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au 30 septembre 2007
Quel
plaisir d'aller à Bourges, quel plaisir d'aller au concours national
de cinéma de la fédération, ou encore aux rencontres
nationales ou encore au festival des vidéos brèves ou
encore à Cœur de vidéo.
Rassurez vous, tout ça c'est pareil. C'est une question de dénomination
qui évolue avec les années, les états d'âmes
des cinéastes, les inquiétudes des responsables qui pensent
qu'une appellation plus qu'une autre attire plus de participants. J'ai
toujours été stupéfait de la suprématie
de l'appellation "rencontres" qui voulait cacher la réalité
d'un concours, avec hiérarchie très marquée dans
les classements et remises de prix, de diplômes et autres gadgets.
Le mot concours était interdit et cette tromperie m'a toujours
agacé (peut être révolté …). Mais il
ne faut pas être figés, immobiles comme celui qui refuse
d'avancer et qui recule … et proposer du nouveau ne fait de mal
à personne. Et puis laisser sa marque, ne serait-ce que dans
l'appellation, fait aussi partie du jeu.
Quel
plaisir d'aller à Bourges. Non pas pour l'ambiance, ni l'accueil
! L'ambiance elle est spéciale, il n'y a même pas de musique
environnante, c'est plat et inodore. L'ambiance est bonne parce que
faite par les bonnes relations entre auteurs et spectateurs qui sont
heureux de se retrouver, mais pas par les organisateurs. L'accueil,
c'est : il ne faut pas poser de mauvaises questions parce que vous vous
faites rentrer dedans … Une année nous avons eu droit a
quelques hôtesses fort jolies et souriantes mais cette année
elle n'ont pas été invitées ou bien ont-elles raté
leur train !
Qu'importe,
c'est pour moi un grand plaisir d'aller savourer des films qui font
vibrer, du cinéma "AUTO PRODUIT, DIT ENTRE PARENTHESES AMATEUR".
C'est une formule, élégante, entendue encore la semaine
dernière sur les planches du théâtre Jacques Cœur,
pour dire, mais surtout ne pas le dire, que les auteurs sont amateurs.
Parce que ce mot est interdit. Ce n'est pas d'aujourd'hui puisque la
fédération est passée, de l'appellation "Fédération
Française des Clubs de Cinéma Amateur" (FFCCA), en
1969, à FCFC puis FFCV. Le grand A est donc banni depuis près
de 40 ans ! Et que dire de l'appellation UNICA ! … qui garde le
A … mais ne le prononce pas !
Mais
je me suis régalé des projections et il faut très
fortement remercier les auteurs qui permettent d'être là
et se faire plaisir.
Dans
les œuvres qui m'ont passionné, j'ai noté tout particulièrement,
dans l'ordre de passage :
Le couloir, La joie du monde, Dérapages,
Amoureuses, Mortinium, Présence, Les oursons, Le soldat, Devant
le miroir et Dédicace
Tous ces œuvres sont bien maîtrisées, tant dans l'écriture,
qui fait progresser l'action d'une façon organisée et
cohérente, que dans la mise en scène, dans le cadrage
des images, dans la continuité des éclairages, dans la
psychologie des personnages. Globalement un grand pas a été
fait, déjà depuis quelques années, dans la maîtrise
des techniques. Fini les mauvaises images et elles sont souvent belles.
Le son a fait d'énormes progrès avec les facilités
qu'offrent les ordinateurs. Les bandes sonores sont complexes, se superposent
avec créativité et donnent une dimension qui efface beaucoup
la notion de "cinéma d'amateur" (à ne pas confondre
avec le "cinéma amateur" !)
Le
premier film, dans ma liste hiérarchisée : Le
soldat de Jean-Marie Burgin et François Laurent, Epinal,
région 5. Fiction de15'.
