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Après
3 semaines sans séance, pour raison d’événements
extérieurs, seconde séance de la saison 2008-2009. Pas
de films CVN au programme ce soir, mais 4 films extraits du DVD saison
2006 de l’Union Régionale Cinéma et Vidéo
de la Région Nord.
Trois de ces films seront discutés collectivement par les adhérents
présents, et sur le fond et sur la forme, et le dernier sera
discuté en « traditionnel, avec Jean Chazé en tant
qu’animateur du débat.
Célandrine,
de Jean-Marcel Vandenbeusch (LMCV), 8mn, mention avec 3ème prix
au CR 2006
Célandrine c’est un doris dont les deux propriétaires
pêchent sur les côtes maritimes de la région Nord.
Evocation du difficile métier dé pêcheur indépendant,
commentaire enregistré en continu mais distribué très
fractionné, d’où l’obligation pour le spectateur
de sulfurer quelquefois pour valider la cohérence du propos.
Malgré la joie des pêcheurs (prétendue par le texte),
la difficulté du métier n’explique pas que le sourire
des 2 hommes soit en permanence aux abonnées absents.
Mais aussi de très belles images des gestes simples de ce métier
de la mer. Et surtout, un dernier plan au ralenti des mouettes en quête
de nourriture à l’arrivée du bateau ; lumière,
cadrage, mouvement : des images superbes.
Le
témoin, de Franz Bardiaux (LMCV), 10mn, récompensé
par une mention.
Une histoire très intéressante, mais…
… texte tiré par les cheveux tout en étant bavard,
interprétation hésitante et vide d’émotion,
montage discutable, images lumineuses de la nature: des verts d’une
belle transparence, en contradiction totale avec la noirceur du sujet…
Un film qui prouve combien il est difficile de faire une bonne fiction,
mais dont la projection permet d’introduire un débat intéressant.
(déjà présenté au CVN le 01/12/2006,voir
CR de la séance).
Mon
rêve de pilote, de Cédric Le Maout (AFI Mons), 14mn,
prix Jeunesse et sports, mention avec 3ème prix au CR 2006
Nous sommes à l’IAAG EPAG de Merville (59) centre de formation
des pilotes de ligne sur moyen courrier.
Simulateur de vol, connaissance des turbo réacteurs : fonctionnement,
maintenance… Le film s’attache surtout à la technique
de la propulsion, les hommes intervenant surtout vers la fin pour nous
offrir la délicieuse coquille de l’ « impasse »
…au lieu du « pass ».
Sébastien, l’intervieweur, jeune, est excellent, mais les
jeunes pilotes, assurément soigneusement formatés, récitent
leur leçon avec au passage un grand coup de brosse à reluire
pour « Air France, première compagnie nationale française…
», et aussi un hommage certainement mérité au mythique
A320 …mais c’est un magnifique B737 qu’on suit au
décollage.
Le commentaire nous dit aussi que le Gabon est un pays européen…merci
pour l’info !
Au final, de belles images un peu contrariées par des problèmes
de variation de colorimétrie, un pilonnage en règle de
la règle des 30° (impressionnants raccords dans l’axe
sur le turbo réacteur et le visage d’un pilote interviewé).
Malgré tout ça, le film a quand même été
primé…Ouf !
Pour
les Esprits du Sheik, de Jean-Pierre. Hué et Emmanuel
Dubois (CCP), 20 mn, Grand Prix régional, Médaille d’Or
sélection nationale.
Ce film illustre l’hommage rendu à Cheik Hussein, saint
homme né en Ethiopie il y a 8 siècles.
Chaque année, des milliers de pèlerins venus d’Ethiopie,
du Yémen, de Somalie… chrétiens, musulmans ou païens,
se rendent à pieds pour se recueillir sur la tombe de Cheik Hussein,
dans la ville qu’il a créé lui-même et qui
porte son nom.
Le long cheminement des hommes, des femmes, des enfants, souvent pauvres,
venus des 4 coins du désert, et qui tissent une impressionnante
mosaïque humaine autour du mausolée du Cheik, ce long cheminement
impressionne autant qu’il émeut.
Ici, on est aux antipodes du film minute. L’auteur prend son temps,
et il a raison : recueillement ne voisine pas avec précipitation.
Les plans sont longs, quelquefois zoomés, mais toujours à
bon escient.
A mesure que le film avance, l’auteur suscite l’intérêt,
la curiosité du spectateur, puis trouve son adhésion.
Deux caméras sont à l’œuvre sur les scènes
d’ampleur, ce qui permet de multiplier les angles tout en restant
discret pour ne pas perturber la ferveur collective. Beaucoup de gros
plans, pour capter l’émotion sur les visages, les gestes
rituels, les signes de la pauvreté. En contrepoint, le désert,
aride ; le vent, la poussière. Autant d’éléments
contraignants qui donnent tout son sens au difficile et long périple
des pèlerins.
Assurément, le meilleur film de cette soirée.
Robert Beautru
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