Amputés : l’expérience des uns au service des autres

 

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Le diabéte

Comment se coiffer avec un bras en moins? Est-ce possible de faire du vélo avec une jambe artificielle? Est-ce que quelqu’un pourra tomber amoureux de moi malgré ma prothèse?

Les intervenants en réadaptation ont beau rassurer les nouveaux amputés, le meilleur argument, c’est un autre amputé qui peut l’offrir. Parce qu’il est passé par les mêmes angoisses, les mêmes tourments.

Le programme de parrainage par les pairs (PPP) existe depuis deux ans à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ), et déjà les intervenants constatent les bénéfices. « Ça permet aux nouveaux amputés de s’accrocher à quelque chose de tangible. Le parrain est comme un modèle », constate Alexandra Kulik, psychologue rattachée au programme. Les parrains, de leur côté, « sont fiers de faire partie du groupe de parrains ».

En effet, ne devient pas parrain qui veut. « Le futur parrain doit être une personne de bonne écoute et avoir repris ses activités. » L’IRDPQ leur offre une formation d’une journée.

Le jumelage avec un parrain amputé est volontaire. La rencontre dure entre 30 et 60 minutes. C’est court, mais suffisant pour réconforter le nouvel amputé, répondre à ses questions, l’encourager à reprendre ses activités.

Le PPP de l’Institut est calqué sur un programme américain. Le projet-pilote de Québec a fait des petits à Montréal, mais aussi à Edmonton et à Vancouver. Un PPP est en préparation à Sherbrooke, à Laval et à Calgary. Actuellement 27 amputés de Québec sont formés pour devenir parrains. Le jumelage se fait selon l’âge, les champs d’intérêt, le sexe de la personne nouvellement amputée.

Avant l’introduction du programme américain, les intervenants de l’IRDPQ avaient tenté des jumelages. Avec une efficacité mitigée. « Souvent, le parrain donnait des conseils qui venaient en conflit avec la réadaptation, certains étaient encore trop dans leur deuil pour vraiment aider, d’autres faisaient miroiter des attentes irréalistes », poursuit Alexandra Kulik.

Le programme américain adopté ici propose une formation et un encadrement plus serrés et touche les aspects psychologiques pour lesquels un parrain peut être utile.

« Perdre un membre, c’est souvent perdre son travail et ses activités. Les relations interpersonnelles changent. La vie intime n’est plus la même. L’amputé doit apprendre à vivre avec son nouveau corps », dit Mme Kulik.

L’Institut de réadaptation de Québec s’occupe de 126 amputés. La majorité (65 %) a perdu un membre ou des membres à cause de problèmes vasculaires et du diabète. Les accidents, le cancer, les infections peuvent aussi mener à l’amputation. Plus d’hommes que de femmes sont amputés.

un article : cyberpresse



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