L'immense site d'Angkor (= la capitale royale) couvre près de 400 km2, est un haut-lieu du tourisme mondial et attire des visiteurs de la planète entière. Il a abrité les capitales successives de l'empire khmer entre le IXème et le XVème siècles au cours d'une histoire mouvementée. Temples et palais s'y sont succédés au gré d'une vingtaine de rois constructeurs, au milieu de ce qui devait constituer une grande ville. Son rayonnement a dépassé le site actuel dans plusieurs directions. On peut visiter par exemple à Phimaï (Thaïlande) un temple assez abîmé datant de cette époque. Les rois entourés de leurs castes supérieures ont pratiqué plusieurs formes de religions, partant du Devarâja, où il s'agissait d'honorer les génies protecteurs des lieux en leur donnant un roi. Le pouvoir royal s'assimilait à Shiva ("gentil, bon"), une des trois grandes divinités hindoues. La deuxième grande divinité hindoue est Vishnu, qui fait évoluer la création, monté sur Garuda. Les rois ont ainsi adopté différentes formes de culte, hindouiste shivaïste, puis à partir du XIIè siècle le culte hindouiste vishnuïte, puis le bouddhisme du Mahâyâna (Grand Véhicule), plus tardivement le bouddhisme Theravâda (Petit Véhicule). Le site d'Angkor conserve la marque de ces différentes religions, de leur coexistence, de leur luttes. Angkor est donc une synthèse de grands courants culturels asiatiques jusqu'à nos jours. Un excellent guide sur Angkor et sa culture, simple et pratique, est "visiter Angkor" de Hy Sanh, Milan), en particulier pour le symbolisme architectural et pictural, et la chronologie historique. Le déclin d'Angkor se serait amorcé en 1530 sous l'effet d'attaques siamoises marquant la chute de l'empire khmer. La ville fut abandonnée dans des circonstances mal connues, peut-être avec la contribution des grandes déforestations liées à l'extension urbaine et des cultures. Le site fut, livré au pillage de ses richesses artistiques, envahi par la jungle, redécouvert au XVIème siècle par un roi cambodgien au hasard d'une chasse à l'éléphant, revisité, restauré depuis. Les nouvelles de la cité engloutie furent rapportées par les grands voyageurs et les missionnaires depuis le XVIIé siècle. Les premières images rapportées vers 1860 déclenchèrent un formidable engouement par leur exotisme et leur mystère. Le site d'Angkor, dégagé, restauré, a miraculeusement survécu aux pillages et aux effroyables exactions des Khmers Rouges qui auraient évité de tout détruire pour préserver, dit-on, la grandeur de la civilisation. Un ancien QG de Pol-Pot est d'ailleurs visible à une trentaine de km d'Angkor-Vat. Le royaume du Cambodge, qui a perdu pratiquement le quart de sa population au cours de cette période, se remet lentement, en partie grâce au tourisme et à l'aide internationale. Les revenus du Parc National et la fréquentation grandissante sont une importante source de financement pour le pays qui a fait d'Angkor son symbole. On assiste à une invasion d'hommes d'affaire. Des étrangers, en particulier des Chinois, on acheté les terrains autour de Siem Reap, un ancien village (à 8 km d'Angkor Vat) devenu une ville importante, et y construisent de nombreux hôtels ! Angkor est en passe d'être autant visité que la vallée du Nil ! L'actuel Roi du Cambodge, qui aurait la double nationalité française et cambodgienne, a pris en main les affaires de son pays avec beaucoup d'intelligence, allant à la rencontre des villes et des villages, soucieux de moderniser peu à peu son pays en préservant sa riche culture (témoignage recueilli d'un ami ayant résidé à Phnom Penh et ayant eu des contacts avec le roi).
