Voir aussi : du
cotés quotidien
L’article d’Alice
« Illusion de
l’intégration de tous les handicapés en
milieu scolaire banal » m’incite à souligner un
problème similaire, du
moins, concernant les moyens offerts pour la réalisation des
bonnes
intentions de cette loi.
Hier, à Paris, des
handicapés en fauteuil
roulant, ont
stigmatisé les lieux et endroits publics et privés
où l’accès pour eux
est laborieux, voire impossible. Ils ont raison quand la loi renvoie
aux calendes grecques l’obligation de rendre ces lieux accessible. Tout
comme l’obligation légale sur le pourcentage de logements
sociaux dans
chaque commune ou ville. Tiens, dans Libé de ce jour,
je n’ai pas trouvé le moindre entre-filet sur cette
démonstration à Paris.
En
même temps, le pictogramme du fauteuil roulant est devenu le
symbole
des handicapés, bien que seulement 4 % environ des
handicapés soient
dans ce cas. Au point de faire oublier les autres, comme les enfants
dont parle Alice.
Sur son article, très
pertinent
tout comme les commentaires suscités, je ne peux commenter en
connaissance de cause. A l’école primaire de mon village -
Bouffemont -
95, il y a une classe CLIS. Par ma petite fille de 10 ans, je sais que
parfois, ces enfants passent quelques heures dans les classes
« normales ». Lors des fêtes
d’anniversaire, ma petite fille invite
souvent 3 enfants CLIS. Comme le papy est aussi invité pour
faire des
photos, j’ai pu observer le comportement des ces trois enfants. Oui,
leurs réactions sont parfois déroutantes et ouvrir un
dialogue s’avère
parfois difficile. En même temps, je suis heureux de constater
que les
enfants dits « normaux » se familiarisent ainsi
avec le handicap.
L’article d’Aline me pousse d’ailleurs à enquêter
très prochainement
sur cette classe CLIS.
Oui, Aline a raison : la loi
fixe « un vaste programme théorique pour peu
d’actions efficaces sur le
terrain ! » Et ce par manque de moyens.
En
complément à mon article précédent
« Retour sur la loi de février
2005 », je confirme le manque de moyens pour ce qui est des
Entreprises
adaptées (anciennement ateliers protégés).
Avant
nous pouvions embaucher, sans demander une autorisation quelconque, les
handicapés suivant notre expansion, les nouveaux contrats ou
clients.
La DDTE versait une participation à leur salaire pour compenser
une
moindre productivité et le besoin d’encadrement et
d’organisation
spécifique à une EA.
La nouvelle loi instaure un
contingentement, c’est à dire : la DDTE alloue pour
l’année un nombre
d’EQTP (Equivalent temps plein) à ne pas dépasser. En cas
de
dépassement l’aide au salaire n’est pas attribuée.
Cette
disposition est anti-économique à 100 %, car si nous
voulons embaucher
des opérateurs, ceux-ci sont destinés à
répondre aux nouveaux clients
et à permettre l’expansion de l’entreprise. La situation
économique,
particulièrement dans la sous-traitance manuelle, impose d’avoir
une
action commerciale et de saisir toutes les opportunités, au jour
le
jour, pour créer de l’emploi.
Chaque fin de
trimestre, nous devons informer la DDTE sur l’EQTP du trimestre
écoulé
et sur des EQTP en prévision du trimestre à venir. Si ce
besoin dépasse
le quota alloué en début d’année, nous n’avons
aucune assurance que la
DDTE accepte. Ils diront oui ou non en fonction des crédits
disponibles
ou épuisés déjà. Nous ne sommes même
pas sûrs de recevoir une réponse
rapide ; pour preuve au 4e trimestre 2006, pas de réponse
et une aide
de 9 200 € ne nous a pas été payée. Alors
même que nous avons crée des
emplois pour ces nouveaux venus handicapés.
