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2009 : l'ère de la dématérialisation

 

L’année 2009 s’annonce riche en nouveautés pour les férus d’images et de sons.

Tout d’abord, une évidence : les français se ruent sur les écrans plats de toutes sortes, plasmas et LCD, mais qui ont tous une caractéristique commune, le format 16:9. Sans compter les vidéo-projecteurs qui ont maintenant quasi tous une matrice 16:9.
Donc, adieu le traditionnel rectangle presque carré qu’est le 4:3.
Et, quelque part, c’est tant mieux, car le format large 16:9 est plus adapté aux caractéristiques de la perception visuelle humaine ; en effet, nos deux yeux sont placés sur une même ligne horizontale, favorisant naturellement la vision panoramique de notre environnement naturel.
Même si ce format 16:9 est encore loin du format panoramique utilisé au cinéma (21:9), c’est quand même une avancée très significative.

La photo en 16:9

La généralisation rapide du format 16:9 dans les foyers implique une adaptation des formats de prise de vue.
En premier lieu, la photo qui est le support image le plus utilisé.
Un des critères de choix indispensable pour un appareil photo devient le format « wide 16:9 » quelle que soit la résolution.
On peut, à la rigueur, à partir d’un format 4:3 créer une image 16:9 , mais c’est souvent au détriment du cadrage initial et le résultat n’est pas très heureux, sans compter le temps de traitement de chaque image sous Photoshop !

Ce format « wide » est d’autant plus appréciable que beaucoup de Plasmas et LCD ont un lecteur de cartes intégré qui permet de lire aussitôt ses photos « plein écran » avec une très belle qualité, sans nécessiter un recadrage.

La vidéo en 16:9

Pour la vidéo, le constat est identique, il faut fournir du 16:9 aux nouveaux moniteurs. Et ça tombe bien, tous les caméscopes actuels sont en HD , donc au format 16:9 systématique ! Il est aussi possible de filmer en DV 16:9, mais ce serait dommage. Un conseil : toujours filmer en HD, monter en HD et convertir en DVD standard (si besoin) au dernier moment, votre image sera plus belle que de filmer en DV. Maintes fois vérifié ! De plus, les rushes HD seront là pour un sortie HD dès que possible.

Dématérialisation des supports traditionnels

Après le cinéma argentique amateur, l’histoire de la dématérialisation des supports traditionnels a surtout commencé avec la photo. La bonne pellicule argentique a dû céder le pas au numérique. Et cette révolution est bien le fait des consommateurs qui ont plébiscité rapidement la simplicité et surtout le faible prix de revient d’une photo : plus de développement, ni tirage obligatoires. Des photos par centaines et « gratuites ». Et pourtant, les grands constructeurs d’argentique ont tout fait pour freiner cette évolution et n’y ont même pas cru, Kodak en tête qui a fini par prendre le bouillon …

En 2008, il ne s’est jamais autant échangé et écouté de musiques, malgré la chute régulière des ventes de CD (15% par an). Les différents supports numériques : internet, I-pod, téléphones , … sont en train de griller le bon et excellent support qu’est le CD. Malgré sa haute qualité, son avenir est largement compromis. Sans doute regrettable, mais là encore, c’est le consommateur qui est responsable de cette chute, en dépit des efforts considérables et des taxes appliqués par les éditeurs. Un nouveau mode de production est même en train de se développer avec les internautes pour se passer des « Majors traditionnels» avec le site : My Major Company

Du côté des DVD, l’avenir n’est pas plus rose et même le prestigieux Blu Ray, qui s’est imposé en 2008 devant le HD-DVD, peine à trouver sa clientèle. Les spécialistes pensent même que ses années sont comptées (aux environ de 5 ans). Ensuite, les films HD se téléchargeront sur le net , comme la musique actuelle ou via d’autres supports plus simples comme une clé USB ou une carte SD.

Et la vidéo devient volatile …

Dans ce monde qui bouge, la vidéo n’échappe pas à la règle des supports « anciens » qui disparaissent.

La bonne vieille et solide K7 a maintenant disparue dans toutes les gammes de caméscopes amateurs et semi-pros. A part un ou deux modèles « pros » chez Sony et encore, dans ce cas, un enregistreur à carte double la K7 !

Pour toutes les nouveautés, adieu donc au DV bien sûr mais aussi adieu au HDV encore tout chaud (4 ans, à peine).

Pour le DV, la cause était entendue avec le passage à la haute définition (HD).
Pour le HDV, ce n’est pas non plus une grande surprise, car ce format a toujours été présenté comme un format intermédiaire permettant justement de passer en douceur à la HD avec une compatibilité ascendante face au DV : les K7 DV sont lisibles dans un caméscope HDV.
Le défaut du HDV est de ne pas supporter la totalité du full HD : 1440 x 1080 pixels au lieu de 1920 x 1080, même si, en pratique, la différence n’est pas perceptible.

