Les emprunts pour handi



 

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Malgré la loi handicap de février 2005, de nombreux malades et handicapés continuent de subir une discrimination à l'assurance qui les empêche de contracter des prêts.

PRESSÉS par Jacques Chirac, qui a fait de l'insertion des handicapés l'une des priorités de son quinquennat, banquiers, assureurs et associations de malades ont été priés de «négocier» d'ici la fin juin une nouvelle convention afin d'en finir avec la discrimination face à l'emprunt. Une double peine à laquelle sont condamnés des dizaines de milliers de Français qui, en plus d'endurer un handicap ou une maladie, doivent subir cet outrage qui leur interdit tout projet de vie

Crédit à la consommation, prêt immobilier... Ils seraient nombreux à se voir refuser l'accès à ce droit par les organismes d'assurances des banques ou à voir le montant de l'assurance-invalidité fortement majoré – les «surprimes» – et cela en dépit de la convention Belorgey, mise en place en 2001 (lire ci-contre). C'est précisément ce dispositif que le président de la République entend faire améliorer d'ici au 23 juin. Après quoi un projet de loi sera déposé, soit pour consacrer les avancées de la négociation, soit pour s'y substituer. Sujet émotionnel s'il en est, cette discrimination est d'autant plus difficile à évaluer que le constat des associations (Ligue contre le cancer, Association des paralysés de France...) diverge complètement de celui des assureurs. Si les premiers s'indignent des «nombreux cas» de rejet, les seconds décrivent au contraire un phénomène «très marginal». La réponse est alors peut-être du côté de ces courtiers en assurance d'un nouveau genre qui, comme Clair Caillon, se sont spécialisés dans le placement des «risques aggravés». Son objectif : rechercher des assureurs qui acceptent les dossiers de ses clients malades et handicapés. A ce jour, avec sa société Handi-Assur, l'une des quatre ou cinq spécialisées sur ce marché, il compte pas moins de 30 000 clients. Sur les 6 000 dossiers qu'il traite par an, 200 environ sont refusés par les assureurs. «Dans 97% des cas, nous trouvons une solution pour nos clients», assure Clair Caillon, qui dit ne pas pratiquer de fortes majorations : «Alors que le taux du marché est de 0,42% du capital emprunté, moi je demande 0,70%.» Sida, sclérose en plaques, cancer mais aussi diabète, maladies intestinales et cardiaques : ce courtier traite tous ces «cas dont personne ne veut», à l'image de ce monsieur aux six pontages qu'il a reçu le matin même. Les maladies et handicaps ne sont pas égaux devant l'emprunt, constatent les spécialistes. En raison du lobbying efficace des grandes associations, il serait paradoxalement plus aisé de «faire passer un dossier sida ou cancer» qu'un dossier diabète, par exemple. Pour Clair Castillon, ce type de clientèle exige du «sur-mesure», ce que les banques ne sont pas prêtes à faire. «L'exception de l'exception» Du côté de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), on ne nie pas «s'adresser à la masse». Selon elle, «seuls 5 000 dossiers sont refusés» sur deux millions de demandes de prêt immobilier par an. «C'est plutôt un taux d'échec satisfaisant, dit-on à la FFSA. On est vraiment dans le traitement de l'exception de l'exception». Même son de cloche à la Fédération bancaire française (FBF). «A 99,7%, la grande majorité des dossiers aboutit à un succès, affirme Philippe Caplet, responsable du centre d'information bancaire à la FBF. On trouvera toujours des râleurs pour dire que le système n'est pas bon mais, avec la convention Belorgey, nous sommes en avance en Europe.» Cette convention est certes perfectible, conviennent les deux fédérations, «mais elle marche bien puisque, avant elle, 2% des demandes de prêt étaient refusées, alors qu'elles ne sont plus que 0,3% aujourd'hui». Si tout est si rose, de quelle «négociation» parlait Jacques Chirac... ? Malgré la loi handicap de février 2005, de nombreux malades et handicapés continuent de subir une discrimination à l'assurance qui les empêche de contracter des prêts. PRESSÉS par Jacques Chirac, qui a fait de l'insertion des handicapés l'une des priorités de son quinquennat, banquiers, assureurs et associations de malades ont été priés de «négocier» d'ici la fin juin une nouvelle convention afin d'en finir avec la discrimination face à l'emprunt. Une double peine à laquelle sont condamnés des dizaines de milliers de Français qui, en plus d'endurer un handicap ou une maladie, doivent subir cet outrage qui leur interdit tout projet de vie. Crédit à la consommation, prêt immobilier... Ils seraient nombreux à se voir refuser l'accès à ce droit par les organismes d'assurances des banques ou à voir le montant de l'assurance-invalidité fortement majoré – les «surprimes» – et cela en dépit de la convention Belorgey, mise en place en 2001 (lire ci-contre). C'est précisément ce dispositif que le président de la République entend faire améliorer d'ici au 23 juin. Après quoi un projet de loi sera déposé, soit pour consacrer les avancées de la négociation, soit pour s'y substituer.

