Voir aussi : du
cotés quotidien
A la page 12 du Bulletin officiel de l'ANPE n°53
du 15 septembre 2007, on apprend que pour encourager les employeurs
à
faire travailler des handicapé(e)s, une sympathique "prime
initiative
emploi" (PIE) leur sera bientôt versée.
Financée par
l'Agefiph (Association pour la
gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes
handicapées) avec l'accord de l'Etat et préconisée
par l'ANPE, le
réseau Cap Emploi et les Missions locales, cette offre
promotionnelle
sera expérimentée entre le 1er septembre et le 31
décembre 2007. Sur
cette période, tout employeur qui fera l'effort
d'intégrer un
travailleur handicapé dans son entreprise pour 1 an minimum sera
ainsi
"récompensé" : il recevra une prime de 6.000 € s'il
s'engage à le faire
travailler à plein-temps, ou 4.500 € à mi-temps...
Si "l'insertion durable" se limite à 12 mois (et même pas
à temps
complet), c'est vraiment se contenter de peu. De plus il est
précisé
que l'offre est valable, que le contrat soit à durée
déterminée ou
indéterminée : on imagine les probables
conséquences de cet effet
d'aubaine ! Grâce à la PIE, il est donc à parier
qu'au premier
trimestre 2008 on nous annoncera en fanfare une baisse miraculeuse des
chômeurs handicapés !
Pourtant, la Loi du 10 juillet 1987 oblige les entreprises
du secteur privé et les établissements publics à
caractère industriel
et commercial occupant 20 salariés ou plus à employer,
dans une
proportion de 6% de leur effectif, des travailleurs handicapés.
Les
contrevenants s'exposent à payer une contribution à
l'Agefiph
proportionnelle au quota réalisé (actuellement en France,
le taux de
salariés handicapés en entreprise stagne à 4,5%). Or
l'Agefiph s'apprête aujourd'hui à rémunérer
les employeurs défaillants pour qu'ils remplissent cette
obligation : c'est tout de même un comble !!!
Le principe fait penser à celui des contrats aidés :
primes et
exonérations de cotisations à gogo pour faire travailler
des chômeurs
de longue durée à temps partiel contre un salaire de
misère. Le RSA de Martin Hirsch,
lui aussi en phase d'expérimentation, ne dérogera pas
à cette nouvelle
règle qui consiste à graisser la patte d'employeurs
publics ou privés
avec des fonds publics afin de leur permettre d'exploiter à bas
prix
des exclus de l'emploi, sans pour autant les sortir de la spirale de
l'assistanat ni réhabiliter la "valeur travail", les salaires
indignes
restant la norme. Dans la réalité, sous prétexte
d'insertion, cette
manne de sous-emplois subventionnés favorise le remplacement des
emplois durables à moindre coût.
Ce concept fou est symptomatique d'un monde qui fonctionne de plus en
plus à l'envers, où le chômeur est toujours plus
stigmatisé, précarisé
et contrôlé tandis que l'employeur, même
irresponsable, est traité avec
indulgence voire financièrement aguiché et
"assisté". Un scandale
supplémentaire dont les JT ne parleront pas cette semaine...
un article : Actue
chomage
|