Voir aussi : du
cotés quotidien
Ardemment souhaitée par le
président de la république
sortant, Jacques Chirac, la loi handicap est aujourd'hui pleinement
effective. Aussi, à quelques jours du salon Geront Expo-Handicap
Expo,
qui se tiendra du 22 au 24 mai à Paris, "Le Moniteur" a
enquêté sur la
formation des architectes et des maîtres d'ouvrage face aux
situations
de handicap.
En s'appuyant sur le principe de l’accessibilité
généralisée, la loi du
11 février 2005 oblige maîtres d’ouvrage et concepteurs
à prendre en
compte, depuis le 1er janvier 2007, tous les types de handicap :
"physique ou sensoriel, mental, psychique ou cognitif". Une obligation
qui améliorera la vie quotidienne de millions de personnes
handicapées,
mais qui soulève de nombreuses difficultés pour la
respecter. "Pour Luc
Givry, architecte consultant en accessibilité et fondateur de
l'Association pour la recherche sur la ville et l’habitat (Arvha) qui
dispense des formations en accessibilité, la question cruciale
est de
savoir comment vont pouvoir travailler les architectes. S’ils se
contentent de respecter le minimum légal, ils produiront des
solutions
hybrides qui ne répondront pas aux besoins. D’autant que le
brouillard
rédactionnel constitué par les textes d'application ne
leur facilite
pas la tâche. Et que le traitement des déplacements est
beaucoup plus
facile à cerner pour une personne en fauteuil roulant que pour
un
handicapé mental". Les architectes devront donc modifier
profondément
leurs réflexes professionnels : "Ils ne peuvent plus dessiner
comme
avant. Ils doivent entrer dans le détail de la vie quotidienne,
dans
chaque pièce, savoir où implanter les meubles, etc. Et
pour cela avoir
une connaissance précise des situations de handicap". Ceci
explique
pourquoi - à côté de la formation initiale à
l’accessibilité qui est
devenue obligatoire dans les écoles d’architecture - la demande
de
formation continue explose aussi bien à l’Arvha qu’au Gepa
(Groupe pour
l’éducation permanente des architectes).
Contrôle systématique de
conformité
Une formation qui intéresse
également la maîtrise d’ouvrage car, comme le souligne Luc
Givry, il
existe une chaîne de décisions comme il y a une
chaîne de déplacements
et le donneur d’ordre "éclairé" à un rôle
d’impulsion qui incitera le
concepteur à aller plus loin. Une nécessité
avérée pour les bailleurs
sociaux. "Les logements réellement adaptés sont
créés par les maîtres
d’ouvrage associatifs, comme l'Association régionale des
infirmes
moteurs cérébraux de Champagne-Ardennes (Arimc-Ca) qui
travaille en
étroite collaboration avec des architectes et des
ergothérapeutes". Et
dont la devise de son président Jacques Toussaint est "Rien avec
nous
sans nous". Une autre obligation contenue dans la loi "Handicap"
concerne l’attestation de conformité à
l’accessibilité. Etablie par un
tiers indépendant – architecte ou contrôleur technique
agréé - elle
doit être fournie en fin de tout chantier soumis à permis
de
construire, à l’organisme instructeur, par le maître
d’ouvrage. Ce
contrôle de conformité soulève plusieurs questions.
D’abord, celle de
la compétence du contrôleur qui peut être mise en
cause par les
associations d’handicapés. Ensuite, celle de l’ampleur de
l’opération.
Il ne s’agit pas d’un contrôle par échantillons mais d’un
contrôle
systématique de tous les équipements, ce qui va avoir une
incidence en
temps et donc en coût pour un ensemble immobilier ou un gros ERP;
toutes choses que le maître d’ouvrage va devoir intégrer.
"L'année 2007
est celle du rodage, prévient Luc Givry, mais il va falloir
faire vite
pour clarifier les textes, former les différents acteurs aux
différents
types de handicaps et rendre enfin naturelle l'accessibilité
pour tous
: l'échéance de 2015, voire 2011 dans certains cas, c’est
déjà
demain!".
un article : le moniteur
|