Carnaval en Grèce





Généralités:

Les semaines de carnaval (apokriés) sont des périodes de divertissement et de joie. Ce sont une des plus belles fêtes et une des préférées de toute l'année. Elles sont liées depuis l'antiquité à la fête et au déguisement.

Les racines de ces manifestations se situent dans la Grèce ancienne, dans l'adoration du dieu Dionysos, à l'époque des 12 dieux de l'Olympe. Dionysos était le dieu de la fertilité et les Grecs anciens l'honoraient lors de grandes célébrations, les Dionyssia (Διονύσια). Pendant ces célébrations, dans l'Athènes antique, il y avait une parade d'un char. Le char était suivi de danseurs et de chanteurs déguisés et maqués qui chantaient des chansons satyriques.

C'est à cette époque que la morosité hivernale succède à la joie du renouveau de la nature, du printemps, du démarrage des plantations. Les manifestation de gens déguisés se déroulaient pour se déjouaient les mauvais esprits qui gardent la terre mortes jusqu'à ce qu'elle soit incitée grâce à la "magie" des hommes, c'est-à-dire quand les plantes poussent, germent et que les sortent.

La semaine de carnaval est étroitement liée en Grèce à la fin de l'hiver et au début du printemps. Le mot "Apokria" (αποκριά) traduit par semaine de carnaval, les grecs désignent de façon plus large la période de trois semaines précédant du carême (Megali sarakosti - Μεγάλη Σαρακοστή) ,  le célèbre carnaval grec (Triodio - τριώδιο).

Les trois dimanches qui clorent chaque semaine du triodo (carnaval grec) ont pour nom :

  • le dimanche du Débauché (Kyriaki tou Assotou - Κυριακή του Ασώτου)

  • le dimanche d' Apokréo (Kyriaki tis apokréo - Κυριακή της Απόκρεω) nommé aussi petit Carnaval (mikri apokria - μικρή αποκριά) 

  • et le dimanche du Tyrofagou ( mot à mot "mangeur de fromage" - Κυριακή της Τυροφάγου) dit aussi Grand Carnaval (Mégali Apokria - Μεγάλη Αποκριά).

Le mot "Apokria" signifie "abstention de viande" et il marque le début de la semaine de Carnaval, nommé par les grecs, semaine tyrini (τυρινή εβδομάδα) durant laquelle seuls les produits laitiers sont permis dans les repas selon la religion orthodoxe. Ainsi les chrétiens se préparent au grand jeûne (Sarakosti - Σαρακοστή). Karanavali (Καρναβάλι) , qui provient du latin "carnem levare" (l'abstention de viande) est un synomyme du mot grec "Apokria".

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L'histoire du Carnaval (dans l'ordre chronologique)

Mésopotamie :
"L' apokria" a pour racines l'antiquité, où les déguisements apparaissent aux alentours de 2000 ans avant J.C. en Asie, et plus précisément au Mésopotamie et à Babylone. L'esclave s'habillait alors en dame et le serviteur en patron. 

Grèce de l'époque archaïque :
En Grèce, durant l'époque archaïque et après, les fêtes consacrée à l'adoration de Dionysos s'étendent avec diverses fêtes comme les Vakheia (Βάκχεια), les komi (Κώμοι), les linéa (Λήναια) et les Anthestirio (Ανθεστήρια). Certains éléments de ces fêtes nous les retrouvons encore aujourd'hui comme les déguisements, les danses, le vin, et la gaieté.

Empire romain :
Ultérieurement, durant les années de l'empire romain, les fêtes étaient organisées en l'honneur de Bacchus, de Kronos, et se nommaient les Louperkalia et les Satournalia. Ces fêtes étaient une combinaison d'adoration de dieux et du besoin de divertissement allant jusqu'au libertinage. 

Époque Byzantine :
A l'époque byzantine apparaissent les calendes (καλένδες), mot si connu dans l'expression "les calendes grecques" et non les "calanques grecques" comme le disent certains. Les calendes étaient des fêtes où on se déguisait. Les soldats s'habillaient en femme "féminisation des soldats". 

Grèce actuelle: 
Dans la Grèce actuelle, les déguisements et les masques dominent, et principalement dans le nord de la Grèce. Une expression grecque dit : "A Carnaval, partout on fait la fête majestueusement" (""Αι Απόκρεω πανηγυρίζονται πανδήμως και μεγαλοπρεπώς"). Ces fêtes sont liés directement aux calendes byzantines. Ces célébrations sont passées de génération en génération et ont été influencées par d'autres cultures. 

Les éléments principaux du Carnaval sont la gaieté, le bonheur, les facéties et surtout les déguisements. Des éléments qui lui donnent une forme tout à fait particulière et le différencie des autres fêtes. La célébration traditionnelle du carnaval culmine le dernier dimanche, le dimanche de Tyrini, que l'on nomme aussi trani apokria (Τρανή Αποκριά). En Crète, les habitants disent laconiquement "Les jours de grand carnaval, même les vieilles deviennent follent (font la fête)". 

