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Régional
cinéma UCCVO - Montjean sur Loire les 24, 25 et 26 avril 2009
Que du bonheur.
Que du bonheur d'avoir vu ces 35 films lors de notre concours régional
organisé par le club Angevin, le "3e œil", à
Montjean sur Loire.
Pas un bonheur égal au long des 35 œuvres. Non ! Vous ne
me croiriez pas. Des grands bonheurs et des bonheurs moins grands. Des
films passionnants et des films quelquefois sans saveur ou aux saveurs
plus fades. Mais des films. Et c'est ainsi tous les ans. Et je ne tombe
jamais dans la sinistrose partagée par ceux qui disent que tous
les ans ça se dégrade et que tous les ans c'est de pis
en pis. Non. Quand nous allons voir de grands films en salle commerciale,
faits par de grands réalisateurs avec de très grands comédiens,
nous sommes ébahis ou nous restons parfois sur notre faim pour
ne pas dire sur notre déception. Alors ! … Nous sommes
aussi performants.
Les concours avec nos films c'est autre chose. Parce que derrière
l'écran il y a des auteurs que nous connaissons. Derrière
un film qui ne nous a pas enthousiasmé il y a un auteur que nous
apprécions pour d'autres qualités ou d'autres films qui
un jour nous ont fait vibré. Et quelquefois des auteurs que nous
aimons moins, voire beaucoup moins, nous offrent un film qui nous épate.
Alors !
Oui il y a des films que nous aimons moins, réalisés par
des auteurs que nous aimons peu. Oui, mais ça c'est très
rare. Et cette année je n'en ai pas remarqué.
Oui il y a eu des films que j'ai aimés et que le jury n'a pas,
ou peu, récompensés. Comme d'hab !
Oui il y a eu des films que j'ai aimés moyennement et qui ont
été très récompensés. Oui, comme
d'hab !
Si on ne veut pas être déçus par les résultats
officiels il faut faire son palmarès personnel et se dire qu'il
est le seul valable et que celui du jury et ceux de vos voisins sont
ridicules. Comme ça vous êtes heureux et en paix avec vous-même.
C'est ce que je fais et je partage mon point de vue. Puis, je discute
avec le maximum de personnes, j'écoute abondamment et j'arrondis
un peu mon approche. Mais en finale je reste globalement sur mes positions.
Tout le monde fait comme ça. C'est pourquoi des années
plus tard, des décennies plus tard, lors d'échanges de
souvenirs filmiques, les appréciations sur Trucmuche et sur les
films de Trucmachin sont restées identiques.
Alors … pas la peine de vouloir révolutionner le monde
de notre cinéma. Derrière nos films il y a des hommes.
Et les hommes entre 0 et 100 ans peuvent rester géniaux, et les
hommes entre 0 et 100 ans peuvent rester obtus.
Chaque auteur aime son œuvre et transpire encore, le jour du concours,
des difficultés d'écriture, de tournage, de compromis
avec tel acteur, de soumission à telle décision non encore
cicatrisée, de casting non abouti, de matériel défectueux
au moment crucial, de projection un peu surex, ou rouge, ou bleue, aux
aigus qui ont déformé le rire en râle ou le râle
en feu d'artifice. Oui, chaque réalisateur à tout ça
sous le scalp quand son résultat est en projection publique.
Alors le petit con qui lui fait une remarque sur un problème
à ses yeux insignifiant devient un odieux emmerdeur qui ferait
mieux de faire un film et de nous montrer mieux que ce qu'il nous a
présenté cette année.
Que du bonheur d'avoir rencontré les auteurs
de ce 61e concours régional. C'est vrai que quelques auteurs
sont arrivés juste pour la projection de leur film, qu'ils sont
repartis peu après, qu'ils sont revenus juste avant la distribution
des congratulations. Oui, mais c'est une infime minorité. Et
les obligations professionnelles et familiales ne sont pas toujours
facilement compatibles avec les loisirs. D'accord il y a eu un auteur
qui est arrivé juste avant la projection de son film et qui est
parti juste après, avant même la discussion de son œuvre
en forum. Oui, mais là aussi des considérations extérieures
ont certainement guidé ses décisions. Ou alors on ne lui
avait pas expliqué qu'il y avait d'autres films que le sien et
des présentations d'autres auteurs. Et puis chacun fait ce qu'il
entend.
Un petit (grand ?) (très grand ?) regret. C'est de ne pas avoir
vu des réalisateurs de grand talent, des réalisateurs
reconnus et haut de gamme qui nous ont enchantés les saisons
passées. Ils n'avaient pas de films "en compétition"
cette année … alors ils ne sont pas venus voir les films
des autres. Ça me rappelle une phrase que j'ai inscrite dans
un de mes chefs d'œuvre (que vous verrez peut être un jour,
ou une nuit) et qui dit sur l'écran, en ouverture et en quelques
secondes d'un film de 90 secondes … : "les cinéastes
passionnés aiment leurs films … aiment-ils ceux des autres
?"
