Comme beaucoup d'habitués de Netilios l'ont compris, les fêtes de fin d'année ne sont pas pour moi une période que j'apprécie. Malgré cela, je tenais à faire un petit dossier sur les us et coutumes des grecs pour ces fêtes. Les cadeaux en Grèce se font le premier de l'an pour la Saint Basile de Césarée tandis que Noël marque la fin d'une période de jeûne et le début de la période des fêtes.

 
 

Noël est une fête beaucoup moins importante que Pâques pour les grecs mais c'est une fête tout de même.

 
 

 
 

Noël

 
  24 Décembre 
Le 24 décembre, le jour précédent Noël, les enfants grecs vont chanter des chants de Noël appelés "Kalanda". Ce terme provient du mot latin Calendae. Il désigne les premiers jours du mois de janvier qui, du temps de l'empire byzantin, étaient célébrés avec faste. Les enfants grecs vont ainsi de maison en maison et les habitants leur offrent des sucreries, des fruits secs ou des gâteaux secs qui sont remplacés maintenant le plus souvent par de l'argent. Il accompagnent leurs chants d'un triangle métallique (trigone) qu'ils frappent à l'aide d'une tige métallique, elle aussi. Cliquez ici pour découvrir un des nombreux chants de Noël (Kalanda Hristouyennon) et sa traduction en français. Pour écouter quelques kalandes de noël, cliquez sur ce lien. Cette page est écrite en grec mais il suffit de cliquer sur les liens pour les entendre. (Site de http://www.ecclesia.gr
 
 

 

 
  A la veillée de Noël, le repas est frugal (il clôt théoriquement une période de jeûne) et les grecs se couchent tôt afin d'aller à la messe qui commence à 4h du matin et se termine au lever du soleil. Pas la peine de vous dire que pour mois, athée convaincu, ceci serait un supplice (pas le fait de se lever à 4 h du matin mais la messe et sa durée presque inhumaine...). Je l'ai d'ailleurs vécu pour une cérémonie à Pâques en journée et ceci m'a parut interminable. Il faut de tout pour faire un monde et je respecte les croyances et coutumes des grecs du moment que je ne les subis pas.  
     
  25 Décembre
Au retour de la messe, les grecs mangent le pain du Christ (Χριστόψωμω) à base de noix. La mère qui a préparé le pain le jour d'avant a laisser l'empreinte de sa main
ce qui lui permet de faire croire aux enfants qu'il s'agit de l'empreinte du petit Jésus. (Cela vaut bien l'histoire du Père Noël que nous avons tous crue étant enfant). "Le Christ est né. Il a laissé ses empruntes sur le pain en y touchant." Le partage du pain est un rituel de la plus haute importance. Le père avant de couper le pain fait à l'aide du couteau un signe de croix sur le dos du pain. Il souhaite ensuite "Χρόνια πολλά (hronia polla)" à ceux qui l'entourent. Cette expression utilisée à l'occasion de toute fête, anniversaire, nouvelle année etc... signifie mot à mot "beaucoup d'année", sous entendu, "que vous viviez de nombreuses année". Ensuite le père coupe le pain. La première part est réservé au Christ, la seconde à la maison, la troisième au pauvre. Les autres parts sont pour la famille.
 
 

 

 
  Au repas de midi le jour de noël, se trouvent sur la table la dinde farcie ou le cochon de lait farci, des kourabiedes,  des melomakarona et des diples. Les kourabiedes sont des gâteaux secs faits à partir de pâte sablée en forme de croissant de lune et nappée de sucre glace. Les melomakarona sont des gâteaux à base de semoule, d'huile d'olive, de  miel et de noix hachées.  Quant  aux diples, ce sont des beignets enrobés de miel et saupoudrés de cannelle.

 
 

 

 
 

Le jour de Noël, la famille se rend au cimetière pour rendre visite aux défunts. Un prêtre chante un psaume à la mémoire du disparu, puis la maîtresse de maison offre la « kollyva », composé de blé, de raisins secs, d’amandes, de graines de grenade, de sésame et de sucre glace qu’elle a préparé pour la famille et les personnes présentes au cimetière. Pour en savoir plus sur la "Kollyva" et les rites grecs liés à la mort d'un proche, cliquez ici.

