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Tsidiala
Ala Tsidy
Hairy-Eared Dwarf Lemur
Allocèbe
Chirogale aux oreilles poilues
Büschelhormaki
Pluimoorkatmaki
La dentition d’Allocebus trichotis est semblable à celle de Phaner furcifer, avec toutefois les deuxième et troisième molaires supérieures en forme de canines et la première incisive supérieure allongée (Bosquets, 1989). La langue est relativement plus longue que celle des genres Microcebus et Cheirogaleus (Rakotosarison et Coll., 1997) La tête et le dos présentent une coloration brun-grise, avec parfois une teinte légèrement rosée. La queue a une coloration identique, un peu plus sombre à son extrémité, laquelle apparaît touffue. Chez certains individus il existe une raie dorsale sombre. Le ventre a une couleur allant de gris à pratiquement blanc, cette coloration pouvant légèrement s’étendre sur les flancs. Les yeux sont entourés par un anneau sombre. On peut parfois observer une raie blanche allant d’un point situé entre les deux orbites jusqu’à l’extrémité du museau (Meier et Albignac, 1991). Les oreilles sont petites et en grande partie cachées par de longues touffe de poils, prenant naissance à leur base, et s’étendant légèrement sur les joues ; cette caractéristique est à l’origine des noms vernaculaire et scientifique de cette espèce. Il semble que les individus trouvés dans la partie Sud de l’aire de répartition soient légèrement plus grands et avec une queue plus courte que ceux trouvés au Nord.
Sur le terrain il est assez difficile de différencier Microcebus rufus et Allocebus trichotis, mais ce dernier à une couleur d’ensemble plus grise et présente des touffes de poils de chaque côté de la tête.
Longueur totale : 26,5 à 35,5 cm Tête et corps : 12,5 à 16 cm Queue : 14 à 19,5 cm Poids : 65 à 90 g
Au repos Allocebus trichotis peut se trouver au sol, sur ses quatre pattes, ou somnoler sur une branche. Lorsqu’un danger, mal défini, survient à une distance de plus d’un mètre l’animal se dresse sur ses pattes arrière. Il peut également rester suspendu par les pattes arrière, la queue jouant alors un rôle de contrepoids ; cette position est souvent observée et dans celle-ci l’animal peut même capturer et consommer des insectes.
S’il n’existe pas d’informations concernant la population globale d’Allocebus trichotis, dans les zones où des études ont pu être menées, et où des reproductions ont été notées, on a toujours trouvé de faibles densités de population. Des estimations effectuées, tant en 1994 qu'en 2003, donnent une population globale comprise entre 100 et 1 000 individus.
Le régime alimentaire d’Allocebus trichotis n’est pas bien connu, du moins lorsqu’il est à l’état sauvage. Toutefois sa dentition ainsi que la forme de ses ongles font penser qu’il peut consommer des gommes et des écorces de plantes. De plus il est pourvu d’une longue langue suggérant qu’il puisse également utiliser le nectar dans son alimentation. En captivité cette espèce mange avidement du miel, mais aussi des feuilles, des fruits et des insectes (Rakotoarison et Coll., 1997). En une nuit un couple de ces animaux peut capturer de 10 à 30 sauterelles ; et il ne leur faut que 20 secondes à 1 minute pour consommer un de ces insectes.
Allocebus trichotis peut émettre une série de sifflements courts en alternance avec des cris aigus, ces derniers étant toutefois peu fréquents. Ces vocalisations sont semblables à celles émises par les animaux des genres Microcebus et Mirza, mais ont très différents de ceux émis par les animaux du genre Phaner. Il existe des appels de contact, de rapport, ainsi que des appels agressifs (Albignac et Coll., 1991). Lorsqu’un danger survient l’animal se dresse sur ses pattes arrières afin d’évaluer ce danger. Aucun comportement de marquage olfactif n’a pu être observé. Du point de vue communications tactiles on pu observer des animaux enlevant les peaux mortes et les parasites à un individu conspécifique. En captivité un tel comportement se rencontre, entre les membres d’un couple, le soir avant de quitter le nid (Meier et Albignac, 1991).
Il n’y a que peu d’études disponibles ayant porté sur le comportement d’Allocebus trichotis.
