Un rapport du Sénat dresse un premier
bilan mitigé de l'application
et des effets de la loi handicap de février 2005. La
scolarisation des
enfants handicapés est toutefois en net progrès.
Point d'orgue du grand chantier sur le
handicap lancé par le président Chirac, la loi du 11
février 2005
entend assurer une meilleure compensation des conséquences
quotidiennes
du handicap et une intégration plus poussée des personnes
handicapées à
la société. Plus de deux ans après son adoption,
le sénateur Paul Blanc
(UMP), auteur d'un rapport de la commission des Affaires sociales du
Sénat sur cette loi, dresse un premier bilan " en demi-teinte "
de ses
effets.
· Maisons départementales : un
démarrage laborieux
Destinées à être des "
guichets uniques ", les maisons départementales
des personnes handicapées se mettent en place. " Les
départements se
sont mobilisés " et ont tous créé, au moins
juridiquement, leur maison.
Toutefois, pointe le rapport, " beaucoup n'ont été
constituées qu'a
minima ". Pour cause, les moyens manquent. Portées par des
groupements
d'intérêt public (GIP), ces maisons souffrent du manque
d'implication
de certains acteurs : si les conseils généraux et l'Etat
jouent le jeu,
les autres partenaires (assurance-maladie, CAF, associations) ne se
sont " pas assez mobilisés ", aussi bien en termes de
contributions
financières, " presque inexistantes ", que de mises à
disposition de
personnels, " qui restent l'exception ". Dès lors, " la
révolution
attendue en matière d'accueil et d'accompagnement n'est pas
encore au
rendez-vous ".
· Prestation de compensation du handicap
(PCH) : généreuse mais méconnue
Cette prestation " reste mal connue et mal
comprise des usagers ", ce
qui entraîne " un démarrage nettement plus lent que
prévu ". Pour
expliquer ce démarrage poussif, le rapport évoque le
manque
d'information et la difficulté, pour les personnes
handicapées, à
apprécier le gain potentiel à tirer de cette prestation.
Il est
pourtant considérable : s'agissant des " aides humaines " (les
plus
fréquemment accordées), le montant moyen octroyé
est de 1.088 euros, là
où l'allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP)
atteint, en
moyenne, 450 euros. Fin 2006, seules 70.000 demandes de PCH avaient
été
déposées, et les maisons départementales, "
déjà débordées ", peinent à
les traiter. Jusqu'ici, 23.000 demandes ont été
examinées et une sur
deux a débouché sur l'attribution d'une PCH.
· Scolarisation des enfants : de
très nets progrès
Mis en avant lors de la campagne
présidentielle, ce thème a donné lieu,
selon le rapport, à une " polémique
incompréhensible ". De fait, de
très nets progrès ont été
réalisés : sur la législature 2002-2007, le
nombre d'enfants handicapés scolarisés a progressé
" de plus de 80 % ".
Par contre, alors que la loi leur a ouvert le droit d'être
accompagnés
dans leur scolarité, les demandes peinent à être
satisfaites en raison
des difficultés à recruter des auxiliaires de vie
scolaire, dont la
formation laisse à désirer. De même, les
enseignants restent " trop peu
préparés " à l'accueil d'enfants
handicapés. L'auteur du rapport estime
en outre que " le droit opposable à la scolarisation ne doit pas
devenir un droit absolu à la scolarisation en milieu ordinaire "
car
cela " serait prendre le risque de placer certains enfants,
déjà
fragiles, en situation d'échec prévisible. "
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