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Images de l'Iran

 

Que n’a-t-on pas entendu avant de partir en Iran ! Chacun y allait de son couplet alarmiste ; ces marques d’inquiétude de la part de nos amis ne peuvent que nous toucher mais puisque nous sommes revenus, sains et saufs et même en excellente santé, je crois utile de donner quelques explications.

S’il a été très facile de filmer et de photographier pendant les 5 semaines de notre séjour, c’est que les Iraniens raffolent des images : ils disposent pour la majorité d’entre eux d’appareils photos numériques et souvent de caméras et sont constamment en train de se photographier à la manière des japonais.

Dans ces conditions, nous nous fondions dans la masse, même si la taille de la caméra de Jean-Luc suscitait l’intérêt des connaisseurs.

Il est arrivé de nombreuses fois qu’on nous demande de poser avec des Iraniens, c’est bien volontiers que nous acceptions et en échange, quoi de plus facile que de photographier et de filmer à notre tour !

Après la prise de la photo, je montrais le résultat sur l’écran de l’appareil et la personne était contente de se voir et ce plaisir lui suffisait. Jamais personne ne nous a demandé de l’argent en échange et les refus de poser devant l’objectif ont été extrêmement rares.

La caméra est souvent sortie là-bas. Une discussion s’amorçait avec quelques personnes (le plus souvent des jeunes gens), Jean-Luc demandait à filmer, ce qui ne posait pas de problème, sauf quand les critiques du régime étaient trop directes …

Ces conditions favorables sont dues en partie au fait que nous avons eu une approche progressive de la population : nous sommes arrivés en Iran après un long voyage en train entre Istanbul et Tabriz et durant ces 60 heures, nous avons côtoyé au plus près les autres passagers, iraniens en grande majorité.

Jean-Luc a commencé à sortir la caméra au wagon restaurant où quelques-uns se retrouvaient autour d’une dernière bière, puis lors d’une panne qui nous a immobilisés dans la campagne où tous les voyageurs sont sortis prendre l’air et discuter, enfin lors de la traversée du lac de Van (5 heures de ferry), là encore tous les passagers se sont retrouvés dans une même salle et ont apprécié ces derniers instants de liberté, juste avant de monter dans le train iranien et de passer la frontière.

S’il est facile de faire des images en Iran, c’est grâce à l’extrême gentillesse des Iraniens, toujours disponibles, heureux d’échanger, avides de connaître des nouvelles de l’extérieur, conscients de la mauvaise image d’eux-mêmes véhiculée à l’Occident et prêts à tout pour nous accueillir, nous aider, nous être agréable.

Jamais encore nous n’avons rencontré un tel accueil, une telle chaleur humaine et nous ne pouvons que remercier les dizaines d’Iraniens et d’Iraniennes de tous âges et de toutes conditions qui nous ont accordé si volontiers un peu de leur temps !

Michèle Jarousseau - 11/2006