La révolte des mannequins
Royal de Luxe
Poursuivant sa logique de " réalisme imaginaire ", la compagnie de théâtre de rue, Royal de Luxe, crée un surprenant feuilleton dans les vitrines des magasins du centre-ville de Charleville-Mézières, durant toute une semaine. Lors de cet insolite projet, réalisé à l’invitation de l’Institut International de la Marionnette, chaque vitrine racontera une histoire différente, basée sur les " émotions " des mannequins. Les scènes imaginées changeront jour après jour, jusqu’à ce que chacun d’entre eux " recouvre la liberté "…

Cette rencontre originale entre Arts de la marionnette et Arts de la rue est menée à l’occasion du 20ème anniversaire de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette (ESNAM) de Charleville-Mézières, en étroite collaboration avec des élèves diplômés et la promotion en cours (7ème). Elle s’inscrit dans le programme de création et d’insertion professionnelle " Recherche/eXpérimentation " de l’Institut, soutenu par la Région Champagne-Ardenne.

This show has all the hallmarks of the imaginary realism practised by Royal de Luxe. It is a kind of serial put in the windows of clothes shops. Each window tells a story based on dummies life emotions. Day after day, the scenes - told in images - will change, until each individual will get his freedom.
Realized within creative and professional development programmes supported by Champagne-Ardenne regional council.


exposition-spectacle qui s'est déroulée du 26 octobre au 3 novembre à Charleville-Mézières et qui continue sa tournée : du 7 au 15 juin à Amiens, du 12 au 20 juillet à Anvers et du 3 au 10 novembre 2008 à Berlin.

Jean-Luc Courcoult, directeur artistique de Royal de Luxe La passion de l’impossible Voilà bientôt 30 ans, que la compagnie Royal de Luxe, fondée par Jean-Luc Courcoult, fait rêver des villes entières, de ses personnages à la Jules Verne. Ses éléphants, girafes et autres géants ont traversé mers et continents pour embarquer nos imaginaires vers des contrées lointaines et souvent méconnues. À Charleville, Le Royal entend bien poursuivre ses incursions fantasmées du réel, mais à une échelle surprenante, des mannequins dans les vitrines de la ville, se révoltent… Quelle relation entretenez-vous avec la marionnette ?
Jean-Luc Courcoult : Ce sont des machines poétiques dans lesquelles on se pose. C'est aussi une possibilité pour des géants de raconter une histoire à toute une ville.

Vous êtes reconnus pour vos marionnettes immenses et leur irruption très remarquée dans l’espace public. Dans La révolte des mannequins, l’action se passera en vitrines, une irruption pour le moins discrète dans le quotidien des gens. Ce n’est pas votre habitude…
J.-L. C. : Il y a eu des spectacles similaires, comme "Les embouteillages" où un arbre a poussé pendant la nuit dans une voiture -intervention sans personnage- et d'autres images de ce style qui laissent le spectateur seul avec l'objet dans une situation détournée de la réalité. Mais ici les mannequins sont des personnages, une espèce de marionnette immobile.

Quelle problématique entend mettre à jour La révolte des mannequins ?
J.-L. C. : Les mannequins sont en quelque sorte des êtres différents faits à notre "image", disons à une certaine image. Dans les vitrines ils sont enfermés dans leur quotidien comme des individus dans leur vie.

Des étudiants de l’Ecole seront associés à cette création qui prendra donc un tour pédagogique autant qu’artistique. Qu’entendez-vous transmettre à ces jeunes étudiants ?J.-L. C. : La passion de l'impossible qui fait rêver. /

Jean-Luc Courcoult, artistic director of Royal de Luxe A Passion for the Impossible For nearly thirty years now Royal de Luxe, the company founded by Jean-Luc Courcoult, has been entertaining and enchanting whole towns with its characters out of Jules Verne. Its elephants, giraffes and other giants have crossed seas and continents to carry our imaginations towards distant and often little-known lands. In Charleville, they continue with their incursions of fantasy into reality, but this time on a surprising scale, as mannequins in the city’s shop windows begin to rebel.

What do puppets mean to you?
Jean-Luc Courcoult: They are poetic machines that you can inhabit. They are also a way for giants to tell a story to a whole town.

You are well known for your gigantic puppets and their spectacular incursions into public space. In the “Revolt of the Mannequins” the action is taking place in shop windows. This rather discreet irruption into everyday life is not like you…
J.-L. C.: There have been similar shows, like Les embouteillages, in which a tree grows up in a car overnight – this was an intervention without characters – and other images in this style which leave spectators alone to grapple with a situation that subverts reality. But here the mannequins are characters, like immobile puppets.

What is La révolte des mannequins about?
J.-L. C. : The mannequins are a different kind of creature, but made in our image – or, let’s say, in a certain image. In the shop windows they are locked into their everyday existence like individuals in their lives.

Students from the School will be involved with this project, so it will be a teaching experience as well as an artistic one. What do you plan to convey to these young students?
J.-L. C.: The passion for the impossible, which inspires us.