Ankomba

Komba

Akomba

Black Lemur

Lémur macaco

Mohrenmaki

Moormaki  

 

 

Cette sous-espèce (Black Lemur) a été décrite pour la première fois par Linnaeus en 1766.

Eulemur macaco macaco présente un dimorphisme sexuel.

Chez le mâle la couleur du pelage varie du brun chocolat foncé au brun presque noir. Il y a d’importantes touffes de poils noirs au niveau des oreilles. Les yeux sont jaune-orange à orange.

Chez la femelle le dos a une coloration très variable allant de brun doré à brun-châtain, devenant souvent légèrement plus blême sur les flancs et les membres. La queue est brun-châtain, surtout vers son extrémité. Les pattes sont gris-ardoise à gris-noir. La gorge et le menton sont brun pâle. La face et le museau sont gris, le sommet de la tête et le museau étant gris pâle. Il y a de longues touffes de poils blancs sur les joues. Les yeux sont jaune-orange à orange.

Les synonymes suivants ont été utilisés pour Eulemur macaco macaco :

Lemur macaco niger (Schreber, 1775)

Lemur leucomystax (Bartlett, 1862)

Varecia nigra (Gray, 1863)

 

 

Eulemur macaco macaco est un Lemur de taille moyenne avec une longue queue et une coloration qui le rend facilement identifiable. Le corps adopte généralement une position horizontale.

Dans de nombreux secteurs de son aire de répartition cette sous-espèce est allopatrique avec ses congénères, et les confusions ne doivent donc pas être possibles.

Aux limites Sud et orientale de son aire de répartition (Massifs de Manongarivo et de Tsaratanana) Eulemur macaco macaco est sympatrique avec Eulemur fulvus fulvus et sans doute aussi avec Eulemur rubriventer ; mais les caractéristiques d’Eulemur macaco macaco font que les confusions sont pratiquement impossibles.

 

 

Longueur totale : 90 à 110 cm

Tête et corps : 39 à 45 cm

Queue : 51 à 65 cm

Poids : 2,0 à 2,5 kg

 

 

Eulemur macaco macaco se rencontre dans des forêts moyennement humides à Sambirano, et des forêts tropicales humides de même type dans les îles.

Cette sous-espèce est également présente dans quelques habitats secondaires modifiés, y compris des plantations de café et de noix de cajou, ainsi que des zones qui sont utilisées pour le prélèvement de bois de construction.

 

 

La locomotion normale est comparable à celle de Microcebus. Les animaux marchent facilement sur les branches, la queue sert à l'équilibre. Ces animaux peuvent également effectuer des sauts sur plus de 5 mètres.

Comme chez Microcebus la main est faiblement spécialisée et elle est morphologiquement proche de la main humaine. Elle est utilisée pour saisir l'appui, pour la locomotion, la manipulation d'objets, mais surtout pour saisir l'alimentation.

 

 

La population globale d’Eulemur macaco macaco ne doit pas dépasser les 10 000 individus.

Si, dans le passé, des densités de population de 200 individus par kilomètre carré avaient été avancées, elles sont sans doute beaucoup plus faibles à l’heure actuelle.

 

 

Le régime alimentaire d’Eulemur macaco macaco est principalement constitué de fruits mûrs ; il peut également comprendre des feuilles, des champignons et même parfois des invertébrés.

Au cours de la saison sèche le nectar représente une part importante de l’alimentation.

A Nosy Komba et Nosy Be les plantes suivantes sont utilisées dans l'alimentation: Annona reticulata (pour les fruits), Arctocarpus integrifolia (pour les fruits mûrs, les inflorescences et les bourgeons), Albizia polyphylla (pour les fleurs), Cananga odorata (pour les fruits), Carica papaya (pour les fruits et les fleurs), Ceiba pentandra (pour les bourgeons et les fruits), Ficus saculifolia (pour les fruits), Mangifera indica (pour les fruits et l'écorce), Musa paradisiaca (pour les fleurs et les fruits), Neodypsis heteromotphus (pour les fruits), Oncostemon balanocarpum (pour les fruits), Sorindeia madagascariensis (pour les fruits et les feuilles), Terminalia catappa (pour les fruits), Theobroma cacao (pour les fruits).

 

 

Les vocalisations sont nombreuses:

* Appels de contact

- Ronronnements: ils indiquent le contentement pendant les soins réciproques. Leur intensité et leur durée sont variables et ils sont émis en série. On les entend également chez les jeunes lorsqu'ils sont léchés par un adulte.

- Appels d'enfants en bas âge: il s'agit d'un signal vocal très typique émis par le petit lorsqu'il s'accroche au ventre de la mère constitué d'une série de sons grognant. La mère y est généralement très sensible et interrompt son activité pour y répondre.

- Appels de contact: ils sont émis par un adulte isolé, leur intensité est faible et ils sont composés de 'kiou' résonnants. Ils sont également émis constamment par un adolescent séparé de son groupe.

* Appels de communication éloignée

- Signaux cohésifs: ils sont émis lors des déplacements rapides d'un groupe. Le rythme des grognements est variable.