Le gros avantage de la K7 est (était) de pouvoir conserver ses rushes sur des supports physiques bien concrets (comme l’était la pellicule argentique). Avec une sécurité évidente.

Bien sûr, tous ceux qui possèdent des appareils à K7 DV/HDV pourront toujours filmer avec leur matériel , le support K7 restera disponible pendant plusieurs années. Mais lors d’un renouvellement de caméscope (panne, ….) il faudra soit chercher dans l’occasion ou accepter la révolution.

Comme pour la photo ou le CD, les consommateurs boudent la K7 dès qu’on leur propose de la carte ou du disque dur. Les derniers modèles DV et HDV encore existants ne font plus recette, même à un prix canon ! C'est encore l'utilisateur qui fait le marché.
La carte mémoire est vraiment entrée dans les mœurs et tout autre support n’y résiste pas.

La K7 s’en va : OK, mais quel format sur la SD ?

Pour les nouveaux caméscopes, la carte mémoire SD et le disque dur (DD) restent sur les rangs.
Exit les caméscopes à DVD et autres supports exotiques.
Souvent les appareils offrent les deux supports en même temps (SD + DD). L’avantage du DD est sa capacité et son faible prix : 160 Go permettent de loger plus de 20 heures en HD, alors qu’une carte c’est plutôt 1h ou 1h30 et un prix qui oscille entre 40 € et 300 € selon la qualité, la contenance et la rapidité. Si vous partez en voyage, impossible d'acheter 10 ou 20 cartes ! Sinon, gare au budget.

Les avantages de ce type de support :
- la suppression du temps de capture des rushes remplacé par un copié/collé du caméscope vers la machine de montage (comme pour les photos).
- la possibilité de relecture immédiate d’un rush et de purger aussitôt les rushes ratés.
- chaque start/stop de caméra donne lieu à un fichier indépendant : facilité du dérushage.

Les inconvénients :
- une volatilité certaine : toujours avoir à l’esprit de sauvegarder ses précieux rushes sur plusieurs DD chez soi (comme les photos)
- emporter en voyage un « videur » de vidéos externe assez grand et rapide pour sauver ses cartes et DD (même réflexe que les photos). Les mini-PC "notebooks" pourraient bien etre l'idéal : pas plus chers qu'un videur de photos et tellement plus pratiques pour revoir ses images, se connecter à internet en Wi-FI, HDD de 160 Go ...

Exporter son montage HD

Et pour exporter vos beaux montages HD (ou SD) , quelles sont les possibilités :
1. la K7 HDV qui survivra bien encore quelque temps, mais il faut trimbaler, pour la lecture, le caméscope (ou acquérir un lecteur HDV).
2. le Blu Ray : l’authoring est un peu plus complexe que le DVD standard et les supports sont encore très chers (12 à 15 €). De plus, il faut un lecteur Blu Ray qui accepte de lire vos gravures personnelles (PS3, …) Encore rare.
3. Le lecteur multimédia avec pour modèle phare, le Dvico 6500. Il suffit de connecter l’appareil à l’ordi, un glissé/déposé suffit. Ensuite, déplacer ce petit engin vers la TV avec à l’intérieur la collection de tous vos films créés depuis des années (DV, HDV, photos, CD …). Connecté à votre bel écran, une télécommande suffit pour avoir toute votre production en un clic. Hyper simple et rapide ! Avec une qualité au top ! Finis les DVD qu'il faut ranger
et déranger , les photos depuis des années et même tous les CD audios. Tout cela en direct live au bout d'une télécommande ! Et, cerise sur le gâteau, cet appareil constitue une sécurité supplémentaire pour tous vos documents photos et vidéos stockés dans votre ordi. Et, enfin, avec son tuner THT HD intégré il permet d'enregistrer ses émissions TV en haute qualité.


Les formats d'enregistrement HD : 3 grandes familles

Le standard AVCHD

L’AVCHD exploite l'algorithme d'encodage MPEG-4 H.264 et concerne essentiellement tous les caméscopes début de gamme de (600 à 2000 €).
C’est un très bon standard, mais il très compressé (faible place occupée), ce qui peut introduire des artefacts dans les mouvements si le débit est faible (5 à 12 Mbits/s) .
Canon a sorti 2 modèles (HG20/HG21) avec un débit très élevé (25 Mbits/s), gage de qualité.
Mais la grande difficulté de l’AVCHD se trouve dans le montage en natif, à moins de posséder un PC hors normes (et hors de prix).
La solution réside dans le choix du logiciel de montage qui va passer les rushes du standard AVCHD dans un format de qualité encore plus élevée mais très facile à monter. Aussi simple que le DV !
2 logiciels sortent du lot pour gérer l'AVCHD :
- sur PC : Edius avec son format Canopus HQ
- sur MAC : Final Cut avec son format Prores
Il faudra juste intégrer le temps de conversion après la récupération des rushes sur l’ordinateur.
Un processeur à 4 cœurs ou plus peut permettre de traiter 4 fichiers en parallèle. (AVCHDtoHQ)

Les modèles de Canon, Sony, JVC, Panasonic, ...traitent l’AVCHD.

