Hay-hay

Ahay

Ahiahy

Aiay

Aye-Aye

Aye-Aye

Fingertier

Vingerolier

 

 

Cette espèce (Aye-Aye) a été décrite pour la première fois en 1788 par Gmelin.

Les animaux des deux sexes sont identiques. Le pelage de la tête, du dos, des pattes et de la queue a une coloration brun-gris ardoise sombre, moucheté avec des taches blanches. Les oreilles sont grandes et mobiles. Le museau est court et le nez de couleur rose. Les yeux ont une coloration jaune à orange et sont entourés par un anneau sombre, alors que le reste de la face et la gorge sont gris pâle. La queue est, longue et très touffue.

La formule dentaire définitive est de 1 : 0 : 0 : 3 pour la mâchoire supérieure et de 1 : 0 : 1 : 3 pour la mâchoire inférieure; alors que pour ls dens de lait elle est de 2 : 1 : 2 pour la mâchoire supérieure et de 2 : 0 : 2 pour la mâchoire inférieure. Il existe un grand diastema entre les incisives et les molaires de la mâchoire inférieure. Les incisives sont à croissance continue.

Les hémisphères cérébraux sont plus grands que ceux de tous les autres Prosimiens.

Les femelles ont une paire de mamelles inguinales.

Tous les doigts sont allongés avec des ongles en forme de griffe ; le médius est très mince; seul le gros orteil porte un ongle véritable. De telles caractéristiques, bien que moins prononcées, ne se retrouvent que chez Dactylopsila palpator (Petauridae) que l’on trouve en Nouvelle Guinée.

Daubentonia madagascariensis est le plus grand primate nocturne au monde.

Les synonymes suivants ont été utilisés pour Daubentonia madagascariensis :

Lemur psilodactylus (Show, 1800)

Cheiromys madagascariensis var. laniger (G. Grandidier, 1929)

 

 

La grande quantité de particularités présentées par Daubentonia madagascariensis fait qu’aucune confusion n’est possible avec un autre Lemur.

Cette espèce est, de loin, la plus grande des espèces de Lemur nocturnes.

 

 

 

Longueur totale : 74 à 90 cm

Tête et corps : 30 à 37 cm

Queue : 44 à 53 cm

Poids : 2,0 à 3,0 kg

 

 

Daubentonia madagascariensis se trouve dans des forêts tropicales humides de basse et moyenne altitude ; dans des forêts sèches à arbres à feuilles caduques, et quelquefois dans des zones cultivées comme des plantations de noix de coco ou de litchis. On peut également le rencontrer dans les mangroves.

Les territoires des mâles (100 à 200 ha) peuvent se chevaucher considérablement, ce qui conduit parfois à des interactions agressives. Par contre les territoires des femelles (30 à 50 ha) ne se chevauchent pas, mais recoupent le territoire d'au moins un mâle.

 

 

Daubentonia madagascariensis peut parfois parcourir de grandes distances au sol.

60 % des déplacements se font sur le mode quadrupède, 14 % en grimpant, 6 % en sautant et 2 % en position de suspension.

 

 

 

Bien qu’aucune évaluation de la population globale de Daubentonia madagascariensis ne soit disponible, on pense que ces animaux se trouvent en nombre relativement important.

Des estimations effectuées en 1965 estimaient la population totale à 15 - 20 individus, alors que celles de 1994 faisaient état de 1 000 à 10 000 individus.

 

 

Le régime alimentaire de Daubentonia madagascariensis est très spécialisé et principalement constitué de la partie intérieure des noix de Canarium madagascariensis, du nectar de l’Arbre des Voyageurs (Ravanala madagascariensis), de quelques champignons et de rares insectes. les animaux utilisent leur ouïe pour repérer les larves dans le bois des Anthocleista madagascariensis, Anthocleista amplexicaulis et Rhus tarantana.

Les animaux peuvent aussi consommer le bambou Bambusa vulgaris, les fruits de Ficus sp. et de Terminalia (pour les larves qu'il contient), des plantes cultivées comme les bananes, les avocats, la canne à sucre.

 

 

Les vocalisations de Daubentonia madagascariensis sont nombreuses:

- Appels de détresse: ils se produisent lorsque le petit est séparé de sa mère; ils sont également utilisés pour exprimer la douleur, la détresse, la perte de contact, pour rechercher le contact. Ils s'entendent également lorsque le jeu social devient très intense.

- Appels d'aggravation: ce sont des sortes de grognements.

- Appels de contact: ils sont semblables aux appels de détresse, mais sont émis par des individus adultes. Ils durent de 2 à 3 secondes.

- Appels doux d'alarme: ils sont émis par les enfants en bas âge et par les femelles adultes au cours d'un épisode d'alarme de basse intensité.

- Appels sévères d'alarme: ils sont émis par les enfants en bas âge et par les femelles adultes au cours d'un épisode d'alarme sévère.

- Appels "hai hai": ce sont des appels forts, composés de deux parties et entendus lorsque des animaux fuient quand on essaye de les capturer.

- Cris perçants: ils sont entendus au cours de la capture ainsi que dans des situations agressives, juste avant que l'animal ne morde.

- Réclamations: ces vocalisations sont entendues lorsqu'un animal est effrayé par l'apparition soudaine d'un autre; elles peuvent communiquer la protestation.