- Signaux d'identification: il s'agit d'une série de grognements forts dont l'intensité et l'intonation sont variables. Ils sont généralement émis par un individu isolé, le plus souvent un mâle.

- Signaux territoriaux: ils sont semblables aux appels puissants d'alarme, mais sont moins aigus et plus traînants, leur intensité baisse vers la fin. Ils s'entendent tard en soirée lorsque les animaux sont retournés à leur site de sommeil.

* Appels d'alarme

- Alarme douce: elle se produit lorsque le groupe est dérangé par une intrusion persistante, même si le danger n'est pas considérable. Ces appels provoquent l'excitation mutuelle.

- Alarme forte: elle survient lorsque le groupe est sérieusement alarmé. Selon le degré d'excitation ils son émis à des intervalles de 2 à 5 secondes et ils sont accompagnés d'un balancement de la queue.

* Appels de contact - rejet

- Appel de menace: il s'agit d'un appel spécial, résonnant, caractéristique du comportement intimidateur du mâle lorsqu'il est au centre du groupe.

- Grincements de dents: ils indiquent l'excitation agressive.

- Appels d'aboiement: ils sont entendus lorsque l'animal fait face à une menace soudaine, ce sont des grognements forts ressemblant a des aboiements.

- Appels de détresse: ils sont émis par un petit séparé de sa mère. On peut également les entendre au cours des poursuites et des combats entre individus de groupes différents.

Les marquages olfactifs sont bien développés. Les animaux reniflent tout ce qui se trouve autour d'eux. Ces comportements sont plus développés chez les mâles que chez les femelles. On trouve:

- Marquages ano-génitaux: ils sont plus fréquents chez les mâles que chez les femelles et évoquent souvent des réactions agressives.

- Marquages avec le poignet et la paume: ces comportements ne semblent pas exister chez la femelle.

- Marquages avec le sommet du crâne

Les signaux visuel ont un développement plutôt fort et ont une signification dans les relations du groupe avec l'extérieur. La position du corps et la direction du regard sont les comportements les plus marquants. Ils ont également une fonction à l'intérieur du groupe.

 

 

 

 

Eulemur macaco macaco vit en groupes de deux à quinze individus, la moyenne étant de sept à dix. Les groupes les plus importants semblent être associés aux habitats modifiés plutôt qu’aux habitats primaires.

La composition des groupes est semblable à celle que l’on peut observer chez d’autres Eulemurs : plusieurs mâles et femelles adultes, en nombre égal, avec leur progéniture.

Les activités du groupe sont dictées par une femelle dominante.

Le territoire d’un groupe est compris entre cinq et six hectares, et il existe des chevauchements importants des territoires de groupes voisins.

Au cours de la journée les groupes sont séparés, mais certains peuvent se réunir pour la nuit.

Cette sous-espèce est cathémérale. L’activité maximale a lieu aux premières heures du jour et en fin d’après-midi. L’activité nocturne varie en fonction des saisons ou du cycle lunaire.

 

 

Les accouplements, chez Eulemur macaco macaco, ont lieu fin Avril. Après une période de gestation de 125 jours la femelle donne naissance, de fin Août à début Octobre, à un unique petit.

 

 

Eulemur macaco macaco est confiné à la région de Sambirano et aux îles de cette zone, dans le Nord-Ouest de Madagascar.

La limite Nord de l’aire de répartition est la rivière Mahavavy, à l’Est d’Ambilobe ; alors que la limite Sud serait constituée par les rivières Sambirano et Manongarivo.

Une zone d’hybridation avec Eulemur macaco flavifrons existe au Nord de l’aire de répartition.

La limite Ouest de l’aire de répartition inclus la Péninsule d’Ampasindava, ainsi que les îles de Nosy Be et de Nosy Kombo.

Il est vraissemblable qu’Eulemur macaco macaco soit présent jusqu’au Massif de Tsaratanana.

 

 

 

Le site le plus accessible permettant l’observation d’Eulemur macaco macaco est le bord Nord-Est de la Réserve Naturelle de Lokobe, sur l’île de Nosy Be.

L’île de Nosy Kombo est également propice aux observations, et Eulemur macaco macaco y est protégé par un tabou local (ou ‘fady’).

 

 

 

De grands carnassiers comme Polyboroides radiatus peuvent être des prédateurs d’Eulemur macaco macaco. Un autre prédateur peut être Acrantrophis madagascariensis (Ground Boa).

La destruction des forêts constitue également une menace importante pour cette sous-espèce.

Dans certains secteurs de son aire de répartition Eulemur macaco macaco est chassé pour l’alimentation humaine.

 

 

En 1996 : vulnérable (B1 + 2bc)

 

 

Eulemur macaco macaco est présent dans trois Aires Protégées: Les Réserves Naturelles Intégrales de Lokobe et de Tsaratanana; la Réserve Spéciale de Manongarivo.

 

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©IRDM   Dernière modification le 23 novembre 2006                                                                                        [Haut de page]     [Webmaster]