Une journée dans la voiture

 

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Franck Maille a 34 ans. Comme vous, comme nous, il conduit sa voiture chaque jour. Petite différence, pour lui, c’était un rêve : il est handicapé. Nous avons passé 24 heures dans sa voiture. Suivez avec nous sa journée de galère dont lui-même pourtant s’amuse! Emouvant et édifiant !
 

Franck Maille a 34 ans. Comme vous, comme nous, il conduit sa voiture chaque jour. Petite différence, pour lui, c’était un rêve : il est handicapé. Nous avons passé 24 heures dans sa voiture. Suivez avec nous sa journée de galère dont lui-même pourtant s’amuse! Emouvant et édifiant !

"Si on m’enlevait ma voiture, c’est comme si on m’enlevait mon fauteuil roulant" : pour Franck Maille, atteint d’une maladie neurologique, sa voiture est un gage d’autonomie et de liberté : il ne peut pas s’en passer. Caradisiac a passé une journée en sa compagnie pour assister à son quotidien d’automobiliste. Même s’il doit faire face à de nombreuses difficultés, il reste philosophe et épanoui. Il nous a véritablement épatés!

Franck Maille est chargé de mission en accessibilité, bénévole au sein de la délégation de Paris de l’APF, l’association des paralysés de France. Avec son collègue M. Bernard, il sillonne Paris et les autres villes françaises en voiture pour que les personnes handicapées se fassent entendre au sein de la société. Ils viennent justement de La Rochelle pour vérifier que le futur tramway soit bien aménagé pour les personnes handicapées. Lorsque Franck était jeune, les médecins lui avaient dit qu’il ne serait jamais indépendant, qu’il ne pourrait pas faire de sport et qu’il devrait être dans un centre spécialisé, ses pieds et ses mains étant atteints depuis sa naissance. A 14 ans, un déclic s’opère en lui et il décide de ne pas se fier au pessimisme du corps médical : il va se prendre en main et a pour objectif  d’être pleinement indépendant, d’avoir son appartement et sa voiture. Il y parvient grâce à son courage et au soutien de ses parents : il devient un champion de natation dans la catégorie handisport et à 23 ans, il obtient son permis, achète sa première voiture équipée et adaptée à son handicap : cette voiture lui a changé la vie! Pour lui, son rêve est devenu réalité et il ne se transforme pas en cauchemar malgré les embûches qu’il peut rencontrer sur la route : il existe d’immenses lacunes au niveau des infrastructures, même si des efforts ont été fait ces trois dernières années pour essayer de simplifier sa vie d’automobiliste.


Equipement


   
Une journée dans la voiture d'un handicapé


28 septembre 2005 : le rendez-vous est pris à l’APF, l’association des paralysés de France, pour rencontrer Franck Maille. Le jour J, nous faisons connaissance avec Franck et nous parlons un long moment. Franck est quelqu’un de très souriant, chaleureux, ouvert aux autres et qui a très envie de s’exprimer sur un sujet qui lui tient à cœur : l’automobile et le handicap. Ma curiosité se porte sur sa voiture : c’est bien volontiers que Franck nous montre l’équipement de son automobile. Nous pouvons voir que tous les éléments sont mentionnés sur son permis de conduire. Il faut savoir que lorsque les personnes handicapées passent leur permis, elles ont une visite médicale obligatoire qui détermine l’équipement automobile en fonction de l’handicap.

Une journée dans la voiture d'un handicapé  Une journée dans la voiture d'un handicapé

Sur le volant, nous observons une fourche, ce qui permet à Franck de le tourner facilement. A droite du volant, il y a la présence d’une manette noire : c’est une manette accélérateur et frein, que l’on appelle le "tiré poussé". Pour accélérer, il tire vers lui cette manette et pour freiner, il la pousse vers l’avant. Elle est reliée aux pédales. La boîte de vitesse est automatique. Franck nous retrace son parcours d’automobiliste et nous apporte des explications sur les voitures aménagées.

