CVN Action

 

 

Charles Rondeaux


Charles et la chocolaterie

Dommage qu'il n'ait pas pratiqué la vidéo pendant qu'il était maitre-chocolatier dans sa boutique "Carli" rue de la Paix à Nantes, sinon on aurait eu droit à une première d'un film sur les douceurs de la fève. Charles était passionné par son métier qu'il pratiquait depuis son jeune âge et au-delà de 65 ans. Il fallait l'entendre parler du choix des précieuses cabosses, du pays d'origine : Mexique, Afrique, … Il a mené son activité avec beaucoup d'énergie et était reconnu par toute la profession des pâtissiers de la place de Nantes.

C'est ensuite qu'il a pu profiter de son temps libre pour voyager par le monde, caméra au poing (en DV). La route de la soie était son principal coup de cœur, particulièrement la route Karakoam, réputée très belle mais dangereuse. Il rêvait d'y repartir.

Toutes ces moissons d'images appelaient au montage et à la réalisation de film-souvenir. Et là, courageusement, à plus de 70 ans, Charles s'est mis à l'informatique pour commencer le montage avec Adobe Première , puis avec Storm Edit nettement plus réactif en temps réel, pour finalement se remettre en question à 85 ans avec le logiciel Edius. Il pratiquait encore récemment alternativement Storm Edit ou Edius selon les montages. Sa machine était équipée d'une carte DVstorm qui lui permettait un retour sur grand moniteur TV LCD.

Sa chambre était devenue un labo de montage vidéo, ce qui lui permettait de s'adonner à son sport préféré dès potron-minet et pendant de longues heures. Il avait quelques soucis avec les images un peu secouées, filmées sans pied. Pour réparer ces bougés, il s'était équipé de Mercalli (Prodad) qui faisait quelques miracles de stabilisation. Les chantiers de montage aussi bien les voyages que les mariages lui occupaient bien son temps. Et il était rapidement inquiet, ce que l'on peut comprendre, dès la moindre panne ou dès qu'une option de montage ne lui paraissait pas évidente, il pouvait être retardé dans son travail !

Ses quelques ennuis de santé et de jambes cassées puis réparées ne l'empêchaient pas de venir à pied, dans le noir, jusqu'aux séances CVN du Vendredi soir. Il était content d'assister aux projections pour découvrir d'autres manières de filmer et monter et, bien sûr, pour rencontrer d'autres mordus de la vidéo.

Pendant les différents stages d'informatique et/ou de formation au montage vidéo, il était un "élève" très attentif et avec son bloc-notes numérique il captait toutes les séances pour se rappeler des moindres détails. De toutes les formations que j'ai pu faire, je suis épaté de ce que Charles ait pu assimiler à son âge : maîtriser l'informatique et plusieurs logiciels de montage ! Sa ténacité et son envie d'y arriver y étaient aussi pour beaucoup.

Trois semaines avant son grand départ, on déjeunait ensemble avec sa femme. Avec son esprit toujours vif, je n'aurais pas imaginé qu'on allait se séparer si vite. Charles, tes messages et tes coups de fil et le reste vont sûrement me manquer.

Marc

Charles (2eme gauche) lors d'une formation sur Edius - le 28/02/2009