Noël est cependant un jour de joie et d’allégresse que l’on passe en famille.

Le 25 décembre, les « Kalikantzari »  font leur apparition jusqu’au 6 janvier, jour de l’Épiphanie. Liens vers le site de l'ambassade grecque en France pour savoir ce que sont les « Kalikantzari ».

 
 

Nouvel an

 
  Réveillon du 31 décembre :
A minuit, quand la nouvelle année arrive, Saint Basile
apporte des cadeaux aux enfants. Les adultes échangent leurs cadeaux et tentent leur chance aux cartes. puis les grecs partagent la vassilopita, la galette de Saint Basile, sorte de quatre-quart rond aux amandes ou parfumé à l’orange où l’on cache une pièce de monnaie qui porte bonheur pour toute l’année à qui la trouve. Les parts de vassilopita sont attribuées par ordre à Saint Basile, à la maison, à chaque membre de la famille, sans oublier la part du pauvre qui est la plus grosse. Dans les régions du littoral, la deuxième part est attribuée au bateau ou à la caïque et la troisième au pauvre.  

L’histoire de cette coutume remonte au temps de Saint Basile. Le gouverneur de la Cappadoce décida de se déplacer lui-même afin de collecter les taxes impayées afin de montrer son mécontentement et sa colère à ses sujets. Effrayée, la population demanda la protection de son évêque. Celui-ci conseilla à tous les habitants de donner un objet de valeur afin de l’offrir au gouverneur et ainsi apaiser sa colère, ce qui fut le cas. Cependant, ce dernier, ému par l’éloquence de Saint Basile, refusa les présents offerts. Chaque villageois fut donc soulagé car ils pouvaient enfin retrouver leurs biens. Mais il était impossible de rendre chaque objet à son véritable propriétaire. Saint Basile trouva alors une solution. Il demanda à chaque famille de faire une grande galette à l’intérieur de laquelle on dissimulerait un objet précieux. Saint Basile distribua les galettes et comme par miracle chacun put retrouver son bien.  

Depuis, en souvenir de ce beau "comte de fée", les grecs fêtent Saint Basile en préparant une galette sucrée qui porte son nom. Une pièce d’or cachée à l’intérieur de cette galette devient présage de bonheur pour toute l’année à celui qui la trouvera.
 
 

 

 
  1er janvier :

C’est la fête de Saint Basile, le père Noël grec. Il est représenté avec des cheveux bruns, une allure mince, plutôt maigre et un visage anguleux avec des sourcils épais et une barbe noire. Il est vêtu comme un pèlerin byzantin. C’est une image bien différente du père noël rondouillard, à la barbe blanche et aux joues roses habillé de son costume rouge parcourant le monde avec son traîneau plein de cadeaux tiré par des rennes le soir de Noël.

En 356, un des plus grands Père de l’église, Saint Basile renonce à sa carrière de rhéteur et opte pour la vie monacale. Durant cette période, il rédige les deux règles monastiques dont s’inspireront les deux grands législateurs du monachisme en Occident, Cassien et Benoît. Au plus vif des querelles ariennes, il est nommé évêque de Césarée en Cappadoce (370) et contribue à l’apaisement des esprits et au retour à l’unité de la foi. Il décède le 1er janvier 379. Le Saint Basile grec va de villages en villages avec son bâton de pèlerin à la main pour porter la bonne parole et sa bénédiction épiscopale. 

Afin de saluer le Nouvel An ainsi que la fête de Saint Basile qui tombe le même jour, les enfants grecs comme pour Noël, font le tour des maisons en chantant des kalandes. La tournée des maisons se fait de bon matin et les kalandes de nouvel an ne sont pas les mêmes que ceux de Noël. « Saint Basile arrive de Césarée pour visiter votre maison, majestueuse Dame ! »

Les tables préparées dès la veille, sont abondamment garnies de victuailles pour que Saint Basile « puisse manger ». 

Mais comme le Saint Basile de Césarée ne s'occupe pas que des humains. Les animaux sont savamment parés, ainsi que les moulins, les fontaines et les bateaux dans lesquels les grecs déposent des friandises afin de bien recevoir le Saint.

 
 

 
 

Quelques recettes grecques de fêtes de fin d'années