Allez, bravo aux auteurs et merci de nous avoir offert toutes ces merveilleuses
images. Nous savons bien que sans vous il n'y aurait pas de rencontres.
Vous êtes donc à l'origine de notre bonheur d'être
à Montjean ces 3 jours d'avril 2009. Remerciez nous aussi de
venir vous applaudir et vous contempler, d'écrire quelques délires
éloquents et cruels. Allez. Un point partout !
Que dire du palmarès, que dire du jury
? Reportez-vous au palmarès officiel et reportez vous à
vos palmarès personnels.
Quant à moi ce palmarès ne m'a absolument pas empêché
de dormir. Je dois donc globalement être d'accord avec. Quelques
avis quand même :
J'ai beaucoup aimé le film "Laura" de Jean-François
Guillou et même si je me permets quelques réserves, je
le trouve sous-récompensé.
J'ai aimé, dans l'ordre de passage, A : "Mauvais talent",
B : "De l'autre côté de Guéliénac'h",
C : "Laura", D : "Mariana, Iacob et les autres".
Plus une mention pour "Mister DJ". Dans l'ordre, films de
: Pascal Boursier, Bertrand Coulon, Jean-François Guillou, Michèle
et Jean-Luc Jarousseau et Geneviève Thuillier, Didier Jodar.
J'en ai aimé bien d'autres, mais si je commence à expliquer
mes "pourquoi", pour l'image, pour la construction, pour la
musique, pour la drôlerie ou l'intérêt de telle ou
telle proposition il va me falloir 15 pages et je vais vous ennuyer
et le papier me manquera. Alors je ne commence pas … sauf si vous
m'invitez au resto pour en parler convivialement …
Une nouveauté cette année : 'il
n'a été distribué que 5 hermines contre 23, en
moyenne, de 2000 à 2008.
Après ça on peut lancer la discussion
:
UN : ne récompenser que 3 ou 4 films "au-dessus
du lot" :
On aurait pu récompenser que ces 4 là (voir A, B, C, D
ci-dessus). Histoire de repartir sur des débats vieux comme l'UCCVO
(et l'URCCO) ! Ne récompenser que la crème de la crème
c'est encourager à faire mieux et demain encore mieux, encore
plus fort, encore plus haut. Ça se défend et je respecte
cette idée. Et ça met tout le reste du programme au même
niveau, les non-récompensés à égalité
sans distinction possible. Tout le monde, hors les 4, est alors persuadé
être devant les autres.
DEUX : récompenser 2 grands prix, plus
4 à 5 prix spéciaux et beaucoup d'hermines "encourageantes"
:
Il y a de très nombreux films qui sont moins "plaisants",
moins travaillés dans tel ou tel domaine, mais qui sont tout
de même très corrects et intéressants. Pour ceux-là
il faut encourager les auteurs à progresser. Et nous sommes dans
la version qui consiste à donner des hermines généreusement,
à 40 ou 50% des films. Et nous sommes de retour à la politique
choisie ces dernières et nombreuses années. C'est une
position que je respecte également, mesurant les avantages et
inconvénients des 2 solutions. Dans cette deuxième, les
non-récompensés sont facilement identifiés et la
non-récompense fait plus mal.
TROIS : récompenser seulement 2 grands
prix et une dizaine de prix spéciaux :
Choisir de ne satelliser que 2 (ou 3) œuvres "majeures",
et apporter du moelleux en introduisant, pour quelques "bons mais
moins bons", des prix spécifiques. La liste de ceux-ci est
illimitée et s'enrichit chaque année de définitions
appropriées et savantes. C'est encore une solution très
respectable, à mi chemin des 2 autres.
QUATRE : réintroduire les concours avec
2 niveaux de "qualité" (ce qui se pratique dans d'autres
régions FFCV, avec des concours à dates différentes,
ce qui rapproche les cinéastes …). Qui va me donner la
définition de niveau ? Dans cet aspect il faut donc gérer
le double de possibilités et gérer le passage d'un niveau
à l'autre et dans les 2 sens. Simplicité !
CINQ : réintroduire la notion de 2 catégories
de films : avec ou sans aides financières extérieures.
Ça a existé.
SIX : introduire le mélange des 2 points
précédents.
SEPT : appliquer le point six en multipliant
les récompenses dans chaque type de film : réalité,
fiction, animation, minute et maintenant "expression libre",
"docu-fiction", "fiction-animation" …
Cette solution donnerait : 7 types de films = 7
X 2 (niveaux) = 14
X 2 (avec ou sans monnaie) = 28 filières
X 10 (prix spéciaux par filière) = 280 récompenses
Plus les hermines : 28 X 3 (or, argent, bronze) = 84 récompenses
TOTAL = 364 récompenses
C'est gérable !!!!