Les banquets qui se déroulent les autres jours entre  parents et amis, prennent un caractère plus intense lors du souper du Grand Carnaval. Les chansons chantées lors de cette fête prennent les caractéristiques des sentiments qui prédominent. 

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Rites et superstitions de Carnaval en Grèce :

Superstitions :
En Grèce, au dernier dimanche de Carnaval, c'est à dire le dimanche dit "du mangeur de fromage (tyrofagou)" sont liés diverses superstitions. (Je ne vais pas contredire ceux qui y croient mais par esprit de contradiction, j'ai envie de faire ce que certains craignent à mon avis de façon un peu idiote). Ce dimanche, on ne doit pas se laver les cheveux sinon les cheveux blanchissent (moi, je le fais chaque jour par respect pour les autres. Il vaut mieux avec la pollution parisienne et je n'ai pas plus de cheveux blancs qu'une autre personne de mon age mais bon, je ne suis pas grec....Ceci explique pourquoi ;-) )
Ce dimanche là, on ne doit pas se marier parce que sinon l'union ne se déroulera pas bien. (Il doit y avoir en ce moment beaucoup de gens qui se marient le dimanche de Carnaval...).

Le jeudi gras : 
Le jeudi dit jeudi de la semaine kréatini prend une place particulière durant les trois semaines de Carnaval. Il s'agit de jeudi gras (Tsiknopémpti - Τσικνοπέμπτη) nommé ainsi parce que ce jour là dans toutes les maisons, on cuit de la viande. Avant, plus anciennement, on faisait fondre la graisse de de porc et le graillon (Tsikna - τσίκνα)dont l'odeur se diffusait partout. 

A Pella :
Le "dimanche d' "Apokréo" (Carnaval) dans le département de Pella (dans le nord de la Grèce en Macédoine), les maîtres de maison égorgeaient un coq, qu'ils cuisinaient avec du riz et mangeaient ensuite avec toute la famille. Le même jour ils fabriquaient un pâté en croûte seulement avec des fines feuilles de pâtes. Ensuite commençait le jeûn (repas sans viande). Ils mangeaient de nouveau de la viande  seulement à Pâques. 

La semaine blanche :
La deuxième semaine de carnaval entre le dimanche d'apokréo et celui de Tyrofago est appelée la "semaine blanche", parce qu'il existait l'habitude de manger des produits laitiers et des oeufs durant cette semaine. Les femmes ne se lavaient pas les cheveux cette semaine afin que ces derniers ne blanchissent pas, comme le dit la superstition. 

Déguisement : 
Le dimanche de Tyrofago, on sortait les instruments de musique sur la place du village et tout le monde dansait et s'amusait. De nombreux personnes déguisés allaient de maison à maison, où on leur donnaient une somme symbolique. Dans les temps anciens, les costumes n'étaient pas acheté. Le costume était une création personnelle sortie de l'imagination de son créateur. Ce dernier cousait le déguisement qui était constitué avecc d'anciens vêtements coupés. 

La coutume du pardon :
Le soir du dimanche de Tyrini avait lieu la coutume du "pardon". Les habitants des villages allaient rendre visite à leurs parents, à leurs beaux parents, aux grands-parents, à leurs parrains et ils embrassaient leurs mains pour demander "pardon". Aux enfants qui allaient rendre visite aux parents, ces derniers donnaient de l'argent. 

La coutume de l'œuf bouilli :
La coutume de "l'oeuf bouilli" présente un intérêt. Cette coutume ne se déroule pas seulement dans les villages de l'Almopia (région dans le nord de la région de Pella) mais aussi dans de nombreuses autres parties de Grèce. Les grand-mères de chaque famille se rassemblaient autour de leurs petit-enfants et épluchaient un oeuf bouilli. Elles l'attachaient avec du fil au bout d'un rouleau à pâtisserie. Ensuite elles mettaient l'œuf successivement sur les bouches de chacun de ses petit-enfants, lesquels avaient leurs mains attachées en arrière dans le dos. Le petit-fils qui parvenait à prendre avec sa bouche cet oeuf le mangeait. Le but de cette coutume était "de fermer les bouches" pour la carême (Sarakosti), bouche qui s'ouvrait de nouveau pour Pâques, dit aussi par les grecs "brillante" (Lambri - Λαμπρή). A ces petits-enfants, les grands mères offraient des halvas ou un peu d'argent pour qu'ils s'achètent des bonbons. A ce moment, commençait carême (Sarakosti). 

