Madère
L'archipel de Madère
aurait été découvert en 1418 par le Portugais Zarco,
qui débarqua d'abord à Porto Santo. Un autre voyage fit découvrir
la grande île montagneuse et boisée, inhabitée, qui fut
baptisée Ilha da Madeira ("île du bois", voir le latin
materia pour bois, et le mot français madrier), mais on pense qu'il
était déjà connu plus d'un siècle auparavant.
Il comprend essentiellement trois îles, Madère, la plus grande
où se trouve l'essentiel de la population d'environ 270.000 personnes
comparable à celle de la Corse, Porto Santo, la seule qui a de grandes
plages de sable fin, et Deserta grande, inhabitée et constituant une
réserve. Madère a connu une histoire assez agitée par
les convoitises des nations et des aventuriers. Le climat chaud et humide
de Madère favorise une végétation exubérante et
extrêmement diversifiée, qui a bénéficié
d'apports nombreux des divers continents. De plus la population est particulièrement
industrieuse, sait tirer parti du moindre mètre carré dans les
espaces exigus où peuvent se développer les villages, entre
l'océan et les parois généralement abruptes de la montagne.
Les Madérois ont su capter l'eau de la montagne par un extraordinaire
système d'irrigation , creusé dans la pierre sur des kilomètres
à flanc de paroi. L'eau du versant le plus arrosé de l'île
au nord, est même amenée par un canal perçant la montagne
en tunnel vers la région sud, plus accueillante et fortement cultivée.
Ces canaux sont souvent bordés de fleurs (hortensias), de caféiers
et de fougères dont certaines sont arborescentes. La pêche est
active, notamment à Santa Cruz, Machico, Porto da Cruz. Malgré
la proximité relative des côtes marocaines (500 km environ),
le contraste ethnique, culturel, géographique, biologique et géologique
est total. Comme deux mondes qui s'ignorent. Madère est construite
sur un appareil volcanique jeune, surgi du fond de la mer il y a moins de
8 millions d'années par éruptions successives, et correspondait
peut-être à ce que les géologues appellent un point chaud.
L'activité volcanique a cessé entièrement. Il en reste
un pays long d'une soixantaine de km (sur 20 km de large), une île jardin
connue comme l'île des Fleurs, aménagée et enrichie par
l'homme. La meilleure façon de la visiter, c'est encore la randonnée
à pied, qui permet de s'enfoncer dans des zones sauvages de parois
abruptes et de cascades bordées d'une végétation tropicale
surprenante. La population est très dense jusqu'à 700 m d'altitude,
mais plus haut la montagne est pratiquement déserte.
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Funchal. Le clocher de la Cathédrale du XVème siècle
construite en lave. La "plaine" de Funchal vue des hauteurs
de Santo Antonio et de São Martinho. Madère est administrée
comme une région du Portugal mais avec un statut spécial
donnant une plus grande autonomie. Autour de Funchal la densité
de population dépasse 1000 par kilomètre carré. La
population très active a des liens avec l'étranger et pas
mal de familles madéroises ont des parents dans la région
parisienne. Le tourisme est devenu une ressource considérable.
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| Cultures de bananiers de la région de Palmeira
et São Martinho près de la côte sud, irriguée
par l'eau qui descend de la montagne. Mangues, bananes, papayes sont parmi
les principales cultures, ainsi que la vigne, à l'origine du fameux
vin de madère. Les bananiers ont supplanté la canne à
sucre. À droite le petit port de plaisance de Funchal a vu passer
bien des navigateurs et skippers célèbres des compétitions
dans les courses autour du monde. Funchal a vu passer pirates, corsaires,
marchands et armées d'occupation. |
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Côte nord, falaises dePonta Delgada. La montagne tombe à
pic dans la mer un peu partout . Oiseau de paradis (Strelizia reginae),
fleur emblématique de Madère. L'île contient une quantité
de jardins et de réserves florales qu'on peut visiter. L'un de
ces jardins à Funchal même au bord de l'eau est magnifique,
et un autre non moins remarquable se trouve sur les hauteurs.
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Le Paùl da Serra, plateau de la moitié Est de l'île,
à 1500 m d'altitude environ. Il faudra une longue descente à
pied pour descendre jusqu'à Seixal au bord de l'océan. À
droite, un sentier magnifique et sauvage longe la côte nord à
partir de São Jorge, bordé d'araucarias, d'eucalyptus et
de plantes endémiques.
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Panorama sur la mer vers le nord-ouest, à plus de 1000 m d'altitude.
En bas de la petite rivière de Seixal, cultures, élevage
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Petite maison typique avec son toit de chaume. Des petits villages perchés,
entourés de champs minuscules qui sont comme autant de petits jardins.
l'espace est précieux et le moindre emplacement est soigneusement
entretenu. Le terrain étant fortement accidenté, les vaches
sont élevées dans des cahutes où elles sont enfermées
et nourries par du fourrage, afin sans doute d'éviter qu'elles glissent
dans les ravins. Vu le plus petit potager du monde : un mètre carré
avec au milieu, un seul chou.
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Petits enfants de la montagne. La blondeur et les yeux bleus de certains
d'entre eux rappellent que les garnisons britanniques ont séjourné
jadis à Madère. Partout des fleurs, encore des fleurs.
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La flore est extrêmement riche. La photo de gauche montre Isoplexis
sceptrum, ou digitale de Madère, une espèce endémique
formant de petits arbustes à feuilles persistantes. L'île
contient des vestiges de la forêt primitive de lauriers. Il y
a au moins 40 espèces endémiques qu'on ne trouve pas ailleurs,
et sont accompagnées de nombreuses importations d'Amérique
du Sud, d'Afrique du Sud, d'Europe... Dans les champs étroits
et peu accessibles, la récolte se fait à la main en famille
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Vue vers l'extrémité occidentale de l'île. Dans
les volcans de Madère, démantelés par l'érosion,
les laves acides ryolithiques abondent, ont des couleurs rougeâtres
et sont extrêmement déchiquetées par endroits. Le
haut massif est un parc national parcouru par des sentiers aménagés.
Près du sommet (le Pico Ruivo) se trouve un refuge confortable
à 1800 m d'altitude. Le sommet de l'île est souvent enveloppé
de nuages et de brouillards.
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Canal d'irrigation au flanc de la montagne. Leur parcours est parfois
acrobatique. Plus loin près du Bocada Encumeada se trouve un
long passage en tunnel (plus d'un km) assez pénible car il faut
le longer plié en deux, avec le risque de se cogner souvent la
tête ! Un Hedychium gardnerianum (variété de gingembre).
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Sur le chemin de randonnée de la côte nord. Petite joubarbe
étrange à hampe florale ramifiée, nichée
sur un rocher
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.Le petit port de pêche de Câmara de Lobos sur la côte
sud. Les femmes de pêcheurs font des broderies et dentelles, également
des paniers d'osier.
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Le palais de Saint-Laurent à Funchal. Un Plumeria rubra (espèce
de frangipanier).
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Plafond peint d'une salle du musée.
Vu du sommet de l'île (Pico Ruivo, 1860 m), le soleil couchant en
direction des Amériques est comme une invitation au voyage lointain
par delà les mers ! |