Faute
de salle de réunion disponible à la Maison des Syndicats
ce soir, le CVN se décentralise, exceptionnellement, au Cinématographe,
rue des Carmélites à Nantes.
Nous nous retrouvons une petite vingtaine à l’entrée
du cinéma, accueillis par Joël Hervochon qui, très
régulièrement, apporte sa contribution au fonctionnement
de cette salle en tant que projectionniste.
Le
Cinématographe fait partie du patrimoine culturel et architectural
de Nantes. La salle a gardé la décoration qui faisait
le cachet des cinémas des années 60 : écran placé
résolument au dessus de la ligne de vue des spectateurs, rideau
qui vient masquer l’écran avant le film, etc. Seule concession
au progrès : l’écran au format 2.35 est incurvé,
comme dans la totalité des salles récentes.
Le
film que nous allons voir s’appelle : Hyènes.
Réalisé en 1991 par Djibril Diop Mambety, ce film n’a
du être distribué que très confidentiellement, compte
tenu du peu de place laissé par les grosses machines qui monopolisaient
déjà les écrans début des années
90.
«Hyènes» est africain (par le réalisateur
et les interprètes), français (par le financement et les
techniciens), et suisse (par l’histoire – « La visite
de la vieille dame », de Friedrich Durrenmatt - transposée
des bords du lac de Zurich en Afrique pour les besoins du film).
C’est histoire du retour aux sources d’une femme devenue
riche et âgée, 30 ans après avoir été
bannie par ses pairs. L’histoire d’un règlement de
compte cruel.
La mise en situation est longue, mais nécessaire ; et elle se
fait au rythme mesuré du cinéma africain. Une fois les
personnages campés, l’histoire commence, et le rouleau
compresseur s’avance, inexorablement, jusqu’à son
but.
Malgré l’état très moyen de la copie, les
images sont belles, la bande son bien conçue, mais rendue moyennement,
et surtout, l’histoire captivante. Si cette histoire se déroule
presque en temps réel, le rythme est lent, comme pour établir
le parallèle avec l’éternité durant laquelle
cette femme a dû attendre pour, enfin, pouvoir retrouver les siens
… et régler ses comptes.
Contrairement à certains points de vue au CVN, je fais partie
de ceux qui défendent toutes griffes dehors les génériques
de fin de film. Celui de « Hyènes » a permis à
chacun de constater l’importante contribution de techniciens français
à la réalisation du film et aussi, annoncé très
discrètement dans le déroulant, la participation du célèbre
cinéaste animalier François Bel («Le Coucou»,
«La Griffe et la Dent», «Le Territoire des Autres»)
qui a été le premier au monde à réaliser
la prise de son stéréo en milieu animalier («La
Griffe et la Dent» – 1976, co-réalisé avec
Gérard Vienne, et hyper récompensé).
Après
la séance, cadeau discret de la salle qui nous permet de jeter
un œil dans la cabine de projection, où les 3 300 mètres
de «Hyènes» sont en rembobinage pour la séance
du lendemain.
Chacun ayant récupéré son œil, nous échangeons
quelques avis sur ce film qui a plutôt plu au CVNistes, puis nous
séparons dans la nuit nantaise plutôt douce pour retrouver
nos foyers respectifs.
Prochaine
séance le Vendredi 8 Février prochain, dans notre salle
dédiée à la Maison des Syndicats, avec plein de
films du CVN.
Venons y nombreux.
Robert
Beautru
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