Franck s’était inscrit dans une auto-école en 1994. Il a passé le code à Valenciennes, sa ville natale, mais il est allé à Dunkerque pour passer le permis. Il a loué pendant un mois un appartement à Dunkerque, en juillet 1994 et il a pris des leçons pendant ce laps de temps. Le problème, c’était qu’il était obligé de prendre deux heures pour chaque leçon et qu’il perdait une heure de conduite sur les deux à cause du montage et du démontage de l’équipement dans la voiture de l’auto-école, qui prenait chacun 30 minutes. Il a obtenu son permis du premier coup le 1er août 1994. Il a payé son permis 450 euros au lieu de 1520 euros car il a été aidé par une association. Il a fait une demande de subvention pour que l’Etat prenne en charge une partie du paiement de sa première voiture équipée. Il faut savoir que c’est très compliqué d’obtenir une subvention : il a dû attendre six mois pour en bénéficier, il a été obligé au préalable d’avancer la totalité du coût de la voiture équipée avant d’être remboursé d’une partie six mois plus tard. Et il a dû attendre encore deux semaines pour que l’équipement soit installé. Ainsi, il n’a pas pu conduire pendant de nombreux mois. En plus du coût normal d’une voiture, il a payé l’équipement qui équivaut à 8000 euros.

C’est un luxe d’avoir une voiture quand on est handicapé

D’après Franck, le coût d'une voiture aménagée est une des raisons pour lesquelles peu d’handicapés conduisent aujourd’hui. Puis, la plupart des assurances ne veulent pas prendre en charge des jeunes conducteurs handicapés : Franck a eu du mal à en trouver une. Et il existe un surcoût : un jeune conducteur handicapé doit payer environ 2 300 euros par an ! Le prix de l’équipement d’une voiture oscille entre 1 100 euros et 45 000 euros, en fonction de l’handicap mais aussi des options. Sa première voiture a été une Fiat Punto l’équipementier qu’il a sollicité s’appelle okey. Sa voiture actuelle est une Toyota Yaris et l’équipementier est Pimas. J’ai demandé à Franck de les comparer. L’équipement de la Fiat Punto était complet mais il était cher et peu fiable : elle a eu une durée de vie de 7 ans. Franck effectuait souvent de longs trajets et cette voiture équipée n’était faite en réalité que pour des trajets courts et occasionnels.

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La voiture disposait alors d’une porte coulissante et d’un bras manipulateur qui range le fauteuil facilement : d’une part ce bras n’était pas pratique car il prenait toute la place arrière et d’autre part, il tombait en panne souvent. Il a acheté la Toyota Yaris en 2002, qui n’était pas équipée à la base. Il a souhaité installer par la suite la fourche (230 euros) et le tiré poussé (1300 euros) et il n’a pas voulu d’un bras manipulateur. Il aurait aimé avoir une porte coulissante mais ce n’était pas possible avec la Yaris. Il a ainsi gagné de la place et a fait des économies mais il a été obligé de s’entraîner pour ranger lui-même le fauteuil roulant à l’arrière.

Le problème, c’est que s’il souhaite changer de voiture, il ne pourra réutiliser que la fourche : le reste ne pourra pas être adapté sur une autre voiture et il devra acheter un  nouveau tiré poussé par exemple. Donc s’il veut passer une annonce pour vendre la Toyota Yaris a une personne non handicapée, cela doit prendre plus de temps pour que la transaction se fasse : il faut trouver un acheteur, et une fois l’acheteur trouvé, il faut enlever l’équipement tout en retrouvant rapidement une voiture qu’il faudra équiper le plus vite possible pour qu’il n’y ait pas de temps d’attente. Sachant qu’il devra faire lui-même le démontage car l’équipementier de la nouvelle voiture ne le fera pas : c’est également compliqué! Sa voiture actuelle est véritablement une voiture normale, et les automobilistes non handicapés peuvent la conduire, en utilisant les pédales et non le tiré poussé : ce qui est bien, c’est que l’on n’a pas besoin d’enlever ce dernier pour se servir des pédales.

