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« La sculpture demeure
l’expression du réel, de l’éternel, de l’indescriptible. Elle s’efforce de
traduire une soif d’émotions fortes, en figeant un instant de vie, dans la
sincérité d’un regard. Elle est le résultat de cette lutte qu’évoque André
Malraux"d’une forme en puissance contre une forme imitée". Il n’existe pas de sculpteur
homme ou femme, mais un créateur toujours à la recherche de l’architecture
parfaite qui ne laisse jamais de côté la gravure et la ciselure. La sculpture est un art grave
et précis qui exige un enthousiasme profond, animé par le démon de la création.
Maria de Faykod conduit
inlassablement sa recherche dans une logique rigoureuse, que caractérisent la
force du trait et la puissance des volumes. Pour elle, il n’existe qu’une seule
réalité, celle de la vérité qui se révèle. Elle poursuit ce dialogue
insolite avec la matière, ses conversations imaginaires avec le marbre et la
pierre, s’acharnant à traduire la perception de sa sensibilité. Seul lui
importe de matérialiser sa propre vision. Elle appartient à ce courant
surgi de l’Antiquité, de Michel-Ange à Rodin, où domine le sentiment de la
mesure, du naturel, mais aussi de l’humilité qui n’ignore jamais le sens du
tragique. Elle a refusé cette approche
qui conduit aux inventions abstraites, à la projection de schémas imaginaires
dans l’espace. Elle se veut l’héritière d’un néo-classicisme riche de toutes
ses diversités. Sa main fait surgir un être
humain, une histoire, une vérité. Sa progression alors est méthodique,
laborieuse, acharnée. Elle travaille son bloc graduellement, jusqu’aux couches
les plus profondes. Elle a écarté le sensualisme si tentant, au profit d’une
harmonie sévère et pudique. Comme ses maîtres elle affirme
sa préférence pour le marbre qui reçoit si bien le frémissement de la vie et,
dans la pureté de la matière, sait exprimer une poésie. Le corps est la prison de
l’âme. Il doit traduire la tension et le défi. Elle se fixe alors un objectif,
souligne un trait, met en évidence le détail essentiel - un profil, une main,
une ride - qui explique et fait comprendre son importance dans un corps
faussement en repos. Fidèle à une tradition, elle
sait être elle-même. Dans cette quête permanente du
créateur, souvent incohérente et anarchique, il reste précieux pour nous de
garder des références, des manifestations claires, des perceptions sensibles
qui nous aident à suivre le labyrinthe de notre vie. » Pierre-Christian TAITTINGER Ancien Ministre Maire du 16e arrondissement de Paris
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