LE SECTEUR DE LA TRANSFORMATION

Les 3224 industries agroalimentaires constituent sans aucun doute le " poids lourd " de l'industrie française. Avec 122 851 millions d'euros de chiffres d'affaires en 2001, 19 % de la production exportée et 390 233 salariés, ce secteur est aussi l'un des plus prometteurs du côté des emplois. (source : Agreste)

Mais de quoi s'agit-il exactement ?

Les industries agroalimentaires transforment des biens agricoles en produits destinés à la consommation. Très hétérogène, ce secteur recouvre plusieurs familles d'activités, elles-mêmes subdivisées en de nombreux domaines. Trois activités sont qualifiées d'artisanales : la charcuterie, la boulangerie-pâtisserie et la pâtisserie. Il existe aussi des filières beaucoup plus concentrées et automatisées telles que la sucrerie, la brasserie, l'huilerie, l'industrie laitière, la meunerie et les boissons. Chacune de ces filières a été différemment touchée par les nombreuses crises survenues ces dernières années : vache folle, listériose, effondrement des marchés russes et asiatiques entre autres. C'est ainsi, par exemple, que les secteurs de la viande et de la boulangerie industrielle se sont développées considérablement. Il en va de même pour l'univers des boissons, actuellement en forte croissance. A l'inverse, la volaille a connu de sombres jours dont l'apogée semble avoir été la crise de la dioxine. Le secteur laitier souffle le chaud et le froid et affiche des résultats très contrastés.

Un rapide survol du secteur fait apparaître une prédominance des PME. En effet, 83 % des entreprises emploient moins de 100 salariés et réalisent un quart du chiffre d'affaires du secteur. Les entreprises agroalimentaires sont majoritairement situées dans le quart Nord-Ouest du pays, en particulier la région Rhône-Alpes. Mais une nouvelle tendance semble se dessiner, de plus en plus d'entreprises quittant les grands pôles de consommation et d'arrivage pour venir se loger dans les bassins de production (Bretagne, Sud-Ouest). Aux côtés de ces petites et moyennes entreprises, on trouve quelques grandes multinationales qui dominent l'économie du secteur : Danone, Beghin-Say, Nestlé-France…

Autre caractéristique notable : les industries agroalimentaires, et notamment le secteur de la distribution, sont également en proie à des phénomènes de fusions et d'acquisitions régulières en France mais aussi à l'international. Carrefour-Promodès et Asda-Wal-Mart en sont des exemples frappants. Une tendance vouée à se poursuivre dans les prochaines années.

Après un BEPA ou un CAPA Le secteur de l'agroalimentaire emploie encore une grande majorité d'ouvriers. Ceux-ci représentent actuellement 61 % des salariés. On les trouve dans de nombreuses fonctions au sein de la chaîne de transformation des produits alimentaires. Voici quelques-uns de ces métiers.

Le chauffeur-ramasseur de lait livre dans les laiteries le lait collecté dans les exploitations agricoles. Il est titulaire du CAPA-BEPA et du permis poids lourd.

Le préparateur de commandes suit, comme son nom l'indique, la préparation et l'expédition des commandes des clients. Il doit être titulaire d'un BEPA services, d'un BEPA option transformation, d'un BEP distribution-magasinage ou encore d'un bac pro bio-industries de transformation.

Le conducteur de machines automatisées assure la conduite et la maintenance d'une ligne de fabrication ou de conditionnement. Diplômes requis : CAPA industries agroalimentaires, BEPA ou bac pro bio-industries de transformation.

Les ouvriers polyvalents interviennent dans le travail industriel des viandes, la fabrication des plats cuisinés ou alimentaires ainsi que dans l'industrie laitière. Le CAPA industries agroalimentaires, le BEPA ou le bac pro sont vivement recommandés.

Les réceptionnaires de matières premières gèrent l'approvisionnement de l'entreprise en vue de la production.

Après un bac 2 Les filières courtes, BTS et DUT, connaissent un franc succès dans ces secteurs. Preuve en est : en 1998, pas moins de 43 % des offres d'emploi de l'Apecita concernaient des bacs 2. Les fonctions peuvent être nombreuses et font généralement appel à des compétences techniques ou commerciales. Gros plan sur quelques métiers qui ont la cote.

Le technico-commercial en industries agroalimentaires est un professionnel de terrain qui va à la rencontre de clients de l'entreprise, puis analyse leurs problèmes et leurs produits en termes de produits, de prix et de services. Suite à cela, il offre une solution adaptée en tenant compte de la faisabilité de la demande en se fondant sur les coûts, les plannings de production et les délais de livraison. Il est également chargé de gérer les stocks de façon à valoriser au mieux chaque lot. Il effectue le même genre de travail pour des prospections de nouveaux clients

Ses conditions de travail impliquent de nombreux déplacements : il doit être disponible car ses horaires sont chargés. Par ailleurs, cette fonction permet une grande autonomie de travail dans la mesure où il est le patron de sa propre clientèle et organise son plan de prospection comme il l'entend.

Sur le plan de l'emploi, les technico-commerciaux sont très demandés. Les industries agroalimentaires ont en effet dû s'adapter pour rester compétitives sur les marchés internationaux. Et pour ce faire, le renforcement de la force de vente s'est révélé incontournable. Conséquence : 27 % des postes offerts par les industries agroalimentaires concernent la fonction commerciale. Les salaires varient selon les entreprises : de 19 056 à 37 350 euros par an en moyenne.

Autres professions envisageables après un bac 2 :

l'acheteur, qui est un intermédiaire entre les fournisseurs et l'entreprise. Sa mission consiste à prospecter le marché, puis à négocier le tarif des produits achetés ; le responsable d'atelier de production, qui assure la production et la qualité d'un produit fini ;le responsable d'analyse et de contrôle, qui travaille sous les ordres du responsable qualité, et met en place les analyses destinées à vérifier la conformité du produit par rapport aux cahier des charges.