J'ai adoré la construction de cette histoire qui nous amène
à découvrir comment un homme devient un monstre en tuant
froidement un pauvre prisonnier sans opposition … pour se faire
bien voir de sa hiérarchie qui lui accordera dès lors
une permission qu'il n'aurait pas eue autrement . Et cette permission
il l'avait promise à sa femme quand elle accoucherait. Un monstre
pour jouer au père présent, protecteur et rassurant. La
dualité qui existe, peut être, en chaque homme, est ici
la raison du scénario. Le film est construit en tournant autour
des deux aspects du personnage, tantôt chez lui en permission
au cours de laquelle il fera sa promesse, tantôt dans une ambiance
de guerre, de cette guerre qu'il méprise parce qu'il n'est plus
au combat mais, maintenant, affecté à la surveillance
dans un camp. Tout cela construit par approches successives, en deux
types de flash-back d'époques différentes, l'un en couleur
pour le repas familial de permission où une grande pression patriotique
règne dans la famille, l'autre en NetB pour le camp, amené
par touches dévoilées que petit à petit, jusqu'au
pire. Et la scène finale, époque réelle du film,
10 ans après les faits montrés en flash-back. Un très
bon jeu des acteurs, surtout du principal, et fort bien dirigés.
Une maîtrise de la lumière très agréable,
une ambiance qui nous ferait croire que nous sommes en salle professionnelle.
Bravo. Je ne connais pas le degré de financement "hors amateur"
que cela peut représenter mais c'est un sacré boulot et
il fallait venir à Bourges. Ce fut mon coup de cœur ! Et
je reviendrai à Bourges pour voir des films de ce niveau. Le
jury a décerné un prix du meilleur scénario.
Après
ce coup de cœur, et quelque hésitation, je tire mon chapeau
à Les oursons, de Charly Costa,
Marseille, région 8. Fiction de 8'30.
Là aussi j'ai été bluffé par ce film qui
commence doucement, à l'inverse du précédent, avec
ces deux assistantes sociales classiques, dans un décor banal
de bureaux sociaux, puis dans des rues banales, qui entrent dans un
immeuble banal pour rencontrer une maman banale qui ne s'est pas présentée
à un rendez-vous.
Et là c'est extraordinaire. On comprend de suite qu'il y a un
problème avec le bébé dont la maman évite
de parler. Elle détourne questions et réponses en parlant
et en parlant d'autres choses. On la sent très vite dans son
rôle, maîtrisant parfaitement les paroles pour convaincre,
les expressions pour traduire une domination par la dialectique devant
ces deux femmes qu'elle semble apprécier mais qui posent des
questions. Et puis son jeu s'enflamme quand elle devient furieuse à
l'adresse de son mari qui l'a trompée, dans le lit conjugal,
avec la pouffiasse de voisine, et qui n'est même pas capable de
chercher du travail. Sa colère va exploser mais en même
temps elle accompagne, sans s'en rendre compte, les deux visiteuses
vers l'irréparable, vers son bébé qui n'est plus.
Virginie Aimone, dans ce rôle de maman a eu le prix d'interprétation
féminine et elle ne l'a pas volé parce que ce niveau de
jeu c'est plutôt rare, même exceptionnel. Le rôle
des deux autres femmes est bien calme à côté, mais
c'est-à-dire complètement dans le sens de la discrétion
que se doivent de tenir les travailleurs sociaux. Autrement dit tout
est dans le ton. Le sujet a ému le public et encore plus quand
le générique annonce que le scénario est issu d'une
réalité. Le jury a décerné le grand prix
du président de la république.
Ces
deux films sont bien dans la veine qui fera mentir deux réflexions
entendues, ou lues, dans et après nos "nationaux" récents
et qui disaient, a juste raison, que les amateurs n'osaient pas attaquer
les problèmes actuels et importants de la société
mondiale. Bravo Charly Costa. Je t'ai rencontré à l'UNICA
de Belgique il y a peu. Je ne soupçonnais pas cette énorme
disposition à nous émouvoir.
Et
de deux. J'ai ensuite été accroché par trois films
que j'ai du mal à départager. Qui doit être premier
ou dernier ? Je commencerai donc par Amoureuses que je découvre.
Les deux autres, vus au régional de notre région, attendront
les paragraphes qui suivront.
