EDITORIAL
Demain le libéralisme ? (2)
Des signes encourageants
« Le libéralisme, ça n’est pas quelque chose que l‘on doit se contenter de célébrer dans les éditoriaux. Il doit aussi se vivre chaque jour, avec énergie, dans son travail. »
Par cette apostrophe, Frantz Olivier Giesbert dans un article du Point de juillet dernier récidive : on aimerait que tous ses journalistes lisent ses éditoriaux et développent aussi un véritable esprit critique.
Mais ne boudons pas notre plaisir alors que le rédacteur en chef d’un des magazines français de grande diffusion annonce : « Un journal, c’est une éthique, une façon de voir le monde. La nôtre est clairement libérale… »
Pourtant, cher FOG, comment se fait-il que votre publication du 13 septembre 2007 ait trouvé la place dans un édition de près de 200 pages de traiter de la popularité de Dominique de Villepin, de la vente par Michel Sardou de sa villa corse, de la rénovation du parti des verts ou du mariage de Tobey Maguire mais pas d’annoncer à ses lecteurs la deuxième édition de la Fête de la Liberté du dimanche suivant ? Pourriez-vous relire la phrase que nous avons mis en exergue de cet éditorial ?
Enfin un parti libéral
Pour la première fois en France, 2006 a vu apparaître ex-nihilo un parti affichant ses convictions libérales, Alternative Libérale. De l’ambition, de l’enthousiasme et les erreurs de la jeunesse. « Le temps ne fait rien à l’affaire… » chantait Brassens. Oublions le mauvais choix dans la stratégie présidentielle et l’écoute insuffisante et gageons que le parti gagnera en maturité. A condition aussi de garder en mémoire le mythe d’Icare : c’est en se rapprochant des sunlights que les ailes fondent aujourd’hui.
Mais, au moment où Olivier Besancenot, admirateur des assassins Léon Trotski et Che Guevarra, prend la tête d’une ligue des partis totalitaires il est important que la vie politique française ait son contrepoids.
Il faudra aussi aider F.O.G à faire sortir ses journalises du brouillard pour expliquer que si François Bayrou est un socialiste honteux, ( lire son interview d'un vide sidéral et affligeant dans le Point du 13 septembre 2007 ) Nicolas Sarkozy n’est pas non plus libéral. Ou alors il le cache bien.
Des entrepreneurs timides et repentants.
Le Centre des Jeunes Dirigeants a publié des propositions à l'occasion des élections présidentielles, le titre :
« Développer un libéralisme responsable ».
Ce n'est pas le libéralisme qui est ou non responsable ce sont les hommes et les femmes qui forment la société qui le sont.
Particulièrement choquante notamment la notion « d'entreprise responsable », label donnant des privilèges en termes de simplification administrative et accès à des aides. Le libéralisme ne se reconnaît pas dans les libéralités de l'État. Être chef d'entreprise, c'est à tout moment être responsable et coupable pénalement et civilement, mais aussi et surtout administrativement avec les inspecteurs du travail et les contrôleurs de la CRAM, dont le pouvoir n'a pas de contrepoids et qui n'ont de compte à rendre à personne, pas même à leur hiérarchie.
Rafraîchissante pourtant l'introduction du président Chaudron qui ose s'affirmer libéral, même mâtiné des rêves utopistes de troisième voie qui se termine en impasse.
L'essentiel peut-être dans notre société de culture socialiste, c'est que le CJD se réclame ouvertement du libéralisme.
A l’occasion des présidentielles, la CGPME a réclamé un libéralisme tempéré.
C'est curieux tout de même... Après le libéralisme avancé de Giscard, il y a bien longtemps, les voix se lèvent pour un libéralisme responsable, tempéré, bientôt peut-être mesuré, limité... Pourquoi pas timoré ?
Tous ces libéraux seraient-ils coincés, bloqués, empêchés, traumatisés, complexés ?
IL FAUT LIBÉRER LES LIBÉRAUX !
Imagine-t-on un socialisme tempéré, un socialisme responsable ? Des oxymorons.
Une vigoureuse société civile.
Les rapports de l’Ifrap sont désormais repris par des parlementaires qui interpellent les gouvernements, les actions des Contribuables Associés montent en puissance et certains journalistes n’osent plus ignorer le jour de libération fiscale, Liberté Chérie occupe le terrain et va ancrer la « Fête de la Liberté » sur le long terme.
Les libéraux ont pris l'initiative : ils écrivent, publient, débattent, se rencontrent, se forment, ils bousculent, par le verbe, les parlementaires, les élus, les journalistes.
La société que nous voulons n'est pas une société parfaite : c'est une société qui permet l'amélioration constante des conditions de vie des gens, dans le respect de la liberté humaine.
Mise au Point.
p Le Point : est-ce à dire que les talents sont à gauche et pas à droite ?
Michel Rocard : Les talents à gauche ne font pas disparaître les talents à droite ! Qu'est-ce qui vous prend ? Vous vous croyez en guerre civile ?p
Le Point , 6 septembre 2007
Avoir le compas dans l'œil
p Chevènement faisait le grand écart entre extrême gauche et extrême droite. Moi j'ouvre le compas dans l'autre sens en partant du centre. p
François Bayrou
12 novembre 2006