Cette
année encore, 12 EQTP alloués au mois de mai 2007, alors
que 14 postes
étaient prévus par nous dans les dossiers que nous
soumettons en
janvier. Il a fallu provoquer une réunion avec la DDTE pour que,
in
fine, 14 EQTP soient accordés. Tout cela au moment où
l’année 2007
était déjà largement entamée. Dans ce cas,
comment « travailler plus »
en créant des emplois en plus ? Comment gérer une
entreprise dans ces
conditions ? Ajoutons que le responsable à la DDTE change
de titulaire
trop souvent, sans d’ailleurs nous informer. Misère,
galère...
Alice à raison : bonnes
intentions, vœux
pieux, démagogie... et pas de moyens !
Une
autre mission formelle existe depuis toujours pour les EA : œuvrer
pour
que nos salariés puissent intégrer le milieu ordinaire,
c’est-à-dire
dans une entreprise « non adaptée ».
Depuis des années nous confirmons
dans nos dossiers DDTE que pour cette action nous manquons de moyens.
Il faudrait un charge d’insertion à plein temps pour des
réussites très
marginales. Les associations d’importance ont d’autre moyens pour
accomplir cette mission, mais avec peu de succès. Ces embauches
sont de
l’ordre d’1 % par rapport à l’effectif.
En cas de
réussite et pour un TH, une subvention assez importante - 4 600
€ - est
accordée à l’EA. Mais, mais : à condition que
le contrat de travail
soit d’emblée un CDI. Quelle entreprise embauche d’emblée
par CDI un
travailleur pour des emplois modestes de par le faible niveau de
formation de nos salariés ? Nobody ! Il y a trois ans,
nous avions
réussi une intégration : subvention refusé,
car embauche en CDD !
Plus
globalement, le taux d’embauche des TH, par les entreprises de 20
salariés et plus, stagne à environ 4 %, sans parler du
secteur public
encore plus défaillant.
Incohérence économique
totale et
hypocrisie entre les effets d’annonce et les moyens.
Comme
je parle d’aides et de subventions, je voudrais souligner que
l’entreprise adaptée est une entreprise comme une autre.
D’ailleurs la
nouvelle loi nous catalogue définitivement comme
« milieu ordinaire ».
Je ne parle que pour notre entreprise - TH-OISE sarl - née fin
1993,
sur fonds privés et hors du monde associatif. Je laisse à
d’autres
d’écrire sur les associations, les bons points et quelques
dérives
éventuelles.
Entreprise = capital =
résultats
d’exploitation. Il a fallu cinq ans avant d’avoir un résultat
positif
pour compenser les pertes antérieures. (Et surtout beaucoup de
travail
et d’acharnement) Depuis et chaque année le résultat est
positif,
soumis à l’IS. En 14 ans, une seule fois des dividendes ont
été
distribuées. L’encadrement est léger : un
responsable de
production-cadre pour 14 opérateurs et une gérante au
salaire
raisonnable. Le profit est mis en réserve pour des
investissements
ultérieurs. Actuellement nous démarrons un
intéressement, payé
directement, pour tous les salariés. Comme les objectifs seront
atteints cette année, cet intéressement sera en net, de +
5 % de leur
salaire moyen. Cette formule est incitative et est
préférable à un IS
de 33 %.
Ces derniers paragraphes pour lutter
contre
l’image que certains peuvent avoir sur les entreprises adaptées
et leur
dirigeants ou propriétaires. Image qu’ont parfois certains
industriels
qui pensent que parce que nous sommes
« aidés », nos prix de vente
devrait raser le sol. NON, nous vendons des heures de travail, de
qualité à un prix concurrentiel. D’ailleurs, le temps
propre à telle ou
telle opération est le temps d’une personne valide et non le
temps mis
par tel ou tel handicapé. Ce dernier point est notre cuisine
interne.
Pour
terminer, je voudrais que dans ce domaine
« Handicapés et Emploi » et
les autres aspects de la nouvelle loi, davantage de personnes
témoignent.
A ceux qui désirent davantage connaître
une EA : ils trouvent le site ad hoc, sur la liste des
rédacteurs, sous
la lettre W de Walter.
un article : agora
vox
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