Rentrée au Cinéma Vidéo
Nantais.
Eh
oui c'était la rentrée. Pas pour tout le monde parce qu'il
y avait encore des adhérents en voyage, en vacances, en maison
secondaire d'automne, en rentrée scolaire des petits, en maladie,
en oubli de calendrier, en préparation de l'hiver pour assouplir
les charentaises et enfin encore retenus sur la fin du tournage de la
dernière production qui n'attend pas parce que les acteurs n'ont
plus que quelques heures de congés à consacrer aux copains
auprès de qui ils se sont engagés bénévolement
pour la grande aventure du cinéma.
Nous
étions un certain nombre et nous étions heureux de nous
retrouver. Nous avons fait allusion à quelques kilomètres
de voyage, à la météo de juillet et d'août,
à quelques douleurs dissipées ou réapparues.
Loïc,
notre président, a rappelé que la semaine prochaine, le
samedi 12, nous étions tous conviés au pique-nique du
club, avec femme(s), enfants, voisins et cousins, qui se déroulera
à Mouzillon en Loire Atlantique. Tout un chacun doit confirmer
sa participation au plus tard dimanche, le 06 de ce mois d'été
de septembre 2009, auprès de lui-même Loïc (par téléphone,
mail ou de vive voix en vous déplaçant chez lui et son
épouse qui, à l'occasion, vous offriront l'apéritif).
Loïc, toujours le même, notre président, rappelle
le concours interne de juin 2010 et son thème : "saint",
"sein", "ceint", "ssccinn" (1) et "tsoin
tsoin" (1) …
(1) : non homologués
Loïc, le même, a aussi parlé du concours national
à Bourges, du 24 au 27 septembre. Trois films du club y seront
projetés :
"Marianna Iacob et les autres" de Michèle et Jean-Luc
Jarousseau et Geneviève Thuillier,
"Lê Mât" de Marc Barillère,
"Mister DJ" de Didier Jodar.
Rappelons nous que ces 3 œuvres ont été sélectionnées
à l'issue du concours régional de Montjean sur Loire en
avril dernier, concours UCCVO organisé par le club "3e œil"
d'Angers.
Déjà douze à quinze personnes du club sont partantes
pour Bourges. C'est bien. On fera peut être mieux !
Et
nous arrivons au programme de projections de la soirée.
Premier en lice : Yannick Ademain qui nous propose 3 films tournés-montés
réalisés cet été :
Projection
de :
- "Belote". DV 16/9. 1'29
- "Boule nantaise". DV 16/9.
1'06
- "Pêche". DV 16/9. 1'40
Yannick
avait pratiqué cet exercice, formateur, lors d'une séance
club, au cours de sa première année parmi nous, l'année
de son stage. Exercice qui lui avait plu. Cet exercice de tourné-monté
oblige évidemment à penser montage en filmant puisqu'il
n'y aura pas de montage ultérieur, que celui-ci se réalise
pendant le tournage au cours duquel il faut penser :
Ordre des plans
Longueur des plans
Valeur des plans
Raccord des plans images auquel il faut ajouter raccord sonore.
Ce n'est pas simple.
Bien sûr cet exercice a ses limites mais c'est un exercice très
pratique pour le reportage. Bien sûr il y aura montage à
la fin du reportage, mais le fait d'y penser "pendant" évite
bien des oublis. Oublis qui pourraient compliquer énormément
ledit montage : oubli de plans mais aussi oubli de la variété
des valeurs de plans.
Yannick nous a donc proposé 3 reportages : une partie de cartes,
une partie de boules (nantaises) et une partie de pêche.
Trois tournés-montés réalisés avec une nouvelle
caméra "à découvrir" et "qui tient
dans la main". Le tout tourné "à la comme j'le
sens", sans préparation, sans pied, en regardant, à
la volée, ses copains des boules, des cartes et des pêches.
Histoires sans prétention mais histoires de tous les jours qui
peuvent être riches en émotions. Histoires quotidiennes
des copains qui restent dans nos souvenirs.
Puis
Loïc a proposé de nous réunir en 4 groupes afin de
discuter ces 3 films et venir rapporter nos ressentis. Geneviève,
Guy, Didier et Jean-Marie nous ont représentés.
A eux quatre ils nous ont parlé de l'intérêt de
cette triple réalisation pour ce qu'elle apporte à la
maîtrise de la capture de l'image et principalement à la
maîtrise de l'organisation "spontanée" d'un reportage.