Les astuces de Franck

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Une journée dans la voiture d'un handicapéFranck n’a pas beaucoup de force dans les mains. Il a trouvé un système D ingénieux qui lui permet d’ouvrir le coffre : il a accroché une ficelle, ce qui lui permet d’appuyer sur le bouton tout en s’aider de la ficelle pour parvenir à ouvrir le coffre. Il garde à sa portée de main la portière afin de ranger ses affaires ou son fauteuil car si elle est complètement relevée, il est impossible pour lui de l’attraper à cause de sa hauteur et de fermer le coffre. Afin de rabattre le siège passager (manipulation qu’il effectue couramment pour ranger son fauteuil roulant à l’arrière), il a fixé une ficelle à la barre pour éviter d’acheter une barre supplémentaire qui coûte la bagatelle de 300 euros !

Après ce tour d’horizon de son automobile et de son équipement, c’est parti pour un grand tour en voiture avec Franck !




La grande aventure en voiture  avec Franck


   
Une journée dans la voiture d'un handicapé


Franck quitte sa place de stationnement de l’APF. Il doit se rendre à Paris pour des raisons professionnelles et nous l’accompagnons. Je l’observe manipuler la fourche et le tiré poussé : il est vraiment très à l’aise et attentif à son environnement. Il est comme un poisson dans l’eau! Il a une conduite dynamique, précise et je ressens son bonheur de conduire sa voiture quotidiennement. Franck me dit : "Je n’ai jamais eu d’appréhension en conduisant : je suis un être humain à part entière, j'ai envie de vivre comme les autres et je ne veux pas me dévaloriser ou ressentir un manque de confiance en moi, tout ça parce que j'ai un handicap !"

Une journée dans la voiture d'un handicapéA un moment donné, nous passons dans une rue où des places pour handicapés sont présentes. Franck me dit qu’elles ne sont pas du tout aux normes, et que d’ailleurs il n’existe à Paris que 10 places aux normes, c’est-à-dire qui font 3m30 de large. Franck décide de s’y arrêter pour nous prouver à quel point cela peut être dangereux pour sa sécurité et celle d’autrui. Les images parlent d’elles-mêmes!

Une journée dans la voiture d'un handicapé  Une journée dans la voiture d'un handicapé

Nous allons ensuite dans le 11e arrondissement, Bd Bastille. Franck nous montre alors le système d’arceau pour les places destinées aux handicapés.

Nous voyons que cette place respecte les normes, mais bien sûr il y a certaines conditions à remplir pour pouvoir en bénéficier. Tout d’abord, il faut être muni d’une télécommande afin de faire fonctionner l’arceau qui protège la place : les personnes handicapées doivent se rendre à la mairie de Paris pour l’obtenir. Conclusion, il faut être parisien afin d’avoir le privilège de s’y garer. Franck est domicilié à Valenciennes, il est immatriculé 59, donc il ne peut pas profiter de cette place. Franck a tenu à ajouter que ce système n’est pas toujours au point : certains arceaux  fonctionnent mal ou sont cassés. Il fait également un parallèle avec les places pour handicapés dans certaines grandes surfaces : pour lui, c’est pire que ce système et c’est très avilissant. Les places sont entourées de barrières et il est obligé d’avoir un badge pour y accéder : les handicapés sont ainsi parqués comme des animaux. Ils doivent justifier de leur handicap. La vérité : les grande surfaces veulent éviter que les forces de l’ordre mettent des PV aux clients qui se sont garés sur les places pour handicapés ou que leur voiture soit mise à la fourrière, tout simplement pour ne pas perdre des clients : aberrant ! Et dans la journée, les automobilistes valides respectent les places de parking pour handicapés. Par contre, le soir, c’est une autre histoire… ils occupent parfois les places.