Le standard MPEG2

Même s’il en perte de vitesse, le standard MPEG2 traditionnel est très fiable, très connu et facile à monter.

Le standard DVC Pro HD

Panasonic cultive toujours aussi son standard DVCPro HD, lequel n’est pas géré par tous les logiciels, mais plus facile à monter que l'AVCHD. Il offre une très bonne qualité (caméscopes milieu et haut de gamme).


Le standard Sony XDCAM EX

Dans la même idée que ses caméras très pros (XDCAM) , Sony a sorti "son" standard XDCAM-EX dans ses caméscopes "grand amateur" EX1 et EX3 (6000 à 9000 €)
C’est un format de type MPEG2 long GOP, particulièrement performant (35 Mbits/s) en vidéo et en audio.
De plus, il est très souple au montage sans conversion, tout au moins avec les 2 logiciels de montage précédemment cités.

JVC, qui ne veut pas trop verser de royalties au standard AVCHD, a sorti aussi son format qui est très proche de celui de Sony et qui devrait se monter sans peine. La sortie de ce modèle GY-HM100 est prévue pour avril 2009 aux alentours de 4000 €

Il existe encore bien d'autres formats et il en apparait de nouveaux tous les ans. Ce n'est donc pas près de s'arrêter !

Convergence photo et video

Les appareils photo peuvent shooter aussi des vidéos, ce n’est pas nouveau.
Mais, la qualité des vidéo peut maintenant dépasser les meilleurs caméscopes pros !
L’exemple du Canon 5 D MK2 est le plus frappant : avec son capteur 24x36 il peut tutoyer les 4K (4 fois plus défini que le Full HD) et jouer sur de très faibles profondeurs de champ , exactement comme sur les grosses cameras argentiques en cinéma.
Pour l’instant, c’est plutôt un peu « prototype » car il faut au moins un focus-follow pour maîtriser une mise au point délicate et nécessairement manuelle avec cet appareil (en mode vidéo). La durée de prises de vue est très courte dans une telle qualité et le son doit être capté avec un enregistreur annexe.
Néanmoins, certains ont déjà réalisé des clips très démonstratifs avec leur Canon.
Pour obtenir une qualité HD plus standard, de nombreux appareils existent sur le marché en 2009.
Le qualificatif « vidéo HD » devient de plus en plus un critère de choix
pour un appareil photo.

Comment maîtriser toutes ces évolutions ?

On peut toujours fermer les yeux sur toutes ces évolutions et resté cantonné dans son petit univers : argentique , HI8, DV, … mais il est évident qu’il vaut mieux rentrer dans le nouveau monde et profiter de ses avantages.

Il a 2 certitudes : le format 16:9 et la qualité HD s’imposent dès maintenant et pour l’avenir.

Ensuite reste à trouver son caméscope et surtout son logiciel de montage qui vont traiter tout cela facilement, sans prise de tête.

Pour ne pas craindre ces nouveautés et savoir les utiliser rapidement, il est plus que jamais indispensable de faire partie d’un club, association, … qui va permettre d’être aidé de diverses manières (stages, aides directes, participation à des réalisations communes, infos techniques sur site internet, …) . Un club comme le CVN et ses membres doivent pouvoir y contribuer.

Pour travailler en équipe dans un club, peu importe le format de capture et le standard. L'important est d'avoir un logiciel qui gobe tous les formats. Et de tout transcoder dans un codec unique de haute qualité (Canopus HQ, Prores, ...). Montage facile et qualité assurés. Bien sûr, il est préférable de travailler aussi sur le même logiciel. La communication entre clubs se fera encore par report sur K7 DV ou HDV mais, à échéance rapprochée, sur carte SD , voire même par Internet, dès que les débits seront un peu plus élevés. Il est dès maintenant facile de mettre son film en pleine qualité full HD (ou SD) sur Yousendit et de ne communiquer l'adresse de son film qu'aux personnes préférées pour qu'elles le téléchargent.

Et ne pas oublier que les images les plus belles sont celles qui concernent votre famille et tous ceux qui vous sont chers. Ils vous en remercieront tout de suite et surtout vous engrangez une belle qualité pour la postérité, laquelle sera forcément plus exigeante que la génération actuelle. Il faut la meilleure caméra possible pour capter ceux que l'on connait bien. Quant aux paysages du Costa Rica , .... c'est nettement moins important, on ne fera pas de comparaison tous les jours !

Ensuite, il ne faut pas hésiter à multiplier les réalisations : scénariser, filmer, monter et monter encore, …
car comme disait A. Einstein : la connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information.

Marc Barillère - février 2009