« Ici, tout de passe bien, mon handicap n'a posé aucun problème », sourit Céline, documentaliste à la Maison dunkerquoise de la vie associative. Ça n'a pas toujours été le cas : « Ça demande beaucoup de travail sur soi pour dire : je suis une personne handicapée. » Depuis que sa maladie s'est déclarée quand elle avait 13 ans, une longue lutte s'est engagée. Contre le regard des autres. Mais aussi contre soi-même.
Souffrant de troubles de l'équilibre. l'adolescente avait une démarche hésitante : « Elle a bu ou quoi ! », entendait-elle dans son dos. Ses débuts dans la vie active sont douloureux : « Je voulais marcher quand même, ce qui demandait des efforts surhumains. Une vraie guerre. » Jusqu'au « déclic » : Céline accepte le recours au fauteuil roulant en même temps qu'une autre façon de voir la vie. « Tout est devenu plus simple : je n'ai plus à cacher mon handicap, je n'en ai plus honte. J'ose aller vers les gens. J'ai fait la paix avec moi-même. » Et même s'il y a des moments où « on a envie de le foutre à la poubelle, on peut s'éclater dans un fauteuil : faire du sport, aller en boîte, s'habiller féminin ! » À la Maison vie associative, où tout est accessible, Céline se sent « utile ». Elle fait aussi partie de deux associations, l'une d'aide aux personnes handicapées, l'autre de handi-sport - Céline pratique natation et cyclisme. « Beaucoup de gens font l'amalgame entre handicap physique et mental. Ils nous voient comme des personnes pas capables, pas rentables. Alors qu'on peut être diplômée et dans un fauteuil ! » La preuve.
Céline accepte de témoigner, parce que « plus on parlera du handicap, mieux ce sera ». Maintenant qu'elle l'a apprivoisé, son fauteuil est comme « une revanche sur la vie ». Qui n'en finit plus de sourire : cet été, Céline se marie. • C. L.