Amoureuses de Renaud Ducoing, Paris, région
1. Fiction de 15'30
C'est pour moi un petit chef d'œuvre dans l'analyse psychologique
des deux personnages et dans la direction de la mise en scène
et le choix des plans et enchaînements.
Il y a d'abord la présentation du film en extérieur qui
sans un seul mot, ou presque, campe parfaitement les deux personnages
et la fête anniversaire qu'elles ont préparée pour
elles deux. C'est clair, propre, esthétique et plaisant. Puis
viennent les scènes délicates pour les deux lesbiennes
qui ont décidé d'avoir un enfant mais bien sûr sans
le mâle. S'en suivent des situations pas simples pour l'une, pour
qui ce n'est pas le moment, et pour l'autre, en cadeau d'anniversaire
de la première, de copuler avec ce charmant garçon sélectionné,
secrètement, par sa compagne qui lui en fait la surprise. Il
y a dix ans que cet acte charnel avec un garçon lui a échappé
et elle n'est pas demandeuse. Mais il y a urgence. Et la caméra
est là. Elle expliquera tout sans rien vraiment dévoiler
d'impudique mais elle mettra parfaitement en scène la problématique
de la relation et entre les deux amies et entre le garçon, puceau
de surcroît. C'est délicat et osé, déshabillé
dans la relation émotionnelle. C'est de la maîtrise d'un
cinéma d'auteur qui se respecte. J'ai été emballé.
Et puis la femelle a été reprise par la chose redécouverte
du compagnon ... et a aimé. Trop aimé au goût de
sa compagne qui l'a vite reprise en main.
Et après j'ai moins aimé, quand l'auteur nous emmène
vers les deux compères qui ont chacune leur tour pris goût
à la chose hétéro.
J'ai trouvé ça une chute facile et un peu machiste, interprétant,
pour ma part, et ma seule part, la fin classique de la gourmandise facile
et presque méprisante dans son côté machiste. J'aurais
préféré, comme souvent les cinéastes de
nos clubs, que l'auteur choisisse la chute que j'attendais, c'est-à-dire
pour moi un immense conflit entre les deux amies dans des choix déchirants
entre la partenaire ou le visiteur.
Malgré cela j'ai adoré le film et le cheminement de l'ambiance
psychologique.
Deuxième lecture : au club, hier soir, nous avons visionné
à nouveau les "Amoureuses". J'ai été
très surpris par quelques mots entendus : "problème
très grave" (sous entendu la volonté d'écarter
l'homme, le père), "film qui a choisi la dérision",
ou "l'approche humour". !!!
Bon. L'enfantement par femme seule n'est pas nouveau et si cela n'enrichissait
pas, en d'autres temps, les conversations bien pensées, le phénomène
existe sûrement depuis que la femme est femme et l'homme est homme.
Peut être mettre l'accent sur les problèmes pas très
mesurables de fécondations en tout genre qui se précisent
à notre époque est-il un fait pas très rassurant,
voire inquiétant, au moins pour les notaires et avocats. Pour
la morale on en a entendu d'autres !
Je ne partage pas du tout l'approche dérision ou l'approche humour.
Je n'ai, à aucun moment eu envie de rire ou de souscrire à
la dérision au cours de la projection. J'ai trop été
pris par le contexte "psychologie" des individus présentés
dans les circonstances proposées. Mais chacun reçoit les
images comme il est câblé, suivant l'heure, l'esprit de
détente ou de tension, suivant ce qui a précédé
et suivant la fatigue ou la relaxe, suivant l'environnement et l'envie
ou non d'être réceptif.
Et la deuxième vision de la fin ? Il y a eu plusieurs propositions
de réception que je peux partager. Je laisse à la rédactrice
du compte-rendu le soin de le narrer. On
peut dire encore que ce film rejoint l'appréhension des phénomènes
contemporains évoqués plus haut.
Nous
arrivons à … allez, pourquoi pas … Dérapages
de Emmanuel Guy, Cesson-Sévigné, région 4. Fiction
de 15'50.