Sujet émotionnel s'il en est, cette discrimination est d'autant plus difficile à évaluer que le constat des associations (Ligue contre le cancer, Association des paralysés de France...) diverge complètement de celui des assureurs. Si les premiers s'indignent des «nombreux cas» de rejet, les seconds décrivent au contraire un phénomène «très marginal».

La réponse est alors peut-être du côté de ces courtiers en assurance d'un nouveau genre qui, comme Clair Caillon, se sont spécialisés dans le placement des «risques aggravés». Son objectif : rechercher des assureurs qui acceptent les dossiers de ses clients malades et handicapés. A ce jour, avec sa société Handi-Assur, l'une des quatre ou cinq spécialisées sur ce marché, il compte pas moins de 30 000 clients. Sur les 6 000 dossiers qu'il traite par an, 200 environ sont refusés par les assureurs. «Dans 97% des cas, nous trouvons une solution pour nos clients», assure Clair Caillon, qui dit ne pas pratiquer de fortes majorations : «Alors que le taux du marché est de 0,42% du capital emprunté, moi je demande 0,70%.» Sida, sclérose en plaques, cancer mais aussi diabète, maladies intestinales et cardiaques : ce courtier traite tous ces «cas dont personne ne veut», à l'image de ce monsieur aux six pontages qu'il a reçu le matin même. Les maladies et handicaps ne sont pas égaux devant l'emprunt, constatent les spécialistes. En raison du lobbying efficace des grandes associations, il serait paradoxalement plus aisé de «faire passer un dossier sida ou cancer» qu'un dossier diabète, par exemple. Pour Clair Castillon, ce type de clientèle exige du «sur-mesure», ce que les banques ne sont pas prêtes à faire. «L'exception de l'exception» Du côté de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), on ne nie pas «s'adresser à la masse». Selon elle, «seuls 5 000 dossiers sont refusés» sur deux millions de demandes de prêt immobilier par an. «C'est plutôt un taux d'échec satisfaisant, dit-on à la FFSA. On est vraiment dans le traitement de l'exception de l'exception». Même son de cloche à la Fédération bancaire française (FBF). «A 99,7%, la grande majorité des dossiers aboutit à un succès, affirme Philippe Caplet, responsable du centre d'information bancaire à la FBF. On trouvera toujours des râleurs pour dire que le système n'est pas bon mais, avec la convention Belorgey, nous sommes en avance en Europe.» Cette convention est certes perfectible, conviennent les deux fédérations, «mais elle marche bien puisque, avant elle, 2% des demandes de prêt étaient refusées, alors qu'elles ne sont plus que 0,3% aujourd'hui». Si tout est si rose, de quelle «négociation» parlait Jacques Chirac... ? Malgré la loi handicap de février 2005, de nombreux malades et handicapés continuent de subir une discrimination à l'assurance qui les empêche de contracter des prêts. PRESSÉS par Jacques Chirac, qui a fait de l'insertion des handicapés l'une des priorités de son quinquennat, banquiers, assureurs et associations de malades ont été priés de «négocier» d'ici la fin juin une nouvelle convention afin d'en finir avec la discrimination face à l'emprunt. Une double peine à laquelle sont condamnés des dizaines de milliers de Français qui, en plus d'endurer un handicap ou une maladie, doivent subir cet outrage qui leur interdit tout projet de vie. Crédit à la consommation, prêt immobilier... Ils seraient nombreux à se voir refuser l'accès à ce droit par les organismes d'assurances des banques ou à voir le montant de l'assurance-invalidité fortement majoré – les «surprimes» – et cela en dépit de la convention Belorgey, mise en place en 2001 (lire ci-contre). C'est précisément ce dispositif que le président de la République entend faire améliorer d'ici au 23 juin. Après quoi un projet de loi sera déposé, soit pour consacrer les avancées de la négociation, soit pour s'y substituer. Sujet émotionnel s'il en est, cette discrimination est d'autant plus difficile à évaluer que le constat des associations (Ligue contre le cancer, Association des paralysés de France...) diverge complètement de celui des assureurs. Si les premiers s'indignent des «nombreux cas» de rejet, les seconds décrivent au contraire un phénomène «très marginal». La réponse est alors peut-être du côté de ces courtiers en assurance d'un nouveau genre qui, comme Clair Caillon, se sont spécialisés dans le placement des «risques aggravés». Son objectif : rechercher des assureurs qui acceptent les dossiers de ses clients malades et handicapés. A ce jour, avec sa société Handi-Assur, l'une des quatre ou cinq spécialisées sur ce marché, il compte pas moins de 30 000 clients. Sur les 6 000 dossiers qu'il traite par an, 200 environ sont refusés par les assureurs. «Dans 97% des cas, nous trouvons une solution pour nos clients», assure Clair Caillon, qui dit ne pas pratiquer de fortes majorations : «Alors que le taux du marché est de 0,42% du capital emprunté, moi je demande 0,70%.»

Sida, sclérose en plaques, cancer mais aussi diabète, maladies intestinales et cardiaques : ce courtier traite tous ces «cas dont personne ne veut», à l'image de ce monsieur aux six pontages qu'il a reçu le matin même. Les maladies et handicaps ne sont pas égaux devant l'emprunt, constatent les spécialistes. En raison du lobbying efficace des grandes associations, il serait paradoxalement plus aisé de «faire passer un dossier sida ou cancer» qu'un dossier diabète, par exemple. Pour Clair Castillon, ce type de clientèle exige du «sur mesure», ce que les banques ne sont pas prêtes à faire.


