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Ne cherchez pas son nom en haut de l'affiche. Christian Desbordes n'est
pas une star et n'a même pas l'air de chercher à le devenir. Mais depuis un quart de
siècle, son nom accompagne l'évolution de la musique bretonne et celtique. Il se
consacre désormais à la composition et à la direction de l'Ensemble choral du bout du
monde, chur d'amateurs qui accumule les succès.Christian Desbordes n'est pas une
star, mais tout le monde connaît Christian Desbordes en Bretagne. Tous ceux qui
s'intéressent de près ou de loin à la culture bretonne. Le jeune musicien landernéen
débute sa carrière sur le terrain au milieu des années soixante-dix, le bac en poche,
parallèlement à des études de musicologie qu'il entame à la Sorbonne à Paris mais
arrête au bout de deux ans.
À cette époque, il joue déjà de la cornemuse au sein de la Kevrenn Saint-Mark et va
participer activement à la nouvelle vague bretonne.
Poly-instrumentiste brillant, même s'il dit aujourd'hui qu'il « joue mal de tout », il
joue dans les grosses machines à fest-noz que sont les Sonerien Du et les Bleizi Ruz et
accompagne les artistes associés dans la coopérative Névénoé.
On trouve son nom sur les albums de Gérard Delahaye, Melaine Favennec, Patrick Ewen ou
Kristen Nogues, et, bien entendu, au milieu de Talbenn, groupe formé de l'ensemble des
musiciens de la coopérative. Durant cette période, il accompagne aussi Youenn Gwernig et
apporte sa contribution à l'éclosion des décoiffants Storlok de Denez Abernot.
La carrière de Christian Desbordes prend une autre tournure pendant les années
quatre-vingt. Il devient professeur de musique au collège Saint-Joseph à Landerneau
avant de se lancer à son compte en 1989 comme compositeur arrangeur et en créant son
propre studio artisanal. Il travaille beaucoup avec le chanteur Maxime Piolot, passant
notamment un mois à Paris avec Claude Pavy, l'arrangeur d'Yves Montand, puis avec les
bagadoù et la Kevrenn Saint-Mark
S'intéressant à tout - « la musique est partout », affirme t-il volontiers -, il
réalise aussi des musiques pour des documentaires du CNED (enseignement à distance),
crée les génériques des émissions télé de Fanch Broudig sur FR3, « An daou lagad »
et « Du man du se », écrit des partitions pour des événements ou des fêtes et vient
de réaliser l'environnement sonore d'une méthode d'apprentissage de la langue bretonne.
Sa formation et son expérience lui ont aussi permis d'assurer à partir de 1992 les
travaux dirigés en prise de son et mixage de la MST image et son à l'université de
Bretagne occidentale à Brest.
Créations
Depuis une douzaine d'années, le nom de Christian Desbordes est étroitement lié à
l'Ensemble choral du bout du monde, fondé en 1977 par René Abjean pour promouvoir la
langue et la culture bretonne. « En prenant la direction de l'Ensemble choral, j'ai
gardé la ligne de conduite de son fondateur en accordant la priorité à la création
d'uvres nouvelles », explique le chef de chur. « Il est important, non
seulement de mettre en valeur le patrimoine culturel de la Bretagne, mais aussi de
l'enrichir. »
Et Christian Desbordes, qui a appris l'écriture musicale dans le respect des modes
celtiques avec le compositeur Pierre-Yves Moign, tient parole. Il compose dès 1991 la
musique du spectacle théâtral « La Passion celtique », de la troupe Ar vro bagan, et
décroche illico le prix régional de la création.
Les cent choristes et les dix musiciens de l'Ensemble choral du bout du monde participent
aux représentations qui sont données en Bretagne, notamment dans les grands festivals,
et à Saint-Jacques de Compostelle.
Nouveaux challenges deux ans plus tard avec la création de l'oratorio celtique « War
henchou ar bed », sur un texte poétique de Job an Irien, puis en 1995 avec la messe à
Saint-Guénolé signée du même tandem.
Christian Desbordes et l'Ensemble choral du bout du monde atteignent les sommets en 1997
avec l'album « Nedeleg », noëls celtiques d'hier et d'aujourd'hui. L'enregistrement,
entièrement réalisé par l'artisan Christian Desbordes, tape dans l'oreille des
Américains et se voit décerner le prix des producteurs indépendants, « the indie award
for the best seasonal music 1998 ».