Nous avions vu et apprécié ce film au régional
de La Baule en avril dernier. J'ajouterai qu'il m'a plu davantage. En
première vision il y avait des choses, même petites et
pas très précises, un ressenti, qui me dérangeaient.
En deuxième lecture c'est différent parce que l'on connaît
les enchaînements et ça efface les questions d'avant. Par
exemple la recherche du corps qui semble être très loin
de la route alors que le choc pouvait nous le proposer à quelques
… peu de mètres. Attentif, je pense que la caméra
très basse qui montre les "chercheurs" approcher ne
nous montre pas la route qui sans doute est très proche mais
invisible. En "une vision" ça trouble, en "deux
visions" on se l'explique ! D'accord, c'est pas normal.
Ce scénario est superbement écrit, très bien joué
jusqu'à nous inquiéter. Il met en relief les débordements
possibles et inquiétants de l'individu dans sa révolte
réaliste et explicable (la mort supposée de son enfant),
ses noirceurs d'âme (la mère qui découvre que ce
n'est pas le sien qui est mort et s'en réjouit (là aussi
on ne comprend pas vite sa réaction à la première
lecture). La fin est triste, sans complaisance, sans vouloir faire plaisir
au spectateur confortable que nous pouvons être. C'est du film
fort dans le choix du propos, du film d'auteur du cru et d'aujourd'hui.
Ça fait du bien et ça rassure. Quand je pense aux précédents
du même jeune ("Peu de chose", 2005, médaillé
à l'UNICA, et "Entraves", 2006) je me dit qu"il
y a des génies.
Mortinium
de Alain Hubert, région 4. Fiction de 18'30.
Comme le précédent nous l'avions aussi vu, et apprécié,
à La Baule en avril dernier. Même sentiment de film superbement
mené avec une ambiance de cadrages serrés, angoissants,
sur un acteur en jeu de grande décadence psychique. Eclairages
difficiles de pénombre, chez lui ou en boîte de nuit. Un
grand flash-back entre deux plans le montrant interné chez son
psy. Une grande maîtrise de l'image, de la mise en scène
intime et de l'ambiance de l'irrationnel, de la souffrance de l'esprit,
de la douleur de vivre les difficultés, l'alcool, l'éloignement
progressif de son amie. Pas drôle le sujet mais une ambiance très
travaillée. Le jury a décerné le prix de la meilleure
musique originale.
Le
jury n'a décerné aucun prix, aucun, rien, pas un miette,
aux films "Amoureuses" et "Dérapages". Pourquoi
pas !
Puis
j'entre dans une catégorie que j'ai classée "très
bonne mais moins aimée" et que je présente dans l'ordre
d'apparition à l'écran parce que ça me fatigue
de les différencier !
La
joie du monde de Jean-Yves Fischbach, Mulhouse, région
5. Fiction de 10'
C'est une belle histoire de deux jeunes gens (et fille) réfugiés
cachés dans une étroite armoire pour échapper aux
fouilles de la (gestapo ?). C'est très bien joué et surtout
propose une lumière extrêmement gérée puisque
nous sommes dans une armoire et que seule une supposée fente
laisse entrer un rayon de lumière.
La fin m'a déçu et n'est pas réaliste ou mal réalisée.
On entend des coups de feu en rafale qui sont supposés les tuer
à travers l'armoire, mais aucun éclat ne perturbe les
portes vues de l'extérieur maintenant, qui restent vierges, sans
doute pour ne pas les abîmer. Il fallait suggérer la fusillade
… ou bien je n'ai pas compris. Enfin ce dernier plan n'enlève
pas la crédibilité à l'ensemble qui était
d'une grande facture émotionnelle.
Présence
de Philippe Donon, Vaires-sur-Marne, région 1. Fiction de 16'.
C'est la vie compliquée d'un jeune couple dont le garçon
a, peut être, perdu son jumeau qui se serait noyé. On voit
des scènes atroces, et fort bien amenées, où sa
compagne se fait trucider. A chaque fois on en sort par la fin d'un
cauchemar. Mais on est hanté par la peur et elle envahit le spectateur.
