CVN Calendrier 2008-2009
 

 

Séance du 17 octobre 2008

 

Après 3 semaines sans séance, pour raison d’événements extérieurs, seconde séance de la saison 2008-2009. Pas de films CVN au programme ce soir, mais 4 films extraits du DVD saison 2006 de l’Union Régionale Cinéma et Vidéo de la Région Nord.
Trois de ces films seront discutés collectivement par les adhérents présents, et sur le fond et sur la forme, et le dernier sera discuté en « traditionnel, avec Jean Chazé en tant qu’animateur du débat.

Célandrine, de Jean-Marcel Vandenbeusch (LMCV), 8mn, mention avec 3ème prix au CR 2006
Célandrine c’est un doris dont les deux propriétaires pêchent sur les côtes maritimes de la région Nord.
Evocation du difficile métier dé pêcheur indépendant, commentaire enregistré en continu mais distribué très fractionné, d’où l’obligation pour le spectateur de sulfurer quelquefois pour valider la cohérence du propos.
Malgré la joie des pêcheurs (prétendue par le texte), la difficulté du métier n’explique pas que le sourire des 2 hommes soit en permanence aux abonnées absents.
Mais aussi de très belles images des gestes simples de ce métier de la mer. Et surtout, un dernier plan au ralenti des mouettes en quête de nourriture à l’arrivée du bateau ; lumière, cadrage, mouvement : des images superbes.

Le témoin, de Franz Bardiaux (LMCV), 10mn, récompensé par une mention.
Une histoire très intéressante, mais…
… texte tiré par les cheveux tout en étant bavard, interprétation hésitante et vide d’émotion, montage discutable, images lumineuses de la nature: des verts d’une belle transparence, en contradiction totale avec la noirceur du sujet…
Un film qui prouve combien il est difficile de faire une bonne fiction, mais dont la projection permet d’introduire un débat intéressant. (déjà présenté au CVN le 01/12/2006,voir CR de la séance).

Mon rêve de pilote, de Cédric Le Maout (AFI Mons), 14mn, prix Jeunesse et sports, mention avec 3ème prix au CR 2006
Nous sommes à l’IAAG EPAG de Merville (59) centre de formation des pilotes de ligne sur moyen courrier.
Simulateur de vol, connaissance des turbo réacteurs : fonctionnement, maintenance… Le film s’attache surtout à la technique de la propulsion, les hommes intervenant surtout vers la fin pour nous offrir la délicieuse coquille de l’ « impasse » …au lieu du « pass ».
Sébastien, l’intervieweur, jeune, est excellent, mais les jeunes pilotes, assurément soigneusement formatés, récitent leur leçon avec au passage un grand coup de brosse à reluire pour « Air France, première compagnie nationale française… », et aussi un hommage certainement mérité au mythique A320 …mais c’est un magnifique B737 qu’on suit au décollage.
Le commentaire nous dit aussi que le Gabon est un pays européen…merci pour l’info !
Au final, de belles images un peu contrariées par des problèmes de variation de colorimétrie, un pilonnage en règle de la règle des 30° (impressionnants raccords dans l’axe sur le turbo réacteur et le visage d’un pilote interviewé).
Malgré tout ça, le film a quand même été primé…Ouf !

Pour les Esprits du Sheik, de Jean-Pierre. Hué et Emmanuel Dubois (CCP), 20 mn, Grand Prix régional, Médaille d’Or sélection nationale.
Ce film illustre l’hommage rendu à Cheik Hussein, saint homme né en Ethiopie il y a 8 siècles.
Chaque année, des milliers de pèlerins venus d’Ethiopie, du Yémen, de Somalie… chrétiens, musulmans ou païens, se rendent à pieds pour se recueillir sur la tombe de Cheik Hussein, dans la ville qu’il a créé lui-même et qui porte son nom.
Le long cheminement des hommes, des femmes, des enfants, souvent pauvres, venus des 4 coins du désert, et qui tissent une impressionnante mosaïque humaine autour du mausolée du Cheik, ce long cheminement impressionne autant qu’il émeut.
Ici, on est aux antipodes du film minute. L’auteur prend son temps, et il a raison : recueillement ne voisine pas avec précipitation. Les plans sont longs, quelquefois zoomés, mais toujours à bon escient.
A mesure que le film avance, l’auteur suscite l’intérêt, la curiosité du spectateur, puis trouve son adhésion. Deux caméras sont à l’œuvre sur les scènes d’ampleur, ce qui permet de multiplier les angles tout en restant discret pour ne pas perturber la ferveur collective. Beaucoup de gros plans, pour capter l’émotion sur les visages, les gestes rituels, les signes de la pauvreté. En contrepoint, le désert, aride ; le vent, la poussière. Autant d’éléments contraignants qui donnent tout son sens au difficile et long périple des pèlerins.
Assurément, le meilleur film de cette soirée.


Robert Beautru