En route pour l’autoroute

L’après-midi, nous quittons Paris : nous prenons l’autoroute A6.

Une journée dans la voiture d'un handicapéLe premier sujet que nous évoquons est la sécurité sur l’autoroute. Et si jamais Franck tombe en panne, que peut-il faire ? La réponse est cinglante : il ne peut rien faire. Il n’a pas la possibilité d’atteindre les bornes d’appel d’urgence en fauteuil roulant pour signaler sa panne et il ne peut pas se mettre derrière les glissières de sécurité pour se protéger, sachant que l’espérance de vie d’un piéton sur l’autoroute est de 20 minutes ! Franck s’estime heureux de ne jamais avoir été confronté à ce problème mais si un jour cela arrivait…

Nous avons le temps de discuter pendant le trajet et nous continuons de parler bien entendu des transports et de l’handicap. A Paris, on dénombre 43 000 personnes qui sont en fauteuil roulant et en tout 120 000 personnes qui ont un handicap. Franck nous dit qu’il y a un immense retard en matière de mesures destinées aux handicapés. Mais depuis que Bertrand Delanoë a été élu maire de Paris en 2001, les choses bougent : ils sont enfin écoutés et reconnus. En effet, le budget consacré à l’accessibilité aux handicapés a été multiplié par dix. Franck participe à de nombreuses commissions et réunions pour traiter de l’accessibilité des handicapés, que ce soit pour les transports et les lieux publics. D’ailleurs, depuis le 18 novembre 2004, la Région Île-de-France met en place un Conseil régional consultatif des citoyennes et citoyens handicapés qui donne la parole aux principaux intéressés : des citoyens handicapés participent directement à ce conseil. C'est une première en France. Il a pour objectif  d’apporter des éléments d’orientation visant à améliorer la prise en compte des situations d'handicap en Île-de-France et d’instaurer une participation active des citoyens handicapés à la vie de la Région : les progrès réalisés serviront également aux autres villes françaises. D’après Franck, 25 lignes de bus et des PC sont considérés comme "accessibles" : ils disposent d’une palette qui se déploie. Ils sont accessibles oui, mais une seule personne handicapée peut monter par bus ! Par exemple, Franck ne peut prendre le bus avec un ami en fauteuil roulant. Puis cela prend au moins 5 minutes pour déployer la palette - quand elle ne tombe pas en panne -, il faut que quelqu’un vous aide à entrer dans le bus et aux heures de pointe c’est infernal … ce n’est pas facile et en plus on perd beaucoup de temps. Et ce n’est même pas la peine d’envisager de prendre le métro : il ne peut pas du tout y accéder. C’est pour cette raison qu’il prend toujours sa voiture afin de se déplacer : il évite le plus possible les transports en commun. Franck est également touché par la hausse du prix du pétrole ! Les médias évoquent les taxis, les commerciaux et les handicapés dans tout cela ! D’après Franck, ils n’ont que ce moyen pour se déplacer rapidement, ils n’ont pas d’autres alternatives ! Ils sont coincés, ils subissent mais n’osent rien dire !

Conduisez même si vous êtes handicapés !