Au cours de la journée Allocebus trichotis dort dans des trous d’arbres, généralement par groupe de deux à six individus. Les trous présents dans les arbres les plus grands semblent être préférés. Il n’existe que peu de preuves en faveur de l’existence d’un état de torpeur au cours de l’hiver austral (de Mai à Septembre – Octobre). Avant le début de cette période de froid Allocebus trichotis fait des réserves de graisses dans tout son corps, si bien que les animaux atteignent leur poids maximal en Mai ou Juin. Les testicules des mâles subissent une très forte régression au cours de la période hivernale.
Peu d’informations sont disponibles quant à la reproduction d’Allocebus trichotis. Toutefois des jeunes ayant environ la moitié de la taille des adultes ont été trouvés dans des trous d’arbres en Mars, ce qui pourrait indiquer que les naissances surviendraient en Janvier - Février. L’œstrus aurait ainsi lieu au début de la saison humide, en Novembre – Décembre (Nowak, 1999). La période de gestation peut ainsi être estimée à 2 mois, comme cela est le cas dans les genres Microcebus et Cheirogaleus (Meier et Albignac, 1991). On a également pu noter qu’au début de la saison chaude (Septembre – Octobre) les testicules des mâles devenaient de plus en plus visibles.
Lorsque cette espèce fut redécouverte en 1989 on pensait que l’aire de répartition était limitée aux forêts tropicales humides de plaine sur les deux rives de la rivière Mananara, au Nord-Est de Madagascar. Cependant des travaux ultérieurs ont permis de montrer qu’il pouvait également être trouvé dans la Forêt de Vohindrazana, à l’Est d’Andasibe, dans la Réserve Spéciale d’Analamazaotra, près d’Andasibe ; dans la Réserve Naturelle de Zahamena, la Péninsule de Masoala et la Réserve Spéciale d’Anjanaharibe. Il apparaît donc que l’aire de répartition de cette espèce couvre de nombreux secteurs de forêt tropicale humide dans les régions centrale et Nord-Est, à des altitudes pouvant aller de 680 jusqu’à 1 235 mètres (Rakotoarison et Coll., 1997). Cette aire de répartition s’étend de la région d’Andasibe (au Sud), jusqu’aux limites du Massif de Marojejy (au Nord), y compris la Péninsule de Masoala.
Jusqu’à présent seulement cinq animaux ont été maintenus en captivité.
Les observations sont relativement difficiles car les animaux passent la majeure partie du temps dans la zone supérieure des arbres. Le meilleur emplacement pour l’observation d’Allocebus trichotis est la Réserve Spéciale d’Analamazaotra. Un autre emplacement serait la Forêt de Vohidazana, près du village de Fanovana (à 12 km à l’Est d’Andasibe). Des individus peuvent également être observés dans les forêts situées près de Befingitra, dans la Réserve Spéciale d’Anjanaharibe – Sud ; ainsi que dans les forêts au Sud-Ouest de Mananara. Comme ces animaux, contrairement à Microcebus murinus, se déplacent très souvent à la partie supérieure des arbres leur observation est relativement difficile.
La principale menace pesant sur Allocebus trichotis est la destruction continue des forêts tropicales humides de plaine et de moyenne altitude pour l’agriculture ou l’extraction de bois de chauffe et de construction. Si ces pratiques persistent elles peuvent entraîner, à terme, l’extinction d’Allocebus trichotis. Dans la région de Mananara il faut aussi noter que l’homme est un prédateur de cette espèce.
De 1960 à 1970 : rare De 1980 à 1984 : en danger En 1995 : en danger critique (A1c, B1 + 2abc) De 2000 à 2003 : en danger (B1 + 2abc)
Tant que les paramètres écologiques et l’aire exacte de répartition d’Allocebus trichotis ne seront pas connus avec précision, aucune mesure spécifique de conservation ne pourra être prise. Les chances de survie de cette espèce peuvent être augmentées par la préservation de la forêt tropicale de l’Est. Une région située autour de Mananara a été proposée comme Réserve de la Biosphère (Nicoll et Langrand, 1989) avec le statut de Parc National. Allocebus trichotis est présent dans cinq aires protégées : le Parc National de Mananara – Nord, la Réserve Spéciale d’Analamazaotra, la Réserve Naturelle de Zahamena, la Réserve Spéciale d’Anjanaharibe – Sud, et le Parc National de Masoala. On pourrait également rencontrer quelques spécimens dans le Parc National de Mantadia, ainsi que dans la Réserve Spéciale d’Ambatovaky.
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©IRDM Dernière modification le 22 octobre 2006 [Haut de page] [Webmaster]