Ils n'ont pas manqué de remarquer quelques problèmes de
netteté, de parties "surex" dans des images au bord
de l'eau, d'un ou deux raccords dans l'axe, d'un manque de gros plans
en général (et des plans trop "égaux"
en particulier) et d'un manque de fil conducteur entre les 3 exercices
(mais devait-il y en avoir un ?).
Les gens sont durs avec leurs copains. Mais les bonnes critiques font
avancer comme ils disent (les critiques réalistes exprimées
fermement mais sans agressivité et les critiques reçues
avec les mêmes ingrédients).
Yannick comment les as-tu reçues ?
Loïc,
encore lui, se rappelle qu'il doit nous rappeler au bon souvenir du
démarrage du stage annuel. Il commencera le 09 octobre pour se
terminer le 22 janvier 2010. Un article de presse doit paraître
prochainement. Il y a déjà des inscrits. Des prospectus
sont à distribuer autour de nous. Ils sont jaunes et très
jolis et repérables de loin.
Suite
des projections.
Michèle et Jean-Luc Jarousseau ont hébergé leur
petit-fils Guillaume Jarousseau - le - parisien pendant les congés.
A fils et petits-fils bien nés il ne pouvait en être autrement
qu'ils en arrivent, tous les trois, à parler cinéma et
tournage et montage et désir de production. Guillaume était
parti pour réaliser avec Michèle et Jean-Luc un long de
90 minutes. Mais après échanges sur le choix du sujet,
sur les nécessités de préparation (minimum d'écriture,
préparation d'un décor, casting et mise en condition des
acteurs), Guillaume s'est rallié à l'expérience
du tandem "papy-mamie" pour finaliser une œuvre de deux
minutes. Mais déjà il annonce un prochain film de 5 minutes.
"Médor" est le titre de
ce premier film du petit-fils Guillaume. Michèle et Jean-Luc
nous ont rapporté avec un tendre humour les discussions des deux
jours de préparation où les trois complices ne parlaient
qu'en termes de synopsis, découpage, story bord, travelling,
PE, PP, PS, GP, grand angle, etc … Comme quoi on est vite technicien
ou on ne l'est pas (Guillaume n'as que 10 ans … mais il y a de
l'hérédité … pour écouter des exposés
techniques pendant des séances d'une heure et demie !).
Projection
de "Médor". DV 16/9. 2
mn
Re
4 groupes et re "rapportement" avec Alain, Xavier, René,
Patricia et Loïc R.
Loïc (de Renimel et non pas de Daudin) et Patricia (de Daudin,
nous n'en avons qu'une) sont venus en couple (de circonstance) pour
nous avouer qu'ils n'ont pas compris le thème. C'est une belle
démarche que cette humilité et elle n'est pas courante.
Bravo. Elle est intéressante parce que justement ça permet
de démarrer la discussion et d'émettre, en toute simplicité,
une réserve sur la clarté du propos.
Les étapes du film (les miennes) :
1 : Un personnage est "désommeillé" par son
réveil. Il arrête ce dernier et sa main s'attarde sur la
brosse à dents qui dormait là, au pied du réveil.
Interrogation du spectateur. Premier indice.
2 : Lever. Le personnage se brosse les dents. La porte de la salle de
bains s'entrouvre et un autre personnage constate et annonce (à
peu près) : "C'est bien, vous allez pouvoir sortir aujourd'hui".
Le spectateur imagine alors que le premier personnage est dans un hôpital.
Le deuxième personnage peut alors être entrevu comme une
infirmière, ou un docteur. Mais le ton de son propos et l'absence
de blouse blanche (par exemple) peuvent laisser part au doute.
S'il n'y a pas de doute, la traduction par "hôpital"
est le deuxième indice.
3 : Le "patient" sort (vue extérieure). Alors il ressort
sa brosse à dents, l'attache à un lien, la pause au sol
et la traîne comme il le ferait d'un chien. La voix ayant expliqué
"Médor, on l'a bien eu(e)". On comprend alors, et seulement
alors, que le patient était en hôpital, oui, mais psychiatrique.
Que la brosse à dents était son chien Médor et
qu'il a berné l'employé(e) de l'hôpital en lui faisant
croire qu'il prenait vraiment son chien-brosse-à-dents pour une
brosse à dents (séance sans équivoque dans la salle
de bains).