Après une école d'ingénieurs

Les écoles d'ingénieurs en agriculture forment des professionnels dans toutes les fonctions de l'entreprise : recherche et développement, production-fabrication, contrôle, commercialisation. Nous vous présentons ci-dessous quelques métiers accessibles après une école d'ingénieurs, classés par secteur d'activités.

Recherche et développement 

L'ingénieur de recherche

Travaillant sur dans le domaine de la recherche fondamentale ou de la recherche appliquée, il est chargé de la préparation de nouveaux produits. Il peut être amené à étudier les propriétés de certaines substances végétales ou animales. Les conclusions qu'il tire de cette recherche lui servent ensuite à concevoir la formulation de nouveaux produits ou encore à améliorer l'existant.

Les formations :

Les ingénieurs agronomes diplômés de l'ENSIA, ENSAIA, ENITIAA sont particulièrement recherchés. A noter que les ingénieurs généralistes ont également leurs chances.

L'emploi :

Les offres de postes sont régulières. Les filières du lait, de la viande-volaille, de la salaison et des conserves sont très friandes d'ingénieurs spécialisés.

Autres postes possibles dans le secteur de la production : responsable approvisionnement, responsable collecte, chef de projet, chef d'exploitation agricole, directeur de coopérative.

Contrôle, conseil et services

Le responsable qualité a pour objectif d'assurer une qualité constante à tous les stades de la fabrication d'un produit dans le respect des normes et des réglementations en vigueur. Ce qui implique une connaissance parfaite des directives gouvernementales et européennes concernant son domaine de production.

Les formations :

Dans les grandes entreprises, il s'agit surtout d'un poste d'expérience. Son détenteur est souvent quelqu'un qui est passé par tous les stades de l'entreprise et qui en connaît bien les rouages. Les jeunes recrues ont plus de chances d'intégrer des petites structures à la condition qu'ils aient une première expérience en qualité ou un troisième cycle dans ce domaine.

L'emploi :

La qualité ouvre désormais des perspectives dans la mesure où les entreprises mettent en œuvre de nombreux moyens pour obtenir une certification garante de la qualité de leurs produits. Et de ce point de vue, la qualité n'est plus considérée comme un " phénomène de mode, mais bien comme un atout incontournable pour une entreprise. La fourchette de salaires oscille entre 22 867 et 30 490 euros par an pour les débutants, et entre 38 112 et 53 357 euros par an pour les seniors.

Autres emplois possibles dans le secteur du contrôle, du conseil et des services : conseiller agricole, conseiller de gestion, agro-informaticien, animateur, consultant, ingénieur en environnement, chargé d'études, développeur, analyste crédits, journaliste spécialisé, etc.


Fiche métier extraite du Guide "Les métiers de l'Agriculture
et de l'agroalimentaire" par Stéphanie Salti et Laëtita Person
Collection Guides J, STUDYRAMA EDITIONS



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Parole de pro


Profession : journaliste dans le secteur de l'agroalimentaire

Pour Ava Eschwege, 32 ans, travailler dans un journal lié au secteur de l'agroalimentaire a été le fruit… d'un complet hasard ! Le diplôme de l'Ecole supérieure de journalisme de Paris en poche, Ava débute à la radio chez BFM, puis opte pour une société de communication qui fait du conseil en image. C'est là qu'elle sera mise pour la première fois en relation avec le secteur de l'agroalimentaire. Chef de la rubrique " distribution " pour Les Marchés, Ava connaît alors le bonheur du travail quotidien : " Je m'occupais de la page distribution. Nous étions deux et devions écrire trois articles par jour ". Un beau challenge qu'Ava a tenu de 1992 à 1998. Dynamique, la jeune femme décide ensuite de donner une nouvelle orientation à sa carrière. Une décision qui la conduit à prendre la rédaction en chef de La Lettre des Industries agroalimentaires et distribution, une publication bimensuelle appartenant au groupe Les Echos. Seule aux commandes de cette lettre, Ava s'entoure parfois de pigistes pour l'aider dans la réalisation du journal. Laissant une grande part à l'analyse, la lettre traite de la vie des fournisseurs de l'agroalimentaire ainsi que celle des distributeurs, petits et grands : " C'est un milieu tout à fait passionnant, commente Ava Eschwege, Vous avez d'un côté de nombreuses PME dirigées par des chefs d'entreprises qui les considèrent comme leurs " bébés " ; de l'autre, d'énormes multinationales qui sont actuellement sous le feu des phénomènes de fusions-acquisitions. Et les deux aspects sont réellement intéressants ". Avis aux amateurs… Commercialisation Le chef de produit occupe sans aucun doute le poste phare de ce secteur d'activités. Ses missions dépendent étroitement du type de produit travaillé. S'il s'agit de l'eau, par exemple, ce professionnel cherchera avant tout à créer une image ou encore travailler sur l'emballage car l'eau ne nécessite que peu de transformations. En revanche, s'il s'agit d'un produit plus complexe comme un yaourt, il lui faudra plutôt élaborer un " marketing-produit ". Dans ce cas de figure, le travail se fera en étroite collaboration avec les ingénieurs en recherche et développement.

  

Quel profil ?

 

Des diplômés d'HEC aux ingénieurs ayant complété leurs formations par un troisième cycle en marketing.

 

L'emploi

 

Selon l'Apec, le poste de chef de produit représente 56 % des offres marketing publiées dans la presse, 20 % de ces offres émanant du secteur chimie, pharmacie et agro-alimentaire.


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