On ne sait plus si on est dans la réalité ou le rêve,
si le garçon est orphelin de son jumeau ou si c'est lui qui l'a
volatilisé. Tout est question, sans réponses, sans relaxation.
L'ambiance est réussie. L'écriture est au rendez-vous.
Devant
le miroir de Thomas Legal et Stéphanie Doncker (- de 26
ans), La Baule, région 4. Fiction de 10'30.
J'ai eu un peu de mal, malgré aussi une vision précédente
à La Baule en avril, à accepter le personnage de ce père
à qui le fils voue une haine profonde et issue de l'enfance.
Je ne sais pas si c'est le déroulement du film, le montage, qui
me perturbe. Mais la haine du fils et l'espoir du père qu'elle
disparaisse, la révolte du père déçu à
nouveau par la réconciliation avortée, me perturbe dans
la crédibilité du personnage. C'est pet être son
jeu qui ne me convainc pas complètement. Il reste que ce film
mérite d'être reconnu, parce que conçu originalement
et super bien dirigé et mis en scène.
Dédicaces
de Loïc Nicoloff, Salon-de-Provence, région 8. Fiction de
8'50.
Passé le dernier, ou presque, il a été un bon divertissement,
une détente pleine d'humour, avec un jeu d'acteur remarquable.
Le scénario est plein de subtilité, traité délicatement
malgré des allusions pas toujours gentilles. Ce "célibataire
récent" veut adresser à son ex des messages du bonheur
d'être enfin libre et laisser traîner ses chaussettes sans
réprimandes. Une "ex et nouvelle" amoureuse, au téléphone,
lui remet le grappin … au téléphone. Ça repart
pour les mêmes reprises en main … Un acteur seul et un téléphone.
Tout passe par la voix, les expressions, les situations drôles,
sans redondances. C'est fin, agréable et mérite largement
d'être revu.
Le jury a décerné le prix du meilleur acteur
Le dernier film dans ma liste : Le couloir.
Un film frais qui ne se prend pas la tête mais qui est complètement
organisé dans son déroulement, qui nous surprend dans
ses gags, pourtant simples mais qui n'en rajoutent pas, c'est-à-dire
que l'acteur ne rit pas de son gag après le gag. Les analyses
des situations par les acteurs eux-mêmes, l'un après l'autre,
dans un autre cadre que "le couloir", nous font entrer dans
la confidence de la problématique, traitée avec humour,
de la "relativité-rangementesque". Ces panneaux ne
sont pas très esthétiques mais ils sont brefs, dépouillés
et justes dans le discours. J'ai trouvé ce film très bien
mené dans son exposé et très réaliste. Je
ne vous parle pas de la chute qui ferait rougir bien des professionnels,
une chute qui surprend par son contenu, sa simplicité et la justesse
de son jeu. Bravo à ces filles, deux auteures jeunes qui promettent.
Le jury a décerné le prix du CNC, hiérarchiquement
le troisième prix de ce concours.
Je
ne vous ai pas parlé du film Cool
de Vincent Pili, auteur qui a pourtant eu le "Prix du président
de la république" en 2006 avec "IDSH66-407C".
J'ai voulu défendre ce film à Nantes sans rencontrer,
loin s'en faut, l'unanimité. Je l'avais très apprécié
et même présenté à un stage d'initiation
en vantant sa construction, enfin, non conventionnelle. Donc j'attendais
son nouveau "Cool" pour … peut être le prochain
stage, avec impatience. Figurez-vous que je l'ai loupé, arrivé
trop tard à l'embauche de 9h00 du samedi matin … On en
parlera une autre fois puisqu'on doit le voir bientôt au club.
Vous avez facilement remarqué que je n'ai parlé
que de films de la catégorie "fiction", c'est-à-dire
que des scénarios. Il est vrai que j'ai un faible pour eux, prétextant
qu'ils sont des œuvres "personnalisées", en opposition
(toute petite) avec les réalités que je trouve d'avantage
des "images empruntées". Dans le scénario l'auteur
invente sa prise de vue, alors que dans le reportage l'auteur la subit.