Parallèlement à ces créations, le musicien réalise de nombreux arrangements de chants
traditionnels et monte « Buhez » en rassemblant des chants d''auteurs de la région,
spectacle créé dans le cadre du festival Kann al loar de Landerneau en juillet 1999. Le
compact, édité en 2001, est nominé parmi les trois meilleurs disques de l'année par le
jury de FR3 Rennes pour les prix de la création en langue bretonne.
L'infatigable Christian Desbordes signe avec René Abjean, en décembre 1999, la cantate
« Kalon ar bed », sur un texte de Job an Irien, avant de s'attaquer au nouveau spectacle
d'Ar vro bagan, « Tristan et Iseult ». Le chur accompagne de nouveau les
représentations théâtrales et enregistre cette nouvelle création. (...).
Une grande famille
« Chaque disque est une aventure, une bouteille à la mer » avoue cet homme de
chur en s'apprêtant à en lancer une nouvelle, l'enregistrement de « War henchou
ar bed » : « Un sacré chantier ! » Mais il fait confiance à l'Ensemble choral du bout
du monde pour le mener à bien. « Les 120 choristes forment une grande famille, c'est un
peu comme dans un village africain où chacun a sa place à tenir. »
Christian Desbordes ne tarit pas d'éloges sur cette machine dont il a « l'habitude de
régler la carburation » : « L'Ensemble choral est très solide. On y trouve toutes les
couches de la société et la solidarité joue à fond. Ces gens-là ont le sens de
l'amitié, le sens de la fête, et aussi du travail. »
Aujourd'hui Christian Desbordes, en revendiquant haut et fort son « état de Breton »,
rêve d'élargir l'audience des musiques bretonne et celtique : « La culture bretonne a
vocation à aller vers les autres et il ne faut pas se contenter de l'arc Atlantique. »
Christian Desbordes n'aime pas trop les voyages, mais pour la musique il est prêt à
franchir les océans.
Guy Pellen
Copyright
©
Le Télégramme

Formation :
Musicologie à la Sorbonne
Etudes d'harmonie et de contrepoint
Poly Instrumentiste (Mandoline, violon, piano, cornemuse
écossaise, divers instruments à vent)
Diplôme d'arrangeur de la SACEM
Tournées :
Participation au printemps de Bourges en 1980
Tournées européennes (1979 à 1984) dans divers groupes musicaux
Premier prix de composition musicale en Irlande (Killarney - 1984)
Divers :
Lauréat du Kan ar Bobl en 1984 à Lorient
Participation à de nombreux disques avec : G.Delahaye, K.Nogues,
M.Favennec, Y.Gwernig, Storlok, M.Piolot, A.Madeville, Kevrenn Brest St Mark, Bleizi Ruz,
Ensemble Choral du Bout du Monde..........
Compositions :
Pour la compagnie de
théâtre Ar Vro Bagan (musiques de scènes et comédies musicales) :
Yann-Vari Perrot, Cantique à Melila,
Kenavo my Love,
Ys La Maudite
Imram
Liberta
Spectacle "Les nuits de Kerjean"
La Passion Celtique - Ar Basion Vras
Tristan et Iseult
Pour FR3 Rennes :
Indicatifs pour les
émissions télévisées "An taol Lagad", "Chadenn Ar Vro (1991) et
"Du man du se" (1995)
Pour la
Kevrenn St Mark :
L'épopée de Tuan Mac Kairill
Compositions et arrangements pour le CD "Ocean Liberty"
(sorti en 1996)
Composition d'un poème
symphonique "L'épingle à feu" (texte de J.P Kermarrec).
Pour l'Ensemble Choral du Bout du Monde :
Ar Basion Vras - La Passion celtique ( textes traditionnels adaptés
par Goulc'han Kervella)
War henchou ar bed - Sur les chemins du monde ( textes de Job An
Irien )
Barzaz Breiz , arrangements de 6 morceaux traditionnels
Nedeleg, arrangements de 3 morceaux traditionnels
Messe à Saint Guénolé
Gwerz Mari Chapalain
Buhez, arrangements de 7 morceaux
Kalon ar bed , composition de 6 morceaux
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