Tous égaux devant les loisirs


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Le diabéte


Jeune handicapé moteur de 20 ans, Jean-René Loyer a décidé de créer son association. Son but: rompre la solitude des personnes handicapées, seules après leur scolarité. Une permanence pourrait s’ouvrir à Liévin en 2008

Penser aux autres. Ce message d’amour et de fraternité est facile à dire mais souvent difficile à appliquer. Jean-René Loyer en a fait sa devise. Ce jeune handicapé de 20 ans, originaire d’Hénin-Beaumont, est cloué dans un fauteuil roulant depuis sa tendre enfance. Mais le jeune homme, au caractère bien trempé, a décidé de ne pas se laisser abattre par la fatalité.
Il a créé, voici un an, son association, qu’il préside, l’Aide aux loisirs des personnes handicapées (A.L.P.H) alors qu’il était scolarisé à l’I.E.M. Vent-de-Bise de Liévin : « J’en avais un peu marre de ne rien faire et je voulais trouver une occupation. Comme j’aime aider les gens, je voulais créer mon association pour les autres personnes handicapées moteur, pour qu’elles puissent sortir de leur quotidien en organisant des activités ludiques », explique-t-il.

Dure réalité de la vie, la suite fut moins rose pour Jean-René. L’IEM Vent-de-Bise ne le garde pas dans son établissement. Une situation très mal vécue par le jeune homme et sa famille : « La plupart des jeunes handicapés sont scolarisés dans des établissements spécialisés, où ils sont suivis jusqu’à l’âge de 18 voire 20 ans. Ensuite deux choix s’ouvrent à eux : soit faire une demande pour entrer dans un foyer spécialisé, ce qui, outre le prix de ces établissements, oblige la personne à patienter plusieurs années avant d’espérer d’y trouver une place ; soit de rester chez leurs parents, ce qui entraîne bien souvent une rupture sociale avec l’extérieur. C’est une forme d’injustice », explique Jean-Pierre, le père de Jean-René.
Cet épisode ne fait que renforcer la détermination du jeune Héninois qui veut faire grandir son association « afin de dire stop à cet isolement et à l’ennui que peuvent ressentir les personnes atteintes de handicap moteur », dixit le jeune homme. Et Jean-René de citer un exemple qui l’a beaucoup marqué et qui le motive dans sa démarche : « J’ai reçu un jour un coup de fil du Vent-de-Bise, le seul depuis mon départ, me demandant si je pouvais prendre au sein de mon association un de leurs élèves qui, lassé par la solitude, souhaitait mettre fin à ses jours. Ça m’avait beaucoup ému. »

« Lutter contre les préjugés »


« Notre but est de faire en sorte que toutes les personnes handicapées puissent, et quelque soit leur âge, se rencontrer et partager des loisirs de groupe ou individuel, poursuit Jean-Pierre Loyer. C’est une façon de les valoriser en prouvant qu’ils peuvent exercer des activités comme une personne valide, poursuit le père. Nous ne souhaitons pas nous substituer aux autres associations existantes, même si nous ne sommes pas toujours d’accord avec leurs principes, bien que nous les respections. »
L’autre cheval de bataille de l’A.L.P.H. est de casser certains préjugés que peuvent avoir les personnes valides sur les personnes handicapées : « Il faut arrêter de dire que les handicapés ne sont que des personnes qui touchent une grande pension et qui se plaignent sans arrêt », s’insurge Jean-René. « Les dons faits aux grandes associations servent généralement à mettre en place des projets généraux, les personnes handicapées ne perçoivent que très peu d’aides financières pour les aider à acheter du matériel médical lourd et coûteux », certifie Jean-Pierre Loyer, l’homme ayant dû « mettre de sa poche 7000 euros » pour le fauteuil de son fils.

Difficile pourtant sur le terrain de faire changer les mentalités : « Les gens refusent encore de nous aider. On a beau leur expliquer que les dons faits à l’A.L.P.H. vont directement sur un compte en banque et que l’argent sera réellement reversé à nos membres handicapés, sous forme de loisirs, comme l’achat d’ordinateurs, ou d’aide financière, il règne encore un climat de méfiance », regrette le père de Jean-René.
En cette période de fêtes de fin d’année, les activités de l’A.L.P.H. battent leur plein. La trentaine de membres et bénévoles, valides et non valides, se retrouve soit chez Cultura Hénin-Beaumont à emballer les cadeaux des clients qui préparent Noël et, soit sur le marché de Noël de Liévin, où ils vendent des cartes postales et autres objets qu’ils ont confectionnés.

L’association va bientôt ouvrir une antenne à Méricourt et Jean-Pierre Loyer devrait prendre rendez-vous début 2008 avec Jean-Pierre Kucheida dans l’optique d’une ouverture de permanence à Liévin : « Grâce à notre site internet, on constate que des gens de Lyon ou d’autres villes du sud de la France seraient intéressés par notre projet. Mais nous voulons d’abord grandir progressivement pour ne pas brûler les étapes. Le but est d’implanter dans la durée l’association », explique Jean-Pierre Loyer. Une perspective d’avenir vue d’un très bon œil par le président Jean-René.


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