Chili et Bolivie, altiplano
La pointe sud-ouest de la Bolivie est une région appelée Los Lipez. L'essentiel de ce territoire est protégé par la Reserva Nacional de Fauna Andina Eduardo Avaroa, créée en 1973 en vue de sauvegarder des espèces animales et végétales en voie de disparition. C'est une région de haute altitude très rude, pratiquement dépourvue d'arbres, que les incas renoncèrent à coloniser dans la partie la plus méridionale. La Bolivie est encore le pays le plus pauvre d'Amérique du Sud et connaît des remous politiques. Elle a été privée de l'accès à l'océan par suite de la guerre désastreuse du Pacifique, qui reste dans les esprits comme un drame historique national. La majorité de la population est de souche indienne, Aymara (autour de La Paz et vers le Titicaca) et Quechua (nombreuse en Amérique du Sud et diversifiée). Le pays est extraordinairement contrasté, entre la selva amazonienne, les hauts plateaux, les très hautes montagnes, le lac Titicaca au nord-ouest partagé avec le Pérou, et les déserts. Ces derniers occupent une dépression sèche, surélevée par la surrection des Andes, coincée entre deux cordillères ou s'échelonnent une ribambelle de volcans, balayée par les vents, entre 3500 et 4500 m d'altitude en moyenne, au soleil vif le jour et aux tempértures glaciales la nuit. Voir deux autres pages montrant des photos de Bolivie (Titicaca, chemin des Incas, selva). La région visitée ici est assez déshéritée en dépit de ses ressources minières. Elle a été visitée ici sur 600 km environ dans le cadre d'un voyage au Chili partant de Santiago au cours du printemps austral. Passage par Antofagasta, San Pedro de Atacama. Malgré l'altitude constamment très forte, il n'y a pas de glaciers dans ce secteur, les précipitations sont quasi nulles. Une saison des pluies de Décembre à Mars arrose surtout le flanc Est et recharge des nappes souterraines, dont beaucoup sont chauffées par les nombreux volcans.
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Étendues immenses de la Puna, à végétation rare, sauf à proximité de petits cours d'eau réchauffés par les volcans, près desquels prolifèrent des herbes de la pampa. Les sources chaudes de Tatio sont au Chili contre la frontière avec la Bolivie, franchie par un col à près de 4500 m. |
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| Campement à 4100m près des sources chaudes et geysers de Tatio (ci-dessus). Les nuages de vapeur d'eau s'élèvent dans l'air froid du matin, les vigognes en profitent pour récupérer un peu de chaleur. L'eau bouillonne à 86°C, température d'ébullition de l'eau à cette altitude.>À droite ferme isolée de la Puna côté chilien, avec élevage et culture du maïs, grâce à un petit cours d'eau (tiède, 25°) qui coule à proximité. |
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Trek dans un petit canyon, Rio Puritama, drainant l'eau d'une source chaude de 35 à 25°. Terrain assez escarpé avec de grands cactus. Baignade aménagée dans la rivière chaude près de Laguna Salada, vers 4300 m. L'eau dans les vasques successives est à environ 34°C, mais en sortant on n'a pas trop chaud ! La fleur rouge à droite est celle d'un Tephrocactus. Ci-dessous, traversée d'un village auprès d'exploitations de sel. |
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Laguna verde à 4300 m environ en Bolivie. Le lac est dominé par deux volcans dont le Licancabur (5916 m) qui sont sur la frontière chilienne. L'eau alcaline (8,75) doit sa couleur célèbre à des minéraux (cuivre, arsenic, ...); les sels principaux sont le chlorure et le sulfate de sodium. Le lac jouxte un deuxième lac de couleur bleue. Le vent pousse sur les rives des quantités d'une mousse blanche épaisse. |
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| Vue de l'espace, la Laguna verde se repère de façon saisissante par Google Earth (22°48' S 67°48' W). Permet de voir le cratère régulier du Licancabur, qui héberge un petit lac réputé le plus haut du monde. L'Argentine est à l'Est à une cinquantaine de km à travers la montagne. | ||
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Longue piste vers le nord en passant par les lacs et salars de Chalvin. Les volcans à l'arrière plan sont tous hauts de près de 6000 m, leur sommet étant couvert de lambeaux de neige, de traînées de soufre et d'hématite rouge. Des rochers sont sculptés par le vent en formes étranges (Vallée des Rochers). Ce rocher particulier a inspiré un tableau de Salvador Dali qui avait visité le site. |