Voilà un scénario simple, une histoire que les potaches
se racontent en cour de récréation. Mais la conduite du
scénario est habilement menée et dévoile les indices
que lorsqu'il le faut, petit à petit.
C'est habile. Peut être y a-t-il dans cette écriture plus
de Michèle et Jean-Luc que de Guillaume. Mais à travers
cette construction élaborée en commun, l'apprentissage
n'a pu qu'être compris.
Le
manque de clarté évoqué plus haut est sans doute
dû à la non identification du rôle de l'infirmière
/ docteur / directrice. D'où la grande importance de l'identification
sans ambiguïté des personnages (physique / vestimentaire
/ psychologique).
Quelques
remarques de nos rapporteurs : C'est dommage que Guillaume soit l'acteur.
Nous l'attendions en réalisateur et plutôt ses grands-parents
en acteurs. Mais le casting a peut être désigné
Guillaume et il a été très bon et "nature".
La caméra était haute, c'est-à-dire pas à
la hauteur du "petit". Jean-Luc répond que pourtant
il y a eu des tricheries comme savent le faire les cinéastes.
En effet le miroir de la salle de bains était trop haut pour
l'acteur de 10 ans et le recours à une pile de gros livres a
été nécessaire sous ses pieds.
Le film a été réalisé en deux jours et le
réalisateur / acteur (il était devant et un peu derrière)
est reparti avec son DVD.
C'est pas de belles vacances çà ? (et aussi pour Michèle
et Jean-Luc).
Après
ces épisodes sympathiques et de qualité de nos réalisateurs
cévénistes, il a été fait place à
trois films de la fédération.
"Racines"
de Paul Rousset, Image'in, Toulouse (sur DVD du national 2008). 4'07.
Ce
film nous montre l'arrachage d'une vieille vigne, en Fenouillères
dans les Pyrénées orientales, à l'aide d'un engin
style travaux publics. Ce n'est pas un film technique mais la volonté
de nous montrer l'émotion ressentie alors par un vieux monsieur,
le vigneron.
Film en 3 volets : 1 : l'arrachage, 2 : des images NetB du passé,
de la création et de l'entretien de la vigne, 3 : images du vieux
monsieur, en fauteuil roulant, qui assiste à l'arrachage.
Ce film ayant reçu au concours national le "Prix de la FFCV"
(prix du président du jury), 5e grand prix de la manifestation;
nous étions tout à sa projection.
Qu'en a-t-il été de l'émotion ce soir ?
Dans le désordre : j'ai bien aimé la musique. On a aimé
le fond. Les images en NetB n'étaient pas nécessaires.
Il n'y a pas d'émotion du vieux. On a voulu en rajouter avec
le fauteuil roulant. Plus de la nostalgie que de l'émotion. Images
violentes au début avec le "Caterpillar".
Comme le résume Jean : c'est comme à Bourges, du pour
et du contre.
Personnellement je n'ai ressenti AUCUNE émotion.
Le film commence par des plans de l'arrachage. Puis s'intercale un plan
du vieux monsieur. Il est assis, cloué, sur son fauteuil roulant.
Ça doit émouvoir. Mais le personnage est tellement absent,
son œil qui devrait être triste est tellement neutre que
je n'entre pas encore dans sa tristesse. Il n'y a pas un seul indice
émotionnel, pas l'amorce de rien du tout, pas un mouvement du
regard qui suit l'engin qui arrache. Alors j'en ai déduit que
ce vieux il n'a même pas été filmé devant
la vigne. Le plan a pu être fait ailleurs, ce qui expliquerait
son "absence". D'ailleurs le cadrage ne permet pas d'associer
sa présence à celle de la vigne. Il n'est même pas
filmé en amorce d'un plan d'arrachage en arrière plan.
Viennent les images NetB du passé. Elles sont très intéressantes.
Sont elles réellement vieilles ou refaites en "vieilles"
? Peu importe. Elles sont censées être les souvenirs du
vieux monsieur qui se rappelle avec nostalgie le temps où il
a planté cette vigne et ou il l'a entretenue avec sa famille
ou ses employés. C'est très bien.
Retour à l'arrachage. Puis à sa fin. Retour sur le vieux
monsieur, le vigneron, en amorce devant un feu de cheminée.
Je voudrais être ému. Je me force. Je ne le suis pas.