Mais je ne suis pas, loin de là, un opposant au reportage, considérant
qu'il y a une forme d'écriture dans le reportage puisque l'auteur
écrit en choisissant ses images et en choisissant son montage.
Parlons
donc de cette catégorie "réalité". Je
la partage en deux groupes, avec les films réalisés dans
l'hexagone, souvent des reportages sur les métiers ou sur des
personnalités, et les films tournés dans le reste du monde
qui nous montrent l'exotisme de carte postale, ou l'exotisme socialo-humanito-folklo-religio-pauvrisme.
Ces films ont en commun une grande qualité, celle de nous faire
découvrir des situations insoupçonnées, inimaginables,
des métiers méconnus ou disparus, ou des personnages,
même près de chez nous, que nous ne connaissions pas.
Par contre, ils prennent le risque du "déjà vu à
la télé", du "vu et revu" dans nos nationaux
depuis des décennies. Tant il est vrai que la télé
a presque tout montré et que la particularité de nos reporter
devrait aller non pas à l'imitation mais d'avantage au ressenti
personnel, à l'analyse vue de notre intérieur à
nous et non pas depuis les exemples des médias en tout genre.
Nous raconter que les Huns étaient nos ancêtres on s'en
fout, mais nous montrer que les descendants des Huns mangent du poisson
cru le mardi matin sur les plages du nord, ça peu devenir palpitant.
Mais ne nous plaignons pas. Ces films ont le grand mérite d'avoir
été faits et souvent quand même bien faits. Et comme
le disait Gérard Bailly à nos reporters, dans le forum
: tu fais partie de ceux qui mouillent leur chemise pour aller chercher
des images difficiles.
Qu'ai-je
retenu de ces réalités ? … par ordre de passage
… ou presque,
Le
cahier d'Hamadoun m'a beaucoup plu pour le choix fait par l'auteur
au début : panne de 4x4 et entrée en jeu d'un enfant du
pays qui vend son cahier. Ce cahier raconte la vie de son pays et il
le vend pour aider son pays et lui aussi, bien sûr. C'est un scénario
qui rend sympathique un voyage et le transforme en "reportage scénarisé".
Ça s'est déjà fait mais c'est au moins une approche
personnalisée. Dommage que le récit "off" de
l'enfant ait été repris, en cours de film, par le commentateur
officiel, blanc et adulte.
"Le lin", de la fleur au fil"
Une découverte intéressante et instructive
"Plus lourd que l'air … mais si peu"
Une découverte instructive et attirante
De
corps … d'âme
Des images rares qu'il a fallu aller chercher dans cette école
"confidentielle"
Des 4L pour la Casamance m'a bien plu parce
qu'il relate quelque chose qu'il est intéressant de découvrir
en images même si l'existence de ces "livraisons" ne
nous était pas étrangère. Les images, chronologiques,
sont nombreuses, belles et variées, tournées quelquefois
à des heures où il aurait fait meilleur à se reposer.
Le temps n'attend pas
Même remarques que pour des 4L …
mais ça se passe tout près de notre bon vieux chez nous
Le grand prix de Slovaquie
Voilà un sujet extraordinairement original et remarquablement
filmé, où tout est montré, sans perdre de temps,
presque avec humour et sympathie envers ces vieilles locomotives qui
font la course, de front, en … Slovaquie.
Le passage un émouvant hommage à
une personne de la résistance de la guerre 39-45 qui, très
jeune, aide son père à aider les "recherchés"
à franchir les Pyrénées. Récit et reconstitutions,
ce qui n'est pas commun.
Sans papiers une incroyable réalité
à Madagascar qui refuse les papiers d'identité à
ses propres ressortissants nés "en douce" parce que
pauvres pour aller à l'hôpital. Nous … on en réclame
pour ceux qui sont nés ailleurs !
Adrénaline.