HUIT : faire un concours normal (une compétition
avec des règles strictes à partir des points précédents),
jumelé à une rencontre d'auteurs avec des films non faits
pour concourir, qui n'ont pas cette vocation. Je pense principalement
aux films documentaires qui n'ont pas toujours un aspect cinématographique
"dans la norme", mais qui nous apprennent énormément
de choses, qui nous surprennent par la rareté ou l'exception
de leur contenu. Des films de voyage entrent aussi quelquefois dans
ce moule, ainsi que des films à but pédagogique réalisés
avec des élèves. Ces films, à mes yeux, peuvent
être là pour la découverte, pas pour démontrer
la maîtrise technique du cinéaste. Ils ne sont pas toujours
"bons", mais tellement instructifs. Donc hors concours mais
présents.
Toutes ces notions et tous ces débats
sont du ressort de l'UCCVO. On en entend parler dans les AG, cycliquement.
Ça permet de se défouler.
Les débats sur les films. Deux catégories
de débat : celui, officiel, que l'on appelle forum et celui glané
à gauche et à droite tout au long des rencontres, surtout
après le palmarès (ici, avec en plus les jurés)
qui est le débat en coulisses, les coulisses où ce qui
s'échange est souvent plus riche que ce qui se dit sur la scène
…
On m'a demandé, comme l'an dernier, d'animer le débat
officiel. J'ai pris ce rôle avec comme objectif d'aider les auteurs
à parler de leur film, à expliquer le pourquoi et le comment
de leur œuvre. La difficulté est de faire globalement court
en faisant le plus long possible pour chacun. Il y a des auteurs qui
peuvent parler des heures de leur sujet et qui ont un sujet qui ouvre
des débats sans fin. Puis il y a des sujets très circonscrits
qui ouvrent moins la discussion. Et il y a les spectateurs qui ont soif,
ou faim ou besoin de sortir, de s'aérer. J'ai entendu des remarques,
justifiées, sur le fait de parler d'un auteur, de ses films et
de son film d'aujourd'hui sans avoir discuté de l'intérêt
du film, du fond, du parallèle entre le conte fantastique et
le réel quotidien. C'est vrai et c'est dommage. Il faut pour
cela accepter de parler des heures d'un sujet et quelques secondes d'un
autre. C'est minimiser d'avantage encore des œuvres plus simples.
Il est possible de parler beaucoup plus longtemps d'œuvres fortes
(fortes aux yeux de qui ?) en prenant du temps sur la remise des prix,
en supprimant la remise des prix. C'est ce que propose le CPLE. Mais
là nous sommes en pays d'UCCVO !
Un autre débat a failli s'instaurer sur le film "témoin"
ou "film du film" ou "making off". A savoir, le
film témoin, tout respectable et intéressant qu'il soit,
doit-il être, un, en concours, deux, dans le même concours
que le film dont il dévoile les à-côtés ?
J'ai détourné ce débat parce que nous nous dirigions
vers une longue discussion qui de plus allait mettre de la mauvaise
humeur et des oppositions tranchées, à contrario d'une
ambiance qui devait aller plutôt au rapprochement.
Nous n'étions pas là pour savoir si le film devait être
là. Il y était.
Mais débat détourné ne veut pas dire débat
abandonné. Le film en question "Autour de Guéliénac'h"
témoin du film "De l'autre côté de Guéliénac'h"
est un film très intéressant parce que, comme souvent
les making off, il révèle certains aspects techniques
pas forcément décelables dans le film 1er. Nous y avons
vu une explication très pédagogique du travail, sur des
séries d'images, de l'adjonction d'effets de lumière sur
des objets ou ambiances qui devaient refléter des éclats
intenses et ciblés, ajoutés sur ordinateur parce que non
tournés et non tournables. A cela se sont ajoutés les
aspects acteurs derrière les personnages.
OK. Mais on ne peut pas exclure que le film témoin donne aux
jurés des informations supplémentaires à la compréhension
du film 1er. Il ne m'a pas paru idiot de faire remarquer que le film
témoin pourrait exister dans un autre concours, par exemple l'année
suivante, pour préserver la neutralité et laisser vierge
le film 1er. Mais le débat devait avoir lieu hors champ …
J'ai été surpris de réactions
d'auteurs, en coulisse, sur les retours d'appréciations de leurs
films. Autant les réalisateurs les attendent ces retours, autant
ils attendent qu'ils soient positifs. Et les remarques, même petites,
si elles sont un tantinet "non positives" ne sont pas toujours
acceptées même si elles sont comprises. Cela m'a rappelé
des réflexions entendues en club, où des auteurs souhaitent
fortement des critiques … si elles vont dans le sens attendu,
le bon, le seul "ouïyable".
Qu'est-ce que je retiens de ces retrouvailles
cinématographiques annuelles et d'abord sympathiques :
Les auteurs aiment montrer leurs films.
C'est l'essentiel.
Et vivement que ça revienne !
A l'année prochaine.
André
Charpentier,
président auto déclaré du CPLE, non reconnu par
l'Elysée.
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