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| Ces temples millénaires surgis de la jungle. Lolei, lieu du Dieu Harihara, mi-Shiva, mi-Vishnu. Quatre tours de brique assez abîmées, mais avec des linteaux et sculptures de grès bien conservés. À droite dans l'enceinte du Palais royal (968-1049), le temple du Phiméanakas construit en latériteet grès, était peut-être surmonté d'une construction en bois, maison on le dit avoir été couvert d'or. |
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Porte de la tour orientale Sud de Preah Kô, un temple riche en sculptures fines et bien conservées. Le palais des rois était probablement souvent construit en bois pour une grande part, ce qui explique que beaucoup n'ont pas été conservés. À droite, Bakong, nom du temple du dieu Indreshvara construit par Indravarman Ier (IXème siècle). La tour sanctuaire représente la demeure du dieu Shiva au-dessus d'une pyramide de 14 m. |
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| Ci-dessus Pré Rup, du roi Rajendravarman II (944-968). Les tours sont en brique, les deux premiers gradins sont en latérite, le troisième en grès. L'escalier Est. Mébon, et gopura à 4 visages de l'entrée Est de l'enceinte extérieure, au Ta Som (fin du XIIe siècle), Jayavarman VII. |
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Sourire de princesse au Banteay Kdei. De façon générale de beaucoup de portraits finement sculptés, au sourire énigmatique, d'où émanent douceur et paix de l'âme. Neak Pean, temple au milieu d'un bassin artificiel de 70 m de côté. Chaque côté est relié à un bassin plus petit séparé par une "fontaine d'ablutions". On accède au sanctuaire par une digue traversant le Baray, vaste bassin artificiel de 3500 x 900 m. |
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Le Ta Prohm de Jayavarman VII, culte bouddhique du Mahâyâna, datant de 1186. Il a été décidé de conserver les ruines en l'état, avec les racines des grands figuiers et fromagers, le plan architectural complexe, les murs écroulés, mais de belles sculptures. La forêt tout autour résonne de cris étranges et d'un crissement continu d'une sorte de cigale. Un décor étrange qui a inspiré romans et films d'aventures. |
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Ta Kèv, temple montagne de Jayavarman V (968-1001, culte hindouiste shivaïste), construit en latérite et en un grès très dur noirâtre, mais resta inachevé. Tout autour une jungle épaisse où il n'est pas recommandé de s'aventurer hors des sentiers dans le cas où une mine aurait été oubliée (risque devenu faible après une minutieuse campagne de nettoyage). |
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| Vers la porte Sud d'Angkor Thom, de chaque côté une rangée de Yakshas, génies locaux de l'Inde ancienne. Ils sont bons (comme ici) ou mauvais (de l'autre côté de la voie). À droite ruines du Bayon (palais du dieu Indra),ou Prohm Bayon (Prohm désigne Brahma en Cambodgien), le temple-montagne du roi khmer Jayavarman VII, au centre du périmètre d'Angkor Thom. Les tours ont 4 visages orientés vers les 4 points cardinaux. Monument complexe avec plusieurs galeries et pavillons, et surtout de magnifiques bas-reliefs. |
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Les bas-reliefs désignent des scènes religieuses, des combats,des fêtes, des scènes de la vie courante. Ici à gauche un combat de coqs et une partie d'échecs. L'origine du jeu d'échecs est très antérieure au Xe siècle. Le jeu s'est développé en Inde et a suivi un parcours complexe avec des variantes selon qu'il était pratiqué en Inde (son berceau probable avec le Pakistan), en Chine et dans d'autres régions d'Asie méridionale et centrale. |
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Une tour aux 4 visages au Bayon. À droite façade Ouest d'Angkor Vat (= capitale monastère) au bout d'une longue allée bordée de nâga-ballustrades. Construit au XIIe siècle par Suryavarman II, dédié à Visnu, , le monument emblématique retrouvé enfoui dans la forêt, retrouvé au milieu du XVIe siècle. |
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Une longue enceinte galerie au premier étage, éboulée et réparée par endroits, renferme de très beaux bas-reliefs qui sont probablement les joyaux essentiels d'Angkor Vat. Ils racontent des batailles, l'histoire du roi constructeur, les trois mondes de la croyance hindoue, la victoire de Vishnu sur les démons, le barattage de la mer de lait (symbole de l'extraction de la liqueur d'immortalité par les dieux et les démons), la victoire de Krishna sur Bana, le duel entre dieux et démons. |
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La tour centrale d'Angkor Vat est surélevée et on accède par le troisième étage à une galerie par des escaliers extrêmement raides (70°). Il y avait de nombreuses sculptures qui ont été pillées. À droite une vue dans le très beau temple de Banteyi Srei, construit en un grès rose très dur vers 967-1000 à 37 km de Siem Reap. Le temple est remarquable par la finesse de son ornementation et des sculptures qui ont résisté au temps grâce à la qualité de la pierre. |
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Banteay Srei (= citadelle des femmes). Le centre du site, à droite détail d'un fronton montrant Indra déclenchant la pluie. |
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Banteay Samre (= citadelle du peuple des Samre). Culte hindouiste, vers 1150). Nombreux bas-reliefs et sculptures, un des plus beaux temples du secteur d'Angkor. Le ballet des Apsara, des cérémonies d'offrandes et de fêtes de l'époque d'Angkor. Les femmes sont des danseuses célectes, mi -déesses, flottant entre le ciel et la terre. Les bas-reliefs d'Angkor montrent que le style et les figures des danses khmeres sont millénaires. |
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Danse de Mekhala, le triomphe du bien sur le mal. Moni Mekhala, déesse des eaux, triomphe du méchant Ream Eysaur dont la hache produit le tonnerre. Illustre symboliquement la victoire de la pluie bienfaitrice sur la saison sèche et orageuse. |
| Le spectacle d'Angkor n'est pas seulement dans ses vieilles pierres, aussi dans ses centaines d'enfants attachants, les plus grands s'occupant des plus petits (la fillette ci-dessus venue baigner son petit frère dans l'eau du lac à côté d'un temple), les plus organisés essaient d'aguicher les touristes pour vendre des bibelots, tous à un dollar US pièce bien sûr, les plus pauvres sortis timidement de la jungle observent sans rien dire et sont là aussi dans l'espoir d'un petit dollar ou de quelques riels, sait-on jamais... | |
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