J'en parle parce qu'il m'a tellement choqué …
Un film, fait avec les images des autres, qui veut, et c'est bien, dénoncer
la propagande des journaux télévisés Américains
à la solde de Bush et de quelques pays arabes à la solde
d'Al-Qaida. Ça part d'un bon sentiment. Mais où ça
se gâte "gravement", comme disent les moins de 20 ans,
c'est qu'on nous sert de la boucherie à ne plus en finir, avec
des snippers dans tous les azimuts qui "défoncent"
de l'ennemi en direct dans tous les coins de l'écran …
et on veut nous servir ça POUR DE LA DÉRISION. Qu'en penseraient
les parents des jeunes soldats "tirés" dans notre écran
comme des lapins ? … pour nous faire rigoler … en mettant
l'auteur dans l'image, déguisé en vrai faux correspondant.
J'ai trouvé ça de très mauvais goût et tellement
déplacé que je me suis demandé ce que ce film faisait
là. Et je me le demande encore.
Evidemment le président du jury régional qui l'a sélectionné
a dû avoir peur de remontrances à venir, en cas de non
sélection, étant donné la personnalité de
l'auteur.
Et ce film a eu un prix. Je me demande si le président du jury
n'est pas un copain de l'auteur ! …
D'autres
films m'ont plu, à des degrés divers. Il n'y a pas de
honte à être absent de ce papier !
Voilà
mes sentiments, non garantis, sur ce "National".
Après
ce long bavardage je vais me remettre sur mes chantiers de montage de
films. Parce que ça n'avance pas beaucoup ! Il y en a trois sur
trois time line. Avec des images, pour l'un, tournées en 2001
… C'est pas rapide !
C'est
plus facile de critiquer les films des autres et les jurés, comme
disent mes "amis" du club !
A
la prochaine à Bourges … si j'suis pas j'té !
André
Charpentier
Palmarès
2007 "Cœur de vidéo"
Grands
Prix
Prix du Président de la République : Les oursons de Charly
Costa
Prix de la Ville de Bourges : Bill Viola de Quentin Lazzarotto
Prix du CNC : Le couloir de Marie Boivent et Cécile Guieu
Prix de la région Centre (prix spécial du jury) : Le temps
n'attend pas de Christophe Déat
Prix de la FFCV ( prix du président du jury) : L'emmerdeur de
Claude Marcellin
Prix du ministère de la Santé, de la Jeunesse et des sports
:
Formulaire de Marie Arun, Cassandre Munch et Mélodie Gonthier
Prix spéciaux
Prix d'interprétation masculine : Wulfran Dufay dans le film
Dédicaces
Prix d'interprétation féminine : Virginie Aimone dans
le film Les oursons
Prix de la mémoire : Le passage de Bernard Seillé
Prix de la fraternité : Passe le temps de Michèle et Jean-Luc
Jarousseau
Prix de l'environnement : L'ourse de Joël Sentenac
Prix de la meilleure investigation : Adrénaline de Philippe Sevestre
Prix du meilleur scénario : Le soldat de Jean-Marie Burgin et
François Laurent
Prix de la meilleure lumière : La joie du monde de Jean-Yves
Fishbach
Prix de la musique originale : Mortinium d'Alain Hubert
Prix du meilleur montage : Le réseau de Ludovic Piette et les
jeunes de Vatos Locos
Prix du meilleur reportage : Des 4L pour la Casamance de Louis Pireyre
Mentions
De corps... et d'âme de Gérard Bost
Cool de Vincent Pili
L'ombre de Mathieu Perrier
Prix
du film minute
Dialogue de Michel et Jocelyne Portat
Sélection
UNICA 2008
Le couloir de Marie Boivent et Cécile Guieu
Bill Viola de Quentin Lazzarotto
Les oursons de Charly Costa
Cool de Vincent Pili
Le passage de Bernard Seillé
La canette magique de Ludovic Piette et les jeunes de Vatos Locos
Film minute : Dans la peau de Cixi :Plouf! de Loïc Nicolof
Prix
du forum (attribué par le public)
Le couloir de Marie Boivent et Cécile Guieu
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