Je ne sais pas si le vigneron est un acteur (qui ne joue pas) ou s'il
est le véritable artisan de cette rubrique, ému par l'arrachage
de ce que représente son travail et sa vie. Même si c'est
ça je ne l'ai absolument pas ressenti. Ma faute ? La faute du
réalisateur ? Allez savoir !
En fait je ne suis pas ému par le genre de propos de ces écolos
patrimoniaux environnementaux qui pleurent parce qu'un bout de terre
change d'affectation. Si la vigne, ici, disparaît pour faire une
route, les descendants de ce vigneron emprunteront avec joie cette nouvelle
route. Si elle devient une nouvelle terre pour élever des canards,
les enfants de ce vigneron se régaleront de leurs magrets. Si
cette vigne devient aéroport les petits enfants de ce vigneron
y prendront l'air. Alors ça ne me fait pas pleurer. Lui, le vigneron,
il aurait dû pleurer ou un truc comme ça. Mais il ne pleure
pas. Parce que peut être il se réjouit de la prime à
l'arrachage qui va bien l'aider pour finir sa vie. Peut être était-ce
là le truc que je n'ai pas saisi.
Quand j'avais vu ce film au concours national je l'avais classé
comme le film de l'année que je n'avais pas aimé et qui
recevait un grand prix. Il y en a un comme ça tous les ans.
L'année
précédente je n'avais pas du tout aimé "Bill
viola" de Quentin Lazzarotto. C'est un film tourné par quelqu'un
d'autre et que s'est approprié Mr Lazzarotto. Il le disait dans
le générique (a peu près). Ça ne m'avait
pas plu et je l'avais regardé sans intérêt. Il se
trouve que ce film avait eu le prix de la ville de Bourges, le 2e grand
prix de la manifestation. Je n'avais pas compris. Ça ne m'avait
pas empêché de dormir. Mais quelques mois après,
surprise. Le film avait été retiré du palmarès.
Bizarre non !
Ce
n'est pas ce que je souhaite à "Racines". C'est peut
être moi qui déraille. Ce ne serait pas la première
fois. Quand même je suis surpris de l'amour de ce film par le
jury, jury qui lui a accordé énormément d'émotionnel.
Il n'en a pas accordé, d'émotions, au film d'Emmanuel
Guy : "Nuit blanche", grand prix de notre concours régional.
"Nuit blanche" m'avait remué les tripes. Le jury du
national a refusé la violence de ce film. "Nuit blanche"
est tellement grandiose à mes yeux, même si c'est vrai
que la violence aurait pu être "atténuée",
au moins dans sa longueur, que je ne rejoins absolument pas du tout
l'absence de toute reconnaissance : rien, pas une miette, pas même
une allusion reconnaissante à sa technicité. "Nuit
blanche" est un film de notre région. Sans doute est-ce
mon chauvinisme qui parle. Je pense quand même à la présidente
du jury de notre régional qui avait donné le prix du président
de la république à "Nuit blanche". Elle n'a
pas dû comprendre non plus. Par contre moi je pense au président
du jury régional qui a sélectionné "Racines"
… Nous ne devons pas avoir les mêmes enzymes émotionnels.
Sans doute sont-ce les miens qui sont défectueux … depuis
le temps que je prends des médicaments !
Allez, vaut mieux arracher les vignes, ça fait pleurer dans les
chaumières, tout au moins dans les chaumières des jurés
du national 2008.
"P'tite
pièce" de Loïc Nicoloff, ACC Salon de Provence
(sur DVD du national 2008). 7'50.
Ah
! Voilà un régal. C'est ma quatrième projection
et j'en raffole. Je le reverrai une autre fois avec délice.
Belle et admirable construction que ce suivi des deux personnages qui
délirent en nous laissant des messages forts et humanistes. Quelle
prouesse de l'acteur principal et même du second rôle qui
joue bien juste.
Le quêteur averti, professionnel sans doute, qui exerce son activité
à proximité immédiate du distributeur de billets
de banque, interpelle savamment son donneur potentiel. Refus poli et
gêné. S'en suit un déballage verbal prolifique,
extravagant et sympathique. Le jeu est maîtrisé et extraordinaire
de justesse mimique, de débit, d'intonations puissantes et persuasives.
Après un effet spécial assez réussi du personnage
secondaire qui s'envole au-dessus des immeubles, jouissant du bonheur
d'avoir donné au solliciteur, nous revenons à la triste
réalité du quêteur qui, cette fois, se fait envoyer
paître. Il réalise alors que sa situation est moins enviable.
