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A l'improviste, retour sur une improvisation par Sybille Asloun et Juliette Petit

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Sybille, plasticienne, et Juliette, musicienne et chanteuse, reviennent sur une performance réalisée le 28 novembre 2009
au Camion, à Roubaix.

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Sybille Asloun, entretien avec Majuscrit le 18 décembre.
-   
Bonjour Sybille, je souhaitais vous interroger sur ce qui s’est passé au Camion. Comme il
s’agissait d’une improvisation, je pensais qu’il ne serait pas inintéressant d’y revenir à froid trois semaines plus tard.

-   D’accord.
-    Quand vous avez démarré, quel jeu de couleurs aviez-vous à votre disposition ?
-     J’avais pris tout ce que j’avais. J’ai une quinzaine de pots de peinture acrylique à l’atelier. J’avais choisi l’acrylique parce que c’est une matière qui sèche vite. Pendant l’impro, quand je me retournais, il y avait une couleur qui m’appelait et je la prenais. Quand j’ai commencé à peindre, je me suis dit je allais mettre plein de couleurs partout et je verrais ce qui allait ressortir.

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Sybille Asloun, entretien avec Majuscrit le 18 décembre.
-        
Vous avez occupé d’emblée l’ensemble de la surface ?
-      Oui, j'ai mis de la couleur un peu partout. J’étais dans ma période de cercles, donc je me suis dirigée spontanément vers des formes circulaires, des fleurs, des choses comme ça. J’ai pris le mouvement et j’ai sorti la forme que vous avez vue, la forme de la mère à l’enfant, et puis de l’autre côté un mélange entre des fleurs, une queue de paon…

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Sybille Asloun, entretien avec Majuscrit le 18 décembre.
- Combien de temps a duré l’improvisation ?
- Une heure. On avait prévu une demi-heure / trois quarts d’heure. Pourtant j’ai travaillé à un rythme très speed. Il fallait que ce soit speed pour ne pas me laisser trop de temps de réflexion, pour rester sur le qui-vive. De toute façon, j’étais guidée par l’impro musicale et Juliette ne s’arrêtait pas. On n’était pas toujours en accord, mais on essayait tout de même de se rejoindre. C’est
d’ailleurs plutôt Juliette qui avait l’initiative. Je l’ai plutôt suivie.

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Sybille Asloun, entretien avec Majuscrit le 18 décembre.
- Sur votre toile, il y a un élément figuratif très net qui est une forme de femme allongée. Comment a-t-il surgi et quelle a été la réaction du public ?
- Je n’avais pas prémédité cette femme. C’est le mouvement qui l’a sortie. C’est un moment où Juliette chantait, un chant très doux, très posé, un peu féérique, une berceuse en fait. Je faisais à ce moment-là des courbes assez amples. Au fur et à mesure, cette forme est apparue. Je l’ai regardée en me disant ‘Ok, d’accord !’ et je l’ai poursuivie. J’ai placé les yeux, la bouche à la toute fin. Dans le public, j’ai entendu ‘Ahhhh !’. C’était flagrant. Elle était sortie pour tout le monde.

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