Sybille Asloun, entretien avec Majuscrit le 18
décembre.
-Bonjour Sybille,
je souhaitais vous interroger sur ce qui s’est passé au Camion. Comme il
s’agissait d’une improvisation, je pensais qu’il ne serait pas inintéressant
d’y revenir à froid trois semaines plus tard. -D’accord. -Quand vous avez
démarré, quel jeu de couleurs aviez-vous à votre disposition ? -J’avais pris tout ce que j’avais. J’ai une quinzaine de
pots de peinture acrylique à l’atelier. J’avais choisi l’acrylique parce que
c’est une matière qui sèche vite. Pendant l’impro, quand je me retournais, il y
avait une couleur qui m’appelait et je la prenais. Quand j’ai commencé à
peindre, je me suis dit je allais mettre plein de couleurs partout et je
verrais ce qui allait ressortir.
Sybille Asloun, entretien avec Majuscrit le 18
décembre.
-Vous avez occupé
d’emblée l’ensemble de la surface ?
-Oui, j'ai mis de la couleur un peu partout. J’étais dans ma période de cercles, donc je me suis
dirigée spontanément vers des formes circulaires, des fleurs, des choses comme
ça. J’ai pris le mouvement et j’ai sorti la forme que vous avez vue, la forme
de la mère à l’enfant, et puis de l’autre côté un mélange entre des fleurs, une
queue de paon…
Sybille Asloun, entretien avec Majuscrit le 18
décembre. -Combien de temps
a duré l’improvisation ? - Une heure. On avait prévu une demi-heure / trois quarts
d’heure. Pourtant j’ai travaillé à un rythme très speed. Il fallait que ce soit
speed pour ne pas me laisser trop de temps de réflexion, pour rester sur le
qui-vive. De toute façon, j’étais guidée par l’impro musicale et Juliette ne
s’arrêtait pas. On n’était pas toujours en accord, mais on essayait tout de
même de se rejoindre. C’est
d’ailleurs plutôt Juliette qui avait l’initiative.
Je l’ai plutôt suivie.
Sybille Asloun, entretien avec Majuscrit le 18
décembre. - Sur votre toile,
il y a un élément figuratif très net qui est une forme de femme allongée.
Comment a-t-il surgi et quelle a été la réaction du public ? - Je n’avais pas prémédité cette femme. C’est le
mouvement qui l’a sortie. C’est un moment où Juliette chantait, un chant très
doux, très posé, un peu féérique, une berceuse en fait. Je faisais à ce
moment-là des courbes assez amples. Au fur et à mesure, cette forme est apparue.
Je l’ai regardée en me disant ‘Ok, d’accord !’ et je l’ai poursuivie. J’ai
placé les yeux, la bouche à la toute fin. Dans le public, j’ai entendu
‘Ahhhh !’. C’était flagrant. Elle était sortie pour tout le monde.