Voir aussi : du
cotés quotidien
Le 14 juillet 2002, Jacques Chirac,
annonce qu’il veut
«marquer son quinquennat par trois grands chantiers»: la
lutte contre
l’insécurité routière, le cancer et le handicap.
Cinq ans plus tard des lois ont été votées, des
plans définis, des
mesures prises. Mais la volonté politique ne s’est pas toujours
concrétisée. Notamment pour le handicap, où le
chantier reste au stade
des fondations.
9.000 vies épargnées sur les routes
«Je suis absolument
horrifié par le fait que les routes françaises sont les
plus
dangereuses d’Europe», avouait Jacques Chirac en 2002. Avec 9.000
vies
épargnées et 100.000 blessés évités
en cinq ans, le président de la
République peut être soulagé.
Pierre Gustin, délégué général
à la Prévention routière, lui,
est euphorique: «C’est un bilan historique. La volonté
politique
exprimée au plus haut niveau de l’Etat a ouvert la voie à
un changement
profond et durable du comportement». Comportement largement
induit par
la répression systématique et l’installation de radars
automatiques.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes: en 2006, le nombre de
tués
sur les routes est passé sous la barre des 5.000 morts (4.703
exactement). Une baisse de 43% en cinq ans. Une tendance qui s’inverse
en décembre 2006 (+4,6% de morts). Aujourd’hui, le
délégué à la
prévention routière estime que les efforts doivent
être porté sur
l’éducation routière.
70 mesures pour lutter contre le cancer
Quand la Ligue contre
le cancer lançait en 1998 les Etats généraux des
patients atteints de
cancer, le sujet était encore tabou. Aujourd’hui, les
mentalités ont
évolué, les résultats aussi. Et si l’INCa
(l’Institut national du
cancer) précise que la «lutte contre le cancer n’a pas
commencé avec
Jacques Chirac et continuera après lui », le professeur
Henri Pujol,
président de la Ligue, reconnaît que «l’impulsion du
chef de l’Etat a
engagé une dynamique pérenne».
L’INCa, créé en 2003 pour coordonner le plan cancer de
Chirac
(70 mesures, 200 actions concrètes), a dévoilé un
premier bilan d’étape
en 2006. Il se félicite que «toutes les actions soient
engagées et pour
certaines concrétisées». Le professeur Pujol pointe
notamment les
avancées médico-sociales: «Hier, l’annonce de la
maladie était trop
brutale parfois dans un couloir ou par un coup de
téléphone.
Aujourd’hui, il y a plus de relationnel et une infirmière
référent est
à la disponibilité du patient».
Reste des faiblesses: «L’adhésion de la population au
dépistage
du cancer du sein est insuffisante». Ou le dépistage du
cancer du colon
qui n’est pas encore généralisé.
Un revenu insuffisant pour les handicapés
Le troisième
chantier de Jacques Chirac est certainement le moins abouti. Certes une
«loi handicap» a été adoptée le 11
février 2005 (les mesures couvrent
les domaines de l’accessibilité, l’emploi, l’éducation ou
encore les
ressources des personnes handicapés).
Mais l’Association des paralysés de France (APF) souligne que
l’obligation de mise en accessibilité
généralisée est loin d’être
concrétisée malgré une réelle
volonté politique, que la discrimination
à l’embauche est encore trop importante et que les moyens
humains sont
trop faibles dans les établissements scolaires pour accueillir
les
handicapés.
Surtout la question des ressources est loin d’être
réglée. «Les
personnes qui ne peuvent pas travailler n’ont pas droit à un
revenu
d’existence décent», se désole l’APF. Au
delà d’une loi spécifique sur
le handicap, l’association «souhaite que dans chaque projet de
loi un
volet handicap y soit intégré».
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