- Pleurnicheries: elles sont formées de 3 à 4 appels tonaux qui peuvent être répétés.

- Vocalisations de contentement: elles sont entendues lorsque l'animal se nourrit d'un aliment favori. Elles sont également émises par les petits en bas âge au cours de l'allaitement.

Les marquages olfactifs sont effectués au moyen de l'urine et en utilisant des glandes situées dans la région anale, sur le cou et les joues. Les individus peuvent distinguer les marquages effectués par des animaux conspécifiques de classe d'âge et de sexe différents.

Concernant les communications visuelles la principale est la menace. L'animal adopte alors une démarche lourde en levant exagérément les pattes. Ce comportement est exécuté comme préambule à une attaque et est accompagné de l'appel sévère d'alarme.

Pour les communications tactiles on trouve, entre autres:

- les soins sociaux: un individu enlève les peaux mortes et les parasites d'un autre. Les petits commencent à présenter ce comportement envers leur mère dès l'âge de 11 semaines.

- les contacts naso-anogénitaux: ils sont exécutés par la femelle adulte sur son enfant en bas âge (après qu'il ait atteint 5 mois). Ils précédent les soins sociaux

 

 

La formule caryotypique est 2N = 30 et il y a une accumulation d’un grand nombre de fusions centriques. Neuf paires sont des métacentriques, quatre des submétacentriques et deux des acrocentriques. Le chromosome X est un métacentrique et le chromosome Y un acrocentrique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Daubentonia madagascariensis est un animal strictement nocturne et en grande partie solitaire.

Cet animal passe la journée dans un nid fait de brindilles et de feuilles mortes, généralement localisé à la fourche d’un arbre, à une hauteur voisine de sept mètres. Certains arbres peuvent renfermer jusqu’à six nids. Un nouveau nid est construit tous les deux ou trois jours.

Par contre la plupart de la nuit est passée à voyager dans l'auvent de la forêt. L'activité débute entre 30 mn avant le coucher du soleil et 3 heures après celui-ci. 80 % de l'activité nocturne est dédiée à la recherche de la nourriture

Les mâles ont des territoires de 100 à 200 hectares et ces territoires peuvent se chevaucher considérablement. Par contre le territoire des femelles ne serait que de 30 à 50 hectares et il n’y aurait jamais de chevauchements.

Généralement les mâles débutent leur activité avant les femelles.

 

 

Il n’y a pas de période fixe pour la reproduction de Daubentonia madagascariensis. Généralement la femelle donne naissance, en Octobre - Novembre, à un unique petit par portée après une période de gestation de 160 à 170 jours. A la naissance le petit pèse environ 100 grammes.

Les femelles sont sans doute fécondes une fois tous les deux ou trois ans.

La maturité sexuelle est sans doute atteinte à deux ans pour les femelles et à un an pour les mâles.

L'allaitement diminue à partir du 118ème jour. Les petits sont sevrés vers 2 mois, et ils restent en compagnie de la mère pendant environ deux ans. Ils commencent à prendre une alimentation solide vers 14 semaines.

 

 

On avait pensé que Daubentonia madagascariensis était confiné aux forêts situées dans la région de Mananara. Mais à l’heure actuelle on considère que cette distribution est beaucoup plus large, des individus ayant été observés près de Sambava (Marojejy), de Tolagnaro (Andohahela), dans la région de Sambirano, vers les collines de Manasamody, d’Ankarana, d’Analamera et de la Montagne d’Ambre. Cet animal est également présent dans la Forêt de Tsiombikiba près de Mitsinjo, dans la région de Soalala, le Parc National du Tsingy de Bemaraha et la Forêt de Kirindy.

 

 

 

 

 

 

 

 

Daubentonia madagascariensis est une espèce très difficile à observer. Les deux sites où cette observation serait la plus facile sont le Parc National de Verezanantsora, dans le Parc National de Mananara Nord ; et l’île de Nosy Mangabe.

Il serait également possible d’observer ces animaux dans la Réserve Spéciale d’Analamazaotra, le Parc National de la Montagne d’Ambre et le Parc National de Ranomafana.

 

 

La principale menace pesant sur Daubentonia madagascariensis est la destruction de son habitat forestier typique.

Ces animaux sont le sujet de nombreuses superstitions, autant positives que négatives.

 

 

De 1996 à 2003 : en danger (A2cd, C2a)

 

 

Daubentonia madagascariensis est présent dans 24 Aires Protégées: les Parcs Nationaux d'Andohahela, de Mantadia, de Marojejy, de Masoala, du Midongy du Sud, de la Montagne d'Ambre, de Ranomafana, du Tsingy de Namoroka, de Zahamena, de Mananara Nord et de Bemaraha Sud; les Réserves Naturelles Intégrales de Betampona, de Zahamena et de Bemaraha Nord; les Réserves Spéciales d'Ambatovaky, d'Analamazaotra, d'Ankarana, de Bora, de la Forêt d'Ambre, de Manombo, de Manongarivo, de Marotandrano, de Nosy Mangabe et d'Analamerana.

 

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©IRDM   Dernière modification le 23 novembre 2006                                                                                        [Haut de page]     [Webmaster]