Déguisements :
L'élément le plus caractéristique de carnaval est bien sûr le déguisement
A Soho (quartier de Thessalonique), pour  carnaval, on se déguise avec de peaux de boucs noirs et avec à la ceinture de grandes cloches. 
A Naoussa, ville de Macédoine, les hommes habillées en femme dit les "Boullès" (Μπούλες) jouent un rôle essentiel dans le carnaval. Il en est de même avec les janissaires (Γενίτσαροι), avec leur fustanelle et leur masque caractéristique. Boullès et janissaires tournent de bandes en bandes sur les routes et les places en dansant de manière spéciale. A Skyros (île des Sporades au large de l'île d'Eubée) , l'île pittoresque possède une coutume particulièrement remarquable et populaire. On se déguise avec des déguisements d'aspect zoomorphe (en forme d'animal) et avec de nombreuses cloches. Ces personnage s'appellent les vieux (yeri - Γέροι). Les Korélès (Κορέλες) sont des hommes habillés comme des femmes. Ils vont sur les routes et vont de maison à maison en réveillant l'île avec des rires, des fanfares, des chansons, des danses et surtout avec les sons puissants et harmoniques des cloches.

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Manifestations en Grèce :

Les manifestations de carnaval sont complétées le dimanche de Tyrofago (le dernier des trois dimanche de Carnaval), avec des parades de chars et de personnes déguisées à Patras, mais aussi dans le reste de la Grèce. Habituellement, les bonnes conditions météorologiques qui prédominent, favorisent la sortie de milliers de spectateurs pour la Carnaval et les koulouma (Κούλουμα) qui sont des repas de fêtes pris en plein air.

A Patras :
Des dizaines de milliers de personnes débarquent chaque année à Patras, pour faire la fête particulièrement le dernier week-end de Carnaval. Les manifestations fantasmagoriques culminent le dernier dimanche avec la grande parade, à laquelle prendront part ces dernières années plus de 220 troupes avec 40.000 carnavalistes (καρναβαλιστές) qui désignent en grec les personnes qui participent au carnaval. 

A Xanthi :
Dans le nord de la Grèce, des villes comme Xanthi, Kozani et Naoussa, attirent chaque année de plus en plus de visiteurs. A Xanthi se déroule la grande parade de Carnaval laquelle se finit habituellement au terrain de l'équipe sportive de Xanthi, où a lieu la granda fête (Glendi - γλέντι) des associations avec des groupes musicaux. Ensuite, suit une coutume particulière à Xanthi, la brûlure de "Tzarou"(κάψιμο της "Τζαρούς") qui se déroule sur le pont de la rivière Kosynthos 
Le "lundi propre (kathara deftera - Καθαρά Δευτέρα)", se déroule le concours du meilleur cerf-volants (qui volera le plus haut) sur le port de la municipalité d'Avdiron. Les coutumes traditionnelles revivent comme celle de gueules noires de mineurs "Moutzouridès (Μουτζούρηδες)" et la coutume du chameau (καμήλας). Pour la coutumes du chameau, les jeunes se déguisent et fabriquent une effigie de chameau. Ensuite, ils vont dans les rues en dansant et rassemblent l’argent que les passants leur donne. 


Quelques vidéo du carnaval de Xanthi gràce au site (en grec) : http://www.mitnet.gr/orfeas/Odiporiko/ksanthi/Ksanthi.htm (cliquez sur video1, video2 et video 3 en bas de page)

A Naoussa :
A Naoussa, chaque dernier dimanche de carnaval, les rues sont pleines de "karnavalistès", quand se déroule la très vieille coutume du janissaire. Le matin du dimanche, de bonne heure, un groupe des janissaires appelé la troupe (Boulouki -μπουλούκι) se rassemble au bâtiment traditionnel nommé Boutari (Ι. Μπουτάρη). Ensuite sur un trajet déterminé dans la ville se déroule un programme libre de danses folkloriques. A midi commence la grande parade carnavalesque avec des dizaines chars, de nombreuses sortes de danse et les centaines de figurants. L'après-midi sur la place alonion sont démasqués les janissaires et se déroule ensuite une grande fête (glenti - γλέντι) traditionnelle.

A Soho de Thessalonique :
Le carnaval de Soho (Σοχό Θεσσαλονίκης) est également un carnaval traditionnel, qui commence le jour de Triodio et atteint son comble le jour du "lundi propre". La parade est constituée de personnes portants des cloches et avec des masques polychromes et qui ont des casques impressionnants et des épées en bois à la main. Ils font le tour des maisons en dansant accompagnés d'instruments et en échangeant des vœux de santé et de bonne récolte en criant. 

A volaka Dramas :
A Volaka Dramas, les porteurs de cloches représentent cérémonieusement le conflit entre les prétendants d'une belle-fille et ses protecteurs. Cette bataille se déroule dans un bruit horrible et une agitation qui provoque crainte aux spectateurs.

A Tyrnavo:
A Tyrnavo, village au nord de Larissa dans la plaine de Thessalie, se dérouole le "Bourani (Μπουρανί)" de Tyrvanos.  Il s'agit de la préparation de la soupe homonyme (soupe Bourani) lors du "lundi propre" avec une compagnie d'hommes déguisés qui chantent des chansons obscènes et paillardes  autour du feu, et dansent en échangeant des taquineries et des facéties indécentes avec les spectateurs. Ils portent toujours le symbole central de cette célébration, le phallus.

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