ena LONGA
Débutants 1000 Roupies Sanjee SITOUNADIN
Débutants 2 1000 Roupies Amélie HIRA-ROLLE
Intermédiaire 1000 Roupies Médéric DODOTTE
Avancés 1000 Roupies Eddy CHIPOTEL
DICTEE 2007 LAUREATS
Tamoul
Toutes Catégories Prix Kamban 3000 Roupies Elodie LATCHAN (Collège de Douville, Sainte-Anne)
Hindi
Toutes Catégories Prix Tulsidas 3000 Roupies Jiddu SHITALOU (Centre de Formation du CGPLI, PAP)
Tamoul
Débutant 2000 Roupies Richard PATAY (Centre de Formation du CGPLI, PAP)
Hindi
Espoir 500 Roupies Tesha VINGADASSALON (Collège de Port-Louis)
Débutant 2000 Roupies Laurie RANGASSAMY (Lycée de Sainte-Anne)
Débutant 2 1000 Roupies Yonna KISOKA (Collège de Saint-François)
Intermédiaire 600 Roupies Marie-Claude AZIZ UR (Centre de Formation du CGPLI, PAP)
Ba Loga, ki ba nou fos-la
Par Gerry L’Etang
C’est avec grande tristesse que j’apprends le décès, le 13 décembre 2008 à Nice, de Loganadin Saminadin, à 77 ans
Loga nous venait de Pondichéry, il y était instituteur. Il avait quitté l’Inde pour enseigner en Algérie, avant de se fixer, à la fin des années soixante, en Guadeloupe, où il avait appris à lire et à écrire à de nombreuses promotions de Guadeloupéens.
Loga était un amoureux de la Guadeloupe. Toutes les fois qu’il avait pris la décision de retourner en Inde ou de partir vivre à chez ses enfants à la Réunion ou en France, il était revenu. Il était encore il y a peu en Guadeloupe, avant de partir pour Nice, se soigner et finalement mourir.
Les domiciles de Loga, son appartement à Pointe-à-Pitre puis sa Maison de Borel (Lamentin), étaient des petits morceaux d’Inde, plus précisément du pays tamoul. Ceux qui y passaient, en quête d’exotisme ou de resourcement, respiraient à pleines bouffées le pays lointain. L’Inde était en effet partout : dans les calendriers hindous, dans les images polychromes des divinités, dans la cuisine qui fleurait le massalè, dans le Kaili que Loga revêtait quand il recevait (tous ceux qui venaient d’Inde s’arrêtaient un moment ou l’autre chez Loga), dans Loga lui-même, qui savait restituer le meilleur du lieu où il était né. Et dans la langue tamoule.
Car Loga, ce fut d’abord le tamoul en Guadeloupe. Cette langue, importée par les immigrants indiens du XIXe siècle et qui se délitait, trouva en Loga un vecteur de survie. Il eut des centaines d’élèves et contribua notablement au renouveau du tamoul en Guadeloupe. Et aussi en Martinique.
Lorsqu’au début des années 1990 j’assurai à l’UAG, à la demande de Jean Bernabé, la mise en place du Diplôme universitaire de langues et cultures régionales (DULCR) option indienne, que le GEREC créa en Guadeloupe et en Martinique, Loga, qui venait de prendre sa retraite de l’éducation nationale, dispensa quatre ans durant les cours de tamoul et de hindi. Il fut, pour tout dire, celui qui permit l’ouverture de ce diplôme. Car s’il fut assez facile de trouver sur place des spécialistes de civilisation de l’Inde, ce fut plus difficile pour l’apprentissage des langues. Sans Loganadin Saminadin, rien n’aurait pu être fait.
Loga se passionna tellement pour cette expérience qu’il élabora, pour ses étudiants du DULCR option indienne comme pour d’autres, un Cours d’initiation au tamoul pour francophones (ouvrage et cassettes audio). Cette publication représente, aujourd’hui encore, un bréviaire pour bien des apprenants de tamoul en Guadeloupe et en Martinique.
Par la suite, ses compétences de pédagogue tamoul furent mises à profit dans d’autres cadres, singulièrement au travers de sa collaboration à l’aventure du Conseil guadelCar Loga, ce fut d’abord le tamoul en Guadeloupe. Cette langue, importée par les immigrants indiens du XIXe siècle et qui se délitait, trouva en Loga un vecteur de survie. Il eut des centaines d’élèves et contribua notablement au renouveau du tamoul en Guadeloupe. Et aussi en Martinique.collège et ailleurs, avec dynamisme et bonheur, par ses anciens étudiants du DULCR option indienne : Fred Negrit, Michel Nankou, Annick Raghouber …
Loganadin Saminadin fut un visiteur dont la venue ne fut pas sans conséquence. Il apporta à la Guadeloupe, dans la discrétion, l’humilité, la timidité même, un plus, une force. Il fortifia une part de ce pays – une langue et une culture – qui menaçait disparition. Il fut un ami, un allié, un frère. I ba nou fos-la.
Témoignage : Jean Sahaï
Par Jean S. Sahaï
Le 22 décembre 2008 une vingtaine de personnes était réunie au Centre Guadeloupéen pour la Promotion des Langues Indiennes (CGPLI) pour rendre hommage à la mémoire de M. Loganadin Saminadin, décédé la semaine précédente à Nice à l'âge de 77 ans.
Une grande partie de ces personnes sont des étudiants de celui grâce à qui l'enseignement du Hindi et surtout du Tamoul ont enfin pu exister aux Antilles Françaises.
Après un touchant diaporama préparé par Fred Négrit, président du CGPLI, le texte de Gerry L'Etang a été lu.
Puis une série de témoignages émouvants ont évoqué la grande humilité de 'Loga', contrastant avec son savoir immense qu'il était toujours prêt à partager; son rare respect (chez un "Indien de l'Inde") pour les manières culturelles, cultuelles, culinaires, festives... et la personne des indo-guadeloupéens; sa grande compassion pour nos pertes et oublis ancestraux; son souci d'une pédagogie attrayante et efficace; ses encouragements à ses étudiants à aller le plus loin possible dans la connaissance.
Né à Pondicherry, enseignant retraité de l'Education Nationale française en Algérie puis en Guadeloupe, M. Loganadin a passé la plus grande partie de sa vie en Guadeloupe, pays d'adoption auquel il était très attaché et où il revenait toujours.
Son œuvre inestimable (dont un livre et des cassettes pour l'apprentissage du Tamoul par les francophones et diverses contributions pédagogiques à la LCR) est maintenant aux mains de ceux qu'il a formés et qui enseignent aujourd'hui le Tamoul et le Hindi au CGPLI.
La soirée s'est achevée par un chant de mantras à la mémoire de M. Loganadin.
Incinéré à Nice le 23 décembre, ses cendres seront dispersées sur le Gange à Bénarès.