CVN Calendrier 2007-2008
 

 

Séance du 25 janvier 2008

Faute de salle de réunion disponible à la Maison des Syndicats ce soir, le CVN se décentralise, exceptionnellement, au Cinématographe, rue des Carmélites à Nantes.
Nous nous retrouvons une petite vingtaine à l’entrée du cinéma, accueillis par Joël Hervochon qui, très régulièrement, apporte sa contribution au fonctionnement de cette salle en tant que projectionniste.

Le Cinématographe fait partie du patrimoine culturel et architectural de Nantes. La salle a gardé la décoration qui faisait le cachet des cinémas des années 60 : écran placé résolument au dessus de la ligne de vue des spectateurs, rideau qui vient masquer l’écran avant le film, etc. Seule concession au progrès : l’écran au format 2.35 est incurvé, comme dans la totalité des salles récentes.

Le film que nous allons voir s’appelle : Hyènes.
Réalisé en 1991 par Djibril Diop Mambety, ce film n’a du être distribué que très confidentiellement, compte tenu du peu de place laissé par les grosses machines qui monopolisaient déjà les écrans début des années 90.
«Hyènes» est africain (par le réalisateur et les interprètes), français (par le financement et les techniciens), et suisse (par l’histoire – « La visite de la vieille dame », de Friedrich Durrenmatt - transposée des bords du lac de Zurich en Afrique pour les besoins du film).
C’est histoire du retour aux sources d’une femme devenue riche et âgée, 30 ans après avoir été bannie par ses pairs. L’histoire d’un règlement de compte cruel.
La mise en situation est longue, mais nécessaire ; et elle se fait au rythme mesuré du cinéma africain. Une fois les personnages campés, l’histoire commence, et le rouleau compresseur s’avance, inexorablement, jusqu’à son but.
Malgré l’état très moyen de la copie, les images sont belles, la bande son bien conçue, mais rendue moyennement, et surtout, l’histoire captivante. Si cette histoire se déroule presque en temps réel, le rythme est lent, comme pour établir le parallèle avec l’éternité durant laquelle cette femme a dû attendre pour, enfin, pouvoir retrouver les siens … et régler ses comptes.
Contrairement à certains points de vue au CVN, je fais partie de ceux qui défendent toutes griffes dehors les génériques de fin de film. Celui de « Hyènes » a permis à chacun de constater l’importante contribution de techniciens français à la réalisation du film et aussi, annoncé très discrètement dans le déroulant, la participation du célèbre cinéaste animalier François Bel («Le Coucou», «La Griffe et la Dent», «Le Territoire des Autres») qui a été le premier au monde à réaliser la prise de son stéréo en milieu animalier («La Griffe et la Dent» – 1976, co-réalisé avec Gérard Vienne, et hyper récompensé).

Après la séance, cadeau discret de la salle qui nous permet de jeter un œil dans la cabine de projection, où les 3 300 mètres de «Hyènes» sont en rembobinage pour la séance du lendemain.
Chacun ayant récupéré son œil, nous échangeons quelques avis sur ce film qui a plutôt plu au CVNistes, puis nous séparons dans la nuit nantaise plutôt douce pour retrouver nos foyers respectifs.

Prochaine séance le Vendredi 8 Février prochain, dans notre salle dédiée à la Maison des Syndicats, avec plein de films du CVN.
Venons y nombreux.

Robert Beautru