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L'île de Crète se profile en face du Péloponnèse ; grande par la taille, elle est aussi fort prospère. Depuis Malée, à la pointe de la Laconie, elle s'étire en longueur dans la mer pour pointer vers Rhodes la dorienne. Pour la plupart, ou peu s'en faut, ses nations et ses villes remontent aux origines. Ses occupants les plus anciens sont appelés là-bas les Etéocrétois. On dit que les Crétois ont été les premiers à régner sur les mers grecques et à tenir les cités insulaires ; ils ont aussi fondé par synoecisme quelques-unes d'entre elles, a dit Ephore, qui ajoute que l'éponyme de l'île était un certain Krès, un autochtone à qui échut la royauté. Pseudo-Scymnos, Circuit de la terre, 535-548 Ils arguent qu'il agissait sur ce poiont à l'imitation d'exemples grecs et rivalisait avec la sagesse de Minos de Crète et de Lycurgue de Lacédémone. Le premier prétendait en effet qu'il était un familier de Zeus et qu'il se rendait fréquemment sur le Mont Dictée, où, selon la mythologie crétoise, Zeus, alors nouveau-né, avait été élevé par les Courètes ; il descendait dans la grotte sacrée et c'est là qu'il rédigeait les lois qu'il rapportait aux hommes, les présentant comme reçues de Zeus. Denys d'Halicarnasse, II, 61 Nous cinglons de ce côté-là et trouvons en arrivant de grands ports, calmes et profonds, et des fleuves d'une eau claire et argentine qui coulait doucement dans la mer. Les bords étaient couverts de bois odoriférants où l'on oyait retentir la musique des oiseaux qui faisaient un concert avec les zéphirs. Car les feuilles agitées par un doux vent rendaient un son comme de flûtes douces. On entendait parmi cela des voix, ou plutôt des cris de réjouissance, comme dans un festin où les uns chantent et les autres dansent au son du flageolet et de la lyre. Etonnés de tant de merveilles, nous entrons à pleines voiles dans le port, où nous ne fûmes pas plutôt que les gardes nous lièrent avec des chaînes de roses - c'est le lien le plus solide que l'on ait dans le pays - et nous menèrent vers le prince après nous avoir dit qu'on ne nous ferait point de mal et que nous étions dans l'île des Bienheureux qui était gouvernée par Rhadamante. Lucien de Samosate, Histoire véritable, trad. Perrot d'Ablancourt, avec la précision originelle omise par Perrot sur la solidité des liens |
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