«L'exception de l'exception» Du côté de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), on ne nie pas «s'adresser à la masse». Selon elle, «seuls 5 000 dossiers sont refusés» sur deux millions de demandes de prêt immobilier par an. «C'est plutôt un taux d'échec satisfaisant, dit-on à la FFSA. On est vraiment dans le traitement de l'exception de l'exception». Même son de cloche à la Fédération bancaire française (FBF). «A 99,7%, la grande majorité des dossiers aboutit à un succès, affirme Philippe Caplet, responsable du centre d'information bancaire à la FBF. On trouvera toujours des râleurs pour dire que le système n'est pas bon mais, avec la convention Belorgey, nous sommes en avance en Europe.»
Cette convention est certes perfectible, conviennent les deux fédérations, «mais elle marche bien puisque, avant elle, 2% des demandes de prêt étaient refusées, alors qu'elles ne sont plus que 0,3% aujourd'hui». Si tout est si rose, de quelle «négociation» parlait Jacques Chirac... ? Malgré la loi handicap de février 2005, de nombreux malades et handicapés continuent de subir une discrimination à l'assurance qui les empêche de contracter des prêts. PRESSÉS par Jacques Chirac, qui a fait de l'insertion des handicapés l'une des priorités de son quinquennat, banquiers, assureurs et associations de malades ont été priés de «négocier» d'ici la fin juin une nouvelle convention afin d'en finir avec la discrimination face à l'emprunt. Une double peine à laquelle sont condamnés des dizaines de milliers de Français qui, en plus d'endurer un handicap ou une maladie, doivent subir cet outrage qui leur interdit tout projet de vie. Crédit à la consommation, prêt immobilier... Ils seraient nombreux à se voir refuser l'accès à ce droit par les organismes d'assurances des banques ou à voir le montant de l'assurance-invalidité fortement majoré – les «surprimes» – et cela en dépit de la convention Belorgey, mise en place en 2001 (lire ci-contre). C'est précisément ce dispositif que le président de la République entend faire améliorer d'ici au 23 juin. Après quoi un projet de loi sera déposé, soit pour consacrer les avancées de la négociation, soit pour s'y substituer. Sujet émotionnel s'il en est, cette discrimination est d'autant plus difficile à évaluer que le constat des associations (Ligue contre le cancer, Association des paralysés de France...) diverge complètement de celui des assureurs. Si les premiers s'indignent des «nombreux cas» de rejet, les seconds décrivent au contraire un phénomène «très marginal». La réponse est alors peut-être du côté de ces courtiers en assurance d'un nouveau genre qui, comme Clair Caillon, se sont spécialisés dans le placement des «risques aggravés». Son objectif : rechercher des assureurs qui acceptent les dossiers de ses clients malades et handicapés. A ce jour, avec sa société Handi-Assur, l'une des quatre ou cinq spécialisées sur ce marché, il compte pas moins de 30 000 clients. Sur les 6 000 dossiers qu'il traite par an, 200 environ sont refusés par les assureurs. «Dans 97% des cas, nous trouvons une solution pour nos clients», assure Clair Caillon, qui dit ne pas pratiquer de fortes majorations : «Alors que le taux du marché est de 0,42% du capital emprunté, moi je demande 0,70%.» Sida, sclérose en plaques, cancer mais aussi diabète, maladies intestinales et cardiaques : ce courtier traite tous ces «cas dont personne ne veut», à l'image de ce monsieur aux six pontages qu'il a reçu le matin même. Les maladies et handicaps ne sont pas égaux devant l'emprunt, constatent les spécialistes. En raison du lobbying efficace des grandes associations, il serait paradoxalement plus aisé de «faire passer un dossier sida ou cancer» qu'un dossier diabète, par exemple. Pour Clair Castillon, ce type de clientèle exige du «sur-mesure», ce que les banques ne sont pas prêtes à faire. «L'exception de l'exception» Du côté de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), on ne nie pas «s'adresser à la masse». Selon elle, «seuls 5 000 dossiers sont refusés» sur deux millions de demandes de prêt immobilier par an. «C'est plutôt un taux d'échec satisfaisant, dit-on à la FFSA. On est vraiment dans le traitement de l'exception de l'exception». Même son de cloche à la Fédération bancaire française (FBF). «A 99,7%, la grande majorité des dossiers aboutit à un succès, affirme Philippe Caplet, responsable du centre d'information bancaire à la FBF. On trouvera toujours des râleurs pour dire que le système n'est pas bon mais, avec la convention Belorgey, nous sommes en avance en Europe.» Cette convention est certes perfectible, conviennent les deux fédérations, «mais elle marche bien puisque, avant elle, 2% des demandes de prêt étaient refusées, alors qu'elles ne sont plus que 0,3% aujourd'hui». Si tout est si rose, de quelle «négociation» parlait Jacques Chirac... ?

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