Léo Brunelle n'en revient pas. Contraint
de se déplacer en fauteuil
roulant à l'intérieur de l'aéroport
Pierre-Élliott-Trudeau, il n'a pu
profiter du privilège auquel il a toujours eu droit et a
dû faire la
queue comme tout le monde devant les guichets de la douane canadienne.
Touché par la polio durant sa
jeunesse,
Léo Brunelle
doit se déplacer à l'aide de deux cannes. «Mais
dans des centres
commerciaux ou des endroits comme un aéroport, j'ai absolument
besoin
d'un fauteuil roulant.»
Mercredi, Léo Brunelle est rentré de
Paris, ville qu'il visite régulièrement depuis une
trentaine d'années.
Le vol d'Air Canada qu'il venait de prendre s'est posé à
Dorval-Trudeau
vers midi.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, devant le
contrôle des douanes, où près de 150 personnes
faisaient la queue, il
s'est fait dire par la préposée qui poussait son fauteuil
qu'il ne
pouvait plus emprunter le guichet utilisé par les membres de
l'équipage.
«Depuis
toujours c'est comme ça, dit Léo Brunelle. C'est une
façon d'accommoder
les personnes handicapées. Elle m'a dit que c'était fini
et que je
devais faire la queue comme les autres passagers. Heureusement, elle
m'a amené vers un autre guichet à l'extrême gauche
où ça été
relativement rapide.»
Pourquoi?
Léo Brunelle a demandé
à la
préposée pourquoi on
retirait soudainement cet avantage aux personnes handicapées.
«Elle m'a
répondu que c'était à cause des autres passagers,
qui se plaignaient de
voir des gens comme moi bénéficier d'un tel
privilège.»
À
l'Agence des services frontaliers du Canada, on s'est d'abord
empressé
de dire que les personnes à mobilité réduite
disposaient toujours de
trois options: les guichets ordinaires, celui des passagers en transit
et celui réservé aux membres de l'équipage. Mais
au bout de quelques
minutes, on nous a finalement confirmé que, depuis deux
semaines, le
pictogramme indiquant que les personnes handicapées pouvaient
utiliser
le guichet du personnel de l'équipage avait été
retiré.
«Parfois, la queue à la guérite des membres de
l'équipage est aussi longue que les autres», a dit
à La Presse Kareen Dionne, porte-parole de l'Agence des
services frontaliers.
Cette
dernière a précisé que le guichet des
correspondances, emprunté par M.
Brunelle, était une solution de remplacement. Mme Dionne a aussi
ajouté
qu'une rencontre entre le personnel des compagnies aériennes, de
l'aéroport Trudeau et des Services frontaliers aurait
bientôt lieu pour
discuter de cette question.
«On veut trouver une solution efficace pour les personnes
à mobilité réduite», a dit la porte-parole.
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