

Suite à la récente mise au point de l'AFSSAPS(1), l'objectif et les moyens de la prise en charge de l'enfant fébrile ont été redéfinis.
Ainsi la prise en charge de la fièvre, après en avoir recherché la cause, est légitime à partir de 38°5 C, dès lors que celle-ci est persistante, et ce afin d'améliorer si nécessaire le confort de l'enfant.
De même, les mesures physiques préconisées sont, essentiellement, d'éviter de couvrir l'enfant, d'aérer la pièce, et de faire boire l'enfant le plus possible, limitant ainsi l'ascension de la température tout en maintenant une hydratation correcte et en permettant une meilleure efficacité du traitement.
En ce qui concerne le traitement médicamenteux, la recommandation est de ne recourir qu'a un seul antipyrétique et de n'envisager une substitution, ou l'adjonction d'un deuxième antipyrétique, qu'en cas de fièvre mal tolérée malgré un traitement bien conduit, pendant au moins 24 heures, et ce après réévaluation médicale.
Le traitement de la fièvre vise à améliorer le confort de l'enfant et au travers de la réduction de la température à rétablir, entre autres, le niveau d'activité, l'appétit, les échanges sociaux.
En France, quatre molécules peuvent être utilisées en première intention :
L' ibuprofène est un des antipyrétiques pouvant être utilisés en première intention(1) chez l'enfant de plus de 3 mois, sous forme de suspension buvable, et sous forme de comprimés à avaler chez l'enfant de 6 à 12 ans(2).
Dans les travaux de S. Aksoylar et al.(3 )et J. Bornhoffen(4), l' ibuprofène s'est avéré significativement plus efficace que le paracétamol pour réduire la température et ce en termes de rapidité, de niveau de réduction atteint ou de durée.

L'efficacité antipyrétique de l' ibuprofène suspension pédiatrique a par ailleurs été démontrée de manière reproductible dans de multiples études, colligées en 2004 dans les méta-analyses de D.A. Perrot et al.(5)R.D. Goldman et al.(6) et H. Wahba(7).
La bonne tolérance de l' ibuprofène chez l'enfant, utilisé aux doses recommandées et dans le respect de ses contre-indications, a été confirmée sur de larges populations de patients dans les travaux de E. Ashraf et al.(8), et S.M. Lesko et al.(9), portant respectivement sur 41 810 et 84 192 enfants, soit plus de 125 000 patients.
L' ibuprofène suspension est utilisé en France comme antipyrétique de première intention chez l'enfant depuis maintenant 10 ans.
Il est par ailleurs disponible dans de nombreux pays, incluant les Etats-Unis et le Canada, où environ 15 millions d'enfants/an ont bénéficié de ses effets antipyrétiques, tant en prescription qu'en automédication(10).
Les contre-indications de l' ibuprofène restent les antécédents d'allergie àl'ibuprofène, aux AINS ou à l'aspirine, les insuffisances rénales, hépatiques ou cardiaques sévères, le lupus érythémateux disséminé.
L' ibuprofène est à éviter en cas de varicelle ou de suspicion de varicelle, et à utiliser avec précaution en cas de risque d'insuffisance rénale fonctionnelle.