Franck parle ensuite des automobilistes handicapés. Ils sont peu nombreux sur les routes mais pas seulement à cause du coût d’une voiture aménagée : ils ont peur de conduire en raison de leur handicap. Par l’intermédiaire de ce reportage, Franck souhaite leur démontrer que c’est tout à fait possible de conduire, même en ayant un handicap sévère. Tous les handicapés peuvent être autonomes mais ils ne le savent pas. Et ils craignent de même le regard d’autrui. Ils se disent : que vont penser les personnes valides en voyant un handicapé au volant ! Pour Franck, il ne faut pas que la peur de regard d’autrui  soit un frein à l’épanouissement personnel ! Les êtres qui sont obèses, très petits, qui s’écartent de la norme peuvent subir ce regard, mais tout le monde n’a pas des préjugés sur les gens qui sont différents, heureusement ! Il est important de vivre pour soi, de se fixer des objectifs à atteindre et de tendre la main aux autres au lieu de les juger. Franck a une anecdote à nous raconter : un jour, il s’est fait arrêter par un policier qui faisait un contrôle de routine. Le policier n’avait pas vu son handicap au premier abord, et c’est en se penchant vers lui et en voyant l’équipement et son fauteuil qu’il s’en est aperçu. Franck a senti ce policier très mal à l’aise et gêné car il avait arrêté un handicapé. Mais après tout, il est une personne comme les autres et il se soumet aux contrôles de routine comme les autres ! Pas de différence ! D’ailleurs, il tient à  préciser aux conducteurs non handicapés qui auraient des a priori sur les conducteurs handicapés, que statistiquement, il y a beaucoup moins d’accidents chez les personnes handicapées que chez les personnes valides ! Les personnes handicapées ont davantage conscience du risque de la route, de l’importance d’une vie humaine, étant confronté quotidiennement à leur handicap, qu’il soit de naissance ou provoqué par un accident de la route. Et Franck est révolté car les médias parlent toujours du nombre de tués sur la route, mais évoquent rarement les gens qui restent handicapés à la suite d’un accident : par an, il y a 500 personnes handicapées en plus qui sont recensées. Franck veut aussi s’adresser aux automobilistes qui ne respectent pas quelque fois les places de parking ou qui peuvent avoir un comportement dangereux ponctuel sur la route : beaucoup de gens se croient à l’abri du handicap, n’y pensent pas, mais cela peut arriver à tout le monde. On peut avoir un accident ou un enfant qui naît avec un handicap. Il est primordial de ne pas se voiler la face, d’ouvrir les yeux sur le handicap et de se respecter les uns les autres.

Après une vingtaine de kilomètres parcourue, nous arrivons à une station-service pour faire le plein. D’autres difficultés nous attendent…

La galère des stations-services



   
Une journée dans la voiture d'un handicapé


Nous sommes dans une station-service Total. Pour descendre de la voiture et sortir son fauteuil roulant, cela lui prend environ 5 minutes. Franck, n’ayant pas suffisamment de force dans les mains, n’arrive pas à dévisser le bouchon du réservoir : il doit toujours demander de l’aide à quelqu’un pour enlever le bouchon et mettre de l’essence. D’après Franck, des automobilistes valides n’osent pas toujours l’aider car ils ont peur de la réaction des handicapés en général : il est vrai que certains handicapés réagissent mal face à leur aide car ils n’acceptent pas leur handicap. Mais ce n’est pas le cas de beaucoup d’handicapés et Franck, lui, accepte leur aide : tout le monde a besoin d’être aidé qu’on soit handicapé ou non. Il ne faut pas que les automobilistes valides hésitent à tendre la main. Franck est très psychologue avec les gens : même s’ils veulent l’aider alors qu’il n’a pas besoin de leur assistance pour certaines choses, il les laisse faire pour ne pas les vexer.

Une journée dans la voiture d'un handicapéIl me mentionne qu’il existe des stations-services dans lesquelles un employé est présent pour l’aider à mettre de l’essence mais bien sûr, comme il y a un service proposé, cela revient plus cher. Par exemple, c’est la station BP (1 place de la Porte Maillot 75116 Paris) qui propose ce service. Et lorsque je me mets à sa hauteur, je m’aperçois qu’il est impossible de voir le compteur sur la machine et savoir combien de litres ont été mis et combien ça va coûter. C’est le comble !

 

Lorsque les automobilistes vont à une station-service, ils en profitent pour regarder les niveaux et gonfler les pneus (gestes de contrôle essentiels avant de prendre la route). Cela paraît évident et facile mais pour une personne handicapée, c’est tout simplement impossible de faire ces gestes de sécurité. Franck est obligé de solliciter à nouveau l’aide de quelqu’un pour déverrouiller, ouvrir le capot puis mettre la tige de blocage. Et il ne peut pas vérifier le liquide de refroidissement et le liquide de frein car ils sont inaccessibles pour lui : de sa hauteur, il est impossible de voir les niveaux. Concernant l’air de gonflage, il est surélevé et les boutons de gonflage sont inatteignables pour lui.

