RMI = STO
Si toute peine mérite salaire alors tout salaire mérite une peine. Lors de la mise en place du RMI et de la velléité de subordonner cette allocation à l'obligation d'apporter une contribution au travail ( un contrat d'insertion ), on a pu voir des manifestants en chemisettes rayées à la manière de bagnards avec l'inscription RMI = STO.
Cela aurait peut-être fait sourire Georges Marchais, mais je suis soulagé que mon père réfractaire au STO n'ait pu voir cette ignominie.
APARTHEID
La politique d'Apartheid qui a sévi en Afrique du Sud pendant plusieurs dizaines d'années relevaient du racisme, de la volonté de la mise à l'écart de la population noire. La création de Bantoustans avaient pour objectif de garder un État Sud Africain exclusivement peuplé de blancs, avec des régions satellites noires.
En résumé, il s'agissait bien dans ce cas d'une politique de ségrégation raciale, en un mot de racisme.
L'usage abusif de ce terme n'est pas nouveau, mais on atteint dans le cas que nous évoquons ci-dessous le comble de la bêtise.
Dans un article du journal Le Point du 12 avril 2007, « Polémiques sur les programmes » Marie-Sandrine SGHERRI se fait l'écho de l'opposition des syndicats enseignants aux nouveaux programmes des collèges. Le motif du courroux viendrait de la présentation du ministère :«l'écriture [des textes] est désormais hiérarchisée et [...] dessine deux cercles concentriques : le premier correspond au socle ; le second ( écrit en caractères italiques ) est constitué des entrées qui l'enrichissent et le complètent »
«Pour la première fois dans l'histoire du système éducatif, il y aura des programmes à deux vitesses ! » rugit le SNES. Et la journaliste, d'ajouter, sans guillemets de précaution ou de citation : «Véritable apartheid, même si, hélas, il existe déjà dans certains établissements.»
Quel rapport peut-il y avoir entre une adaptation des programmes au niveau et à la capacité de compréhension et d'assimilation des élèves et la ségrégation raciale ? Cette journaliste se rend-elle compte que c'est justement une posture raciste que de lier les deux ?
Ces glissements sémantiques sont inacceptables car loin d'être innocents il instille l'idée que la politique de la France est assimilable à celle de l'ancien gouvernement raciste de Pretoria.
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RAFLE
L'arrestation d'un clandestin chinois par la police à la sortie d'une école en mars 2007 a été l 'occasion d'une formidable expression de malhonnêteté intellectuelle.
Immédiatement, des politiques et des associations et autres collectifs ont détourné le mot rafle, intentionnellement, pour diaboliser le candidat Sarkozy. Si à chaque fois que l'on arrête un homme en situation irrégulière c'est une rafle, on dénature et banalise une fois encore les mots. On pourrait imaginer, dans notre bonne volonté qu'il s'agisse seulement d'un grossissement du vocabulaire, un coup marketing isolé pour marquer l'opinion : après tout les rafles de police ne datent pas de la seconde guerre mondiale.
Mais Marie George Buffet s'est permise en l'occurrence d'ajouter qu'en la circonstance, la France revivait « les heures les plus sombres de son histoire», ce qui ôte tout doute quant à l'amalgame grossier et l'intention de nuire.
GHETTO & BANLIEUES
Dans un entretien au nouvel Obs du 24 au 31 mai 2006, le criminologue Alain Bauer définit la banlieue comme le «lieu du ban, du bannissement.» A partir de là, il développe une séquence terrifiante : Banlieue, lieu du bannissement - de la relégation, de la ségrégation qui devient un lieu de « sécession». La révolte est justifiée. On frémit alors de ce rapprochement avec le Ghetto. Alors ce sont les CRS-SS qui vont maintenir l'ordre... Le raccourci est effarant et on sent pointer derrière l'utilisation abusive, dans le cas français avec les Ghettos.
Il n'y a pourtant aucune relation entre la Banlieue et un quelconque bannissement.
Le terme remonte effectivement au moyen âge et désigne une circonscription banale, autrement dit un territoire ouvert à tous et collectif. On y trouvait le four banal,le moulin banal à la disposition des populations.
Le plaisir de consulter le dictionnaire de Littré vient des citations pour illustrer les mots :
« Les trois derniers rois d'Espagne n'étaient jamais sortis de la banlieue de Madrid (Saint Simon)»
Même les Rois peuvent habiter en banlieue... Nul besoin de construire des châteaux en Espagne...
« Bani hors de la vile et de la banlliue ( Bibliothèque des Chartes, XVI ° siècle, orthographe conservée)»
Que Djamel Debbouzze fasse la confusion, y compris pour l'opportunité de jouer avec les mots, on peut le comprendre. Mais que le criminologue français le plus réputé, conseiller de l'ancien ministre de l'intérieur persiste et signe dans l'erreur c'est confondant .
Nombreux sont les exemples d'accolement des termes banlieues et ghettos : le lecteur peut visiter le réseau internet pour en prendre la mesure. Au mépris des connaissances historiques et des victimes des ghettos, dont on ne peut s'empêcher de voir surgir les images épouvantables à la seule évocation de celui de Varsovie.
NAZISME ou NATIONAL - SOCIALISME ?
Le soir du 7 mai 2007, les gentils militants du Parti Socialiste scandaient devant le siège de la rue de Solférino dans un grand élan de ferveur démocratique : « Sarko, facho, le peuple aura ta peau ». Dans le même temps le G.O. Olivier Besancenot répétait sur les plateaux de télévision « qu'il faudra battre la droite dans la rue.»
Le plus terrifiant étant le silence des patisans de Nicolas Sarkozy et l'indifférence complice des journalistes.
A force de répéter les accusations de fascisme et de nazisme, on banalise ces termes et on les dénature.
Le paroxisme de cette dérive a été notée par Jean Louis Caccomo dans une de ses choniques : « L'insoutenable légèreté de l'être » du 27 mai dernier.
«Au festival de Cannes, les organisateurs ont programmé le film « La question humaine » qui développe la thèse de la filiation entre le libéralisme contemporain…et le nazisme. A en croire les commentaires savants de Libération, « le libéralisme contemporain est l'enfant, génétique et généalogique, du nazisme », soulignant « l'éloignement historique entre la cause (le génocide) et ses effets (le libéralisme) » [1]. Il fallait y penser mais ce n’est guère surprenant dans un pays où l’on ramène toutes les horreurs au libéralisme. On est si peu de choses...
Pourtant, comment peut-on établir la moindre comparaison entre l’idéologie nationale-socialiste porteuse des pires abominations à force de vouloir faire de l’Etat, incarné par un commandant suprême – le führer en Allemagne ou le Duce en Italie – l’organe central de l’organisation de toute la société, et la philosophie de la liberté dont le principe fondamental est la séparation des pouvoirs en vue précisément de protéger la société civile de l’Etat et de ses égarements ? »
Ce que rapporte ici Jean Louis Caccomo, c'est bien une tentative de banalisation du national-socialisme. Après tout, si le libéralisme est l'enfant du national socialisme, alors ce n'était pas si grave. Outre l'intention de nuire et l'insulte à l'intelligence de cet amalgame, nous sommes bien dans un processus révisionniste. On remarquera que les gens qui s'étiquettent de gauche disent toujours « Nazi » et jamais « National - socialiste ».
Sans doute pour masquer la parenté bien réelle entre le communisme, le socialisme et le National-socialisme, tous violemment anti-libéraux : HAYEK l'a admirablement démontré dans son ouvrage, « la Route de la Servitude ».
Retour au début de la chronique sur le révisionnisme.