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H 30, salle d’Arz : petit brouhaha positif habituel à pareille
heure ! bisoyements chaleureux avec limiteur de bises activé
à deux bises maximum ! Petites infos sur les tournages en cours,
échanges de « tuyaux » sur l’utilisation de
la caméra ou des logiciels de montage…
C’est ça la mise en route d’une séance au
CVN, mais aussi et surtout, c’est le réglage du matériel
en cabine, le repérage des DVD ou bandes DV, l’installation
de l’écran et de la sonorisation… car en effet, ils
sont quelques-uns qui investissent les lieux avant les adhérents,
afin que tout soit OK avant que soient lancées les projections.
Alors profitons de ce papier pour rendre à notre sympathique
cheville ouvrière l’hommage qui lui revient.
Loïc
ouvre la séance avec son mot de bienvenue et remet à Loïc
Renimel le diplôme obtenu au National 2006 pour son film «
Fruit de Mère ».
Puis quelques rappels et informations sur les événements
à venir :
- activer sérieusement notre cogitation sur la proposition d’un
sujet pour le projet du film de club (date limite rappelée :
fin 2006…)
- Rappel du thème du concours interne 2007 : Elle, Aile, El,
L, Hell…
- Information sur l’hommage qui sera rendu le 5 Décembre
à Pierre Guérin, bien vivant et pétillant de bonne
humeur, ainsi que pourront le constater celles et ceux qui feront le
déplacement à la salle Bonne Garde.
- Rappel de la programmation de « Naître ou ne pas Etre
» le 15 Décembre avec un public élargi ; projection
suivie d’un débat et présentation des bonus associés
au tournage.
Exotisme
avec Jean-Luc, de retour d’Iran, et qui nous offre une image verbale
intéressante et très chaleureuse du voyage que Michèle
et lui ont effectué ensemble pendant trois semaines : qualité
d’accueil des Iraniens malgré les réalités
internes au pays, richesse et variété du patrimoine historique,
culturel, religieux, simplicité des gens… Et aussi la liaison
ferroviaire Istanbul - Téhéran (et retour) : 3 jours de
train à 50 km / h dans chaque sens. Inoubliable !
Place
aux images maintenant avec en intro un très court film de Loïc
Renimel.
Problème immédiat avec le projecteur : la grande échelle
des pompiers de Rezé ne rentre pas dedans…. Il y aurait,
semble t’il, un problème de format. Et dans la salle, j’entends
une voix sympathique qui dit « Il faudrait imposer un format…
». Il manquerait plus que ça ! Pourquoi pas revenir aux
projecteurs à manivelle et à élastique, tant qu’on
y est ?
Non ! Le progrès met à notre disposition un nouveau format,
dont les qualités sont prouvées et incontestables, et
qui laisse sa place entière au prestigieux 4/3, mais représente
une option intéressante pour nombre de vidéastes. Alors,
il faut permettre à ceux qui font ce choix de présenter
leurs films avec autant de chance que les accros du 4/3. Il faudra même
un jour aller plus loin et se rendre à l’évidence
: le 16/9 c’est pas « du 4/3 moins haut », mais bien
du « 4/3 plus large ».
L’opérateur
Alain en régie, et le servant Jean-Pierre en salle, grâce
à une collaboration à la fois minutieuse et très
affirmée, ont réglé le problème du format
en deux temps trois mouvements : le film de Loïc jaillit sur l’écran
et montre la dernière ligne droite du parcours professionnel
de notre Loïc Renimel, auquel ses collègues pompiers ont
fait une belle et émouvante haie d’honneur.
Les dernières secondes pour Loïc, d’un métier
difficile, au service de tous, et dont le siècle tout neuf se
refuse obstinément, contre toute évidence, à vouloir
améliorer le difficile statut.
La
séance de ce soir est destinée à parler de la notation
des films.
Sujet extrêmement intéressant et aussi très délicat,
tant les méthodes proposées par les uns et les autres
sont solidement positionnées aux antipodes de la culture de la
grande distribution des points.
Sujet urgent à traiter et à solutionner à très
court terme au CVN, car la sélection pour le Régional
2007 c’est dans moins de 3 mois et, eu égard aux dispositions
qui seront appliquées au Régional de La Baule en Mai 2007
(arrêt de séance et débat après chaque tranche
de 4 films), notre CVN tant aimé n’aurait pas bonne mine
à envoyer au charbon des films sur lesquels il n’y aurait
rien à dire !
Sauf à avoir une présélection d’un niveau
d’ensemble assez uniforme type Cplus / Bmoins (on n’est
jamais à l’abri d’une bonne surprise) et qui, très
objectivement, pourrait partir complète à La Baule, nous
aurons donc à sélectionner rigoureusement pour n’envoyer
que le meilleur. Rester sur le carreau n’est pas un déshonneur,
au contraire : on est alors contraint à un objectif clair : devenir
meilleur. Ce qui est toujours un exercice exaltant puisque dynamisé
par l’espoir et la conviction obligée de pouvoir faire
mieux.
La
tribune de cette séance était très ouverte et,
préalablement à la projection des 5 films programmés
ce soir, plusieurs personnes ont pu s’exprimer sur les manières
de noter les films,
- des membres du CVN bien rompus à la notation par lettres (pratique
de la compétition et de la notation depuis de nombreuses années),
- et d’autres, moins chevronnées sans doute, mais pour
qui la méthode des chiffres permettait, de toute évidence,
d’obtenir une note beaucoup plus consistante et significative,
et surtout à même de dégager plus clairement une
« hiérarchie » (*) des films en compétition.
(*) non pas « qualitative dans l’absolu », mais d’
« appréciation » du jury.
