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septembre 2011 - 13 pages - album dès 9 ans mots-clés : liberté, révolution, histoire de l'art
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avril 2011 - 8 pages - album dès 9 ans mots-clés : musique, contrainte, nature
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avril 2011 - 40 pages - roman photo-illustré dès 9 ans mots-clés : enfant, école, conflit, magie.
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octobre 2010 - 13 pages - album dès 9 ans mots-clés : guerre, enfant, sensations.
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mai 2009 - 7 pages - album dès 9 ans mots-clés : violence, lecture, sens du texte.
Carole dans les Balkans
Dans le village grec où elle passe ses vacances, Carole mène une enquête pour retrouver le doudou perdu par sa petite soeur. Elle tombe sur un réseau de trafiquants de drogue qui l'entraînera jusqu'en Albanie. A l'occasion, la fillette perçoit certains aspects de la géopolitique des Balkans et de ses conflits ethniques. >>>
juin 2007 - 86 pages illustrées - roman dès 9 ans
mots-clés : violence entre les sociétés, représentations identitaires, guerre et crime organisé Une version allemande est disponible dans la rubrique Bilingues>>>
Carole dans les Balkans
Fiche pédagogique collège
Intentions du
roman :
Ce projet qui prend la forme d’un
roman policier a pour objectif principal de faire sentir aux enfants, sans les
lasser, le poids des représentations
identitaires dans les rapports conflictuels entre communautés. Il leur
permet secondairement de découvrir les Balkans et leurs guerres incessantes.
Pour ce faire, le texte du roman est accompagné de notes marginales en
référence aux cultures balkaniques. L’ambiguïté des représentations identitaires,
leur aspect subjectif et les fortes convictions qu’elles entraînent pourtant,
sont rendues par le recours à une illustration mixte (photographie et peinture)
qui soutiennent à la fois le texte de fiction et le texte documentaire. Le
roman supporte plusieurs niveaux de lecture entre 9 et 13 ans.
La vocation géopolitique du roman a conduit à faire une place
primordiale à la cartographie. Afin
d’inciter l’enfant à penser le récit dans sa géographie, les cartes,
reproduites par le dessin, et non par l’infographie, ont été, autant que
possible, introduites dans la logique du récit afin d’en faire un des
événements de la narration. Le même souci a présidé au positionnement des notes documentaires qui sont intégrées
au fur et à mesure, en marge du récit. Les encarts documentaires sont nettement
séparés du texte de fiction, car leur lecture doit rester facultative, laissant
l’enfant maître de son apprentissage. Convaincus qu’une sensibilisation précoce
à la géopolitique ne peut réussir sans faire appel à l’imaginaire et sans
recourir à l’émotion artistique qui
représente 70% de la démarche cognitive des enfants de 6 à 12 ans, les auteurs
font une large place à l’illustration.
Pistes pour un travail au collège, en classe de français, sur la notion de point de vue :
Contexte :
Depuis le début des années 1990, les mobilisations identitaires ont pris le pas
sur toutes les autres pour légitimer le recours à la guerre. Fondée sur des
différences, les identités collectives se transforment facilement en sources de
confrontations, parfois armées. La prévention des conflits impose donc de
comprendre les systèmes des représentations ethniques. L’identité ethnique
n’est pas un fait de nature, même si elle se donne pour naturelle et évidente.
L’histoire personnelle, l’histoire familiale et l’histoire collective sont
sollicitées conjointement pour construire un « nous » et perpétuer le
sentiment communautaire. Il s’agit bien sûr d’histoires sélectives dont la
constitution relève presque exclusivement du vécu et des affects. Cette
irrationalité des représentations identitaires favorise les dérives violentes.
Objectifs : Sensibiliser l’élève à la notion polysémique de
point de vue permet de l’initier à celle de représentations identitaires et à l’entraîner
à exercer son esprit critique face au texte et à l’image.
