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Les phénomènes qui composent l'apparence, ne contiennent en eux que des possibilités limitées pour l'art. Soit une conservation par la transcomposition dans les divers supports accentuent certaines quintessences de l'apparence, en subordination à l'intellect ou au sensoriel, en donnant lieu à l'expression ou à l'abstraction de la réalité; soit une transposition du phénomène déjà donné dans le domaine de l'imaginaire.
Ces possibilités limitées ne dépassent pas, même dans leur variation la plus complexe, la notion de reproduction de la réalité et ne s'approchent nullement de la notion de création.
Par contre, la substance de l'art, c'est la création. Créer, c'est reconnaître. Cela ne sera pas une présentation de la réalté saisissable mais une surdétermination de la réalité insaisissable. Tous ces phénomènes réels qui apparaissent dans notre champ visuel, dans leur réalité profonde, ne sont pas limités par leur propre formes mais liés entre eux, se prolongeant l'un l'autre, par des énergies omniprésentes.
Ces énergies ne sont pas les énergies de la matière, la matière est avec ses propriétés l'une de ces énergies. En conséquence, l'espace et son contenu n'existent pas limitativement, mais au-delà du seuil de la visibilité, ce lieu connu comme espace, peut être saisissable.
A l'instant de la perception de l'état de ce lieu, celui-ci devient le milieu de la totalité absolue - immobilité mouvante- qui possède sa propre visualisation, s'étendant sans rupture ni limite. Son caractère exclut entièrement les lois de la nature de la matière, il est transspatial et intemporel.
Voir, voir le tout. -Voir la totalité de l'épaisseur de la durée, la totalité d'épaisseur de la dimension du mouvement et voir cet ensemble comme un état d'anéantissement du présent réel.
Voir à travers un être visible et à travers le processus antécédent et conséquent de cet être visible; l'entité de ce processus ayant eu la probabilité de la virtualité dans la conscience humaine sous une forme dégradée. Cette réalité insaisissable se reflète dans la conscience humaine, dans l'état de réversibilité du processus, comme des séquences d'images consécutives et nullement comme un processus existant indéfiniment.
Pourtant, par éternelle création de soi, subissant une mort perpétuelle de sa nature déduite, on s'assimile à l'énergie créatrice, se rapprochant vers la faculté suprême - qui est déjà versée en soi - comme le non-reconnu - existence constante; pouvoir supporter devant soi un regard lointain, un message insolite et éternel de l'insaisissable.
L'art ne peut nullement se créer par la vue de l'homme mais par la vue de la totalité absolue afin de dénaturer le regard de l'homme.
La forme du corps humain réel se manifeste en tant qu'une forme relativement indépendante dans cette totalité indivisée. Il convient de considérer que cette forme tangible est une forme abstraite de la totalité. Les élèments qui sont les composantes du corps humain ont à se prolonger par l'immergence dans les formes de l'univers palpable et à avoir la spécificité des formes aussi diverses et aussi complexes que l'univers lui-même pour atteindre la reconnaissance; à travers cette reconnaissance et à partir de celle-ci, ces élèments ont la faculté de s'ouvrir totalement par la puissance de la totalité en vue de la pénétration de l'énergie créatrice par laquelle ils se métamorphosent.
Durant cet état de métamorphose, ils subissent le "retard" de la convulsion - (l'oscillation entre "être là" et "être ailleurs") - par quoi ils dépassent leur caractère et deviennent une image concrète de la dispersion, qui parcourt à la fois toutes les autres formes précédentes se prolongeant dans "le marbre" et subissant une seconde métamorphose par ce retard et en se réalisant pour la création.
Il existe donc hors du phénomène ce par quoi le phénomène devient "phénomène". Il existe donc, hors de la forme, ce pourquoi la forme du phénomène devient la forme de l'Art.
La matière, c'est le substratum et la mort de cette matière, c'est la vie de la nouvelle "essence-matière" de l'art. Mais ce par quoi cette matière apparaît comme la nouvelle essence-matière, c'est la transsubstantiation de la matière ; par l'interconnexion de la totalité.
maria DE FAYKOD (1984)
L'ETAT DE LA CRÉATION Les variations innombrables des réalités sont la conséquence d'une apparence fugitive de la facette du monde, dépendant de notre perception ordinaire, d'une nature immanente entravée dans l'espace temps. Or, la faculté de perception permet de saisir des phénomènes dans son expansion intégrale du temps et de l'espace.
A la perception directe, des images multiples défilent dans la conscience. Par exemple: devant un arbre qui développe ses multiples formes, jusqu'au minuscule noyau d'où son premier germe engendre est précédé d'un autre arbre duquel ce noyau tombe... Ensuite on perçoit des papiers, des livres, des poèmes, des feux, des fossiles... Innombrables formes probables du destin de l'existence.
Dépassant ainsi la dépendance du facteur temps-espace, l'ordre le plus profond de la vérité apparaît. L'être créateur se trouve simultanément indépendant et interdépendant de l'unité fondamentale de là totalité du monde, doué d'une spécificité d'avoir des formes aussi diverses et aussi complexes que l'univers lui-même. Afin de rejoindre la conscience universelle - par la reconnaissance - cette reconnaissance implique une volonté puissante, pour atteindre l'énergie créatrice.
Créer c'est reconnaître le sens du monde visible Les images réelles s'immergent lentement dans leur propre temps, alternant avec la quintessence; c'est le sens commun de toutes choses; - l'énergie omniprésente, substance des substances - la cohésion des univers omnisphère qui relie le substrat primitif et le substrat ultime, déploie des images visuelles et qui se replient sur elles-mêmes.
Son expansion est conditionnée par la probabilité des déploiements des processus évolutifs de la propriété inhérente des phénomènes.
Dès que l'étape évolutive atteint l'état de la transsubstantiation, dès que le déséquilibre se produit entre le déploiement et le reploiement s'accomplit la transcendance. Le phénomène redevient une substance des substances, contenues de la quintessence.
La matière, c'est le substratum. La transcendance de la matière, c'est la création consécutive de la quintessence matière. C'est l'ordre implicite de la Genèse. L'unité potentielle du monde se manifeste. l'Absolue se visualise. Dans l'état de la création, l'individu s'assimile par les virtualités de ces visualisations. C'est le phénomène de la transsubstantiation, c'est l'acte de la création par la voie de l'interconnexion de la totalité.
Le créateur authentique est appelé à se frayer le sentier de la transsubstantiation.
maria DE FAYKOD (1994)
PENSEE DE LA MAIN |
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