Depuis des mois, Alexandra Farine se bat pour
accepter son handicap.
Depuis des mois Ville et canton se rejettent la responsabilité
de son
accident survenu ce printemps au Bois de la Bâtie.
Du coup, cette ex-joggeuse,
devenue paraplégique, a décidé d'attaquer en
justice les deux
autorités: d'ici début janvier, cette secrétaire
de direction saisira
le Tribunal de première instance pour demander des centaines de
milliers de francs d'indemnités. Mais aussi pour savoir qui est
responsable de ce drame. Rappelons que le 23 mai, cette femme de 47 ans
glisse sur un sentier en très mauvais état. Aucun panneau
visible ne
signalait à cet endroit la dangerosité du chemin bordant
le quai des
Péniches, non loin des rives de l'Arve.
«Ils ont peur de quoi?»
Dans
le bureau de son avocat Me François Canonica, Bernard Farine,
époux de
la victime, parcourt la pile de courriers échangés avec
les autorités.
Affligé par tant de paperasses, il secoue la tête.
«Ils ont peur de
quoi ces gens? De payer? s'étonne le chef d'entreprise à
la retraite.
Ils ont des assurances non?» La justice sera donc amenée
l'an prochain
à déterminer les responsabilités. En Ville, on
répète, analyse
juridique à l'appui, que le balisage dépend du canton.
«C'est un drame
terrible, explique le porte-parole Thomas Wenger. On comprend que la
victime cherche des responsabilités extérieures. Mais la
fatalité entre
en ligne de compte. La justice tranchera. S'il le faut nous
actionnerons notre assurance RC. Mais nous sommes confiants.»
Côté canton, au Département du
territoire,
le juriste Frédéric Despont estime que la Ville se
trompe. «La
signalisation, l'entretien des randonnées pédestres sont
bien de notre
compétence. Mais dans le cas d'espèce, c'est un simple
sentier
sauvage.»
Me Canonica ironise: il note que
«quand il s'agit de prérogatives, Ville et canton se
battent pour se
les attribuer. Dès qu'il faut affronter des
responsabilités, il n'y a
plus personne...» Pour lui, cette procédure n'a rien de
mercantile.
«C'est une démarche réparatrice pour aider ma
cliente dans cette
épreuve difficile.» Par cette action en justice, Bernard
Farine espère
que sa femme cessera de culpabiliser. «Elle n'arrête pas de
me dire
qu'elle a ruiné ma vie et celle de ses enfants. C'est
faux.»
Hospitalisée dans une clinique de réadaptation en Valais,
Alexandra
Farine n'a pas encore rejoint son domicile de Vernier. Rampes,
barrières, accoudoirs, différents travaux sont en cours
pour que sa
villa soit adaptée à une vie en fauteuil roulant:
«En février, elle
pourra revenir chez nous», conclut son époux.
Un
article tribune de geneve |