Quatre étapes possibles :
1. travail sur les marqueurs
identitaires
Les représentations identitaires
jouent sur plusieurs critères dont l’ordre de priorité peut varier mais qui
s’établit généralement comme suit : territoire, religion, langue, histoire
commune. Leur combinaison est modulée pour créer un sentiment d’appartenance,
raffermir des liens de solidarité et établir des différences par rapport aux
groupes voisins. L’élève peut repérer et classer les critères identitaires
présents dans le récit. Il peut ensuite les relier aux différents personnages
sur des schémas en étoile, faisant apparaître ainsi une cartographie des
subjectivités. 2. travail sur le narrateur
Le repérage de ces différentes
subjectivités aide l’élève à lister les différents énonciateurs, les valeurs de
« je » dans le récit. En découvrant que parmi ces « je »,
l’un, celui de Carole, fonctionne différemment des autres, l’élève identifie le
narrateur. Il peut ensuite rechercher dans le texte des éléments qui montrent que
le point de vue principal est toujours celui de Carole, même lorsque le mot
« je » n’est pas présent. Carole, comme personnage principal et
narrateur, n’a pas accès directement aux pensées des autres personnages. Elle
reconstitue leurs représentations identitaires par bribes, en relevant leurs
paroles, en observant leur comportement, en les rapprochant d’éléments
culturels connus de tous (proverbes, chansons, faits historiques).
3. travail sur l’usage du temps
présent
Contrairement à l’usage courant
dans le récit qui use de l’alternance passé simple/imparfait et dans le
discours où on alterne passé composé et présent, la quasi-totalité du texte est
ici au présent. Après avoir relevé que le présent est utilisé aussi bien dans
les proverbes cités en notes que dans le récit qui raconte les aventures de
Carole, l’élève doit deviner que ces deux emplois sont différents :
- Le présent des
proverbes qui donne une valeur permanente à ce qui est dit n’est pas lié à
une situation particulière d’énonciation ; on ne connaît pas non plus
l’énonciateur. Ce présent donne l’impression que ce qui est dit est vrai et
objectif, valable pour tous et à tout moment. En analysant le contenu de
certains proverbes, l’élève devine sans peine que cette objectivité est
artificielle et que le proverbe n’apparaît comme vrai qu’à certaines
personnes : on est bien dans le domaine des représentations identitaires. - Le présent des
aventures de Carole a une autre portée. Il est constamment rapporté à un
énonciateur désigné. Il s’agit soit du présent déictique courant que l’on
trouve dans les citations au discours direct et les dialogues (marqués par des tirets),
soit d’un présent de narration. L’usage généralisé du présent de narration
marque ici l’implication particulière du narrateur (Carole) dans l’action. L’histoire
racontée tout du long au présent donne l’impression que Carole témoigne de ce
qui se passe au fur et à mesure. Contrairement au récit traditionnel, elle ne
raconte pas, a posteriori, une histoire dont elle connaît l’issue.Elle la découvre au même moment que le
lecteur et la raconte avec toute sa subjectivité. Le lecteur est donc prévenu,
par cet usage étendu du présent, que le texte qu’il lit n’a pas une valeur
absolue, il reste le point de vue de Carole. Il est incité à réfléchir à ce
qu’il lit et à se demander ce qu’il doit en penser à titre personnel.
4. travail sur le pouvoir et la
crédibilité de l’image
La représentation identitaire est
une construction artificielle qui se donne pour vraie et entraîne la
conviction.
En parcourant les illustrations
mixtes du roman, l’élève peut être amené à réfléchir à la crédibilité comparée
de l’image dessinée et de l’image photographique. La photographie véhicule-t-elle
une intention ou non ? Peut-elle mentir ?
L’examen des différentes cartes
du récit peut être l’occasion d’une enquête sur la fonction du document
cartographique. L’élève peut comparer les cartes dessinées du roman avec les
cartes infographiques courantes ou des photographies aériennes et se demander
quel impact ont ces différents modes de représentation des territoires. Où
situer la réalité, où soupçonner de la subjectivité ? L’observation de la
carte dessinée dans le roman par la mère de Carole en appui de sa démonstration,
puis photographiée dans le livre, peut amener l’élève à comprendre qu’une
carte, comme toute image, est moins un document qu’une intention.
Fiche
proposée par Anne Guibert-Lassalle, juin 2007