Il n'ose même plus quêter le prochain "client".
On a parlé du classique rêve qui permet de tout imaginer
et du retour à la réalité par le réveil
du dormeur. Classique, trop classique et cette éventualité
ne plaît pas à Didier.
Ici nous ne sommes pas dans le rêve classique suivi du réveil
final. Nous sommes dans une échappatoire. Echappatoire qui permet
à l'auteur, via son quêteur, de tout déballer de
son idée de demander et recevoir, de la prise en charge des démunis
par ses semblables nantis, de l'amortissement de la charge sociale,
de la facture des soins, des choix des marginaux, des refuges mentaux
des non donneurs, etc, etc …
Il n'y a rien de gratuit dans les propos des protagonistes. L'humour
enveloppe bien le discours et fait accepter de crues vérités
sans agressivité.
Nous sommes dans le cadre d'un film de passionné qui ose aborder
un problème de société d'aujourd'hui. Ça
prend aux tripes.
L'assistance a été conquise. J'ai entendu : "c'est
de l'amateur – professionnel". Peut-être quelque part
puisque l'acteur principal, Marc Andréini, est dialoguiste et
comédien (L'Ecran n° 83). Mais qu'importe. Nous jugeons ici
une œuvre, pas une donnée administrative. Par contre nous
pouvons lancer le débat sur le "amateur" et le "non
amateur". C'est un débat qui peut durer et sans doute ne
pas s'arrêter puisque chacun a ses limites et que les limites
sont fluctuantes. Mais ce soir nous nous arrêterons aux seuls
mots : cinéma, films, plaisir.
Ce film a reçu au concours national le prix de la Région
Centre (prix spécial du jury).
Bravo et bravo de nous avoir régalé (au moins de m'avoir
régalé).
"Les
pipelettes" de Joël Santenac, Cinéma vivant,
Tarbes (sur DVD du national 2008). 4'43.
L'auteur
est un habitué du concours national. Chaque année il nous
propose (enfin le jury du régional) un film d'humour. Il est
spécialisé dans le film mettant en scène des personnages
truculents qu'il déniche, le plus souvent, dans sa région.
C'est toujours drôle. Plus ou moins réussi, mais toujours
un moment de détente dans l'atmosphère d'un concours où
la grande majorité des œuvres sont sérieuses pour
ne pas dire tristes. Alors Joël Santenac nous propose toujours
des rayons de soleil, ces rayons qui nous donnent un peu de respiration,
un peu d'espoir de considérer que la vie elle est quelquefois
merveilleuse.
Ce soir nous avons encore apprécié ces minutes de détente.
Les pipelettes en question se portent bien et leur méchanceté
est sympathique et acceptée parce que partagée par les
spectateurs quand elles commentent l'actualité des vedettes du
show buis en parcourant leurs journaux people. Quand elles jouent aux
francs et aux euros, la méchanceté sous jacente est moins
drôle mais tellement décalée que nous l'acceptons.
En fait je ne crois pas tellement à la spontanéité
de leur jeu. Il y a quand même la dessous un peu de mise en scène
ou tout au moins de directivité.
Mais c'est tellement sympathique qu'on en redemande.
Et l'auteur a bien su marier ses plans de coupe, qui sont complètement
en dehors de l'action. Ils passent bien parce qu'il les a bien mariés.
Exemple : après quelques plans sur les commères, plan
sur un chien seul (ailleurs). Puis plan sur un facteur en vélo
qui passe près d'un chien (re ailleurs). Quand on revient aux
commères on accepte complètement que le facteur et le
chien soient dans le même environnement alors qu'il n'y a aucun
lien image. Si, la couleur, l'ambiance, l'éclairage ont en commun
une unité. Et la liaison, artificielle, passe très bien
et nous évade des deux pipelettes quelques secondes pour respirer.
Respirer en entendant toujours les pipelettes dans la continuité
sonore de leur discours. C'est simple mais efficace.
Ce film a reçu le prix de l'humour. Normal
Nous
avons passé une bonne soirée. Nous nous sommes bisés
goulûment avant que la pandémie annoncée ne nous
l'interdise !
Bises
à ceux qui n'étaient pas là
Pensez au pique-nique du 12 septembre.
Pensez au concours national à Bourges dans 3 semaines
André
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Belote |
Boule
nantaise |
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Pêche |
Médor |
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Racines |
P'tite
pièce |
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