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Petros Markaris |
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Petros
Markaris est un écrivain grec qui a travaillé comme scénariste sur les
films de Théo Angelopoulos, traducteur des textes de Goethe et Brecht
et à 57 ans, il s'est lancé dans le roman policier avec beaucoup de
succès en Grèce mais aussi à l'étranger. Le personnage principal de ces
livres est le commissaire Charistos et sa famille. Son personnage central, le commissaire
Charistos, petit bourgeois pépère et obstiné, partage avec
Petros Markaris, la passion rare de se plonger dans les pages du
dictionnaires. Voici les titres pour l'instant qui sont sortis :
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| "Le ché s'est suicidé" |
![]() Dans ce tome 3, trois suicides en public titillent la curiosité du commissaire qui bien qu'en convalescence (il est bien en forme pour un convalescents mais bon...) va s'occuper de deviner dans une enquête non officielle ce qui se cache derrière tout cela. Sur fond d'Athènes en plein chantier des Jeux Olympiques, de magouilles politiques et financières, de mondialisation, de Grèce contemporaine mais aussi sur des retours intéressants vers la Grèce de la junte, Charistos dans sa vieille mirafiori enquête tandis que Markaris nous décrit la vie des athéniens d'aujourd'hui et critique à mots couverts la société contemporaine. Ce roman est passionnant et aborde plein de sujets actuels. Il a l'avantage d'être traduit en français et pour ceux qui comme moi apprennent le grec, le livre en grec peut être lu sans grand problème par des personnes ayant une pratique du grec depuis quelques années. Perdez-vous dans les rues d'Athènes, Markaris vous abreuvera de noms de rue (et en abuse parfois un peu même si son but est de nous faire comprendre que les pauvres athéniens ne savent plus quoi faire pour éviter les bouchons durant les travaux). Si vous aimez Athènes, lisez le livre avec un plan des rues d'Athènes pour vous repérer dans les pérégrinations athéniennes de Kostas Charistos. Titre original du roman en grec : "O Tse
aftoktonise (Ο Τσε αυτοκτόνησε)" |
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| "Actionnaire principal" ou "Publicité meurtrière" |
Dans
ce tome 4, Katerina, la fille du commissaire et son petit ami Phanis
embarquent pour la Crète, à bord du El Greco. Le bateau est détourné par
des pirates et les passagers sont pris en otage. Charitos malgré l'avis
de son chef Guikas, déboule rejoindre celui ci en compagnie de sa femme
Adriani mais sa venue n'est pas opportune et bientôt, il est appelé à
rentrer à Athènes pour enquêter sur le meurtre d'un homosexuel, star de
la publicité. Ce crime sera suivit d'autres. Les deux affaires
s'entremêlent assez efficacement et au dernier chapitre, vous apprendrez
qu'elles sont liés par un mystère qui se dévoile peu à peu.
Comme pour tous ses romans, Markaris vos fait découvrir l'histoire de la Grèce du 20ème siècle (l'histoire se passe en 2006) et ses pages sombres. Dans "Actionnaire principal", le sujet historique abordé est la seconde guerre mondiale, la guerre civile et la dictature de Metaxas. Il rappelle au lecteur qu'il existe encore ("malheureusement") en Grèce des grecs qui sont nostalgiques de cette époque et rêvent d'une grande Grèce. Je suis sûr que vous vous précipiterez sur google pour en savoir plus sur ces passages sombres de la Grèce : Septemvriana, massacre de Kalavryta, etc... Liens vers des sites en français pour en
savoir + sur l'histoire récente de la Grèce : Comme son titre l'indique, Markaris épingle bien sûr la pub et ses conséquences sur notre vie et notre économie. Il rappelle que pour les médias, la publicitaire est l'actionnaire principale. Pour ne pas changer, le commissaire Charitos vous perdra dans les rues d'Athènes et du Pirée (pour les plus curieux, suivez le avec une carte d'Athènes) mais aussi vous promènera au Canée (Crète), à Thessalonique, à Chalki sur l'île d'Eubée et à Volos. Après la lecture des livres de Markaris , vous aurez peut être envie de découvrir ces quartiers d'Athènes si bien décrit. Un très bon livre à dévorer. |
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Dans ce tome 5, le décor du livre est l'envouteuse et animée Istanbul. La ville d'Istanbul est toujours appelée Constantinopoli (Constantinople) par les grecs. Elle est d'ailleurs considérée comme "LA" ville (i poli), la ville de l'empereur Constatntin. Les grecs vivaient à Istanbul en très grand nombre avant le pogrom de septembre 1955 (appelé par les grecs septemvriana). La population grecque d'Istanbul passe de 135000 à 7000 en 1978. Petros Markaris est d'ailleurs né la bas. Les grecs d'Istanbul qui sont revenus en Grèce ont ramené leur cuisine, la politiki kouzina (la cuisine de la ville et non la cuisine politique), cuisine qui a été si merveilleusement magnifiée par le film "a touch of spice (politiki kouzina)".
Dans ce livre, vous voyagerez dans Istanbul. Markaris nous perd un peu dans ce dédale de rues et de quartiers parfois indiqués sous leur nom turque mais souvent par leur nom grec. Comme pour les précédents livres, il parait intéressant de suivre les allers et venues du commissaire avec une carte de la ville. Petros Markaris évoque avec nostalgie et humour cette ville. Cette distanciation revendiquée par l'auteur est indispensable pour montrer les rapports de l'écrivain avec cette ville turque et grecque, qu'il a du abandonner et qui sera jamais comme il l'a connue. Dans le livre, Petros Markaris fait dire à Charitos à propos de Maria Chabou, l'empoisonneuse, "nous sommes à la poursuite d'un fantôme". Cette phrase ne s'adresse pas uniquement à la vieille dame mais aussi à I'Istanbul d'avant 1955. Comme dans ces livres précédents, Markaris décrit avec humour des travers de la société grecque. Le rythme de l'enquête est un peu mou mais cela n'a beaucoup d'importance. Dans "L'empoisonneuse d'Istanbul" , le roman policier joue un second rôle qui met en valeur Istanbul. Voici donc encore un excellent livre que je vous recommande chaudement.
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