L'autodéfense?
Pourquoi pas et ça s'apprend. Il existe des cours de
tous genres. Difficile de s'y retrouver. Mais pour acquérir les
principes physiques et psychologiques de l'autodéfense, aucun
besoin
d'être en bonne forme physique. Tout le monde peut suivre un tel
cours,
jeune et moins jeune. Il en existe même pour les personnes en
fauteuil
roulant.
Les classes d'autodéfense
sont très populaires,
surtout auprès des femmes, qui représentent environ 90%
de la
clientèle. Certaines n'accueillent d'ailleurs que des femmes,
d'autres
sont mixtes.
Dans ces cours, hormis le fait qu'on vous apprendra
les techniques de défense autant verbales que physiques, on
défait
aussi des mythes. Comme celui qui veut que les femmes ne soient pas
capables de se défendre. «La socialisation des femmes fait
qu'elles ne
sont pas portées à l'autodéfense et qu'elles
pensent que rien ne
fonctionnera contre un homme», explique Claudine Thibodeau,
coordonnatrice du CRAN des femmes.
Ce groupe ainsi que le Centre
de prévention des agressions de Montréal (CPAM) offrent
des cours
réservés aux femmes. L'approche féministe y est
donc aussi valorisée,
mais le cours n'est pas une thérapie. L'aspect physique
représente le
quart du cours, le reste est consacré à la défense
verbale - apprendre
à crier entre autres - ainsi qu'à l'aspect psychologique.
«L'objectif
premier est de ne pas se rendre à l'autodéfense
physique», précise Mme
Thibodeau.
Côté physique, on frappe sur des coussins et on
termine en cassant une planche en deux. Une action
révélatrice, car
aucune femme ne s'en pense capable, pourtant toutes réussissent.
Aucune
simulation d'agression. «Cela peut faire revivre des mauvaises
situations», estime la coordonnatrice.
Approche différente pour
Georges Manoli, un policier qui enseigne l'autodéfense depuis
plus de
20 ans. Ce dernier privilégie la simulation d'agression ainsi
que
l'apprentissage de l'affirmation de soi.
«La simulation permet
de rendre la situation réelle. Elle ajoute une expérience
à laquelle le
cerveau va se référer en cas d'urgence», explique
M. Manoli.
Selon
lui, chaque personne possède un volcan dans son for
intérieur.
L'objectif de la méthode enseignée est de le faire
exploser au bon
moment.
Un cours devrait durer un minimum de 10 à 15 heures. Le
coût varie de 40 à 100$.
Philosophie de vie
Il existe aussi les arts martiaux,
sauf que
l'apprentissage est plus long. Le but de ces cours n'est pas seulement
l'autodéfense, mais d'acquérir une philosophie de vie.
C'est aussi une
activité physique assez intense qui n'est pas accessible
à tout le
monde. Il faut quand même une bonne forme physique pour se lancer
dans
les arts martiaux.
«Ces cours sont aussi incomplets. J'ai
toujours en tête l'histoire de cette femme, ceinture noire de
karaté,
qui a été incapable de se défendre lors d'une
agression. Si elle avait
les outils physiques, il lui manquait les outils psychologiques»,
raconte Julie Marcoux du CPAM.
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