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Beaucoup de vent et de poussière, des pierres coupantes, chacune des deux voitures a eu deux crevaisons dans la même journée ! Flamants, foulques, renards et vigognes. Des millions de petites touffes jaunes de graminées (Festuca orthophylla, ou iro, ou encore paja brava). Partout des paysages colorés magnifiques. |
| L'arrivée après 5-6h de piste à l'incroyable Laguna colorada, dont la couleur rouge est due à des algues et des micro-organismes. Larges dépôts de sel. Milliers de flamants, canards, foulques, pâturage de lamas. Il y a une sorte de mouette à tête noire ou Gaviota andina (Larus serranus), de grèbe Blanquillo (Podiceps occidentalis), de canard à yeux rouges et bec bleu, le Pato juarjual (Lophonetta speculariodes). |
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Importantes colonies de flamants du Chili atteignant 1 m de haut, cou blanc et bout du bec noir. Il y a d'autres espèces, le flamant des Andes à pattes jaunes, le flamant rose. Deux lignes plus bas, petite bourgade d'Uyuni, région de Potosi, près du Salar du même nom. Une étape touristique avant la traversée de celui-ci. Tour de l'horloge et bâtiment hébergeant la préfecture. Dans la rue du marché, en vente partout sont des lunettes de soleil! (flèche rouge). La localité a la réputation d'être balayée par des vents glacés en hiver. |
| La vue ci-jointe est un agrandissement par zoom électronique de celle qui est au-dessus, montrant les fameux flamants du Chili. Même procédé appliqué pour une photo prise près de la laguna verde, non montrée, où on pouvait apercevoir de loin un renard des Andes. |
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Exploitation du sel, exporté vers La Paz et le nord, mis en sachet de façon artisanale après broyage et tamisage. La vue de droite est celle d'une maison dont les murs et le sols sont constitués entièrement de parpaings de sel, ainsi que tout le mobilier intérieur ! Les panneaux solaires donnent une note de modernité (et de prospérité de l'exploitation). |
| L'immense salar d'Uyuni est peut-être l'étendue plate et solide la plus étendue au monde, 12 000 km2, d'une surface du même ordre que celle du lac Titicaca, mais à 3650 m d'altitude environ. Son origine géologique est similaire, mais l'absence d'exutoire permet à l'eau de s'évaporer sur place. | ||
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L'eau est à une quinzaine de cm sous la croûte de sel, qui est assez solide pour supporter le passage des camions. Le sel est exploité. À une quarantaine de km au milieu du salar, la petite île des cactus (Cereus atacamensis), haute de 100m, est un étrange jardin protégé, dressé au-dessus de l'immense blancheur. À gauche le deuxième Toyota se hâte pour nous rejoindre. Ci-dessous à l'heure du soleil couchant, nos ombres et celles des voitures s'étendent sur le sel. |
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Le village de Jiriri au bord du salar est dominé par le volcan Tunupa (5432 m), dont le cratère est doré par les premiers rayons du jour. À droite un deuxième salar un peu plus petit au nord le Salar de Coipas, à une altitude voisine. |
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| Un village isolé et pauvre, presque déserté, il faut attendre la sortie des (6 ou 7 enfants au son de la cloche de l'école pour constater qu'il y a des familles. Le perroquet est juché sur le squelette fibreux d'un cactus cierge. En bas à droite dans le creux des sillons sont des pousses printanières de quinoa, le légume des incas. |
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Le Llareta (Azorella laretia ou Azorella compacta) forme des coussins vert-pomme durs comme du béton, caractéristiques des Andes, formés de milliers de petites rosettes de feuilles, produisent une résine combustible et possèdent des vertus médicinales qui ont risqué de conduire à son extinction. Devant un buisson de Lepidophyllum tola ou tola-tola, très abondant entre 3700 et 4300 m, utilisé comme combustible. À droite, les lamas sont élevés en grand nombre, constituent le bétail principal. |
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Village isolé presque déserté, un véritable décor de cinéma. L'église est le siège de cérémonies épisodiques. |
| Le grand Salar de Coipasa. Le sel est exploité à la main, la croûte est cassée à la pioche et taillée en briques qui sont chargées sur un camion. |
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| Le quenoa (Polylepis tarapacana) ou arbre des indiens, à l'écorce formant des lamelles rougeâtres sur un tronc souvent tordu et rabougri, se développe jusqu'à 4700 m (presque 5000 au Pérou). Un ascomycète parasite limiterait son extension. |
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