Préalablement
à la projection, la partie gauche de la salle a eu pour mission
d’apprécier avec des lettres, et la partie droite, de noter
avec des chiffres.
Seuls les deux premiers films ont fait l’objet d’analyse
après débat et comptabilisation à main levée
des lettres et chiffres attribués.
Il en ressort que pour les deux films, les écarts globaux entre
les lettres et chiffres attribués faisaient apparaître
une différence de notation de près d’un point, au
bénéfice des lettres pour le premier film et à
l’avantage des chiffres pour le second film. Ce qui révèle
bien la difficulté à trouver une formule qui mette tout
le monde d’accord et permette de mettre en évidence les
films présumés les meilleurs.
Cette première partie du débat était très
intéressante, indispensable, et une suite devra y être
apportée rapidement afin que le CVN soit paré au mieux
pour désigner le plus objectivement possible les films qui auront
à le représenter à La Baule en mai 2007.
Les films de la soirée, tous extraits du DVD « Régional
2006, région Nord Pas-de-Calais.
Le
Témoin,
de Franz Bardiaux (10’40’’)
Une jeune femme se retrouve sur les lieux d’événements
dramatiques qu’elle a vécus il y a 13 ans. Elle y retrouve
un acteur capital (qui a son secret sur les événements)
du drame.
Un sujet intéressant, beaucoup de flash back en noir et blanc,
des comédiens peu convaincants, des dialogues encombrés.
Mais aussi de belles images, une bonne bande son. Ce sont les impressions
globales, avec des nuances toutefois, émises par la salle à
l’issue de la projection.
La
revanche,
(animation) de Thierry Duont Caméror (4’50’’)
Dans un avenir sans doute pas si éloigné, un décor
futuriste, l’air stocké selon ses différents usages
ou destinations, son histoire…
Un film hors de portée de mes moyens car je n’y ai rien
compris d’autres que le fait que ça se passait dans un
monde sans émotion, très quincaille, comme celui qui,
à certains égards, se façonne à grande vitesse
et en vrai grandeur sous nos yeux.
Des moyens d’animation un peu vieillots, une qualité visuelle
discutable, mais le film a néanmoins trouvé des défenseurs.
Très positif : une musique originale bien adaptée au sujet.
Rêves
d’Etoiles,
de G.Rauwel et A.Desraveaux (8’30’)
Une artiste ouvre son atelier à des enfants (niveau fin maternelle),
et leur permet de découvrir son univers de travail et de s’y
exprimer avec la spontanéité et la créativité
des tout petits. Des images intéressantes, mais une traversée
de l’expression artistique très composite – des statues,
des œuvres de l’artiste, des créations d’enfants
(de loin la partie la plus intéressante), à nouveau des
œuvres d’adultes qui se balancent sur une ficelle…
des rêves de toiles, quoi !
Et puis aussi un texte qui a
- soit beaucoup plu par la poésie que certains y ont trouvée,
- soit irrité considérablement par sa prétention.
Réflexions,
de Bertin Sterkman (3’40’’)
Un seul décor : l’univers étroit de la salle de
bain, le reflet d’un visage dans le miroir.
Et pourtant on voyage, on se crée des images d’un ailleurs
immédiat, presque palpable au travers des préoccupations
d’un sexagénaire angoissé par la morsure du temps
qui avance implacablement.
Pour certains, dont moi, un film coté ‘’B’’,
où le personnage pas rasoir du tout nous entraîne dans
sa désespérance plongeante. Pour d’autres, on reste
à l’extérieur, et on est content quand la lumière
se rallume dans la salle. Peut être le film de la soirée
qui a le plus divisé le public.
C’est ça aussi qui fait la richesse d’une association
culturelle et artistique : les avis contraires, qui suscitent le débat,
provoquent la réflexion, enrichissent les échanges…
même si ça ne facilite en rien la notation.
Du
délire enfin avec Les Après
de Didier Jodard (20’)
Après le diabolique « Banana Killer » La major «
Oncle & Neveu ©» sévit à nouveau, à
sa manière, avec ce patchwork des suites de nombres de jalons
de l’histoire plus ou moins glorieuse du cinéma commercial.
En principe, un « après » c’est toujours plus
fort que le film qui a initié la série. Par exemple, en
1961, le « Spartacus » de Kubrick était plus fort
que le « Ben-Hur » de William Wyler en 1959. Enfin, c’est
ce qu’ «Universal International», le distributeur,
disait à l’époque !
Didier Jodard, lui, ne s’est pas encombré d’obligations
de résultat puisque ses « après » ont à
peine la consistance de mini bandes annonce vite mises sur le feu. Il
a pris le parti de tirer les grosses ficelles, que dis-je, carrément
des amarres pour boucler un super tanker au quai de Montoir. Mais c’est
ça qu’est rigolo ! Et on rigole, particulièrement
au clin d’œil fait à « Seul au Monde ».
On découvre aussi que dans les films de Didier, il ne fait pas
bon s’appeler Anneau, et que le pire est à craindre quand
on est affublé d’un pareil patronyme…
Mais bon, toutes les bonnes idées mises bout à bout, ça
peut durer 6 ou 8 minutes, au plus. Mais 20 minutes, ça commence
à faire long !
C’est, au milieu des compliments, le petit reproche qui a été
fait à Didier ce vendredi soir.
Mais déjà, nous l’attendons tous avec son nouvel
OCVA (Objet Cinématographique Venu d’Ailleurs), qui mettrait
tous ses délires au service d’un film écrit, bien
structuré, et qui rencontrerait une audience plus large. A n’en
pas douter !
Bravo Didier ! Et à bientôt.
Robert
Beautru, le 6 Décembre 2006
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