Une journée dans la voiture d'un handicapéAu moment de passer à  la caisse : autre obstacle ! Elle est bordée par un trottoir et n’a pas de rampe d’accès pour handicapés. Il faut encore l’aider à le franchir pour qu’il aille payer l’essence. Une fois cette tâche accomplie, nous voyons que le comptoir est trop haut pour Franck.

 

Sur le chemin du retour, Franck me dit que sa seule déception est de ne pas pouvoir changer de voiture tous les quatre ans car c’est trop compliqué (comme il nous l’a dit précédemment) et qu’il rêverait de posséder une petite citadine diesel et munie d’une boite automatique : il faut savoir que la majorité  des constructeurs pour le marché français ne propose pas de petites voitures pas trop chères diesel avec boite automatique car d’après Franck, la plupart des automobilistes français n’aime pas les boites automatiques, ne permettant pas une conduite sportive alors que cela est totalement faux. Il est obligé de prendre une voiture essence pour avoir la boite automatique. Son souhait actuel : avoir une petite citadine telle la Smart, une mini, une décapotable telle la Peugeot 206 CC. Son souhait pour l’avenir : la démocratisation du régulateur de vitesse, qui permet de garder une vitesse constante sur l’autoroute, ce qui pourrait être très utile à Franck pour ne pas se fatiguer sur un long trajet. Un contrôle des niveaux sur le tableau de bord présent dans toutes les voitures, indispensable pour lui. L’élaboration d’un nouveau système : qu’il n’y ait plus de siège conducteur pour les voitures destinées aux handicapés et qu’à la place on puisse mettre directement son fauteuil roulant. Et cela serait bien que les constructeurs s’entendent pour que les équipements pour handicapés s’adaptent sur toutes les automobiles.

Fin du reportage. Retour à l'APF. Il ne nous reste plus qu’à souhaiter à Franck une belle vie d’automobiliste et bonne continuation pour son combat en faveur de l’accessibilité des personnes handicapées !

L’APF : association des paralysés de France

Une journée dans la voiture d'un handicapé

Créée en 1933 pour aider la personne en situation d’handicap à s’insérer dans la société, l’APF compte aujourd’hui 300 structures réparties sur toute la France.

L’APF accueille

L’association conçoit et met en œuvre les réponses qui vont permettre aux jeunes enfants et adolescents de développer au maximum leur potentiel et leurs capacités. Ces réponses adaptées passent par des aides individuelles et ponctuelles (services auxiliaires d’intégration scolaire, centres d’action médico-sociale précoce, services d’éducation et de soins spécialisés à domicile, instituts d’éducation motrice). L’APF travaille aussi à favoriser l’insertion professionnelle soit en milieu ordinaire, soit en milieu adapté. Les 21 Centres d’aide par le travail et les 24 ateliers protégés que gère l’association accueillent aujourd’hui plus de 2400 personnes.

L’APF accompagne

Handicapé ou valide, chacun a le choix de vivre chez soi, travailler, se distraire et participer à la vie socio-culturelle. Attentive, l’association n’a de cesse de développer des services à domicile, de poursuivre l’adaptation des structures au projet individuel de l’usager, tout en aménageant des réponses nouvelles.

L’APF défend

Vivre comme les autres et avec les autres. Telle est l’une des principales demandes exprimées par les personnes en situation de handicap. C’est donc la ligne politique de leur revendication. Recensant les besoins et les difficultés de chacun, l’association développe dans chaque département les moyens d’action appropriés. Ainsi, elle encourage les responsables administratifs et politiques des régions à prendre position et à agir en conséquence, notamment en matière d’accessibilité.






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