


Rupture dialectique - le conseil de dialectikon.
« Putain » Quel métier !
Le mot a perdu tout sons sens. Qui sait encore que c'est une grossièreté, sinon une insulte ? On dit que, au lendemain de la seconde guerre mondiale, lors de la première tournée de la pièce de Jean Paul Sartre, la P... Respectueuse, qui ne laissait alors aucune ambiguïté au lecteur des affiches, un imprimeur facétieux du sud de la France aurait indiqué à la place du titre : la Putain R..., seule l' allusion au respect devenant imprononçable.
Le mot, simple interjection de dépit ou d'agacement est devenu si commun que plus personne n' imagine ce qu' il signifie : en croyant faire de la provocation les répétitions des Guignols de l' Info en ont retiré toute connotation péjorative ou insolente. Et pourtant ....
Mon conseil
Lorsque dans mon entourage professionnel, une collaboratrice ( c'est incroyable le nombre de fois que les femmes, et surtout jeunes peuvent le prononcer ) ou un collaborateur laisse échapper l' interjection « Putain » , j' interviens immédiatement, les grands ouverts, paraissant intéressé et ravi en demandant : « C' est qui ? C'est laquelle ? Où ça, où ça ? C' est combien ?»
En général cela jette un froid et, passés l' étonnement et l' effet de stupeur, tout le monde se regarde, la personne concernée se sent gênée et chacun devient plus attentif à ce qu' il dit.
L'anglais tel qu'on l'enseigne : la fuite de l'intelligence
On dit les français fâchés avec les langues étrangères. Nous voulons bien le croire. Comme c'est à peu près la seule matière où je réussissais convenablement, je m'imaginais pouvoir m'investir avec succès dans l'apprentissage de la langue auprès de mes enfants. Bien mal m'en a pris !
Curieux de nature, je feuillette le livre de classe ; j'y découvre un petit lexique en fin de volume ( volume étant déjà en soi une exagération, vue la taille du livre ) et je découvre pour la traduction de « have », la proposition unique .« prendre»
Avoir se dit exclusivement « have got » est-il précisé. Je m'interroge, m'inquiète, bats ma coulpe, aurais-je tout oublié, mes conversations auraient-elles été toutes entachées d'une faute aussi grave ? Je me précipite sur mon Webster's collegiate dictionary, je ressors mes livres de sixième ( les fameux Richard et Wendy Hall ) : le premier sens de « to have »,c'est bien avoir !
«Mais, me dit le professeur indigné, Il ne faut pas troubler les élèves vous devriez comprendre que l' on n' apprend plus l'anglais de la même façon ! Vous ne vous rendez pas compte, sinon, nous verrions les élèves traduire prendre son petit déjeuner par « take breakfast ! », ce serait catastrophique !
« Et le 'to' pour la marque de l'infinitif, qui a disparu de vos cours et du livre»?
« On ne fait pas la classe pour quelques uns ! »
Alors, affreux élitiste, j'imaginais cette réécriture de Hamlet :
« Be or not be, it is the question », le pronom démonstratif étant trop compliqué à assimiler.
Tous en restant gallant, je précise tout de même que cette femme n'était pas une débutante...
Face à la difficulté, la nécessité des efforts, la réflexion, l'Éducation Nationale a choisi : la fuite.
( Voir concernant la violence : Éducation nationale, la tête dans le sable. )
Lexique Novlangue - Français
Au début des années 1970, il y eut la mise place de la ligne A du RER, le fameux Réseau Express Régional. Avec lui, sont apparues les premières machines automatiques pour acheter les billets. Lorsque le distributeur ne disposait pas de suffisamment de pièces, un panonceau s'allumait : « Faites l'appoint ! ».
Devant la perplexité de certains voyageurs, les militants de la RATP souhaitant sans doute ne pas être trop souvent dérangés, le panonceau fut modifié de la façon suivante : « Cet appareil ne rend pas la monnaie, mettez la somme exacte ».
Ainsi va ausi la régression d'une langue : devant la difficulté d'un mot et le refus de l'assimilation d'une nouvelle expression, l'émetteur se voit contraint de multiplier les locutions et périphrases : c'est la première chose qui saute aux yeux dans ce lexique. Gageons pourtant que les parisiens n'auraient pas tarder à apprendre la signification de l'expression « Faire l'appoint ».
Pour développer ce lexique, nous employons le mot inventé par George Orwell, novlangue, à la place de l'expressionn « Politiquement correct », pour insister autant sur la destruction de la langue que celle de la fuite devant la réalité des mots, source de tous les totalitarismes. « Politiquement correct » recèle un côté édulcorant, alors que nous sommes confrontés à une volonté politique : dire non-voyant pour aveugle, cela peut se vouloir sympathique ou compatissant. Mais ne pas dire clandestins ou ne pas dire prisons , c'est supprimer l'infraction ou la sanction.
Ce tableau n'est, hélas, qu'un début. Merci de nous signaler vos observations pour le compléter.
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Que pourrait-il y avoir de péjoratif dans le terme « nomade» ?
Pour faire bonne mesure, l'Education Nationale, par l'intermédiaire du Centre National d'Enseignement à Distance, le CNED, propose des formations pour les « gens du voyage» ou les familles « non-sédentaires»? Sans doute pour intégrer les enfants du Cirque et de la batellerie.
Lieux de privation de liberté
Le projet de loi du 9 juillet 2007 prévoit la création d'un Contrôleur Général des lieux de privations de liberté. Certes l'expression englobe notamment les centres hospitaliers spécialisés et les lieux de rétention. Mais en toute logique, si cela concerne les garde à vue par exemple, le prévenu n'est pas encore privé de liberté.
On aurait pu accepter « lieux de détention », pour distinguer la maison d'arrêt de la prison. Faire d'un prisonnier un « privé de liberté» c'est lui retirer quelque chose, le poser en victime.
Il s'agit de supprimer l'idée de situation illégale. Après tout il suffit de lui donner des papiers , et tout rentrera dans l'ordre !
Mais quel ordre ? Celui de l'inertie et du droit du plus fort. Contre la République, en déni de l'Etat de Droit.
Il est devenu d'usage pour les pamphlétaires, comme Michael Moore mais aussi certains journalistes de l'audiovisuel, de déguiser leurs productions partisanes engagées sous l'appellation de « documentaires ». La faiblesse de l'esprit critique de nos médias laisse ainsi libre cours au déversement des thèses obscurantistes dans les domaines sociaux, politiques ou environnementaux.